‹ Agriculture généraleChapitre 65 sur 112 · SILOS · texte numérisé non relu

SILOS

■Si

ce Jt

fouroie

par les

par les menues

Ml=

pulpes.

paiUes.

Pulpeset61kil.de

menues pailles,

Pulpes et 115kff,5

de foin, p. 100..

Pulpes et menues

pailles, 100 kil.

On constate ainsi que les menues pailles, loin de diminuer les pertes de matière sèche de la masse ensilée, les augmentent, d'autant plus qu'on les emploie en quantités plus considérables. 11 faut remarquer, toutefois, que les déchets de fenilsnous ont donné une perte moins élevée que les menues pailles.

11 semble donc qu'on ait tort de recommander d'ajouter des menues pailles à la pulpe pour favoriser sa conservation. En apportant dans le mélange une proportion de ces déchets aussi élevée que le recommandait Gay, on a pu constater, au bout de six mois, que 70 p. 100 de la matière sèche de la pulpe avaient été détruits.

Tandis que les pulpes ensilées seules n'ont perdu que 20 p. 100 de matière sèche, on a pu évaluer, en incorporant à la pulpe 10 p. 100 de menues pailles en poids, une perte trois fois et demie plus élevée dans le même temps.

Il convient d'examiner maintenant sur quels éléments portent les déperditions constatées :

Pour la pulpe ensilée seule, les pertes en matières azotées totales, varient de 6,3 à 17,9 p. 100; ces variations indiquent que les pertes peuvent être plus ou moins

élevées, selon l'état des silos et la nature des fermentations spontanées qui agissent.

Mais, en délînilive, ces pertes ne sont pas excessives, et on peut voir que, dans certains cas, même après six mois, on retrouve à peu près toute la matière azotée (Malpeaux) (1).

Dans la pulpe fraîche, la presque totalité de la protéine se trouve sous forme alimentaire, mais il n'en est plus de même dans les pulpes ensilées; on constate pour celles-ci une perte d'azote alimentaire qui varie, selon les cas, de 15,7 p. 100 à 36,7 p. 100 et un grain d'azote non alimentaire.

La matière est donc l'objet, pendant l'ensilage, d'une transformation préjudiciable à la valeur nutritive du produit. Les hydrates de carbone sont fortement attaqués pendant la conservation ; ils subissent, entre autres transformations, la fermentation alcoolique et peuvent donner par oxydation de l'acide acétique. Si les transformations réductrices entrent en jeu, il se fait au contraire de l'acide butyrique et même des corps gras, c'est te qui explique l'augmentation des extractifs éthérés dans la pulpe ensilée.

Les matières minérales disparues ont dû être dissoutes pendant la fermentation et sont entraînées ensuite dans les eaux d'égoutlement. Leur solubilisation doit également varier avec les différents ferments qui vivent dans la pulpe. La cellulose elle-même est attaquée en partie ; les pertes varient de 8 à 24 p. 100.

Comparons maintenant ces résultats à ceux obtenus par l'ensilage avec stratification dans la menue paille. La perte de matière sèche montre suffisamment que ce mode de conservation est inférieur à celui qui consiste à ensiler la pulpe seule. Pour l'azote total, comme pour l'azote alimentaire, la perte est aussi élevée, tandis que

(1) Malpeadx, Congrès d'alimentation rationnelle du Blanc (1906).

pour les hydi'ates de carbone, plus de la moitié a disparu au bout de quatre mois.

