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cspéi-aiicos v[ les crainles, Iraiicher du tuiilcaii les divisions, el. ainsi docte en toutes les parlialités, employer pour soi les forces tju clic dcvrail craindre ».
Kntin. il n'a même pas liumilii' Henri 111 devant le futur Henri I\'. Si, chemin faisant, il ne dissimule aucune des turpitudes qu'il a stigmatisées dans les /'rn-ili/itcs. le jugement densemlde sur Henri 111 est emjjreiiil d'une rare modération : et le trait qui le lermine. quoique emprunt»'- de Tacite, s'adapte |iarlaitement à son objet : « \ oilà la lin de Henri lioisième, Prince d'agréable conversation avec les siens, amateur des lettres, libéral par delà tous les rois, courageux en jeunesse, et lors désiré de tous : en vieillesse aimé de peu : qui avait de grandes parties de Hoi, souhaité pour l'être avant qu'il le fût, et digne du Royaume s'il n'eût point régné. C'est ce (ju'en peut dire un bon Français. »
Un bon Français, et huguenot, écrivant cette histoire, ne pouvait que faire converger vers le roi de France tout l'intérêt d'une œuvre qui est, poésie à part, la geste d Henri : gesta Dei pcr Henricu/n. Aussi les traits sur le Béarnais fourmillent-ils. Tous ne sont pas à son avantage. I) Aubigné sait très bien séparer l'instrument providentiel de l'homme; si le premier lui a toujours inspiré, même dans V Histoire, une sorte d'enthousiasme sacré, le second l'a souvent déçu, choqué, voire parfois dégoûté. H a marqué ceci avec cela dans son grand œuvre, rigide jusque dans son aujour. Nulle part courtisan, pas même apologiste, il a noté les verrues, les « nèves », qui entachaient le visage de son héros. D'autant plus libre-
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inenl en a-l-il lail ôclaler la supériorité, lorsque ce prince, après s'être « caché dans ses vices », de là vint « s'échapper aux grandes choses ». Cent traits peignent au vif ce tempérament : composé unique de dons naturels et d'adresses acquises, de force et de souplesse, d'instinct génial et d'expérience durement achetée, gardant sous les apparences les plus primesaulières un fonds de calcul et d'intérêt que l'événement tournera au proflt de la France : au total, le premier honjme de son temps, parce qu il en était le l»liis imilliple. et qu'iKprésentait à chaque sorte d'adversaire la nature de di-fcnse qui devait infailliblement en ti-iompher : ondoyant en ses propos comme en ses tactiques, tenace en un seul dessein, auquel jusqu'à ses défauts concoururent, devenir le maître, cl le rester. Kt, quand il fut bien assuré de l'être audedans, le devenir au dehors.
Mais ce nesl pas seulement la personne d'Henri, c'est sa politi(jue aussi, quil a su peindre et formuler. Même sa politique huguenote, qui faisait gronder un irréconciliable comme lui. est expliquée, j'allais dire implicitement justiliée, et dans VJ/istoire, et en maint lucide opuscule : « Il nous disait en nous serrant la main : 11 m'est autant besoin que vous subsistiez quà vous-même ». Aussi, quand les envoyés du Pape le pressaient sur l'extirpation promise des huguenots, il « faisait voir notre multitude, nos places, notre opiniâtreté et dextérité
à les défendre et payait de notre force pour éviter
la guerre )). Di'ef, ajournant de plus en plus l'exécution, « il se servait de la force qui nous restait pour avoir terme ». Le coup d œil de d'Aubigné dans ces