MALADIES INTRA-TH0RAC1QUES (CŒUR
334 Dilatation générale avec augmentalion de» paroU ou Auévrysme actif (fréquent). - Symptômes. — En général, début lent, insensible; quelques palpitations intermittentes. Matité précordiale plus étendue, plus prononcée, sensation de résislance sous le doigt percuteur; voussure; impulsion forte visible à l'œil ou repoussant la main appliquée sur le cœur. A l'auscultation, pas de bruits anormaux, mais ils peuvent être plus sourds; quelquefois très-léger bruit de souffle, ou bruit musical, ou cliquetis métallique au premier temps. Palpitations qu'on distinguera des palpitations nerveuses en ce que ces dernières ne sont compliquées ni de voussure, ni de matité, ni de bruits sourds. Dyspnée variable; gène à la région du cœur analogue à un poids considérable.
Pouls forl, développé, vibrant, dur, nullement ondulant, très-régulier, à moins de complications valvulaires : pouls petit, si l'hypertrophie se fait au préjudice de la capacité {hypertrophie concentrique). Gêne de la circulation veineuse, congestion de la face, œdème, anasarque, congestion pulmonaire, hémorrhagies, épistaxis, hémorrhagies cérébrales, pulmonaires, etc.
Plusieurs cas peuvent se présenter : — 1° Il y a hypertrophie et conservation de la capacité du cœur : symptômes ci-dessus. — 2° 11 y a hypertrophie avec dilatation ou H. excentrique : matité plus considérable, pouls plus plein, plus vibrant. — 3<> 11 y a hypertrophie avec diminution de la capacité du cœur ou hypertrophie concentrique : matité moindre, bruits du cœur sourds, étouffés, prolongés, pouls petit. — 4° L'hypertrophie est bornée au ventricule gauche : battements vers les cartilages des 5e, 6e, 7e et 8e côtes : pouls fort, tendu, vibrant, teint coloré, bouffées de chaleur, étourdissements, saignements de nez. — b° L'hypertrophie occupe le ventricule droit : battements, matité à la partie inférieure du sternum ; pouls moyen, hémorrhagies pulmonaires, turgescence des veines, pouls veineux.
Ne pas confondre avec palpitations nerveuses (338), palpitations chloro-anémiques (29) , endocardite (321) , péricardite (336), anévrysme de l'aorte (310).
Traitement. — Saignée générale de 300 à 400 gr. répétée au besoin, ou bien plus petite et renouvelée fréquemment. Etie plus sobre de saignée s'il y a hypertrophie et en même temps dilatation considérable du cœur. Pas de saignée s'il y a affaiblissement de la contractilité du cœur.
S'il y a des signes de congestion locale, 10 à 30 sangsues ou
ventouses soit sur la région du cœur, soit sur la région hépatique, et mieux encore à l'anus.
En général, se guider sur l'état de force ou de faiblesse du sujet, et sur la liberté et la facilité de la circulation.
Prévenir la trop grande ricbesse du sang par une alimentation légère; laitage, œufs, viandes blancbes, poulet, veau, poissons, fruits et en trés-pelite quantité : eau coupée avec très-peu de vin; pas d'excitants alcooliques, ni thé, ni café, ni vin blanc. Ne se départir de ce régime que lorsque l'amélioration est manifeste.
Digitale et digitaline, chaque jour (voir 330). Sirop de pointes d'asperges, nitrate de potasse (2 à 5 gr.), acétale de potasse (3 à 5 gr.). Chiendent nitré, reine-des-prés, pervenche, pariétaire.
S'il survient de l'œdème, insister sur les diurétiques, lait nitré, sirop d'oignons, trois soupes au lait par jour et usage exclusif de l'oignon cru ou cuit pendant cinq ou six jours; décoction de seconde écorce de sureau pour tisane, pariétaire, etc.
If. Potion goinmeuse 150 gr.
Acétate d'ammoniaque 10 —
Oxymel de colchique 40 —
Une cuillerée toutes les deux heures.
Frictions surle cœur avec teinture élhérée de digitale, et sur les membres avec teinture de scille et de digitale (aâ parties égales); baume opodeldoch, alcool camphré, etc.
Purgatifs drastiques si les forces du malade le permettent ; jalap, gomme-gutte, scammonée, aloés, extrait de coloquinte, ealomcl, etc.
Pilules écossaises, de Bontius, d'Anderson, de Morisson, etc.
7Ç. Gomme-gutte
Résine de jalap
Scammonée d'Alep
Extrait de coloquinte
Pour 20 pilules argentées, 1 ou 2 chaque jour.
Combiner les diurétiques ou les drastiques avec les ferrugineux si les forces du malade diminuent.
Vésicatoires, cautères à la région précordiale : saupoudrer la surface dénudée avec la poudre de digitale (0,20 à 0,75) progressivement.
taux minérales de "Vichy, de Vais, d'Ems, de Carlsbad, de Seltz.
3 J5. Communications des cavités droites et gauche»
aa 1 gr.
