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sente dialoguant avec les leraelles K's plus éhonlées de son tenaps?
Ces obscénités voulues dont la cutivfrsion est le texte ou le prétexte, donnent la nausée. Kt Ton serait tenté de jeter le livre, et de douter qu'un chrétien, même en colère, ait pu se donner de tels passe-temps, si l'on ne s'avisait que dAubigné. plus il avance en âge, plus il retarde sur son temps. En 1G30, il en est encore au serment de la conjuralion d'Amboisel Kn plein ministère de Richelieu, dans le calme plat qui suit la chute de la Rochelle, il en est aux rancunes des conversions moisies. aux colères des prédicanlereaux contre les « appointi'urs » des deux religions. Quand le parfum de V Int roda rt ion à la vie dévote s'élève dans les nouveaux oratoires du catholicisme pour les sanctiCer d'une foi rafraîchie, (juand Bossuet vient de naître, il en est encore aux plaisanteries anti-cléricales sur les « Romipètes », les reliques, le purgatoire et la transsubstantiation. Il n'a donc rien appris. Surtout, il n'a rien oublié. Son implacable mémoire lui peint toujours, en traits de feu, ce qui choque sa foi de huguenot ou son amour-propre de serviteur en disgrâce. Ce que l'âge elface chez d'autres, chez. lui il le grave. Son cerveau est pareil à un cuivre où Teau-forte creuse de plus en plus profondément les mêmes sillons. Ses derniers écrits sont les derniers « états » de cette gravure. Faut-il s'étonner qu'ils soient si poussés au noir? Ce qui nous répugne aujourd'hui est donc au contraire en parfait accord avec le tempérament d'un d'Aubigné. Expliquer l'homme, suffit déjà presque à critiquer l'écrivain.
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J)ans le Sancy, c'est toute la vieille « huguenotaille >■ qui gronde. Et c'est, enfin, le cas de remarquer, pour être juste, que Tair genevois, qu'il humait du haut de son Cresl. n'était pas fait pour tempéreil'âcreté de son calvinisme.
Ces réserves formulées, — or, elles étaient nécessaires, — on se sent moins gêné, sans être cependant tout à fait à son aise, pour admirer la puissante intempérance du Snncy. et l'ironie sanglante de cette parade théologique. Oublions un instant qu'il s'agit d"e i)ersonnagcs historiques. Supposons (juc Sancy et du Perron soient des nom^ a en l'air >-. et qu'ils représentent, l'un le renégat à tous prolits, sorte d'Onuphre mâtiné de Machiavel; l'autre le prélat vicieux à toutes absolutions, la religion courtisane, quelque chose comme Célimène cardinal : l'un et l'autre domestiques à tout faire de l'Eglise et de l'Etat. Alors nous pourrons nous divertir d'eux un instant sans remords.
l^e ton de Sancy est une trouvaille : contrit, nigaud, finaud, sensé, drolatique, salé, poivré. 1/homme aux innombrables conversions, chiffrées par autant de charges, d'ambassades, nous ouvre son àme au fond ingénue, (^ui donc l'accuse d'avoir changé? « Ce n'est pas changer que de suivre toujours même but. » Son but. c'est d'arriver. Et il arrive sans bruit, avec son éternel sourire et ses couleurs de caméléon, honoré, salui'. voire estimé, tandis que Fœneste. bruyant, nargué, balbué, reste en route. « .lai suivi mon but. je n'ai changé que de movens : Ad coiistitiitiini jiortuni triutrns rinlrni
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prorsits nai'igationc, sed i'clificatione mutntn. » Ainsi, il n'est que de i-arguer ou de larguer à teni|)s. Comme il sut «nellre le lup sur Henri 1\'. quand il vit le roi décidé 1 « Je m'en vins à la coui'. gros de « ces ouvertures, pour être compagnon de tant de « belles espérances, maître de tant de Cnances, et « non serviteur de ma conscience par même moyen. « qui était hi dernière considération. » Ne croyez pas que celte conscience arrive ici par-dessus le marché. Non. il y a des choses de conséqueni e, comme des articles de foi, que cet homme sérieux s'engage à signer de son sang... « à ses premières hémorroïdes ». Sa famille sera élevée dans des principes aussi fermes que les siens, il retirera donc ses enfants de la Rochelle, où ils appix-naient le grec et l'hébreu, ces futilitt-s, pour qu'ils apprennent des parvenus du jour, un La \ arenne, un Cachât et un l.a lîastide, l'art de i)arvenir. Si l'on parle d'accorder les deux religions, il approuvera la tentative : n'est-ce pas « une honnête conférence entre les conférences que le siècle a conférées? » Il voit d'ici les concessions réciproques, les malentendus détruits ; car, au fond, ce sont des malentendus. Une moyenne entre deux extrêmes, la religion justemilieu, n'est-ce pas l'idéal? « C'eût été une brave religion, qui eût rejeté les incommodités des deux, et eût rétabli ce qui est plausible en l'une et l'autre. Chacun en eût été reçu et content, nul déchassé. » Pour un peu. il en pleurerait de tendresse. Car il n'est pas méchant.
