‹ Aide-mémoire de médecine, de chirurgie et d'accouchements [electronic resource]Chapitre 19 sur 180 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Abcès chauds ou phlegmoneux. - Abcès froids. - Abcès par congestion -Phlegmon diffus, érysipèle phlegmoneux. - Plaies par instrument tranchant. - Hémorrhagie traumatique. - Pourriture d hupita . - Infection, résorption, diathèse purulente pyohemie. - P aies ar instrument piquant. - Contusions. - Plaies contuses. - Plaies ar armes à feu - Inoculation des poisons, des sucs cadavériques, piqûres anatomiques. - Inoculation des venins. - Venin des vipères. ■llqZte - Charbon. Pustule maligne. - Brûlure. ■- Gelure. Ulcères - Furoncle ou clou. - Anthrax. - Cancer cutané. Cancroïde. - Lipomes, loupes. - Stéatome. - Kystes. - Tumeurs

érectiles ou n£evi. — Angioleuci.te. — Adénite aiguë et chronique. — Synovite tendineuse. — Ostéite, périostéite. — Nécrose, carie. — Exostose. — Ghondrôme. — Cancer, ostéosarcpme. — Kystes des os. — Anévrysmes des os. — Tubercules des os. — Arthrite.

107. Abcès chaud» ou phlegmoneux. — Symptômes. — 1° Locaux: Tumeur ou phlegmon; rougeur; chaleur; douleurs en un point, avec irradiation dans le voisinage ; résolution de ces divers symptômes ou formation de pus (abcès) ; dans ce dernier cas, augmentation de la tumeur, fluctuation.

2° Généraux : Fièvre, frissons, altération, anorexie; troubles fonctionnels, variables selon le siège de l'abcès, selon qu'il est superficiel ou profond.

Ne pas confondre avec abcès froid (108), lipomes (131), tumeur anévrysmale (voir Maladies des régions).

Traitement. —1° Local: Cataplasmes émollients laudanisés ; lotions d'eau tiède, d'eau de guimauve; position élevée de la partie malade ; onctions avec l'onguent mercuriel double. Dès que la fluctuation est manifeste, incision avec la lancette pour les petits abcès superficiels ; incision avec le bistouri pour les abcès profonds ou volumineux ; faire l'incision parallèlement à l'axe du membre et du corps, ou dans la direction des plis cutanés, des rides, des fibres musculaires. — Si l'abcès est profond, inciser couche par couche et se servir au besoin de la sonde cannelée; éviter les vaisseaux, et les lier en cas de division. Pansement simple; mèche de charpie ou tube a drainage dans le foyer; cataplasmes de farine de graine de lin et d'eau de guimauve, puis cérat sur un linge troué et charpie sèche ; lavage du foyer ; contre-ouvertures au besoin.

2° Général : Boissons acidulés, émollien tes ; diète ; laxatifs légers au besoin. Si l'abcès est considérable, la suppuration abondante et le malade faible, régime tonique, quinquina amers. '

108. Abcès froids. — Symptômes. ~i° Locaux : Tumeur plus ou moins volumineuse, bien limitée, rénitente, élastique fluctuante; téguments non altérés ni dans leur couleur ni dans leur température ; douleur légère ou nulle.

2° Généraux : Nuls.

Ne pas confondre avec abcès phlegmoneux(107), abcès parconft^J J "32' 0/!i3) Qdénites chroniq"eS suppurées, lipomes, kystes

Traitement. - Au début, chercher à obtenir la résolution par un régime tonique, huile de foie de morue, fer, quinquina,

MALADIES GÉNÉRALES

par des frictions ou par des pommades iodurées, ammoniacales, par des douches locales sulfureuses.

"2f Axonge 30 gr.

Iodure de potassium ou iodure de plomb 2 à 4 —

Axonge 30 gr.

Chlorhydrate d'ammoniaque 2 —

Quand le pus tend à se former: Emplâtre de Vigo, de diachylon ;

Fig. 21.— Trocart {*

Fig. 22. — Seringue à hydrocèle (**).