MALADIES ir\TRA-TlIORACIQUES (COEDH).
«lu cœur. — Symptômes. — Cyanose ou coloration bleue de la peau surfout à la face, aux lèvres, aux paupières, aux lobules des oreilles, elc; accès fréquents de suffocation accompagnée de syncopes; dyspnée; sensibilité très-prononcée au froid; quelquefois matité; palpitations; bruit et souffle ou frémissement; hémorrhagies.
Ne pas confondre avec rétrécissements valvulaires (322 et suiv.), avec coloration produite par l'usage interne du nitrate d'argent.
Traitement. — Tisane de tilleul et de feuilles d'oranger, eau de laurier-cerise; éther en sirop, en perles; camphre, asa fœtida (2 gr. en lavement).
Saignée de 250 à 330 grv si les accès de suffocation sont violents; ou bien 8 à 15 sangsues à l'anus, si le foie est congestionné.
Chaque soir, extrait thébaïque (0,03 à 0,05); sirop diacode (30 gr.); sirop de morphine ou de codéine (15 gr.); extrait de belladone, ou de datura ou de jusquiame (0,03 à 0,C5) en pilules.
Frictions sèches, ou alcooliques ou aromatiques sur le cœur et les membres; sinapismes aux bras, aux jambes, sur les côtés de la poitrine. — Abstention d'alcooliques; régime léger.
Chez les enfants, même traitement ; diminuer les doses de médicament; i à 5 sangsues à l'anus.
336. Péricanlite aiifuë. — Symptômes. — Sensation de poids, d'embarras, de douleur à la région du cœur, augmentant par la toux et les grands efforts respiratoires, par le décubitus sur le côté gauche. Battements du cœur tumultueux, intermittents, irréguliers ; accès de palpitations, se renouvelant 8, 10, 15 fois dans les 24 heures, quelquefois après la marche, les émotions, quelquefois sans cause connue, pluâ fréquemment, la nuit que le jour. Voussure précordiale avec élargissement des espaces intercostaux et tuméfaction à la région épigastrique.
A la percussion, matité précordiale, pyriforme, à gauche, changeant avec les déplacements du malade.
k l'auscultation, bruit respiratoire nul au milieu de l'épancKcment, et insensiblement perceptible du centre à la circonférence : bruits du cœur lointains, quelquefois intermittents, irréguliers, affaiblis, avec turgescence des veines jugulaires; bruit de cuir neuf, de frottement péricardique au début avant que l'épanchement soit considérable, toujours superficiel, accompagnant les deux bruits, plus marqué au premier temps;
Coulisu, Aidc-mém., 2' Odit. 1 7
sorte de l'rémissement perceptible à la main placée sur le cœur.
Pouls variable, quelquefois céphalalgie, bourdonnements, éblouissements, vertiges, syncopes. Quelquefois état fébrile assez marqué et troubles digestifs.
Ne pas confondre avec pleurodynie (313), pleurésie (3 1 o).
Traitement. — Pour boissons, graine de lin, chiendent nitré, eau d'orge, laitage.
Saignées de 300 à 500 gr. répétées les premiers jours, selon les indications; 15 à 20 sangsues ou 6 à 8 ventouses scarifiées, le soir, sur la région précordiale.
Diurétiques et digitale ut suprà 290.
Potion avec :
if Eau de laitue 120 gr.
Teinture digitale XV à XX gouttes.
Sirop de pointes d'asperges 30 gr.
Maintenir le ventre libre à l'aide de lavements laxatifs, tisane laxative (follicules de séné, 1 0 gr.; sulfate de soude, \ 5 gr.; eau bouillante, 500 gr. ; sucre, q. s.) ; pilules hydragogues (p. 262).
if Calomel 0s',7o à Ik',20
Opium Ob'-, 10 à 0sr,15
F. s. a. 6 pil., 2 le matin, 2 à midi, 2 le soir.
aa 3 jn\
'if Mereure \
Conserve de roses j
Poudre de réglisse 1 —
F. s. a. des pil. de 15 cent.; 2 à b par jour.
Un ou plusieurs vésicatoires volants sur le cœur.
Régime sévère : éviter les variations de température, les émotions, les aliments ou les boissons excilantes; faire coucher le malade la tête élevée.
Chez les enfanta : Une pelite saignée, mais de préférence sangsues ou ventouses à la région précordiale; cataplasmes renouvelés. 2 heures après, potion avec :
Eau distillée de laitue
Thridace
Poudre de digitale ,
Sirop de chicorée
— de pointes d'asperges.
60 gr.
0sr,30
Osr,o;s
aa 10 gr.
lavements laxatifs, à" l'huile, au miel, au miel de mercuriale. Pour boisson, solulion de sirop de framboises, de cerises, d'orgeat tiède. Quelques purgations au calomel (0,20 à 0,50). — Prenez 0,20 en 4 paquets, \ toutes les 3 heures.
MALADIES INTHA-TIIORACIQUES (COEUli).
