‹ Aide-mémoire de médecine, de chirurgie et d'accouchements [electronic resource]Chapitre 91 sur 180 · IX. Luxations complètes et incomplètes «lu radius en · texte numérisé non relu

IX. Luxations complètes et incomplètes «lu radius en

Fig. 1 55. — Luxation du radius en avant (*).

avant (fig. 155). — Symptômes. — 1° Dimension: Peu sensible; saillie de la tôle du radius dans le pli du coude, variant avec les mouvements communiqués; légère dépression en arrière et en dehors.

2° Dimension : Côté externe raccourci.

3° Attitude : Avant-bras fléchi; main dans la pronation, un peu inclinée en debors.

4° Mobilité : Mouvemenls plus ou moins douloureux. — Dans la luxation incomplète, mêmes symptômes, maismoins prononcés.

Traitement. —Ramener l'avant-bras en supination, et exercer avec les pouces de haut en bas, puis de dedans en dehors et d'avant en arrière, une pression sur la tète du radius luxé. Maintenir pendant 2 ou 3 semninesaumoins l'avant-brasdemi-fléchi.

X. Luxations complètes et incomplètes «lu radius en arrière {fig. t::6). — Symptômes. — 1° Déformation : En arrière et en dehors, tète du radius mobile pendant les mouvements depronalion et de supination, enfoncemèntdans le pli du bras au-dessous du condyle et corde tendue (biceps).

(*) A, ligament déchiré (Dt>nucé).

2° Dimension : Raccourcissement du bord externe. 3° Attitude: Avant-bras dans la pronalion et flexion légère. 4° Mobilité : Flexion et extension bornées;. supination presque impossible.

Traitement. — Contre-extension sur le bras; extension sur l'avant-bras, porté en supination ; saisir le coude à pleines mains et presser avec les pouces le radius de haut en bas, d'arrière en

Fig. 156. — Luxation complète du Eïg. 157. — Luxation du radius en dehors radius en arrière (bras droit). (bras droit) (*).

avant, pendant qu'un aide portera le bras dans l'extension. Conpresse graduée en dehors et en arrière ; bandage en 8 de chiffre.

XI. Luxatîou du radius en dehors (fig. 157). — Symptômes. — 1° Déformation : Peu marquée; saillie de la téte du radius au côté externe du coude ; dépression entre celte saillie et l'olécrane.

2° Dimension : Raccourcissement du bord externe.

3° Attitude : Avant- bras demi-fléchi ; mais en pronation.

4° Mobilité : Supination impossible; mouvements douloureux.

(*) A, bord externe de l'humérus; n; radius luxé en dehors; C, cubitus.

MALADIES DU MEMBRE SUl'ÉlUEUR. 331 fc

Traitement. — Faire l'extension sur l'avant-bras fléchi, à angle droit; repousser le radius en dedans avec les pouces.

361 6/5. Résection du coude (Procédé Nélaton). — Faire par le côté postérieur et externe del'àrticulalion une incision verticale qui s'arrête en bas au-dessous de la tête radiale ; faire ensuite une incision transversale qui, partant du bDrdinterne de l'extrémité supérieure de l'olécrâne, tombe à la partie inférieure de l'incision longitudinale; les deux incisions ont la forme d'un L. La tête du radius est mise facilement à nu dans l'angle de l'incision. Ouvrir l'articulation huméro-radiale, inciser le ligament annulaire; passer une scie à chaîne autour du col du radius, l'enlever. Imprimer à l'articulation un mouvement de flexion latérale interne : amener à l'extérieur la tête du cubitus et l'extrémité de l'humérus : la désarticulation se faisant sans difficulté, dénuder et scier successivement les deux cols. Dans ce procédé il n'y a pas à s'inquiéter du nerf cubital qui s'éloigne seul du champ de l'opération. — Pansement : lier les artères, fléchir l'avant-bras sur le bras, réunir par la suture entortillée et placer le membre dans la gouttière.