Fig. 23. — Robinet à double effet (***).

vésicatoires-volants ; venlouses sèches ; onguent styrax, de la mère

Quand le pus est formé : Ponction ou incision, puis panse-

n AB canule munie d'un robinet C, qui interrompt la communication .lune J Urém lés de la canule à l'autre, quand il est tourné transversalement ; D, v,rl desS \ se visser sur l'embout d'une seringue ; E, manche ; F, embout ; G,

tr n'A pas de vis sur lequel se monte la canule ; B, anneaux pour l'index et le médius ; C, anneau du piston pour le pouce de ,a

\ aiutaere s adaptant a la seringue, b, ^yw^ r ( . r ouverture se continuant avec un tube latéral perpendiculaire a la direcc.auulf;C:°U;i " S destiné à conduire dans un vdse le liquide que l'on lî011 du corps de pompe < ^ de ^ oimrtures et

chaSS6 ^dilïtTu né de à^auche fait communiquer le corps de pompe 'l111''1"" 'l,s,l"""< , . ,„,„,„•.,,, sensinverse, intercepte cette < '.munu- ^ VS' tel f Torîrqîe' „' u. .,■ .is la seringue | ■ lavi

ment avec de la charpie enduite d'onguent styrax, devin aromatique, d'alcool; injections alcooliques, iodées :

ou bien ouvrir l'abcès avec une traînée de potasse caustique ou de pâte de Vienne ; pansement comme ci-dessus. Ponction sous-cutanée avec un trocart spécial (fig. 21), un ajutage, une seringue à hydrocèle. avec laquelle on vide J'abcès par aspiration (J. Guérin) [fig. 22 et 23).

1 09. Abcès par congestion. — SYMPTOMES. — Douleur sur un des points du squelette, le plus souvent le rachis, augmentant par la pression, les mouvements ; très-fréquemment déformation osseuse dans le même point ; puis apparition d'une tumeur ayant les caractères de l'abcès froid. — Chercher dans les régions cervicale, dorsale, lombaire, la partie osseuse altérée qui est la source de l'abcès (voir Mal de Pott, 254;.

Ne pas confondre avec abcès froid idiopathique (108), hernie inguinale ou crurale, anévrysme.

Traitement. — 1° Général: Huile de morue, amers, quinquina, ferrugineux ; air pur; alimentation réparatrice.

2° Local: Traitement de la maladie des os; ouverture de l'abcès par ponction sous-cutanée avec un bistouri à lame étroile ou avec un trocart et injections iodées, comme dans l'abcès froid, prévenir le séjour de l'air dans le foyer (Lisfranc préférait les larges incisions) ; puis topiques irritants, vins aromatiques, alcool phéniqué, liqueur de Villate.

110. Phlegmon diffus, érysipèle phlegnioneux. — Symptômes. — 1° Locaux: Douleur, gonflement; coloration rouge, violacée, par plaques, par lignes ; peau tendue, luisante ; vésicules, bulles, phlyctènes ; tuméfaction douloureuse des ganglions; consistance pâteuse, œdémateuse de la partie malade qui conserve l'impression des doigts ; dureté, rénitence. Du 4e au 6° jour, état stationnaire ou diminution des symptômes locaux; œdème- de retour; ouverture spontanée des phlyctènes et issue de sérosité sanguinolente; amincissement de la peau; fluctuation, décollement considérable de la peau qui se mortifie par places, eschares.

Trois périodes: 1° inflammatoire; 2° mortification ; 2° élimination des eschares.

2° Généraux: Frisson, chaleur, accélération du pouls, état fébrile intense pendant la première période; rémission marquée

"if Eau distillée

Teinture d'iode. . . , Iodurc de potassium

MALADIES GÉNÉHAT.ES.

de ces symptômes pendant la deuxième ; retour des symplOmes généraux, dévoiement colliqualif, sueurs abondantes, anéantissement, adynamie. ' .