337. Péricardite chronique. — SYMPTOMES. — Mêmes symptômes, moins l'état fébrile; bruits anormaux; irrégularité, intermittence du pouls; souvent pâleur de la face, bouffissure, infiltration des membres.
Traitement. — Cautères, moxas, sétons sur la région précordiale; badigeonnage à la teinture d'iode; repos absolu, régime doux; frictions stimulantes; toniques au besoin si les forces se dépriment, quinquina; bains alcalins, sulfureux. Si l'épanchement de liquide dans le péricarde est très-considérable et menace l'existence, pratiquer la paracentèse du péricarde.
337 bis. Paracentèse «lu péricarde. — Entre les 6e et 7e côtes gauches (Desault), divisez successivement avec le bistouri peau, tissu cellulaire et muscles : le doigt porté au fond de la plaie ayant reconnu la fluctuation, incision d'un demicentimètre. — On peut aussi, sans incision préalable, introduire le trocart comme dans la thoracentèse (265) : laisser la canule à demeure sans faire aucune manœuvre pour hâter l'écoulement de la sérosité : fermer ensuite la plaie avec le diachylon : bandage du corps. On a pu injecter la solution iodée. — Aspirateur Dieulafoy.
338. Palpitations nerveuses. — Symptômes. — Augmentation d'impulsion et de fréquence des battements du cœur, surtout au commencement de la nuit, à la suite d'émotions : battements réguliers, souvent léger bruit de souffle au premier temps; malaise, défaillances, syncopes; douleurs intercostales. État nerveux général; souvent ebloro-anémie; agitation, respiration fréquente; nervosisme. Voir s'il n'y a pas complication d'exophthalmie et de goitre (goitre exophthalmique [24«]).
Ne pas confondre avec hypertrophie du cœur (333), lésions valvulaires (33 1 et suiv.).
Traitement. — Combattre la chlorose par les ferrugineux (20), parles toniques, le vin de quinquina, la poudre de quinquina, l'extrait de quinquina. Antispasmodiques, teinture éthérée de digilale (10 à 20 gouttes sur du sucre), perles d'éther, frictions sur le cœur avec la teinture alcoolique de digitale, l'alcool camphré ; inhalations de chloroforme ; quelquefois vésicatoires volanls sur le cœur avec ou sans morphine; eau distillée de laurier-cerise (10 à 40 gouttes) dans l'eau sucrée.
Exercice, régime, distractions, air frais, hydrothérapie.
339. Artérite aiguët — Symptômes. — Peu appréciables quand l'artère est de petite dimension et profondément située; complique souvent d'autres états. I-ocalemenl, sensation de
gêne, d'endolorissement, quelquefois douleur profonde, gravative, augmentant par la pression; dureté de l'arlôre; augmentation de son calibre ; absence des pulsations artérielles, par suite de la présence d'un caillot dans l'intérieur du vaisseau; picotement, engourdissement, tiraillement refroidissement dans les parties où l'artère se rend ; gangrène et momification de ces parties.
Mouvement fébrile plus ou moins intense; frissons, excitation.
ATe pas confondre aven angioleucite (135).
Traitement. — Saignées générales répétées au besoin ; sangsues répétées sur les points affectés ; cataplasmes émollients, fomentations, bains; cataplasmes fortement laudanisés, 20 à 50 gouttes de laudanum; favoriser la circulation collatérale par des embrocations huileuses et chaudes, par les onctions mercurielles; tenir les parties chaudement enveloppées dans la flanelle ou ouate; frictions avec l'essence de térébenthine, le baume opodeldoch.
340.. Anévrysme de Paorte. — I. Portion ascendante et crosse. — Symptômes. — Le début est brusque, consécutif à une violence extérieure, ou bien consécutif à des altérations valvulaires et donne lieu à une douleur locale, à la gêne de respiration. Plus tard, persistance de la douleur, pouvant s'étendre jusqu'à l'épaule droite, dans 1 épigaslre, dans les lombes, l'hypochondre gauche. Signes de voisinage, occasionnés par la tumeur anévrysmale, compression de l'œsophage, des bronches, de la trachée, des poumons, des nerfs récurrents, pneumogastriques.
A l'auscultation, sous le sternum, bruit fort, éclatant, isochrone aux battements du pouls et coïncidant avec un soulèvement de la poitrine : le bruit est double quand l'anévrysme occupe la crosse de l'aorte et qu'il y a, pour ainsi dire, deux cœurs ; d'autres fois, bruits de souffle, de râpe, de scie, frémissement cataire. Diminution du bruit respiratoire; sifflements
emphysémateux. .
A la percussion, matité dans toute 1 étendue de la région
occupée par la tumeur.
A la palpation, perception de battements, comme s il y avait deux cœurs dans la poitrine* battements de l'aorte, battements de la tumeur.
A une époque plus avancée, voussure précordiale, tumeur externe dont le développement s'est fuit graduellement, siégeant au niveau du troisième et du second espace intercostal, sans