362. — Désarticulation numéro-cubitale. — 1° Méthode circulaire. — Saisir de la main gauche la partie qu'on va enlever ; section circulaire de la peau à trois travers de doigt audessous del'épitrochlée ; disséquer et relever celte manchette; couper transversalement toutes les chairs en avant et en dehors; couper le ligament latéral externe; faire pénétrer le couteau entre l'épicondyle et la tête du radius, contourner la saillie de l'apophyse coronoïde du cubitus, inciser le ligament latéral interne; tirer sur l'avant-bras dans la direction de son axe, inciser les muscles et les ligaments; porterie tranchant du couteau vers l'olécrâne et détacher le tendon du triceps en incisant tout près de l'insertion. — Pansement : lier l'humérale d'abord, puis les petites artères, réunir les lèvres de la plaie avec des bandelettes agglutinatives; pansement simple qu'on lèvera le troisième jour.

2° Méthode à lambeau externe. — L'avant-bras étant dans la demi-pronation, faire à 2 centimètres du pli du coude une incision verticale de 3 centimètres ; tailler d'avant en arrière, par transfixion, un lambeau externe de 4 à S centimètres; réun;r les deux bords de la base par une incision convexe en bas ; désarticuler. — Pansement, ut suprà.

L'amputation donne de meilleurs résultats que la désarticulation.

SECTION III

MALADIES DE i/AVANT-BUAS.

363. Fractures îles osilel avanl-bras.- I. A la partie moyenne. — Symptômes. — 1° Déformation du membre qui est cylindrique.

2° Dimension : Normale.

3° Attitude : Pronation.

4° Mobilité : Anormale ; abolition des mouvements; mouvements communiqués douloureux, avec crépitation.

Traitement. — Extension modérée; prévenir le rapprochement mutuel des fragments à l'aide de compresses, de bouchons

Fig. 138. — Appareil pour fracture de l 'avant-bras.

coupés ou simplement en plaçant la main dans une demi-pranation. Compresses graduées et imbibées d'eau-de-vie le long des deux faces du membre (fig. 158); attelles supérieures et

Fig. 159.— Appareil de Saraziu.

inférieures longues, maintenues par une bande de 5 à 6 mètres.

Ne jamais rester sourd aux plaintes du blessé et défaire l'appareil au besoin. Consolidation du 35e au 40e jour.

MALADIES DU MEMBRE SUPÉRIEUR

Appareil Sarazin. - Pour l'avant-bras et le poignet, tailler dans la toile métallique des valves selon la dimension ci-dessous (fig. 159) et appliquer l'appareil selon les données de la page 316.

Appareil en carton, de Merchie. - Tailler deux patrons en suivant les mômes règles que pour les fractures du bras et d'après les dimensions suivantes : 0,43 pour l'attelle postérieure; 0,36 pour l'antérieure (fig. 160); les mouler exac-

l'ig. 160. — Appareils modelés de Merchie, patrons des attelles antibrachiales.

Fig. 161. — Appareils de Merchie, attelles modelées pour l'avantbras.

lement, comme pour les fractures du bras, en leur donnant la forme du membre blessé {fig. 161) : môme mode d'application. Si la fracture est commiiiutive, faire les débridementsnécessaires, compression méthodique en cas d'hémorrhagie veineuse ; ligature des deux bouts en cas d'hémorrhagie artérielle (éviter de lier les nerfs). Placer le membre dans une gouttière de fil de fer garnie d'ouateet cataplasmes ou irrigation d'eau tiède.

H. Fractures de l'olécrâne. — Symptômes. — i° Déformation : Tuméfaction; tumeur produite par l'olécrâne remonté; dépression au-dessous.

2° Dimension : Normale.

3° Attitude : Semi-flexion.

4° Mobilité : Flexion et extension impossibles ; mobilité du fragment détaché, douleur locale dans les mouvements communiqués et crépitation dans les mouvements de latéralité communiqués à ces fragments.

Ne pas confondre avec luxations (361), contusion. Traitement. — Étendre l'avant-bras sur le bras et repousser le fragment en bas : tenir le bras dans l'extension incomplète ; n'appliquer l'appareil qu'après la disparition du gonflement. Compresses graduées en forme de coin à la partie postérieure

du coude pour repousser l'olécrâne en bas ; les maintenir avec une bande roulée sèche comme pour l'extrémité inférieure de l'humérus. Appliquer par-dessus un bandage dextriné ou des attelles de carton. — Faire exécuter les mouvements à la fin de la 4e semaine.

Ut. Fractures de l'extrémité inférieure du radius. — SYM- PTOMES. — Douleurs; gonflement; crépitation ; déformation (fig. it-2); abolition partielle ou totale des mouvements de la main.

Ne pus confondie avec luxation du poignet (328).

