‹ Agrippa d'AubignéChapitre 40 sur 47 · I.E SATIIIIQUK : FŒMISIK ET SAMIY · texte numérisé non relu

I.E SATIIIIQUK : FŒMISIK ET SAMIY

(k-iiiaiide quel lïit ce grand délinquanl. 11 n'est pas peu élonné de découvrii-, sous les couleurs dont Ta barbouillé d\\ubign(''. un Harlay, grand personnage de TKtat, serviteur très lidèle de la couronne en toutes circonstances dilTiciles : un peu oscillant évidemment, comme tant d'autres, sur la question de religion, puisqu'il changea de confession au moins deux fois de trop, mais seulement une fois de plus (|ii(' iteaucoup de chefs huguenots, et que le petitiils de Goligny lui-même : ce point niis à ])art. homme de services loyaux envers les rois lleni'i 111. Henri l\. Louis Xlll, comme conseiller, capitaine, ambassadeur et surintendant: bref un serviteur de l'Ktat traité avec considération, — c'est tout dire, — par l'intègre de Thou. (Quelles raisons personnelles d'Aubigné eut-il de le travestir en |)leutre et en Tartuffe de cour? Ksl-ce lui qui, surintendant aux finances, fit rogner les pensions du huguenot? D'Aubigné, installé à Genève où Sancy vint maintes fois négocier soit comme plénipotentiaire, soit comme colonel général des Suisses, eut-il avec lui des démêlés? (Question malaisée à éclaicir. Ce qui est hors de doute, c'est la partialité furibonde de ce factum : on sent trop une haine à mort entre ces deux hommes, et que d'Aubigné, comme on dit. a voulu avoir sa peau. Fœneste était un Baron en l'air, et un folâtre ». Sancy a bien réellement existé: il n'est mort qu'un an avant d'Aubigné. Si d'Aubigné n'attendait que cette mort pour lancer son livre; si Ton voit ((u'il l'annonce déjà dans le Fœneste, et si le scandale soulevé par la 4'' partie de ce roman, aussitôt suivi de sa propre mort, a seul empêché d'Aubigné

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(corniiic il est probable), de faire paraître le Snncj/, alors achevé et prêt, on ne peut que qualifier sévèrement un artc dont la fureur se double dune sorte de traîtrise. Mais d'Aubigné ne voulait pas mourir sans vider son carquois. Soit! Seulement ici il n'y va plus de franr jeu, et ses flèches sont empoisonnées.

Sancy est donc sa première cible. Le cardinal du Pci'i'on est la seconde. Là encore, il passe la mesure. (Jn devine malaisément, sous la caricature quil nous présente. le grand dignitaire d'Eglise, Poraleur merveilleux, le savant surprenant que fut du Perron, au(juel d'Aubigné rend plus d'un témoignage favorable en son Histoire. Mais alors, pourquoi cette contradiction? Même la controverse fameuse où dAubigut' se donne sur son adversaire un avantage public «ju'il a complaisamment raconté, ne pouvait lui montrer en du Perron un sot, un fat, un ignare, un courtisan vil et intt'ressé. Passe qu'il s'i'gaie sur « le (Irand Convertisseur » ; ou même qu'il ait donné aux abjurations reçues par ce confesseur séduisant je ne sais quoi air de bonnes fortunes. La manière de du Perron n'était pas celle d'un François de Sales. (]'était le définir d'une façon à la fois satirique et vraie que de dire qu'il avait « ramené à la grande et spacieuse voie tant de gens de bonne maison ». Mais est-il bien exact qu'il ait été le complaisant de certains vices royaux jusqu'à faire chanter, dans ses vers, à la musique de Sainte-(^écile, « les anliphonies de Caylus et ses compagnons »? Et s'il avait un frère indigne, — ce qui serait à éclaircir, — est-il juste de l'éclabousser avec les infamies de ce frère, repré-

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