On peut tirer de ces expériences sur la conservation des betteraves entières ou en cossettes les conclusions suivantes :

i*> Les betteraves entières, récoltées dans de bonnes conditions, peuvent se conserver pendant plusieurs mois sans al(éi*ation; mais elles perdent, par leur séjour prolongé dans les silos, une partie de leurs principes immédiats;

2« La cause de ces pertes réside, d'une part, dans la fermentation des hydrates de carbone, et, d*autre part, dans Toxydation de la matière organique, qui se transforme en acide carbonique et se volatilise sous cette forme. La cellulose elle-même n'échappe point à ces transformations. La matière azotée se retrouve à peu près dans la betterave entière ; mais, si elle persiste pendant la conservation, elle n'en subit pas moins une transformation défavorable à sa valeur nutritive. Les albuminoïdes diminuent pendant que les amides augmentent progressivement. Il y a donc, en réalité, transformation de Tazote alimentaire en azote non alimentaire ;

3° Les pertes sont d'autant plus accentuées que la conservation se prolonge plus longtemps. Après le mois de mai, il est difficile d'éviter la pourriture en tas. Oelle-ci rend la conservation désastreuse lorsqu'on veut la prolonger tout l'été;

4<' Les betteraves, divisées en cossettes avant lensilage, subissent des pertes d'autant plus grandes que les racines sont plus aqueuses (Malpeaux) ;

5® L'addition des matières absorbantes aux cossettes avantl'ensilage (balles, fleurs de foin, menues pailles, etc.) exerce une influence défavorable en accentuant la déperdition des principes nutritifs;

6** L'ensilage des betteraves hachées n'est pas recom-

mandable; on ne doit y recourir que lorsqu'il s'agit de conserver des racines atteintes par les gelées ou de prolonger la conservation. Mais, dans ce derniers cas, la dessiccation semble préférable, car elle permet de conserver la totalité du sucre, qui disparaîtrait en grande partie par Tensilage, en même temps qu'une forte proportion de principes nutritifs ;

7*> Les pulpes de sucrerie subissent une perte de poids assez importante, qui porte non seulement sur l'eau qu'elles renferment en proportion considérable, mais encx)re, et surtout, sur la matière sèche. Tous les principes immédiats n'ont pas à supporter au même degré les influences de la fermentation en silo. Les hydrates de carbone sont fortement attaqués; ils subissent la fermentation alcoolique et peuvent donner par oxydation de l'acide acétique. Loi^sque les fermentations réductrices entrent en jeu, il se forme de Facide butyrique et des corps gras, déterminant une augmentation de la matière grasse dans la pulpe ensilée. Les matières azotées disparaissent en faible proportion ; mais, tandis que dans la pulpe fraîche elles sont représentées presque en totalité par des albuminoïdes, dans la pulpe conservée, la proportion d'azote alimentaire va en diminuant par suite de sa transformation en composés amidés;

8« La lenear e^ eau est aussi grande dans la pulpe ensilée que dans la pulpe fitâdie;

9® Il n^y a pas de p^*tes considérables de pdncipes nutritifs par l'écoulement des eaux à travers les parois des silos. La matière minérale peut être entraînée en partie ; elle se solubilise évidemment du fait de l'acidité qui se développe pendant la conservation;

iO° L'ensilage des cosseltes avec des matières absorbantes : balles, menues pailles, résidus de fenil, etc., ne réduit pas les pertes. La proportion de ces résidus qu'on emploie généralement est insuffisante pour retenir toute l'eau qui s'écoule des fosses'i pulpes. Pour arriver à ce

résultat, il faudrait en employer des quantités importantes; mais on constate alors une perte en matière sèche bien supérieure à celle qui se produit dans la pulpe ensilée seule. La paille hachée et les menues pailles, en augmentant la porosité de la masse, activent son oxydation et sa décomposition et oat pour effet de faire dégager, sous forme de produits gazeux, une partie des principes immédiats transformés par les fermentations ; li* Pour éviter les pertes subies pendant l'ensilage, il est préférable de conserver les pulpes seules et d'en faire consommer une partie à Tétat frais; il est évident, en effet, que la perte des substances nutritives, inhérente à la conversation des pulpes humides, n'est pas compensée par une valeur alimentaire plus élevée du produit qui reste.

Googk

COMMERCE ET VENTE DES CfiRÉALES

Considérations générales. — L'étude de la production et de la récolte des céréales doit logiquement se terminer par Texamen des procédés modernes de « vente en commun » appliqués avec succès par les « Magasins à blé » allemands, les « Élévateurs » américains, etc.