Ne pas confondre avec phlegmon simple (107), érysipèle (88), angioleucite (135).

Traitement. — Local: Sangsues en grand nombre, 20 à o0; bains partiels, cataplasmes émollients ; tenter au début l'avortement du phlegmon par la compression méthodique (?) ; incisions longues de 0m,07 à 0m,08 et profondes (voir Phlegmon diffus du bras, 312).

111 . Plaies par instrument tranchant. — Symptômes. — i° Locaux: Douleur; écartement des bords; effusion du sang

variable selon l'importance et le siège de la plaie.

2° Généraux : Etat fébrile, syncopes, etc., en rapport avec la gravité de la plaie et l'idiosyncrasie du blessé (voir Maladies des régions).

Traitement. — 1° Local e Enlever les corps étrangers qui seraient dans la plaie ; lavage à l'eau fraîche; réunion par première intention; combiner la position, la situation et l'application des bandages unissants, torsion ou ligature des vaisseaux divisés ; sutures variant selon les cas et le siège des plaies ; sutures à points séparés ou entrecoupés (fig. 24), suture entortillée (fig. 2a) ; fils métalliques ; serres fines de Vidal, bandelettes dediachylon; taffetas gommé ; collodion élastique; baudruche gommée. Pansement par occlusion ; recouvrir avec un linge très-volumineux troué et cératé, ou bien imbibé de glycérine ou d'huile ; gâteaux de charpie appliqués méthodiquement, et bandage approprié (A. Guérin). Opiacés, laudanum contre ladouleur.

Si la plaie doit suppurer, introduire de la charpie cératée entre les lèvres.

Si la plaie est blafarde, à marche lente : Lotions vineuses, alcooliques; pansement à l'alcool, à l'eau-de-vie, au vin aromatique; onguent digestif ; onguent styrax: baume du commandeur, teinture d'iode; cautériser avec le nitrate d'argent; eau phéniquée :

Fig. M. — Suture à Fig. 25. — Suturo points séparés ou entortillée, entrecoupés.

"2f Acide phénique !

Alcool S —

Eau 1000 -

2° Général : Repos, air frais, alimentation appropriée ou diète en cas de fièvre traumatique ; combattre les diathèses syphilitique, herpétique, rhumatismale, lymphatique.

Contre le tétanos (voir 40).

Contre le délire nerveux: Laudanum en lavement (10 à 30 gouttes); potions opiacées (extrait thébaïque, 0,05 à 0,10), sirop de morphine, éther.

112. Oémorrliagie traumatique. — SYMPTOMES. — 1° Locaux: Issue d'un sang rouge, vermeil,à jets saccadés, isochrones aux battements du cœur ; rétraction dans laplaie des deux bouts du vaisseau divisé : arrêt ou diminution de l'hémorrhagie par la compression du vaisseau entre la plaie et le cœur. Si la plaie est petite : accumulation du sang dans la gaine des vaisseaux, dans le tissu cellulaire, etc. {H. artérielle).

Issue d'un sang noir, à jet continu, en nappe, diminuant ou cessant si l'on comprime la veine entre la plaie et les capillaires; le fragment le plus voisin du cœur se cache souvent et s'affaisse (H. veineuse).

Hémorrhagie tendant à être permanente: issue d'un sang séreux, pâle; effets nuls de la compression; état anémique du blessé (H. capillaire, H. secondaire).

2° Généraux : Variables selon l'abondance de l'hémorrhagie ; décoloration, sueur froide; syncopes; respiration précipitée ou rare ; pouls petit, filiforme, vertiges.

Ne pas confondre ces différentes hémorrhagies entre elles.

