‹ Aide-mémoire de médecine, de chirurgie et d'accouchements [electronic resource]Chapitre 22 sur 180 · Caiicroïde (cancer verruqueux, C. des ramoneurs, ulcère · texte numérisé non relu

Caiicroïde (cancer verruqueux, C. des ramoneurs, ulcère

chancreux, noli me tangere, épitbélioma, tumeur épithéliale).

Symptômes. — Locaux : Saillie de la peau en forme de verrue ; écailles à la surface; la verrue se fendille, augmente de volume, rougit, devient inégale et lobulée ; démangeaisons ; sécrétion de pus sous les squames, et ulcération à surface inégale granuleuse, saignante, stationnaire ou envahissante.

Ne pas confondre avec ulcères syphilitiques (27), cancer cutané (129).

Traitement. — Local : Caustiques ; pâte du frère Côme (arsesenic, cinabre et éponge calcinée); pâte de Canquoin n° 1 (chlorure de zinc, 10 gr. et farine de froment, 20 gr.) coupée, de la forme del'eschare à obtenir (très-bon procédé), ablation. Chlorate de potasse en dissolution concentrée.

131. Lipome», loupes. — Symptômes. — Locaux : Tumeur de volume variable, sans changement de couleur à la peau, indolente, un peu dure, de forme arrondie, inégale, lobulée.

Ne pas confondre avec abcès froid (108), stéatome (132), kyste (133). •

Traitement. — Local : N'opérer que d'après les désirs du malade, ou bien si le lipome est volumineux : incision longitudinale ou cruciale, énucléation ou bien potasse caustique, poudre de Vienne.

132. Stéatome. — Symptômes. — Locaux : Les mômes; ne diffère que par le contenu qui dans le stéatome est graisseux, comme dans les loupes.

Traitement. — Local: Incision, énucléation; évacuation du contenu; pansement simple, boulettes de charpie; chez les sujets pusillanimes, ouvrir avec une petite traînée linéaire de pâte de Vienne.

133. Kystes. — Symptômes. — Locaux : Petitestumeurs dures, circonscrites, mobiles, indolentes, sans fluctuation, sans changement de couleur à la peau, à forme arrondie, bosselée, quelquefois volumineuses et un peu mollasses, et déterminées par la présence de substances variées dans des cavités closes.

Ne pas confondre avec stéatome (132).

Traitement. — Local : Ponction et injection simple ou iodée; séton.

134. Tumeurs érectilcsou nievi. — Symptômes. — Locaux. — Tumeur érectile artérielle: Tache rosée, très-petite, simple ou

MALADIES GÉNÉRALES

multiple, formant un relief à surface lisse ou hérissée, com-

Fig. 28.

pour tle fei

— Appareil de Charrière l'injection du pcfchlorure

■ cf.

pressible, élastique, diminuant par le repos, augmentant par les cris, par les efforts ou aux époques menstruelles, quelquefois accom- • pagnée de battements isochrones à ceux du pouls.

Tumeur érectile veineuse : ïachos existant dans le tissu sous-cutané ou sous-muqueux, mal circonscrites, plus larges que profondes, recouvertes de téguments amincis, bleuâtres, non rugueuse, sans battements, disparaissant momentanément par la compression.

Ne pas co?i fondre avec anévrysme (V. aux différentes régions), varices, abcès (1 07), encéphaloeôle (1 53).

Traitement. — Local: 1° Empêcher le sang d'arriver à la tumeur ou l'en chasser par les réfrigérants, les astringents ; par la compression, par laligature des artères qui fournissent du sang à la tumeur (?).

2° Enlever ou détruire la tumeur en l'extirpant d'un seul coup et en cautérisant au fer rouge; écraseur linéaire, si la tumeur est pédiculée; cautérisation au fer rouge, si le tissu éreclileaccidentel est confondu avec les tissus environnants ; galvano-caustique ; acupuncture:

électropuncture; caustiques, pâte de Vienne, une ou plusieurs applications ; ligatures de la tumeur (?).

3° Modifier la vitalité de la tumeur en excitant un travail inflammatoire ; épingles dans la tumeur; séton; séton caustique;

1, tige fine comme une aiguille à acnpunture; 2, canule dans laquelle entre la lige, pour former trocart; 3, extrémité d'une seringue sur laquelle est montée la canule lorsque l'on a retiré la tige; 4, seringue montée : le manche du piston est a pas de vis, c'est pour faire marcher sans secousse et goutte à goutte le liquide, qui peut être ainsi mesuré; chaque pas de vis pousse une goutte de liquide dans la cavité.

inoculation de vaccin, d'huile de croton; injeclion de perchlorure de fer à 30° {fi g. 28): introduire la fige 1 dans. la canule 2, la plonger dans la tumeur; retirer la tige, visser la seringue 4 préalablement emplie de perchlorure de fer; une à plusieurs gouttes: chaque tour de vis indique une goutte.

