‹ Ah Il a des bottes, Bastien vaudeville en un acteChapitre 9 sur 18 · AH I IL A DES BOTTES, BASTIEN · texte numérisé non relu

AH I IL A DES BOTTES, BASTIEN

BOSSELÉ. Oh I que ne suis-je l'ange aux ailes bleues I

BASTIEN. Où mettriez-vous vos ailes?...

voire bosse vous gênerait.

BOSSELÉ. Mais, imbécile, si j’étais un ange, je ne serais pas bossu.

BASTIEN. Tiens, au fait, c’est vrai I

8BH0NE. Mais, pardon, messieurs, je suis forcée de vous laisser seuls... j’ai des foins à faire rentrer.

BOSSELÉ. Quoi I vous partez, belle Simone?

stuoNE. Oui, monsieur Bosselé.

bosselé. C’est que je voulais vous dire...

SIMONE. Quoi?

BOSSELÉ. Cn particulier.

SIMONE. C’est donc un secret ?

BOSSELÉ. Oui... le secret de mon cœur.

SIMONE, à Narcisse et d Bastien. Alors, messieurs...

BOSSELÉ. Au fait, non, restez, messieurs; tout l’univers peut entendre ce que j’ai à dire à mademoiselle.

BASTIEN et NAncissE. Rcstons.

BOSSELÉ. Mademoiselle... j’ai trente-six ans !

BASTIEN. Aïe I

BOSSELÉ. Hein?... J’ai trente-six ans.

BASTIEN, d part, n y lient.

BOSSELÉ. J’ai huit cents livres de rente, un cœur tout neuf.

BASTIEN, d part. Je Qois ben, qu’est-co qui aurait voulu s’en servir ?

BOSSELÉ. Un caractère agréable.

BASTIEN, d part. Quand il dort.

BOSSELÉ. Eh ben I mademoiselle, je vous offre mes trente-six ans, ma fortune, mon cœur, mon caractère et ma main.

BASTIEN, d part. Et sa bosse, qu’il oublie I

SIMONE. Monsieur Bosselé...

HAncissE, l'interrompant. Pardon, mademoiselle... (d Bosselé.) A mon tour.

BASTIEN, a part. Il parait qu'on fait la queue.

NABCis.SE. Mademoiselle , j’ai vingt-deux ans , mais il me semble que je sors de nourrice, car avant de vous connaître , je ne vivais pas, j’étais dans le néant, mon intelligence était dans les ténèbres.

BASTIEN, d part. Elle y est toujours, va.

NARCISSE. Un voile épais couvrait ma vue, vous m’êtes apparue rayonnante comme un rayon de soleil , vous avez animé ce corps qui jusques-là était demeuré insensible, j’ai compris l'amour.

SIMONE, d part. Comme il parle bien !

NARCISSE. Eh bien, mademoiselle> je pars à l’instant pour Paris, ou je reste dans ce village ù perpétuité : voulez-vous être la locomotive qui me fera fuir ou la chaîne de roses qui me retiendra ?

BASTIEN, d part. Sont-ils heureux de pouvoir ben parler comme ça !

SIMONE. Ainsi, messieurs, le but de votre visite était de me demander ma main?

BOSSELÉ ((.NARCISSE, üui , Charmante Simone.

SIMONE. Et vous, monsieur Bastien ?

BASTIEN. Moi,, oh I y a pas de danger I SIMONE. Comment vous redouteriez de devenir mon mari ?

BASTIEN. Ohî ben du contraire; seulement je voulais dire que je n'oserais jamais vous faire ma demande.

SIMONE. Et pourquoi ?

BASTIEN. Parce que j’ai pas huit cents livres de rente, trente-six ans, un bon caractère, et enfin, tout ce que M. Bosselé peut vous offrir ; je n'ai pas , non plus , comme mon cousin, une locomotive en chaîne de roses, et puis j’suis guère beau, et vous êtes gentille, vous avez une ferme et des écus, et moi j’ai pas l’sou, je possède rien, de quoi !

NARCISSE. Il dit qu’il ne possède rien quand... (Chantant}

II a dis tMltei, (Ht)

Baitlen,

II a des boites, botics, etc.

BASTIEN. Eh ben, oui, il a des bottes, dites donc cousin, notre oncle disait sur son testament que si nous ne tombions pas d’accord pour le partage , nous tirerions à qui aurait les bottes ou le mobilier; si nous n’avions pas été d’accord et que le sort vous ait donné les bottes, à quoi vous au-raient-clles servi ?

NARCISSE. Je les aurais usées en me promenant.

BASTIEN. Oui, comme le chat botté.

NARCISSE. Hein ?

BASTIEN. Eh ben î moi , je ferai comme mon oncle , je les userai en travaillant , et comme lui je tâcherai d’être utile aux autres.

NARCISSE. Oui , c’est parce qu’il a trop donné aux autres qu’il nous a laissé si peu.

■ASTIIN.

Air : Le iraitre quieetiiU't la France {U ém, iHable)

Sar sa conduit', quoi! vous Jetez le blâme, Quand aujourd'hui vous jouisses d' Scs blcDraitst Notre cberuDcle était une bonne âme.

Vous, mon cousin, vous avez I' rœur mauvais.

Vous fùi'sbeuTeui d’ lui tirer des carottes.

Et 1’ piuvr' bonhomme toujours bon, généreui, Au lieu de mettre du foin daos sci iMlles L* fjisait manger par un las d’ paresseux.

Nol* oncle, au lieu d' metl’ du foiti dan.s ses bottes. Vous J' savei beo, r donnait aux paresseux.

NABCisse, furieux. Cousin !

BASTIEN. Eh ben , qui qui vous prend , j'vous ai pas dit de vous moucher, moi...

BOfstLÉ. Messieurs, ces discussions sont de très-mauvais goût en présence de mademoiselle : ensuite elle détourne la question que nous lui avons posée.

NARCISSE. C’est juste, mademoiselle, vous connaissez mes sentiments : peut-on savoir quel sera l'heureux vainqueur?

SIMONE. Une telle proposition demande réflexion : revenez dans une heure, messieurs, vous aurez ma réponse.

NARCISSE. Oli I comme le temps va me paraître long jusque-là (à part), car j’espère que ce sera moi.

BOSSELÉ , à part. J’aurai la préférence.

BASTIEN, d part. Je crois qiio c’est guère la peine que je revienne , car ce sera pas moi.

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