Traitement. — Extension sur le poignet; rapprocher les fragments ; les maintenir à l'aide de compresses graduées placées transversalement sur le dos du carpe et le fragment inférieur du radius ; compresses longitudinales à la face palmaire de l'avant-bras ; at- Fiff. 162. - Fracture de l'extré- telles supérieures et inférieures mité inférieure du radius. maintenues par une bande de

toile ou de diachylon.

364. Amputation. — i° Méthode circulaiie.— Opérateur en dedans ; le malade a le bras dans une position interme-

MALADIES DU MEMBRE SUPÉRIEUR

diaireà la pronation et à la supination : un aide comprime l'artère, un autre soutient le bras, un autre la main. — Section circulaire de la peau ; disséquer la manchette, la retrousser comme pour l'amputation du bras (p. 320); couper les muscles au niveau de la peau rétractée; puis porter le couteau par-dessus l'avant-bras du malade, et lui faire décrire un 8 de chiffre pour la section complète des muscles profonds et interosseux. Compresse à trois chefs entre l'espace interosseux; relever les muscles ; scier les deux os en commençan t par le cubitus et en finissant par le même os. — Pansement : lier les artères; bandelettes agglutinalives, ou bien pansement par occlusion selon la méthode de A. Guérin (Voir p. 319). 2° Méthode à lambeaux {fig. 103). — Aide comme ci-dessus ;

F<g. 163. — Amputation par transfixion, les lambeaux ayant été préalablement limités par des incisi ns faites de dehors en dedans (Alp. Guérin).

avant-bras dans la supination. Tailler, par transfixion de dedans en dehors, un lambeau antérieur de 6 à 7 centimètres :

passer le couteau entre les os et les muscles de la région dorsale, et tailler un lambeau postérieur plus long de 2 centimètres que l'antérieur. Le reste de l'opération comna dans le procédé précédent. — Pansement : Ligature des artères ; rapprocher les lambeaux avec des serre-fines ou des bandelettes. 36b. Ligature «le la radiale (fig. 164). — I. A la partie

Fig. 164. — Points de repère pour la ligature des artères radiale et cubitale *).

supérieure. — Points de repère : ligne partant du milieu du pli du coude et aboutissant au quart externe du poignet.

A deux travers de doigt au-dessous de ce pli, faire une incision de 7 centimètres, intéressant la peau et le tissu cellulaire ; diviser l'aponévrose sur la sonde cannelée ; séparer l'artère des deux veines satellites ; passer la ligature au moyen d'un stylet aiguillé introduit dedehors en dedans : pansement simple.

II. A la partieinférieure. — Points de repère : comme cidessus. Faire une incision de 5 centimètres, en commençant à un travers de doigt au-dessus de l'articulation du poignet ; inciser en deux temps la peau, puis le tissu cellulaire; isoler l'artère des veines satellites ; passer la ligature ; pansement simple .

III. A la tabatière anatomique. — Points de repère : Ligne partant de l'extrémité de la malléole radiale et allant tomber dans l'axe du premier métacarpien. Placer la main dans une position intermédiaire à la pronation et à la supination (/ty. 16o), le pouce dans l'abduction : faire à la peau une incision de 3 à

(*) A, B, direction de la radiale : 1, artère radiale; 2, gaine; 3, muscle rond pronateur; 4, artère; 5, tendon du long supinateur; 6, tendon du grand palmaire.

C, 0, direction de la cubitale : 7, artère cubitale; 8, nerf cubital ; 9, fléchisseur sublime écarté pour laisser voir l'artère; 10, muscle cubital antérieur; 11, artère cubitale; 12, gaîne; 13, muscle cubital antérieur sous lequel est le nerf.

MALADIES DU MEMBRE SUPÉRIEUR

4 centimètres, diviser les couches fibreuses denses : renverser

Fig. 165. — Ligature de l'artère radiale (*).

la main sur le bord radial, isoler l'artère el passer l'aiguille à ligature.

366. Ligature de la cubitale. — I. A la partie supérieure. — Points de repère (fy. 164) : Ligne partant delà face antérieure di l'épitrochlée et aboutissant au pisiforme, CD. Faire, à deux travers de doigt du pli du coude, une incision de 8 à 9 centimètres, intéressant la peau et le tissu cellulaire; chercher dans celte direction une ligne jaunâtre interstitielle; couder l'aponévrose; écarter les muscles ; fléchir la main sur l'avant-bras, la porter en dedans et fléchir l'avant-bras sur le bras ; laisser le nerf cubital en dehors ; séparer l'artère des veines ; passer la sonde et le fil de dedans en dehors un peu en avant de l'interstice. Pansement simple.