Produire judicieusement des récoltes fructueuses est bien, vendre dans les meilleures conditions les produit de son sol est encore mieux. Tout agriculteur doit se doubler d'un commerçant, et la coopération, l'association lui ollrent les meilleurs moyens d'assurer la vente rémunératrice de ses récoltes.

Nous étudierons donc attentivement le développement, en Allemagne, des Magasins à blé coopératifs, dénommés Kornhàuser (Allemagne du Nord) ou Lagerhàmer (Allemagne du Sud).

Kornhàuser : Magasins à céréales. — C'est seulement vers 1880 que quelques tentatives eurent lieu pour réaliser en Allemagne des ventes en commun. En 1885, une société de Schônrberg (Holstein) commença la première expérience de vente en commun du blé et du seigle, mais seulement pour la semence.

Sur le prix de vente, 80 p. iOO étaient remis aux associés au moment de la livraison, le surplus leur était

4oi COMMERCE ET VENTE DES CÉRÉALES.

distribué seulement après la conclusion du marché- Cette première tentative ne donna aucun résultat concluant. Un essai du même genre tenté par FUnion des associations agricoles de consommation de la Hesse, en 1883, n'aboutit pas davantage.

La question progressait peu, lorsqu'une campagne active fut entreprise pour la construction de silos par les Associations agricoles.

Cette campagne coïncida avec la baisse rapide du prix des céréales, en 1890, baisse qui atteignait môme les contrées les plus fertiles. On admit alors la nécessité et Tutilité de la vente coopérative des céréales, pour résister aux effets de la concurrence étrangère et pour se débarrasser de l'oppression du commerce privé des grains (1).

Des projets furent discutés au congrès de Kiel, en 1891, àlntei'sbourg, enl892, sans qu'on aboutit à l'organisation d'une expérience décisive. Au congrès de Neustadt, en 1895, on constata que l'idée considérée au début comme une utopie tendait à devenir pratique, était considérée par tous comme tendant au bien général.

Poussé par ces considérations, on adopta un programme déterminé qui traçait les lignes de la future évolution de ces sociétés en Prusse. Pour la création de ces eatrepôts de céréales, l'État devait nécessairement accorder des moyens de crédit.

Leprogramme comportait en outre :

1*> La construction de silos de blé dans certaines régions, même au frais de l'État ;

2° La mise à la disposition des sociétés coopératives des silos ainsi construits ;

3*» La possibilité d'avances de prêts à des coopératives, soit parla Banque d'Empire, soit par la Caisse de crédit.

Trois systèmes principaux ont ainsi concouru à la création des entrepôts de céréales.

(1) Louis Dop, Bulletin mensuel de l'Office des renseignements agricotes, novembre 1904.

MAGASINS A CÉRÉALES. -io5

1° Système prussien, — Les deux lois du 3 juin 1896 et du 8 juillet 1877, présentées par le Gouvernement, organisèrent le concours financier de l'Étal prussien.

La première de ces lois accordait un fonds de 3 millions de marks; la seconde, un fonds de 2 millions, soit au total un fonds de 5 millions de marks pour la création des Kornhàaser; c'est le Komaus fonds, ou fonds des Kornhàuser.

Ce capital de fondation présente quelque analogie avec l'avance de 40 millions consentie par la Banque de France pour l'organisation du crédit agricole, en vertu de la convention de 1896 ratifiée par la loi de 1897.

L'État lui-même se charge de la construction du Korn-' haus, dont il reste propriétaire en se contentant de le louer aux Sociétés coopératives pour une période de cinq ans. Afin de ménager les ressources des sociétés, le prix de location est déterminé de la façon suivante :

1 p. 100 dans la première e,t la deuxième année ; 1,50 p. 100 dans la troisième ;

2 p. 100 dans la quatrième ;

2,50 p. 100 dans la cinquième année de l'exploitation.