.Mais voilà que les huguenots font les obstinés, et dissipent ces rêves. Le vieux Palissy continue à
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faire école. Doubles maladroits, qui ne comprennent pas que ri^dit qu'ils ont arraché par force ne leur sera pas pardonné par celui qui a dû l'octroyer. Ils importunent lé roi, maintenant, par leur arrogante fidélité. Victimes donc seront-ils de la Cour, et justes victimes, car ils faisaient '< œuvre d'iniquité, pour ce qu'il est inique de servir les ingrats ». Sur ce mot admirable, notre arriviste, déjà plus qu'arrivé, va tourner le dos à ces pauvres honnêtes gens, qui " en faisaient assez pourollense. non pour défense ». Donc, voyant ces « maîtres de camp morfondus, chevau -légers estropiés, canonniers jambes de l)ois. pélardiors dc'visagés », réduits à leur simple lidé'iiié, « condamnés à être le jouet des plus grands, avisés aux affaires du lloi, divisés aux leurs, avec pitit- tle la France quand la France n'en avait point deux je dis : Bczoïnunos ! » Kt, sur ce baisemain, il pirouclle et monte encore, il monte toujoui-s.
Oepeiidaiil li- grand (Convertisseur, son compère, raM'iTiiiil dans i-etle « large voie ». Nest-il pas riioiiiMU' di' lous les accommodements, à l'aris comme a Kome? S'il le faut, il ira rerevoir du j)ape. avec le cardinal d"( ><sat. les tinulndcs pour la conversion du Roi : et d Auhigné se gausse de ces deux cardinaux '( couchés de ventre à bêche-nez. comme une paire de iiia(|uereaux sur la «grille, depuis miserere jusqu'à i'ititlos ». S'il le faut, sa théologie se transformera en « mathéologie ». sinon même, comme dit la grossière Malhurine, en « troulog^e ». Elle trouvera des mortiers à toutes brèches, des emplâtres à toutes blessures. O chapelain des rois sauvera
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ainsi l'honneur de sa religion : « Nous devons cacher les vices de nos Princes, mais puisqu'ils sont découverts, il en faut authoriser les statuts du Saint- Siège. » (la savant. <|ui n'est j)oint dupe dune faiseuse de miracles, s'appropriera le mol du cardinal de Lorraine : « Bien que ces miracles lussent faux, ils étaient pourtant utiles ud pins /'rnudc.s. » Aussi est-il fort de >^es impiétés comme d'une ancre de salut. N a-l-ii pas tout |K)UVoir d ahsoudre?
Sancv, lui. malgré ses belles apparences, n'est pas aussi rassuré. S'il n'est plus huguenot, il le fut un instant, et il lui en reste (juehjue chose. Kt parfois le saisit un je ne sais ([uoi qui ressemble à l'examen de conscience, et frise le remords. Le temps de rire est passé maintenant. Kn vain le C'onverlisseur. appelé à la rescousse, multiplie les palliatifs. IMus il veut rassurer le patient, plus il l'intiuiète. D'ailleurs, ])ar tout l'ouvrage, le sarcasme grave et profond éclate à côté du sarcasme simplement comique ou ignoble. Kt. à chacun de ces éclairs, il semble qu'on entende gronder, dans le lointain, la foudre des l'roiinrialcs.
Ce n'est pas un paradoxe, en eifet, de soutenir qu'il se trouve dans l'auteur du Snncy un peu de l*ascal, du Pascal des Petites Lettres. Entre eux le fossé des religions n'est pas tel que leurs morales ne communiquent par-dessous, ou par-dessus. Le calvinisme du XVI- siècle est, en morale religieuse sinon en dogme, souvent un jansénisme d'avant Jansénius. D'Aubigné. comme j'ascal. a la passion d'une religion rigide en ses principes, austère en ses corn-