II. A la partie inférieure. — Points de repère : Comme cidessus. A deux travers de doigt au-dessus du pisiforme, incision de 6 à 9 centimètres, comprenant la peau, le tissu cellulaire ; ouvrir sur la sonde cannelée l'aponévrose superficielle ; puis la gaîne des vaisseaux ; isoler l'artère des veines satellites ' fléchir la main sur l'avant-bras, l'avant-bras sur le bras : introduire la ligature. Pansement simple.

367. Tumeur blanche flu coude. — Symptômes. — Gonflement; peau luisante, rouge; disparition des saillies osseuses, saut delolécrane; bosselures fluctuantes des deux côtés de l'articulation; bras dans une position intermédiaire à la flexion et a 1 extension ; puis abcès ;'puis luxation du radius sur l'humérus ou le cubitus, ou ankylose.

(*) a tendons réunis des muscles grand abducteur et petit extenseur du pouce en dehors; b, ve.ues satellites; c, artère radiale; d, long extenseur (Sédiho-).

Ne pas confondre avec luxation (361), rhumatisme (20).

Traitement. — Moxas, cautères à la partie postérieure du coude ; cautérisation transcurrente ; vésicatoires volants. Immobilité dans une gouttière métallique (p. 316) afin d'obtenir l'ankylose (fig. 166), ou bien appareil ouaté de Burggrave con-

Fig. 166. — Gouttière métallique.

sistant en attelles coudées en carton recouvertes d'ouate et de bandes dextrinées ou amidonnées ; — ou bien appareil de Bonnet consistant en deux gouttières, l'une pectorale, l'autre brachiale unies par des courroies ; — ou bien appareil Sarazin.

Après la période inflammatoire, frictions sèches, stimulantes, douches aromatiques, sulfureuses. —Quelquefois résection du coude.

A l'intérieur, traitement général ; aération ; insolation ; régime tonique ; sirop ou pilules d'iodure de fer; vin de gentiane, de quinquina ; huile de foie de morue, etc. (V. Scrofule, 26.)

SECTION IV

MALADIES DU POIGNET

368. Luxation.- I. En arrière {fig. 167).- Symptômes. - 1° Déformation : Augmentation du diamètre antéro-postérieur ; saillie lisse, convexe à la face postérieure de l'avant-bra?, el repondant à la première rangée des os du carpe ; en avant, saillie des extrémités inférieures du radius et du cubitus.

2° Dimension : Raccourcissement de l'avant-bras a 1 extrémité du doigt médius.

MALADIES DU MEMBRE SUPERIEUR

3° Attitude : Main fléchie.

4° Mobilité : Diminuée et douloureuse. II. En avant (fig. 168). — Symptômes. — 1° Déformation Saillie en avant; gouttière transversale en arrière.

FiQ. 167.- Luxation radio- Fig. 168. - Luxation radiocarp.enne en arrière. carpienne en avant.

2° Dimension: Raccourcissement.

o° Attitude : Flexion de la main et des doigts

Ne pas confondre avec fracture de l'extrémité inférieure du radius (36?, III), tumeur blanche (370), foulure (371)

Traitement. - Contre-extension à lavant-bras, près du poignet ; extension sur le métacarpe ; saisir le poignet à pleine main et, avec les pouces, chasser le carpe en bas et dans le sens contraire au déplacement.

AnZ'?ZVV*' -.Syu/tô,mes- élites tumeurs plus ou moins dures plus ou moins douloureuses, sans changement de coueu à la peau, situées sur le trajet de la gaîne des tendons, pou- X^:^^ *~ la « ; ^unt une fo'rme

Tr AiTEMK.NT. — Compression méthodique avec des rondelles d'amadou imbibées d'eau-de-vie; ponction simple; ponction avec injection iodée ou vineuse ; écrasement ; incision longitudinale suivie de l'irrigation continue (A. Bérard).