Traitement. — 1° Local. — Contre l'H. artérielle: Torsion des artérioles; ligature des artères plus volumineuses; cher- * cher et saisir avec la pince le bout le plus voisin du cœur et appliquer la ligature au-dessus et au-dessous; si l'artère n'est divisée qu'incomplètement, glisser avec le stylet aiguillé un fil sous l'artère; ne pas lier en masse. Si la plaie est étroite, inciser dans la direction de l'artère. Compression latérale, médiate ou immédiate, à l'aide de boulettes de charpie, d'amadou, de compresses et de bandages. Slyptiques : eau de Rabel ; percblorure de fer à 30°, poudre de colophane; glace pilée el enfermée dans une vessie.

Contre l'H. veineuse: Ligature et compression. Contre ï H .capillaire: Compression, astringents, alun, solution de sulfate de fer, perchlorure de fer ; cautérisation au fer rouge.

MALADIES GÉNÉRALES

2° Général: Potion calmante, éthor ; antispasmodiques; Ioniques ; air frais; repos.

1 1 3. Pourriture d'hôpital. ■ — SYMPTOMES. — 1° Locaux. — A. Forme ulcéreuse : Douleur aiguë dans la plaie; rougeur insolite; excavations circulaires à bords relevés; suintement d'ichor brunâtre ; ulcérations marchant en profondeur et en surface ; cercle œdémateux et infiltration du voisinage.

B. Forme pulpeuse: Douleurs; bourgeons charnus violacés, recouverts d'une couebe pulpeuse blanchâtre, qui se change en putrilage et s'accroît en profondeur; coloration livide et infiltration du voisinage.

C. Forme pulpeuse hémorrhagique : Coloration brunâtre ; bourgeons charnus saignants.

D. Forme vésico-pustuleuse : Exsudation de matière blanchâtre sous la couche superficielle de la plaie ; sous la vésicule rompue, ulcération taillée à pic et recouverte de matière pulpeuse.

2° Généraux: Anorexie ; langue sale, froide; épigastre douloureux; constipation; puis fièvre, céphalalgie, prostration; diarrhée colliquative ; eschares; mort.

Traitement. — 1° Prophylactique : Bonnes conditions hygiéniques; linge, charpie, instruments spéciaux; soins extrêmes de propreté de la part du chirurgien et du malade. Éviter de se servir des instruments contaminés ; les laver dans l'alcool camphré, le vinaigre, l'eau phéniquée. Café, toniques, quinquina, bonne alimentation ; isolement des blessés. Fumigations avec :

^ Acide sulfurique concentré i ~t parties égales>

Nitrate de potasse purifié.... j

2° Curatif: Poudre de charbon, de quinquina pur ou mélangé avec l'essence de térébenthine; vinaigre simple; vinaigre camphré ; acide phénique ; eau phéniquée ( I \ i ) ; acide citrique; jus de citron; alcool camphré; vin aromatique, liqueur de goudron. A. Netter n'emploie que la poudre de camphre et avec beaucoup de succès. Si la pourriture est profonde, humecter la plaie avec une solution de sous-carbonate de potasse, enlever la couche visqueuse et cautériser avec le fer rougi à blanc.

M 4. Infection, résorption, diathèse purulente, pyohtmie. — Symptômes. — 1° Généraux : 8 à 15 jours après laproduction d'une plaie, frisson, sueurs ; abattement ; couleur terne, subictérique de la peau : assoupissement ; délire ; ataxie ou adynamie ; respiration pénible, anxieuse; langue sèche, ventre

ballonné ; constipation ou diarrhée ; parole confuse; pouls filiforme ; soubresauts de tendons, formation d'abcès métastatiques dans le tissu cellulaire, les articulations, les gaines tendineuses, les muscles superficiels ou profonds, ou bien dans les poumons (toux, expectoration sanglante, matité) dans le foie, la rate, les reins.

2° Locaux: Pâleur, sécheresse de la plaie; pus de mauvaise nature ; érysipèle autour de la plaie, angioleucite, phlegmon diffus, phlébite.-

iVe pas confondre avec résorption putride qui s'effectue dans des foyers où le pus est vicié.