Ces taux modérés sont établis pour faciliter, à l'origine, le fonctionnement des sociétés. Mais, en cas d'excédents, le fisc aurait à prélever sur les bénéfices jusqu'à 75 p. 100, de façon à relever le taux du loyer jusqu'à 3 p. 100 des sommes employées.

2f* Systèmes bavarois, wurtembourgeois, badois, — Subventions et avances, — En Bavière, le concours de l'État s'est manifesté à l'égard des Lagerhàuser de façon plus effective qu'en Prusse.

Le système bavarois consiste à donner aux Coopératives agricoles un concours financier sous deux formes très pratiques: 1° la subvention) 2*> les avances. Sur l'ensemble des dépenses de construction, l'État n'assume la charge que d'environ 60 p. 100 de ces dépenses. Sur ces 60p. 100,

le Gouvernement accorde iO p. 100 sous forme de subvention, non remboursable, et 50 p. 100 sous formed'avances remboursables à un taux très minime, et dont le maximun ne dépasse jamais 3 p. iOO.

En Wurtemberg^ on a procédé au moyen de suboentions.

Pour les petites Sociétés de vente en commun accomplissant leurs simples opérations avec des dépenses globales de 23 400 marks, on a accordé une subvention de rÉtat s'élevant à 10450 marks, soit près de 50 p. 100.

3« Système saxon, — Le système saxon est une combinaison du système prussien du capital de fondation et du système bavarois des avances.

Le Gouvernement saxon a avancé à la Banque centrale de Dresde un capital de fondation de 5 millions de marks, mais à charge par elle de faire des avances, au taux uniforme de 2,50 p. 100, à toutes les Coopératives agricoles dignes d'intérêt. Le délai d'amortissement est différent suivant les sociétés et le but poursuivi. Un délai de vingthuit ans est donné aux coopératives de vente de blé.

En Saxe, où se trouvent deux sociétés de Kornhàuser, on a prêté 80000 à 100000 marks à 2,50 p. 100 d'intérêt, et 2,50 p. 100 d'amortissement. Une autre société a reçu 3:>000 marks à 1,50 p. 100.

Développement des sociétés de « Kornhâuser » et de « Lagerb'àuser ». — Fondées grâce à l'appui généreux des États confédérés, les Sociétés coopératives de vente des céréales ont pris un essor considérable à partir de 1890.

Ces sociétés se sont développées en Allemagne de la manière suivante, du l^"" juillet au 30 juin de chaque année :

1896-1897 19 sociétés.

Total 59 sociétés.

Il faut ajouter à ces 59 sociétés un certain nombre d'Associations qui se livrent également, en dehors de leurs opérations normales, à la vente en commun des céréales.

Le développement des coopératives de vente est en résumé beaucoup plus considérable qu'il n'apparaît d'après les statistiques les plus optimistes.

Dans le courant de l'année 1903, les transactions ont été très nombreuses, et, d'aprè les évaluations fournies par l'Union générale, à Darmstadt, on peuteslimer les ventes des céréales faites par les Sociétés agricoles à environ 10 millions de quintaux, évalués approximativement à 60 millions de marks.

Tableau des sociétés spécialement créées pour la vente coopérative des céréales en Allemagne (1902-1903).

Prusse 40 Korçhâuser (plus les 12 Kornhâuser do

Poméranie).

Bavière 90 Lagerhâuser.

Wurtemberg ... 30 Lagerhâuser (plus les Kornhâuser de Kupferzell et Kehringen).

( 4 sociétés d'achat et de vente.

Saxe î 1 société de nneunerie.

( 1 société de boulangerie.

„ ^ ^1 société centrale de vente à Mannhciin.

( 7 Lagerhâuser (de la Société ci-dessus).

Alsace-Lorraine. 1 société à Strasbourg affiliée à l'Union de Neuwied.

Total 17o sociétés coopératives de vente.

