ATTAQUE DES INSECTES
qui occasionnent souvent des dégâts considérables dans les greniers.
Charançon. — Le charançon, ou calandre, passe l'hiver dans les fissures des charpentes des magasins ou sous les lames des parquets ; dès Tété, la femelle dépose dans chaque grain un œuf, qui donne naissance à une larve. La même femelle peut ainsi pondre un nombre considérable d'œufs. La larve se nourrit de l'intérieur du grain, se transforme en nymphe, puisen insecte parfait, qui sort de l'enveloppe de la graine (fig. 189). Plusieurs générations peuvent ainsi ] ^^^^^^^^-^ se succéder pendant le cours de ^MB^V^'^^
Tannée, sans qu'on puisse déceler •^ jr \ ^*3 le mal, le grain conservant son / f ^
apparence extérieure. La rapidité * "" de multiplication du Charançon Fig. 189. — Chaiançoa est extrême, une femelle pou- ^^^^^'
vaut produire dans le cours
d'une année 6000 individus ; ce chiffre peut, dans des circonstances exceptionnelles, atteindre 20000 individus. Afin d'empêcher ces insectes d'hiverner en toute sécurité, il sera bon de surveiller les fentes et fissures des parquets et des charpentes, de les boucher ou de les enduire de lait de chaux ou de goudron mélangé de résine. Dans les angles et à l'intersection des murs et du plancher se rassemblent de nombreux charançons ; certains greniers présentent à cet effet, au lieu d'angles droits toujours difficiles à nettoyer, des surfaces courbes et lisses. Les charançons fuient la lumière et le mouvement : l'aération du magasin, les pelletages auront donc l'avantage de contrarier leur multiplication ; en laissant au milieu du grenier un petit tas de grains non remué, les charançons s'y réfugieront et pourront être détruits en versant sur ces grains de l'eau bouillante. On peut recourir au grenier rotatif de Vallery, sorte de cylindre en tùle perforée divisé en compartiments par des cloisons
diamétrales; le grain est agité et peut être ventilé. Lorsque les calandres exercent de sérieuses déprédations, il faut avoir recours aux insecticides : le sulfure de carbone est très efficace, soit qu'on le déverse sur le tas de grains recouvert ensuite d'une bâche, soit qu'on en imprègne le plancher où seront placées les graines.
Le maniement du sulfure de carbonne exige certaines précautions, étant donnée son inflammabilité; les grains ne souffrent aucunement de ces traitements, l'odeur de l'insecticide s'évaporant rapidement.
Le parfum de certaines plantes aromatiques, menthe, tanaisie, absinthe, chanvre, peut éloigner les charançons, qui se réfugient au contraire volontiers dans les feuilles de haricot déposées en paquets ou dans la laine en suinl.
Ces procédés sont insuffisants lorsque le grenier est envahi par des insectes depuis de longues années ; il convient alors de badigeonner les murs et les charpentes de chaux, de goudron, ou de faire brûler du soufre dans les locaux préalablement clos.
L'acide sulfureux qui se dégage détruit les charançons; les portes et les fenêtres ne doivent être ouvertes que deux ou trois jours après la combustion complète du soufre.
S'il y a de grandes quantités de blé à conserver, il est avantageux de se servir, non des silos en terre, comme le font les Arabes, mais de silos en maçonnerie, et, dans ce cas, on possède un procédé aussi économique que rapide pour assurer la conservation sans craindre les charançons. L'expérience en a été faite en 1866 à la manutention militaire de Batna, où il y a deux silos en maçonnerie adossés l'un à l'autre; elle a été contradictoire et par conséquent concluante.
Un des silos était laissé dans l'état naturel de sa construction ; dans le second, on avait appliqué une couche de coaltar noir ou goudron obtenu par la distillation de la houille.