135. Ansioleucite. — Symptômes. — 1° Locaux. — Ang. superficielle : A la suite de plaies, d'inflammation de la peau, apparition de stries, de rubans, de plaques rouges, brunâtres sur le trajet des vaisseaux lymphatiques; taches érysipélateuses autour de la solution de continuité; douleur locale; tension; gonflement des parties; gonflement des ganglions correspondants.

Ang. profonde: A la suite de lésions plus profondes, douleur, pesanteur, gonflement; engorgement sous-aponévrotique , gonflement de tout le membre ; rougeur sous forme de taches, de plaques sous-cutanées; dans les intervalles de ces taches, peau luisante; tuméfaction des ganglions profonds.

2° Généraux : Nuls dans le premier cas; dans le second, horripilation, frissons, chaleur; troubles gastriques, nerveux.

Ne pas confondre avec érysipèle (5 1), phlébite (p. 353), phlegmon (107), érythème noueux (52).

Traitement. — 1° Local : Repos et élévation du membre ; chaleur douce, fomentation, cataplasmes émollients; onctions avec onguent mercuriel, pommade camphrée. Si la résolution est lente, larges vésicatoires volants (Velpeau). Ouvrir les abcès quand ils sont formés. Compresses résolutives, eau blanche, eau-de-vie camphrée; eau végéto-minérale, ou de Goulard.

2° Général : Repos ; bains; laxatifs; quelquefois saignée générale.

{ 36. Adénite aiguë. — Symptômes. — 1° Locaux : Douleur locale, chaleur ; gonflement ganglionnaire et rougeur; mobilité de la tumeur sous la peau qui quelquefois s'enflamme; résolution ou suppuration.

2° Généraux : Plus ou moins prononcés ; fièvre ; inappétence ; agitation.

Ne pas confondre avec phlegmon (107).

Traitement. — 1° Local : Prévenir la suppuration ; traitement anliphlogistique énergique, sangsues, cataplasmes, collodion élastique, onguent mercuriel ; vésicatoires volants ; élévation ou repos. Si la suppuration est lente, onguent styrax, de la mère, populéum. Quand il y a fluctuation, incision longitudinale.

2° Général: Traiter la constitution, combattre le lymphatisme (26).

102 MALADIES GÉNÉRALES

1 36bis. Adénite chronique. — Symptômes. — i° Locaux: Tumeur bien circonscrite, indolente, dure, mobile, sans changement de couleur à la peau; résolution, étal stalionnaire, suppuration.

2° Généraux: Nuls.

Ne pas confondre avec lipôme (131), abcès froid (1 08;.

Traitement. — 1° Local: Pommades àl'iodure de plomb (2 à 4 gr.), de potassium (2 à 4 gr.) ; extrait de ciguë ; emplâtres de ciguë ; badigeonnage à la teinture d'iode ; électricité ; massage ; énucléation ; pâte de Vienne.

2° Général : Combattre le lymphatisme (26).

137. Synovite tendineuse. — Symptômes. — Locaux : A la suite de violences, d'efforts, d'exercices fatigants, tumeur et douleur sur le trajet des coulisses fibro-synoviales de muscles ; quelquefois crépitation; disparition de la douleur pendant le repos. A un degré plus avancé, aggravation de ces symptômes.

JVe pas confondre avec luxation, abcès.

Traitement. — Local : Repos, topiques résolutifs, compression. S'il y a eu plaie ou blessure, pansement approprié. S'il y a abcès ou pustule, incision. Mouvements pour prévenir les adhérences vicieuses.

138. Ostéite. Périostéite. — Symptômes. — 1° Locaux : Douleurs fixes et continues à la surface ou dans les profondeurs des os; tuméfaction des parties molles correspondantes ; quelquefois rougeurs et chaleur. Si la périostéite est diffuse, symptômes locaux plus intenses. Puis abcès circom oisins , ossifluents, migrateurs, par congestion (109).

2° Généraux : Variables selon l'intensité de l'ostéite.

Ne pas confondre avec érythème (52), phlegmon {7) .

Traitement. — Local : Sangsues, ventouses; cataplasmes calmants; onctions mercurielles ; repos; élévation; incision jusqu'au périoste s'il est possible.

Si la maladie a une marche chronique, vésicatoire volant et surtout combattre le vice lymphatique (26) ou syphilitique (29).

139. Nécrose. Carie. — • Symptômes. — Locaux. — Nécrose superficielle : Douleur sourde, fixe, s'exaspérant la nuit (syphilis) ou par le froid (rhumatisme); puis tumeur mal circonscrite, adhérente par sa base, sans changement de couleur à la peau ; puis abcès donnant issue à du pus et cà des débris de périoste mortifié ; fistule.