Traitement. — 1° Général: Isolement, bonne alimentation, propreté, bonnes conditions hygiéniques : Toniques, sulfate de quinine (1, 2, 3, 4 gr. par jour) ; alccolature d'aconit (6 à 8 gr. dans un julep gommeux) ; camphre (?) ; éther (?) ; acétate d'ammoniaque (?) ; émétique à dose rasorienne (0,40 à 0,50); grands vésicatoires aux jambes, aux cuisses (?); cautérisation au fer rouge, ponctuée (?), i 2° Local: pansement avec charpie imbibée dans :

"2f Nitrate d'argent 3 gr.

Eau distillée 30 —

Diss.

Plaies par instrument piquant. — Symptômes. — i° Locaux :Peu ou point prononcés et variables selon l'instrument, le siège et le nombre de blessures ; peu de douleur; peu ou pas d'hémorrhagie; cicatrisation rapide.

2° Généraux : Nuls ou graves selon le siège ou la profondeur de la plaie, selon la nature de l'instrument. Voir Maladies des régions.

Traitement. — Local : Enlever les corps étrangers ; laver à * l'eau fraîche, à l'eau-de-vie, ne pas explorer le trajet des plaies ; selon que la plaie est sous-cutanée ou profonde, recouvrir de diachylon, de collodion élastique ; cataplasmes laudanisés ; eau fraîche; alcool camphré. En cas d'instrument malsain, succion, ventouses sèches; eau alcoolisée, phéniquée, ammoniacale, eau sédative. En cas de douleurs vives, de phlegmasie locale, sangsues, cataplasmes émollients, laudanisés.

H 6. Contusions. — Symptômes.-— 1° Locaux : Variables selon le degré de la contusion.— i« Degré : déchirure des petits vaisseaux. — 2e Degré : infiltration et épanchement de sang, ecchymoses. — 3e Degré : déchirure du tissu cellulaire sous -cutané intermusculaire, pouvant aller jusqu'à la gangrène. — 4e Degré :

MALADIES GÉNÉRALES

écrasement et mortification, douleur plus ou moins vive, plus ou moins persistante, iniill ration jaunâtre.

2° Généraux : Nuls, peu prononcés ou graves selon le degré, selon la profondeur et l'organe lésé.

Traitement. — Locnl : Si la contusion est légère, compresses trempées dans eau blanche, eau-de-vie camphrée, eau de Goulard ou végéto-minérale, eau salée, teinture d'arnica, eau sédative. Si la douleur est vive, sangsues ou ventouses scarifiées. S'il existe un dépôt sanguin, ' mêmes moyens et compression méthodique, ou bien écrasement, ou bien ponction, incision, lotions et injections.

117. Plaies confuses. — Symptômes. — 1° Locaux: Variables selon qu'il y a simple excoriation, ou plaie plus considérable, à bords déchiquetés, broyés, mortifiés; — selon qu'il y a arrachement d'une partie d'organe, ou d'un organe, comme doigts, membres, nez; — selon qu'il y a attrition des parties molles et dures ; — selon l'objet contondant, pierres, projectiles de guerre; — selon le siège de la contusion, etc. En général, peu ou pas d'hémorrhagie ; irrégularité de la plaie, attrition des parties.

2° Généraux : variables selon la gravité de la blessure.

Traitement. — 1» Local : Eau fraîche, irrigations continues (voir Contusion, H6) ; tenter la réunion par première intention ; régulariser la plaie ; enlever les parties mortifiées peu adhérentes.

2° Général : Variable selon les indications. dl8. I»Iaies par armes à feu. — Symptômes. — 1° Locaux. — A. Plaies par balles. — Trois variétés : en cul-de-sac, — en gouttière, — en séton. Ouverture d'entrée à bords arrondis, réguliers, taillés à l'emporte-pièce, enfoncés du côté de la plaie; ouverture de sortie irrégulière, abords renversés, saillants,' frangés. Ne pas oublier que le trajet de la balle n'est pas toujours direct. Vaisseaux artériels coupés net stylet èx- avec hémorrhagie si la balle est animée d'une grande piorateurde vitesse; quelquefois anévrysmes diffus. Si le mouye- Néhuon (*). ment de labane est moins rapide, rétraction des tuniques du vaisseau divisé et formation d'un' caillot ou d'ané-

(*) A, renflement olivaire en porcelaine ; B, manche.