ATTAQUE DES JNSEGTES. 367
En 1865, les deux silos furent remplis de blé et hermétiquement fermés; en 1866, les deux silos furent ouverts le même jour. Dans le premier silo, il y avait des charançons. On voyait ces coléoptères affluer à l'embouchure supérieure pour respirer; ils étaient assez nombreux pour faire un bruit perceptible par le déplacement des grains de blé et pour développer une élévation de température appréciable au thermomètre. Le blé du silo goudronné était exempt de charançons, et il n'accusait aucune élévation de température. Il fut moulu à part, et sa farine donna un pain de bonne qualité.
Alucite. — L'alucite (Butalis cerealella) cause également de grands ravages dans les greniere. Cet insecte manifesta sa première apparition en 1750, dans les Charentes, et envahitsuccessivementlaSaintonge,rAunis, le Limousin, puis en 1826, le Cher, la Beauce, le Blésois, la ïouraine, etc.
La larve, d'une couleur rouge vif, est d'une longueur de.6 à 7 millimètres; elle devient peu de temps après de nuance blanche avec la tète brune. Le grain est entamé vers le milieu du sillon, et la chenille détruit d'abord Fembryon pour se nourrir ensuite de la substance farineuse du grain, qu'elle remplace par ses excréments. Après être restée vingt à vingt-cinq jours à l'état de larve, Talucite se transforme en nymphe et, huit à dix jours après, en insecte parfait. Le papillon qui sort du cocon est de couleur grisâtre, avec les ailes repliées le long du corps et munies de fmnges à leur partie postérieure.
Sitôt en liberté, les papillons s'accouplent et pondent : les femelles déposent un œuf sur chaque grain et continuent ainsi jusqu'à ce qu'elles aient achevé leur ponte, qui est de cent œufs environ ; le mâle succombe aussitôt après l'accouplement; la femelle, éclose le matin, pond dans la journée et meurt le lendemain. On peut compter deux générations au moins par an : l'une passe l'hiver à l'état de chrysalide dans les grains en grenier et se trans-
368 COiNSERVATIpN DES RÉCOLTES.
forme dès le printemps suivant en insecte parfait ; Fautre génération, transportée en terre avec la semence, se développe au moment de Tépiage des grains et se multiplie directement sur les récoltes (Calixte Rampon).
Le grain attaqué conserve son aspect extérieur ; pour déceler les ravages de l'alucite, il faut plonger le blé dans l'eau : la plupart des graines surnagent; il s'échappe des papillons des greniers, c'est encore un indice sûr. L'échauffement des tas n'est par une conséquence de leur attaque par l'alucite, il n'y a là qu'une coïncidence fortuite. M. Duhamel a montré en effet que l'élévation de la température diminue quand les chrysalides se forment et cesse dès l'apparition des papillons.
Pour détruire cet insecte, on a préconisé le chauffage du grain, mais ces procédés sont peu pratiques : c'est à 50** que la larve meurt, et le blé perd sa vitalité à 70°; il est donc difficile de rester dans ces limites précises pour de grandes masses de blé .
L'ensilage proposé par M. Doyère n'est possible que dans les grandes manutentions civiles et militaires.
Le choc peut être employé avec succès ; on se contenta d'abord de projeter le grain avec force contre le mur, ou de le faire tomber d'une certaine hauteur : la larve était ainsi détruite. Plus tard, on construisit des instruments spéciaux, le tarare Herpin notamment. L'extension des batteuses mécaniques a beaucoup aidé, d'ailleurs, à la disparition de cet insecte, ainsi que les criblages, triages et pelletages.
Teigne. — La teigne {Tinea granella) est un pavillon de couleur grisâtre parsemé de teintes brunes ; les ailes inférieures sont noires et se relèvent à l'état de repos (fig. 190). La femelle pond une trentaine d'œufs sur les grains ; il en sort de petites larves blanches, qui lient les graines avec des filaments blancs et dévorent ensuite l'intérieur des semences.