370. Tumeur blanche du poignet.— Symptômes.— Gonflement plus prononcé à la face dorsale, moins à la face palmaire. Saillies osseuses et dépressions normales effacées ; saillie plus prononcée de l'apophyse styloïde du cubitus ; main dans l'extension, doigts immobiles et droits. A la deuxième période, abcès, trajets fîstuleux du côté de l'avant-bras ou de la face dorsale de la main.

Ne pai confondre avec luxation (368), rhumatisme articulaire (20).

Traitement. — Voir Tumeur blanche de l'articulation du coude (363).

371. Entorse, foulure. — Symptômes.' — Douleur locale au moment de l'accident; puis tuméfaction, ecchymoses; mouvements difficiles, douloureux.

Ne pas confondre avec fracture (362), luxation (368).

Traitement. — Quand -l'entorse est récente, faire exécuter des mouvements articulaires; frictions, massages; exercer les frictions avec le pouce enduit de pommade ou de beurre frais dans le sens des muscles de bas en haut. Tremper pendant 1 heure environ le poignet dans l'eau froide ; vessie ou compresses froides ; eau blanche, eau-de-vie camphrée, eau salée, vinaigrée, arnica ; renouveler fréquemment pour éviter la chaleur. Irrigations froides, compression à l'aide d'une bande roulée ; immobilité ; élévation du poignet. Sangsues en cas de symptômes inflammatoires.

372. iMaies confuses. — Traitement. — Nettoyer la plaie, s'assurer s'il y a ouverture de vaisseaux importants; faire Je tamponnement, la compression ou la ligature dans la plaie s'il est possible; lier les deux bouts du vaisseau. S'il n'y a pas d'hémorrhagie artérielle, cataplasmes résolutifs, eau blanche, eau-de vie camphrée, teinture d'arnica. S'il y a des symptômes inflammatoires, 15 à 20 sangsues, irrigations froides, immobilité. S'il y a des désordres considérables, désarticulation.

373. Désarticulation radio carpieime. — Préférer la méthode elliptique. Se rappeler la direction oblique de l'articulation de dedans en dehors et la situation de l'os pisitorme en avant. La main du malade est en supination, faire à la face Dalmaire (fia. 169) une incision convexe dont la partie moyenne est à 4 centimètres de l'article; porter la main en pronation, réunir les extrémités de l'incision palmaire par une incision

MALADIES DU MEMBRE SUPÉRIEUR. 341

dorsale (fig. 170) un peu convexe en haut ; couper les tendons,

Fig. 169. — Amputation de la main j incision palmaire.

les ligaments ; pénétrer dans l'arliculation ; faire basculer lé-

Fiff. 170. — Amputation de la main à incision dorsale.

gèrement la main ; glisser le couteau entre les os et les parties molles et le faire sorlir par la face palmaire. — Pansement : lier les artères radiale et cubitale, bandelettes agglutinatives.

373 bis. Résection lie l'articulation rad io earpieu ne. — 1. Si le cubitus seul a traversé la peau et fait saillie, scier la partie saillante sur une lame de bois ou de carton interposée.

II. Pour réséquer le radius et le cubitus, placer la main dans la pronation; faire une incision verticale de 4 à S centim. qui se termine au sommsl de l'apophyse styloïde du radius, après avoir longé de haut en bas le côté externe de l'os. Faire une incision semblable sur le côté interne du cubitus, en faisant renverser la main sur le côté radial; luxer la tête du cubitus et en faire la résection avec la scie articulée ; incliner ensuite la main vers le côté cubital; désarticuler le radius et le couper de la même manière et au même niveau que le cubitus. (Procédé Dubled.) — Pansement simple et gouttière métallique. — Bonnet conseille de couper tous les tendons qui ne sont pas fléchisseurs ou extenseurs des doigts et qui après la résection seraient sans utililé.

SECTION V

MALADIES DE LA MAIN

374. Doigts surnuméraire». — Quelques enfants naissent avec un ou deux doigts surnuméraires; s'ils sont bien conformés et placés sur la même ligne que les autres, on les conservera. S'ils sont incomplets, ablation à l'aide soit des ciseaux, soit d'un bistouri. Pansement au diachylon. Opérer peu de jours après la naissance.

375. Plaies de la main. — Symptômes. — Graves en général, à cause de la conformation anatomique.

Traitement. — Quand l'atlrilion n'est pas considérable, irrigation continue pendant plusieurs jours. Si l'inflammation est considérable, sangsues en grand nombre et répélées plusieurs fois; cataplasmes, manuluves émollients; purgatifs. S'il y a broiement, écrasement d'os, gangrène, pratiquer la désarticulation, mais en cas extrême.

