Pustule maligne. — Symptômes. — Première période
MALADIES GÉNÉRALES
Démangeaison ; vésicule séreuse que le malade déchire en se grattant; prurit moindre. Durée : 24 à 48 heures.
Deuxième période : Sous la vésicule, formation d'une plaque indurée, tubercule lenticulaire, à aspect grenu, à couleur foncée; démangeaison plus vive ; peau rougie, engorgée autour du tubercule ; aréole vésiculeuse autour du noyau central plus dur, plus noir. Durée : quelques heures.
Troisième période : Augmentation et extension de la tuméfaction ; extension de l'eschare ; diminution de la démangaison ; pesanteur ;-étranglemeut ; insensibilité. Durée : 1 à 5 jours.
Quatrième période : Symptômes généraux adynamiques, ataxiques : augmentation de l'eschare et du gonflement : terminaison le plus souvent fatale. S'il doit y avoir guérison, formalion d'un cercle inflammatoire autour de l'eschare ; diminution lènte et graduelle des symptômes.
Ne pas confondre avec charbon (122), piqûre de guêpe ; érysipèle (51). Dans le charbon, symptômes généraux précédant les symptômes locaux ; le contraire a lieu pour la pustule. Dans le charbon, tumeur noire, large, circonscrite, rouge à sa circonférence ; dans la pustule, aréole vésiculaire, tubercule grenu, gonflement considérable.
Traitement. — 1° Local : Inciser la pustule jusqu'aux parties saines ; cautériser avec le fer rouge, avec la potasse caustique, la pâte de Vienne, avec un pinceau de charpie trempé dans l'acide nitrique, qu'on laisse dans la plaie : recouvrir avec des compresses imbibées d'eau sédative ; cataplasmes de feuilles de noyer; sublimé corrosif sur une rondelle de diachylon appliqué sur l'escarrhe pendant 48 heures (Missa, Dardelle).
2° Général : Toniques.
424. Brûlure. —Symptômes. — 1° Locaux: Douleur et coloration variables selon l'agent caustique, selon le siège, selon le degré de la brûlure ; le plus souvent, plusieurs degrés se confondent ensemble.
1« degré: Erythème ou phlogose superficielle delà peau
sans phlyclène ; 2° Inflammation de la peau avec vésicules ou bulles ; 3° Forme gangréneuse n'intéressant que le corps muqueux ; 4° Forme gangréneuse intéressant toute la peau jusqu'au
tissu cellulaire :
5° Forme gangréneuse intéressant tous les éléments organiques jusqu'aux os ; <>° Carbonisation complète. A 2° Généraux : Variables selon l'étendue et le degré de la bru-
lure ; douleur et symptômes généraux plus marqués dans les deux premières formes : quelquefois délire, fièvre intense. A une période plus avancée, réaction inflammatoire produite par l'élimination des eschares ; puis amélioration ou épuisement occasionné par l'abondance de la suppuration.
Traitement. — i° Local ; Variable selon chaque forme et chaque période.
Dans le premier degré : immersion prolongée dans l'eau froide ; ou application fréquente de compresses imbibées d'eau fraîche, ou bien d'une vessie d'eau glacée, de solutions d'alun, de sulfate de fer, d'encre; collodion élastique, blancs d'œufs' etc. Application immédiate de linimenl oléo-calcaire ou de cérat au moyen de linges fins, par- dessus lesquels on met des plaques d'ouate avec compression légère : duvet de Typha (?).
Dans le deuxième degré, se garder d'enlever l'épiderme; ne vider que tardivement les phlyclènes avec une aiguille, en conservant l'épiderme; mêmes topiques qu'au premier degré si 1 epiderme est conservé ; sinon, topiques gras, onctueux, glycérine, huile de lin ou d'olive, cérat opiacé, beurre ; blancs d œufs battus; coton cardé, etc.
Dans les autres degrés, attendre et surveiller la suppuration et l'élimination des eschares; enlever avec soin les parties mortifiées; lotions fréquentes avec l'eau chlorurée, l'eau alcoolisée, l'eau phéniquée (acide phénique, 1 gr.; eau 100 gr )■• pansements fréquents au besoin, etc. Surveiller la chute des eschares et les hémorrbagies consécutives; réprimer les bourgeons charnus exubérants à l'aide du crayon de nitrate d'argent. Si la plaie est blafarde, pansement à l'alcool mihge au vin aromatique ; lotions de décoction de quinquina. ^
2° Général .- Potions calmantes, opiacées, éthérées, boissons acidulés ; saignée au besoin. S'il y a sidération : alcooliques punch, vin chaud, potion cordiale avec eau-de-vie, 30 Rr e laudanum, 60 gouttes. A la période de suppuration toniques quinquina, sulfate de quinine, alcoolature d'aconit (2 g Zevrugincux. Surveiller les troubles secondaires du côté des organes thoraciqucset abdominaux. S'il y a diarrhée colliqualive
cre Dismuth ; pilules d Helvélius (2 à 4) :
2£ Extrait thébaïquc
Sulfate de zinc t \\ | âà 06r,50
F. s. a. 10 pilules j I, 2," V/i'pâr jour.
9G MALADIES GÉNÉRALES
Quelquefois grands bains, surtout quand la brûlure occupe une grande étendue du tronc.
Placer les parties brûlées de façon à prévenir les cicatrisations vicieuses; prévenir l'adhérence ou l'oblitération des parties à l'aide de compresses cératées, de charpie ; quelquefois vessie remplie d'eau glacée (Jobert), etc., etc.