Ulcère rongeant des lèvres OU Esthiomène
Fig. 2-25. — Esthiomène perforant et hypcrtrophique du périnée et de
l'anus (*).
Symptômes. — Locaux : Chez des femmes lymphatiques, coloration rougeâlre, bleuâtre des grandes livres, sans vésicules, ni pustules, ni tubercules, à aspect lisse, luisant, à forme squammeuse (Esthiomène superficiel).
(*) A, A, grandes lèvres ; B, B, nymphes ; C, enfoncement anguleux représentant la cicatrice d'une ancienne ulcération ; D, crête saillante formée par le raphé périnéal et quelques plis de l'anus qui se soutiennent avec la nymphe ; E,F, enfoncement fistural qui remplace le vestibule et le méat urinaire ; HH, ulcération qui circonscrit l'extrémité inférieure du vagin ; I, tubercule antérieur du vagin ; J, orifice inférieur du vagin, très-rétréci. (Huguier.)
Ou bien tubercules isolés ou confluents, plats, couleur lie de vin, de forme ovale ou circulaire, mous, peu sensibles au loucher, restant stationnâmes, ou s'étendant, se réunissant, gagnant en prorondeur, avec induration, épaississements, infiltration (Esthiomène profond) (fig. 225).
Ne pas confondre avec chancre (27).
Traitement, — {«Local: Lotions journalières, bains, etc.onctions avec les pommades iodurées, iodure de plomb de soufre, de potassium (2 à 4 gr.) ; calomel, onguent napolitain. 2° Général : Traiter le lymphatisme (26). 480. Imperforation rte l'hymen. — Symptôme?. — A chaque époque menstruelle, malaise, douleur dans les reins, pesanteur sur le bas-ventre; fatigue générale, céphalalgie, pesanteur à la vulve et sensation d'un corps qui tend à descendre, puis peu à peu tumeur au-dessous du pubis :
entre les grandes lèvres, là où devrait se trouver l'orifice semilunaire du vagin (fig. 226) exîsle une saillie plus ou moins considérable, rouge, noirâtre, élastique, résistante, indolore au toucher, mais présentant une fluctuation obscure : dysménorrhée, aménorrhée.
Ne pas confondre avec kystes (477).
Traitement. — Inciser la membrane de haut en bas avec un bistouri droit pointu. Si l'hymen a beaucoup d'épaisseur et de résistance, inciser couche par couche, en ayant le doigt pour conducteur; quelquefois l'introduction d'une sonde dans la vessie et du doigt dans le rectum constitue les meilleurs conducteurs. Après l'opération, injections vaginales d'eau tiède ; panser avec une grosse mèche enduite de céraf.
4SI. Vaginite. — I. Vag-. aiguë. — Symptômes. — Locaux : Insensibilité, chaleur, puis écoulement vaginal plus ou moins abondant, d'abord clair, opalin, puis épais, jaunâtre ; tension et sensibilité du vagin ; rétrécissement de l'orifice externe, coloration rose, rougeâtre de la muqueuse ; quelquefois tuméfaction des grandes lèvres et des ganglions inguinaux. Ne pas confondre avec leucorrhée (482).
t'ig. 226. — Hjmen semi-lunaire.
Traitement. — Injections émollientes, narcotiques, très-fréquentes; bains, lavements émollients ; tampons de charpie imbibée de glycérine et laissés dans le vagin. Quand les douleurs sont moins violentes, injections astringentes ; tampons imbibés de glycérolé de tannin, additionnés ou non de laudanum.
'2f Eau distillée 500 gi'.
Acétate de plomb ou
sulfate de zinc... 15 à S0 Diss. pour injections.
If. Eau distillée. .. . .. 100 gr.
Nitrate d'argent crist. 10 à 20 gr.
Diss. pour toucher 2 fois par semaine la muqueuse vaginale (Churchill).
II. Vag. granuleuse chronique. — Symptômes. — Locaux: Absence de douleurs ; quelquefois démangeaisons et cuissons ; écoulement plus ou moins abondant, de consistance crémeuse, de couleur jaune-verdâtre. A la surface du vagin, petites granulations très-nombreuses, rougeâlres, de 1/2 millimètre à 2 millimètres de diamètre, ne s'ulcérant jamais, perceptibles au toucher.