Vers la fin du mois d'août, les larves gagnent les fis-
sures des charpentes, où elles attendent jusqu'au printemps à Télat de nymphe ; au commencement de l'été, les papillons naissent et s'accouplent. Pour préserver
Fig. 190. — Teigne des graines.
les greniers de ces attaques, on peut avoir recours aux mômes procédés que pour Talucite, ou employer les insecticides, le sulfure de carbone notamment, qui donne d'excellents résultats (i).
Silos à grains, — Dès la plus haute antiquité, on eut ridée de conserveries grains dans des cavités naturelles ou artificielles.
Dans l'ancienne Egypte, des silos ou chambres à grains étaient établis dans des murs très épais, en granit, joints et cimentés. Pline cite les fosses ou silos de la Thrace et rappelle qu'en Afrique et dans l'Espagne on serrait les grains avec les épis : l'air ne pénétrant pas parmi les semences, la conservation était mieux assurée.
Varron prétend que le blé peut se garder bien serré pendant cinquante ans, et le millet pendant cent ans. Les Romains utilisaient des galeries revêtues de maçonneries enduites de ciment ou bien des silos creusés dans le roc, à flanc de coteau et à l'abri de l'humidité. Les silos creusés par les Maures [à Alcala, Guadayra (Espagne)] sont de simples cavités taillées dans un grès compact et très dur, sans assises et sans fissures ; les froments qu'ensilaient les Romains et les Maures étaient des blés très secs, et leurs silos étaient à l'abri de l'air et de l'humidité, par la perfection de leur construction ou
(I) Voy. G. GoÉNAux, Entomologie agricole (Encyclopédie agricole). -- MoNTiLLOT, Les insectes nuisibles, Paris, J.-B. Baillière.
par la nature même de leurs parois (Doyère) (1).
Les Chinois conservaient les grains dans des cavernes naturelles, ouvertes au nord et garnies intérieurement de paille. Parfois ils creusaient dans un sol sec et consistant des fosses nommées kiar ; avant d'emmagasiner les grains, on allumait au fond des branchages afin de dessécher et de durcir les parois ; le fond était ensuite garni de balles de riz bien sèches, recouvertes de nattes de paille qui revêtaient également les parois. La partie supérieure des grains était garnie d'une natte et d'une couche de balles de riz et de paille hachée ; on disposait par-dessus une certaine épaisseur de terre grasse et humide, battue à plusieurs reprises et formant une surélévation destinée à éloigner les eaux pluviales. Ces fosses étaient cylindriques ou même coniques, la pointe étant au sommet afin de retarder l'introduction de l'air.
Lorsque le terrain était humide ou marécageux, les Chinois édifiaient des tours rondes ou kouen, en briques ou en pisé, sans ouvertures latérales et garnies extérieurement de contreforts et de glacis épais de terre rapportée.
En Hongrie, les silos présentaient une section circulaire; les parois, constituées par des briques crues, jointes par de Targile délayée, étaient desséchées et cuites par un feu de bois très sec ; le fond et les côtés devaient être revêtus de nattes, et la partie supérieure recouverte de paille et d'un remblai conique en argile battue.
Le premier modèle rationnel de silos à grains fut proposé par de Lasteyrie (1819) (2); le plan d'ensemble comprenait des silos cylindriques en maçonnerie, de 40 centimètres d'épaisseur, terminés par une coupole dont le sommet portait l'ouverture d'introduction des
(1) DoYÈRE, Conservation des graines par l'ensilage.
(2) De Lastëyrie, Des fosses propres à la conservation des grains et de ta manière de les construire.
Googk
grains, réunis les uns à côté des autres et entourés d'une épaisse couche de sable.
De Lasteyrie n'indiquait pas le rôle de l'état de dessiccation du grain, et les notions fournies semblaient donner à la terre un pouvoir particulier de conservation de grains des moins justifiés.