But et avantages des coopératives de vente. — La baisse des prix, résultat de la concurrence de l'étranger et des spéculations du commerce mondial des céréales, a été la cause de l'organisation commerciale de la vente des céréales par les coopératives agricoles.

Le droit de douane ne jouant plus en faveur de la productioa nationale, il a fallu chercher l'équivalent de ses avantages dans une organisation plus rationnelle de l'offre et de la demande. On a simplifié les opérations d'achat et de vente par la réduction des intermédiaires, DiFFLOTH. — Agriculture. II. — 26

tout en permettant aux petits et aux moyens cultivateurs de faiœdes offres aux grands consommateurs (meuneries, malteries, intendances militaires, etc.) dans les mêmes conditions que les grands producteurs.

Notons encoi*e parmi les avantages procurés : la diminution des frais de production ; la réduction de temps pour les transports; la limitation des frais d'établissement; Torganisation et la concentration des offres de céréales ; l'éducation et Finstruction du paysan sur la situation du marché et les probabilités des prix ; les opérations commerciales directes avec les administrations militaires; la propagation de connaissances commerciales dans des cercles agricoles.

Les avantages techniques consistent dans rétablissement d'entrepôts particuliers, qui sont la propriété de la Société ; rinstallation et le développement de machines de séchage, tamisage, nettoyage, etc. ; Famélioration de la quantité des céréales ; la concentration de grandes quantités de grains susceptibles d'être vendus ; la création d'excellents types de semences ; la formation de types et d'espèces déterminés de céréales.

InstallaUoD des « Kornb&user ». — L'aménagement des Komhàuser, en Allemagne et en Autriche, est approprié aux modes de culture et de vente de chaque pays. Ces organisations, même rudimentaires, disposent toujours de tarares, de cribles et de trieurs, car les céréales vendues doivent être propres et autant que possible homogènes. Le plus souvent on dispose d'un moteur à vapeur, à gaz, à pétrole, et d'un ensemble d'installations mécaniques grâce auxquelles le grain peut être déchargé, nettoyé, classé, pesé, emmagasiné, remué, changé de case ou ensaché, par un personnel très restreint et avec une grande rapidité. Le grain déchargé des voitures, des wagons ou des bateaux, tombe dans une trémie ; une courroie sans fin à godets, l'élévateur, le prend et le transporte aux étages supérieurs du

magasin, d*où il retombe, par une série de nettoyeurs et de trieurs, dons les sous-sols. Là, un autre élévateur le remonte au sommet de l'édifice, et une série de tuyaux le descendent à Fendroit ou il doit être emmagasiné. Des courroies sans fin permettent le déplacement latéml des grains.

Les Kornhàuser comprennent généralement plusieurs étages de greniers et plusieurs travées de siloSr Très souvent, le rez-de-chaussée est utilisé comme dépôt d'engrais ; les machines sont dans le sous-sol.

Les greniers sont divisés en cases, où chaque lot peut rester séparé. On y met les grains destinés à être vendus isolément, ainsi que ceux qui ont été rentrés dans de mauvaises conditions et qui risqueraient de s'échauffer dans l'entassement des silos. Dans ces derniers sont envoyés les grains faisant partie de l'approvisionnement régulier du magasin et répondant aux qualités normales facilement écoulées sur le marché. Généralement, pour ne pas compliquer la comptabilité et les opérations du magasinage, on classe les diverses qualités en trois groupes, d'après lesquels se fixent les prix de vente. Ces trois groupes constituent les stocks les plus importants ; c'est pour la répartition, le mélange et la conservation de ces qualités types, que les silos sont le plus avantageusement employés. Les silos sont d'immenses coffres rectangulaires habituellement construits en bois et terminés en forme d'entonnoir ; le grain y est versé et s'y conserve. Lorsqu'on veut en effectuer la livraison, il s'écoule par la partie inférieure et est entraîné jusqu'au point de sortie, où il est pesé et mis en sac. Les silos utilisent au mieux l'espace recouvert qu'ils occupent et procurent une économie extrême de main-d'œuvre. Le grain, après avoir été élevé aux machines de nettoyage, est versé dans le silo ou dans le grenier, où il doit être emmagasiné.