Née. invaginèe : Douleurs plus violentes ; trajet fistuleux a bords fongueux permettant au stylet de pénétrer jusqu'à l'os; dans ce dernier cas, symptômes généraux.

Xe pas confondre avec carie. — Dans la carie, le stylet pénètre au milieu d'une surface irrégulière, molle, friable ; - dans la nécrose, le stylet, arrive sur un séquestre résistant, rugueux, dur, donnant à la percussion un son sec.

Traitement. — 1° Local : Extraire le séquestre avec les pinces ; agrandir l'ouverture cutanée à l'aide du bistouri ou de l'éponge préparée ou des bois de gentiane, de laminaria digitata ; appliquer une couronne de trépan, ou bien se servir de .la gouge et du maillet : combattre les accidents locaux, etc.

2° Général : Antisyphilitique (28) antirhumatismal (22, 24), antiscrofuleux (26).

1 40. Exostose.— Symptômes. — Locaux : Tumeur arrondie, pédiculée, stalactiforme, de volume et de forme variables, peu ou pas douloureuse, à moins qu'elle ne soit syphilitique (douleur nocturne), pouvant occuper la clavicule, les tibias, le maxillaire inférieur, le sternum, les côtes, le radius, le cubitus, le fémur, quelquefois les vertèbres, les os du carpe, même les dents, comprimant, distendant, amincissant la peau, les muscles, les tendons, les veines, les artères, les nerfs et donnant lieu dans ce dernier cas à des névralgies, des paralysies, etc. {Exostose externe).

Douleurs, symptômes variables selon le siège de l'exostose.

E. interne : Deux variétés : 1° Exostoses parenchymateuses se développant dans le parenchyme de l'os; 2° exostoses épiphysaires ou ostéophytes, se développant sur une annexe de l'os.

Ne pas confondre avec cals difformes, kystes (143), chondrômes (141), cancer (142). Chercher d'après les fonctions altérées quel peut être le siège de l'exostose interne ou viscérale ; s'enquérir des antécédents en cas de syphilis, de scrofules, etc.

Traitement. — 1° Local : Pas d'opération, à moins de gène notable ; excision surtout quand l'exostose est pédiculée. [Deux incisions semi-elliptiques ou cruciales, cernant la tumeur; découvrir le périoste et l'abattre d'un trait de scie (scie à lame flexible, à lame étroite et droite, à lame circulaire, à chaîne), ou bien se servir de la gouge et du ciseau, de la rugine, des tenailles, de la pince de Liston ; avoir à sa disposition un cautère actuel en cas de besoin.] Préférer l'excision à la dénudation, à la cautérisation ; quelquefois amputation du membre.

2° Général : Débuter par le traitement général ; combattre le lymphatisme (26), la syphilis (28, 29).

141 . Choiiilrôme. — Symptômes. — Locaux : Tumeur cartilagineuse située sur le trajet d'un os et adhérente, de volume variable, de forme sphéroïdale, mamelonnée, se continuant à

MALADIES GÉNÉRALES

l'os par un pédicule rétréci ou à large base ; limilée à l'extérieur par une coque osseuse, dure (enchondrôme), — on bien par une couche cartilagineuse, friable (périchondrôme), — douloureuse au début, plus tard indolente. Le cbondrôme se rencontre quelquefois dans les parties molles, mamelles, testicules, parotides, poumons.

Ne pas confondre avec exostose (140), cancer (143), gommes (29).

Tbaitement. — 1° Local : Excision comme pour les exostoses ; toutefois n'opérer qu'après avoir tenté le traitement général.

2° Général : Antiscrofuleux, antisyphilitique.

\ 42. Cancer, ostéo»arcôme (exostoses laminées, celluleuses, fongueuses).

Symptômes. — Locaux : Début lent, obscur, douleurs sourdes ; plus tard augmentation de volume; tumeur plus ou moins volumineuse, dure, confondue avec l'os; peau normale, lisse, luisante, amincie, sillonnée de veines nombreuses ; quelquefois sensation de fausse fluctuation ou de craquement parcheminé ; quelquefois battements artériels et bruit de souffle. Symptômes secondaires variables, selon le siège du cancer; altération de la santé, ulcération consécutive.

Ne pas confondre avec exostose (140), chondrôme (141).

Traitement. — Local : Ablation.

Général : Antisyphilitique (29), antiscrofuleux ^26).

143. Btjste» des os. — Symptômes. — Locaux : Coque osseuse contenant des produits de nature variée, formant une tumeur dure, indolente, adhérente à l'os; plus tard sensation de crépitation. Si le kyste renferme un produit dur, solide: saillie et dureté de la tumeur comme dans l'exostose, le chondrôme. Si le kyste renferme un produit liquide : sensation de fluctuation comme dans quelques ostéosarcômes (142), quelques chondrômes (141). Symptômes physiologiques subordonnés au siège des kystes et aux fonctions de l'organe affecté.