Ne pas confondre avec leucorrhée (482).
Traitement. — Injections d'eau tiède d'abord pour nettoyer le vagin; puis 2 fois de suite, à l'aide d'une seringue de verre, injection avec
"if Eau distillée 30 gr.
Nitrate d'argent cristallisé. 0sr,05 Diss.
- Glycérine 30 gr.
Tannin 2à5 gr.
Faites ces injections matin et soir : bains de siège; grands bains tous les 4 jours : tampons avec le glycérolé de tannin cidessus.
III. Vag. diphthéritique. — Symptômes. — Locaux : Coloralion rouge vif, écarlate : exsudation membraneuse jaune ou rougeâtre, souvent très-adhérente, saignant par l'ablation des lausses membranes; chaleur locale, douleur, constrictions spasmodiques, leucorrhée abondante, muco-purulente ; quelques troubles menstruels ; extension de la diphthérite du vagin à la vulve, à la vessie et troubles fonctionnels.
Ne pas confondre avec ulcère (126), chancre (27), ulcère rongeant (479). 7
Traitement. - Local : Injections tièdes, émollientes, calmantes, narcotiques; lavements laudanisés; prévenir ou combattre la constipation. Après la période d'acuité, injections au nitrate d argent ci-dessus ; enlever la cause première de la diphthé-
rite. En cas de sécrétions fétides, injections chlorurées, phéniquées :
Mêlez pour injections.
482. Leucorrhée. — Symptômes. — Écoulement par les parlies génitales, en dehors de l'époque des règles, d'un liquide aqueux, albumineux, demi-transparent, opaque, muco-purulenl, pouvant occasionner l'allanguissement, l'amaigrissement, la pâleur, des troubles gastriques, de la dyspepsie, de la gastralgie, de l'entéralgie, des désordres nerveux, de la chlorose, etc. Examiner au spéculum pour savoir si l'écoulement est utérin ou vaginal.
\° Utérin. — Écoulement de mucus transparent et albumineux : il mouille le linge sans l'empeser d'une manière notable : la muqueuse vaginale est saine, le tissu du col chroniquement enflammé.
2° Vaginal. — a. Écoulement crémeux, caséeux, muco-purulent, épais, verdâlre ; empèse fortement le linge, le tache; dépend habituellement de la muqueuse vaginale épaissie, en^ flammée, ramollie ou couverte de granulations.
b. Écoulement purulent, produit par des ulcérations de la membrane muqueuse de la surface ou de la cavité du col empèse le linge beaucoup moins que le précédent; est plutôt blanchâtre que verdâtre ; dépend de la vaginite.
Très-souvent ces différentes sécrétions sont mélangées et confondues dans le vagin.
Ne pas confondre avec vaginite (48 1 ).
Traitement. — 1° Local: Injections avec les solutions de tannin (10 gr. pour 500 d'eau), de sulfate de zinc (10 gr. pour 500), sulfate de fer (10 à 15 gr.), acétate de plomb (5 à 25 pour 500), nitrate d'argent (0,05 à 0,10 pour30 gr. d'eau), sulfate de cuivre (I gr. pour 400), alun (5 à 15 gr.), eau de chaux, décoction de noix de galle, de feuilles de noyer, d'écorces de chône. Pommade d'alun (50 gr. pour 100 d'axonge), de tannin (15 pour 30), glycérolé de tannin (Demarquay, Ad. Richard) ; douches froides, locales, ascendan tes.
If Eau distillée.
Acide phénique Alcool
1000 gr. 2£ Eau commune. .. .
1 — Chlorure de chaux
10 — Diss. pour injections.
1 à 3 gr.
Tannin. . , Glycérine
10 gr.
Diss.
2° Général : Traiter la constitution parles toniques, les ferru-
gïneux; trailer les diathèses lymphatique (26), arthritique (23, 25),herpétique(5o), !a chloro-anémie (31). Hydrothérapie, bains de mer.
Si la leucorrhée se montre à la place des règles supprimées : poudre de sabine (0,30 à 0,50) trois fois par jour.
2C Sabine pulvérisée 8 gr.
Fer 4 —
Extrait aqueux d'aloès lBr,25
Mucilage de gomme adragante 0sr,50
F. s. a. des pilules de 0,10 : 3 à 4, deux ou trois fois par jour.