Une expérience réalisée d'après ces principes par M. Cernaux, en 1820, à Saint-Ouen, eut un résultat désastreux et contribua à jeter sur les silos une déconsidération qui dura une cinquantaine d'années (M. Ringelmann) (1).
Il fallut les expériences concluantes de M. de Rigny (1821), de M. Delacroix, du comte Dejean (1826), du général Demarçay (1838) , pour permettre d'établir les premières bases scientifiques de l'étude de la conservation des grains.
En 1841, d'Arcet expose la question dans un mémoire lu à la Société nationale d'Agriculture et propose d'utiliser les fortifications de Paris ; le blé desséché et épuré de tout insecte nuisible devait être placé dans un silo imperméable et conservé, sans contact avec l'air, en emplissant le silo avec un mélange d'azote et d'acide carbonique.
Construit en maçonnerie hydraulique, le silo d'Arcet devait être muni d'un faux fond en bois ajouré, dans lequel débouchait un tuyau servant à amener de l'air chaud, de l'acide sulfureux ou un mélange d'azote et d'acide carbonique produits par un petit fourneau portatif. On expérimenta un de ces silos à Vincennes, en juin 1841 ; les résultats furent assez satisfaisants, mais le prix élevé de leur construction empêcha leur emploi pratique (2).
(1) Max Rl\geuian>, De l'ensilage des graines {Journal d'Agriculture pratique).
{2) Les moellons utilisés étaient trempés à chau 1 dans un mélange hydrofuge contenant 15 parties de litharge, 100 parties d'huile de lin et 33 parties de cire; les joints étaient en mastic de Dihl. Le silo de Vincennes, cubant 785 hectolitres, coûta 7 000 francs de construction.
374 COiNSERVATION DES RÉCOLTES.
Chargé d'une enquête relative aux ravages causés par l'alucite, Doyère établit, dans un mémoire paru en 1850, les premières règles rationnelles de Tensilage des grains.
Doyère montra nettement que le bié, pour pouvoir être conservé presque indéfîniment, devait renfermer une proportion d'eau hygrométrique inférieure à une limite déterminée et être maintenu dans des capacités imperméables aux gaz et à l'abri des brusques variations de température. A la suite de ses travaux, il fallait vérifier ces assertions par des expériences pratiques. Malgré l'opposition ou l'indifférence de l'administration de la Guerœ, malgré la difficulté de ces entreprises, quelques hommes éclairés (1) fondèrent la Société d'Expérimentation pour la conservation des grains, qui, pendant sept années, fit de grands sacrifices jusqu'à ce que la réalité de la conservation des grains par l'ensilage rationnel eût reçu sa consécration définitive (Max Ringelmann). Des expériences furent entreprises à Asnières (1757), à Alger (1859), à Cherbourg, Brest, Toulon (1858- 1861), à la colonie de Mettray (1860), àSaint-Cyr (1861).
Le silo préconisé par Doyère était construit en tôle mince rivée à froid et préservée de l'oxydation par une peinture à base de bitume ; il se composait d'un cylindre vertical terminé par deux troncs de cône ; ce revêtement métallique était entouré de maçonnerie et placé en dessous de la surface du sol, afin d'assurer l'uniformité de la température. Le blé ne doit contenir que 14 à 15 p. 100 d'eau lors de l'ensilage, et il importe qu'aucun point du silo ne soit exposé à un abaissement de température qui, en produisant des condensations, augmenterait la proportion d'eau et provoquerait des altérations.
Le D*" Louvel proposa des silos métalliques placés hors du sol, sans enveloppe mauvaise conductrice ; le vide
(i) On peut citer, parmi les promoteurs de ce mouvement, M. le comte tie Gramont-Aster, lingénieur Rhoné, Léonce de Lavergne, Hervé-Mangon, Charles Lemonnier.