Les silos sont défavorables aux grains humides, à

moins que le Kornhaus n'ait installé des appareils de séchage, encore très coûteux. Le bois des parois absorbe bien un peu l'humidité, — et c'est pourquoi le bois est supérieur au fer ou à la maçonnerie, — mais les fermentations sont à craindre. Aussi les greniers sont indispensables ; ils permettent d'emmagasiner les grains en tas peu épais, où l'air peut pénétrer; des pelletages fréquents maintiennent les meilleures conditions de conservation:

On adopte le plus souvent une combinaison des deux systèmes. Beaucoup de Kornhàtiser, et parmi ceux que l'on estime le mieux construits, ont la moitié de leur contenance en silos, l'autre moitié en greniers. La contenance des greniers est étendue aux deux tiers, lorsque, dans la région, on a à craindre des récoltes faites dans des conditions particulièrement humides.

Grâce aux Kornhâuser, les agriculteui^ allemands et autrichiens ont pu vendre leurs céréales dans de meilleures conditions que lorsqu'ils avaient les marchands pour seuls acheteurs. Sur ce point, l'opinion des intéressés est unanime à se féliciter des résultats obtenus.

En Poméranie, les débouchés procurés par la Société centrale de Stettin ont réussi à alléger le marché et à élever sensiblement la moyenne des prix dans les districts où les marchands profitaient auparavant d'une surproduction toute locale pour agir sur les cours et provoquer la baisse. A Anklam, par exemple, tandis qu'autrefois on acceptait une cote de prix de 0™'',70 à 0»'',80 par quintal au-dessous de celle de Stettin, les prix du magasin sont aujourd'hui ceux de Stettin exactement. A Stolp, on paye relativement aux cours de Stettin O^^'jHO à Omi',60 par quintal de plus qu'autrefois. A Neustettin, à Gramenz, on cote aujourd'hui couramment 40 pfennigs au-dessus du cours maximum de Stettin, tandis que les meuniers avaient auparavant l'habitude d'acheter d'après ce cours en cotant 0'°'',80 à 1 mark plus bas.

En Bavière, les paysans qui vendent par Fin tenu édiaire du Kornhaus reçoivent communément 1 fr. 25, 2 francs et jusqu'à 2 fr. 50 par quintal de plus que ceux qui vendent aux marchands. Cependant, très souvent, pour résister à la concurrence des magasins qui menacent de les supprimer, en les rendant inutiles, ces marchands surélèvent eux-mêmes leurs prix d'achat.

Développement de la vente coopérative des céréales, — L'Allemagne a été la première à appliquer la forme coopérative pour la vente des céréales, et en particulier pour celle du blé, en organisant les Kornhàuser, ou « Magasins à blé ». La France, à l'exemple de l'Angleterre, du reste, a vu se constituer dans ce but, pendant ces dernières années et notamment sous l'influence du Comité permanent de la vente du blé, un certain nombre de groupements coopératifs. 11 y a lieu de rappeler ici les noms des associations les plus importantes, exclusivement consacrées à la vente des céréales : la Coopérative agricole de l'Ouest, la plus ancienne de toutes, dont le siège est à Angers, qui fait annuellement un chiffre d'affaires de 200 000 francs et à laquelle est affilié le Syndicat de Gizey, dans la Vienne; puis la Coopérative du Périgord; celle de Bailleul, dans le Nord, actuellement dans un état de prospérité remarquable (1).

A côté de ces sociétés, on trouve disséminés sur le territoire un grand nombre de syndicats coopératifs pour la vente des céréales.

Il serait avantageux de développer en France ces utiles institutions, qui donneraient dans les Sociétés de crédit agricole un appui sûr et une tutelle précieuse.

(1) Projet de loi déposé par MM. Rouvier et Ruau.

Page 1