\ rysme(H2), douleur instantanée peu prononcée ; sensation de contusion ; stupeur locale, quelquefois fracture des os directe ou par contre-coup. Dans la diaphyse, la fracture est avec éclats, ou avec fentes, rarement simple. — Dans la partie spongieuse, il y a cul-de-sac ou gouttière. — Dans les os plats, trou à l'emporte-pièce, ou fracture de la table interne, la table externe étant comme à la région crâniene.

B. Par boulets : Plaies plus considérables ; mutilations.

C. Par plomb de chasse : Si le projectile est lancé de près, le coup fait balle : mûmes symptômes. Si le coup de feu vient de loin : dissémination des grains de plomb ; plaies plus ou moinsnombreuses, plus ou moins profondes, plus ou moins larges. Dans tous les cas de blessures par armes à feu, plaies noirâtres, livides; escbare; peu ou pas d'hémorrhagie, excepté dans les cas ci-dessusA ; douleur variable ; stupeur, insensibilité, gangrène au siège de la blessure; des os peuvent être fracturés.

2° Généraux : Variables selon le siège de la blessure, et la gravité. Nuls ou bien graves; syncopes; pâleur, refroidissement; faiblesse du pouls; nausées, hoquets, vomissements.

Chercher à préciser l'étendue et la nature des désordres; — s'il y a ou non fracture; — si le projectile est ou n'est pas dans la plaie; — s'il reste dans la plaie des corps étrangers, tels que débris de vêtements, de boutons, de buffleteries, etc. Pour la recherche d'une balle, usage de la sonde exploratrice, d'une sonde de femme, d'un stylet terminé par un renflement olivaire en porcelaine blanche rugueuse (fig. 2t>), qui par son contact avec la balle rapporterait une trace grisâtre, indice de la présence du plomb ; stylel-pince de Lecomfe dont les branches écartées saisissent et ramènent au dehors des fragments de plomb (fig. 27) ; appareil électrique de Trouvé (introduire les deux aiguilles sur le siège présumé du projectile, et jusqu'au corps étranger lui-môme) ; le trembleur révèle la présence clu métal vulnérant.

Fig. 27. — Stylet pince de Lecomte (*).

(*) A, tige clu stylet ; B, balle ; C, C, cuillers.

MALADIES GÉNÉRALES

Traitement. — 1° Général: Contre la stupeur et les accidents nerveux, excitants difi'usibles, menthe, mélisse, thé, camomille ; eau vineuse; potions cordiales, éthérées; plus tard surveiller la réaction.

2° Local : Pas de tentatives d'extraction à moins de certitude de la présence du projectile ; extraction à l'aide de pinces, de curette ou de tire-fond, de spatule, d'une couronne de trépan ; extraire la balle par l'ouverture d'entrée ou par le côté opposé si elle est plus proche de ce côté ; extraire les grains de plomb avec une aiguille et appliquer des cataplasmes froids jusqu'à la période de suppuration, puis chauds : quelquefois eau alcoolisée, eau fraîche, irrigation continue.

Ne pratiquer le débridement que pour faciliter l'extraction des corps étrangers, que pour arrêter les progrès d'un étranglement, que pour faire une ligature d'artère, que lorsque l'épanchement sanguin est trop considérable pour être résorbé; pas de débridement préventif (Sédillot).

S'il y a hémorrhagie considérable, ligature de l'artère dans la plaie au-dessus et au-dessous de la lésion.

S'il se développe une inflammation vive : Cataplasmes froids, sangsues.