Ne pas confondre avec exostose (140), cancer (142). Ponction exploratrice quand les parois sont amincies.

Traitement. — Local : Ouvrir la poche avec un bistouri à lame forte quand les parois sont minces, avec une couronne de Irépan si les parois sont dures; enlever les parois du kyste ou une partie de l'os; ou bien traitement palliatif.

144. Anévrysmes des os. — Symptômes. — Locaux : Douleurs vagues, passagères, puis fixes, ou bien début brusque et douleur.vive avec sensation de craquement. Quelque temps après, tumeur souvent peu considérable ; peau saine, plus tard rosée,

violette, vergetée; pas de pédicules; consistance variable; battements isochrones aux pulsations, s'arrêtant ou diminuant par la compression de l'artère principale du membre ; tumeur quelquefois réductible; pas de bruits de souffle. Symptômes t fonctionnels variables selon le siège de l'anévrysme.

Ne pas confondre avec anévrysme des parties molles, cancer à pulsation (142), kystes (143). *

Traitement. — Local : Résection, amputation; ligature de l'artère principale.

145. Tubercules «les os. — Symptômes. — Locaux : Variables selon que les tubercules sont enkystés ou infiltrés : abcès,

.trajets fistuleux dans le voisinage des os, suppuration abondante, destruction des os, le stylet fait percevoir une sensation comme dans la carie; abcès par congestion (49) (Tub. infiltrés). — Suppuration moins abondante, trajet fistuleux, le stylet fait percevoir un choc dur comme dans la nécrose (Tub. enkystés), abcès par congestion (109).

Ne pas confondre avec carie (139), nécrose (139), ostéite (138).

Traitement. — 1 0 Local : Vésicatoires, cautères, moxas, cautérisation ponctuée; ouvrir les abcès; injections iodées.

2° Général : Toniques, amers, ferrugineux; huile de morue. (Voir Lymphatisme (2Q), Abcès par congestion (109).)

146. Arthrite.— Symptômes.— Locaux: Peau tendue, luisante; chaleur, rougeur, tuméfaction et douleur variables ; liquide dans la synoviale pouvant donner lieu à la fluctuation ; mouvements douloureux ou impossibles (Art. simple).

Mômes symplômes; lèvres de la plaie blafardes, tuméfiées; quelquefois écoulement de sang, de sérosité, de synovie (Art. traumatique) .

Mouvements douloureux pénibles ; rougeur, gonflement plus ou moins prononcés, se terminant par résolution ou par des abcès péri-articulaires (Art. idiopatfiiquë).

Troubles fonctionnels : douleurs souvent dans l'articulation inférieure à celle malade, s'exaspérant par la pression ; gonflement; peau rougeâtre, points saillants plus rouges, plus douloureux; quelquefois abcès, fongosités, fistules ; empalement, fluctuation, crépitation (Art. fongueuse ou Tumeur blanche). Cette variété est la continuation de la précédente.

Douleurs et gonflement peu intenses compliquant une blennorrhagie (Art. blennorrhagique).

Gonflement, empâtement consécutifs à l'accouchement (Art. mierpèrale).

Gonflement, rougeur, chaleur, douleur, molilité impossible

MALADIES GÉNÉRALES

ou douloureuse, survenant à la suite du froid, et occupant une ou plusieurs articulations (Art. rhumatismale, voir Rhumatisme articulaire).

2° Généraux : Variables selon que l'arthrite a une marche aiguë ou chronique; souvent état saburral dans la forme aiguë.

Ne pas confondre avec hydarthrose (555), hygroma (552), rhumatisme articulaire (22).

Traitement. — Immobilité complète et chercher à obtenir la résolution par la compression, ventouses scarifiées, cataplasmes émollients laudanisés, de belladone, de morelle, etc. ; frictions mercurielles. — Si la résolution apparaît, massage, bains sulfureux. — S'il y a du pus dans l'articulation, incision et tube à drainage : soutenir les forces par le quinquina.

Dans la forme chronique, vésicatoires^ teinture d'iode; moxas, cautérisation, douches sulfureuses. — S'il y a des fongosités, cautérisation transcurrente, ponctuée.

2f Emplâtre adhésif ; S parties.

— de ciguë ' 5 —

Iodure de potassium I —

Bains arsenicaux avec :

Arséniate de soude 10 gr.

Carbonate de soude ISO —

M.' pour un grand bain (Gubneau de Mussy).

Régime approprié. — S'il n'y a plus de douleur, mais gonflement et mouvement difficile, eaux chlorurées sodiques (Bourbonne, Balaruc, Kissingen), eaux sulfurées (Barèges, Luchon, Ai\-en-Savoie, Uriage).

Page 1