était produit dans le récipient sitôt après l'introduction du grain. Un essai tenlé à la ferme de Joinville, en 1864, par une commission présidée par le maréchal Vaillant^ donna des résultats très satisfaisants. En 1861, Hauss^ann père réalisa également des silos métalliques où le grain était conservé dans une atmosphère d'azote ou d'acide carbonique parfaitement sèche.
L'étude rationnelle des conditions normales de l'ensilage des grains fut entreprise par M. A Mûntz (1878- 1879), et d'importantes conclusions purent être déduites de ces travaux ; c'est ainsi que l'on put établir l'influence défavorable des condensations, provoquant la germination* ou l'apparition des moisissures : ces condensations se pror duisent toujours dans lespartiesdusilooù la température^ est la plus sujette à varier, c'est-à-dire à la partie supérieure ; les portions inférieures placées dans le sous-sol restent toujours garanties.
« La température à laquelle le grain a été ensilé n'est pas sans influence sur sa conservation. A humidité égale, le grain froid se conserve mieux et ne s'échauffe que lentement dans le silo en absorbant l'oxygème, tandis que le grain qui, à l'origine, est à 20 ou 25°, voit sa température s'élever rapidement; il est facile d'en exposer la cause par les phénomènes de combustion qui sont activés par la température.
L'état hygrométrique de l'air pendant l'ensilage joue également un certain rôle : dans un air humide, les grains absorbent de l'eau; dans un air sec, ils en perdent; il faut donc choisir pour l'ensilage des temps secs et froids.
« On admet généralement qu'une fermeture imparfaite des bouches du silo amène l'altération, qu'on attribue à l'introduction de l'humidité atmosphérique.
« Le fait est vrai, mais l'explication est inexacte.
« L'humidité qui peut ainsi pénétrer est en quantité insignifiante, mais l'oxygène provoquant la germination dans ces parties superficielles déjà humides amène des altéra-
lions profondes. Pendant la germination, Teau est attirée par le fait de la végétation, et la condensation est d'autant plus abondante que Tair a pu pénétrer en plus grande quantité et que, par suite, la germination a été plus active.
« 11 ne semble pas qu'il y ait lieu de redouter l'influence d'une température élevée extérieure sur les parois, dont l'échaufTement ne saurait dépasser sensiblement celui de la masse, qu'il est difficile, môme dans les meilleures conditions, de maintenir à une température inférieure à 20*».
« Il n'y aurait donc pas de ce chef à redouter une distillation des parties périphériques vers le centre. Ce n'est que le refroidissement des parois qui peut établir une différence de température notable entre l'intérieur de la masse et les parois du silo, et qui nous paraisse utile à éviter (1). »
Ces indications permettaient donc de réaliser un silo rationnel, constitué par un cylindre de tôle (2), sans aucune saillie extérieure; deux troncs de cône terminent le cylindre à la partie inférieure et à la partie supérieure. L'ouverture inférieure débouche dans une galerie souterraine, par où se fait l'extraction des grains. L'introduction du blé se fait par l'orifice supérieur abrité par un hangar ou une simple construction qui prévient les refroidissements ; le ciment armé pourrait être également utilisé pour la construction.
L'uniformité de température est assurée en enterrant complètement le silo et en l'entourant d'une maçonnerie ou d'une couche de béton à mortier de ciment. Le diamètre du cylindre doit être d'environ 4 mètres, la
(1) A. MiiNTZ, Annales de VInstitut agronomique, 1878-1879, n" 4.
(2) Les silos se font avec des tôles de 1 à 3 millimètres d'épaisseur rivées à froid avec interposition d'une feuille de papier gras dans la rivure; on protège la tôle de l'oxydation par galvanisation ou par une peinture, ou par plusieurs couches du vernis suivant posé à chaud : 50 kilos de coallar, 40 kilos de chaux éteinte, 10 kilos de suif; ù l'extérieur, le métal est laissé ù nu alin de laisser adhérer le ciment (M. Ringelmann).
Googk