S'il y a gonflement atonique: Pansement alcoolique, décoction de quinquina, vin aromatique; eau-de-vie camphrée, eau sédative ; se tenir en garde contre l'hémorrhagie consécutive à la chute des escliares ; si l'on a à redouter cet accident, appliquer un tourniquet sur le trajet de l'artère principale, ou ligature au besoin (voir Maladies des régions).

Si l'os n'est pas fracturé, mais seulement contus, le meltre à nu pour surveiller l'exfolialion. — S'il y a formalion d'abcès médullaire, appliquer une couronne de trépan. — S'ilya fracture simple, suivre le traitement ordinaire des fractures compliquées de plaie. — Si les os sont broyés, les partiesmo. les meurtries, dans une grande étendue ; amputation.

419. Inoculation des poisons, «les sucs cadavériques, piqûres anatomiques. — SYMPTÔMES. — Ceux du phlegmon diffus (140); quelquefois développement de symptômes inflammatoires, d'autres fois symptômes typhoïdes, faiblesse, prostration, dyspnée, vomissement, selles fétides, céphalalgie, délire, fièvre intense, pouls petit.

Traitement. — 1° Local: Presser la partie entre la plaie et le cœur, faire saigner la plaie ; irrigation d'eau fraîche ; puis pansement avec l'eau alumineuse, avec l'eau phéniquée (acide phénique 1 gr. pour \00\ avec l'eau-de-vie camphrée, etc.,

MALADIES CllIRURGiCALES DES DIVERS TISSUS.

combattre la phlegmasie locale par les cataplasmes, les sangsues, les ventouses. Pas de cautérisation avec le nitrate d'argent.

2° Général: Variable selon les symptômes.

120. Inoculation des venins. — Trois variétés : 1 0 parvenin de vipères; — 2° par virus rabique ; — 3° par le charbon.

l'Jt. Venin de vipères, etc. — Symptômes. — 1° Locaux: Douleur vive, engourdissement; auréole inflammatoire autour de la piqûre: phlyctône ; gonflement; puis diminu- ' tion des douleurs, œdème; tache livides, eschares gangréneuses.

2° Généraux : Pouls dur, fréquent ; face injectée ; langue sèche, lipothymies, syncopes: sueurs froides ; ictère; nausées, vomissements, diarrhée, stupeur.

Traitement. — 1° Local : Compression entre la plaie et le cœur; ventouses sèches sur la plaie ; cautérisation ; débrider un peu la plaie el introduire quelques gouttes d'ammoniaque ; cautérisation au fer rouge (?), à la potasse caustique (?) ; embrocations avec l'huile d'olive; compresses imbibées d'eau sédative, d'eau ammoniacale, d'eau phéniquée.

2° Général : 6 à -10 gouttes d'ammoniaque à l'intérieur dans un verre d'eau ; vin de quinquina, acétate d'ammoniaque (2 à 15 gr.) en potion.

I2lbis. Rage. — (Voir Hydrophobie rabique, 16).

122. Charbon. — Symptômes. — 1° Locaux : Apparition d'une ou plusieurs pustules noirâtres, remplies d'une sérosité roussâtre, avec chaleur et démangeaison; ces pustules sont placées à la circonférence d'une tumeur noirâtre, dure, et dont la couleur diminue insensiblement; peau luisante; élancements; tension ; chaleur vive ; puis extension aux parties voisines qui deviennent molles, livides, noires.

2° Généraux: Abattement; pouls fréquent, petit : quelquefois assez développé; peau aride ; yeux fixes ; syncopes; adynamie.

Ne pas confondre avec pustule maligne (123).

Traitement. — 1» Local : Inciser immédiatement et crucialement l'eschare charbonneuse, et cautériser profondément avec le fer rouge, ou avec la pâte de Vienne, la potasse caustique, le cblorure de zinc, le chlorure d'antimoine, le nitrate acide de mercure, etc.

2° Général : Camphre, ammoniaque, quinquina, vins généreux.

Page 1