376. Phlegmon profond. — Le phlegmon est : i° sousepidermique ; 2° soùs-cutané ; 3° sous-aponévrotique.

I. Phi. Bous-épidermlque. — Symptômes. — Souvent consécutif à des durillons ; phlyetène plus ou moins volumineuse : propagation de l'inflammation jusqu'au tissu cellulaire sous-

MALADIES DU MEMBRE SUPÉRIEUR

cutané; douleurs vives ; symptômes fébriles ; perluis de la peau plus ou moins nombreux.

Traitement. — Repos du membre préservé des frottements de la couverture par des cerceaux ; élévation ; cataplasmes émollients ; ouvrir les phlyctènes ; pansement simple ; bains demain.

II. Phi. souK-cuinné. — Symptômes. — Douleur très-vive; rougeur et gonflement peu marqués; tuméfaction s'étendant à la face dorsale de la main, aux doigts, à l'avant-bras ; symptômes fébriles : formation de pus qui s'accumule en foyer, ou fuse sous l'aponévrose on sous l'épiderme qu'il décolle.

Traitement. — Cataplasmes émollients ; ouvrir promptemenl sans attendre la fluctuation ; plonger un bistouri droit à l'endroit le plus douloureux. Si le phlegmon est en bouton de chemùe, chercher le petit pertuis et agrandir l'ouverture : injections détersives.

lit. Phi. song aponévrotique. — Symptômes. — Douleur très-intense; gonflement local et de voisinage; immobilité des doigts ; symptômes généraux; suppuration ; morlification des tissus ; exfoliation des tendons.

Le gonflement n'est jamais proportionné à l'intensité de la phlegmasie.

Traitement. — Irrigations continues; saignées; sangsues en grand nombre ; frictions mercurielles plusieurs fois par jour; cataplasmes émollients ; compression méthodique de chaque doigt, de la face palmaire avec des tampons d'ouate. Ouvrir largement dès qu'il y a formalion de pus. Se rappeler la fig- 171 disposition des artères de la face palmaire pour ne pas les couper {fig. cne par couche ; contre ouverture au besoin ; injections déler sives d eau tiède ; cataplasmes.

— Artères de la face palmaire de la main [*).

171); inciser cou-

(*) C, artère radiale ; B, artère cubitale.

377. Panaris. — Il est : 1° superficiel ou érysipélateux (tourniole); 2° sous-cutané ; 3° anihracoîde ou phleg moneux ; 4° gangreneux ; 5° profond.

I. I». superficiel (TournioJe). — Symptômes. — Prurit, douleur, rougeur, gonflement au niveau de la pulpe du doigt, puis phlyclène ; quelquefois chute de l'ongle; tendance à l'extension ; peu ou pas de symptômes fébriles.

Traitement. — Bains locaux émollients ; cataplasmes de fécule de pommes de terre, de farine de riz ; ouvrir les phlyctènes, enlever l'épiderme ; pansement simple.

II. P. sous-cutané. — Symptômes. — Douleur, rougeur, gonflement, chaleur ; puis fluctuation; quelquefois sortie naturelle du pus par de petits pertuis; abcès en bouton de chemise; extension dans les gaines tendineuses; symptômes fébriles plus ou moins intenses.

Traitement. — Elévation ; cataplasmes émollients laudanisés, quelquefois sangsues; bains locaux; frictions mercurielles (?). Ouvrir de très-bonne heure, sans attendre la formation du pus, et plonger profondément le bistouri.

III. P. auth'racoïde. — Symptômes. — Tuméfaction circonscrite; rougeur, chaleur, douleur; points saillants violacés; exulcération ; peu ou pas de symptômes fébriles.

Traitement. — Comme ci-dessus ; ouvrir le phlegmon et extraire le bourbillon avecla pince le plus promptement et le plus complètement possible ; pansement simple ; lotions et bains lièdes.

IV. P. {jangréneux. — Symptômes. — Douleur très-violente; rougeur violacée, livide; chaleur modérée; phlyetène; peau noirâtre; eschares; symptômes généraux graves.

Traitement. — Incisions profondes, multiples, faites de bonne heure; nettoyer la plaie, pansement simple; lotions avec le vin aromatique, Feau phéniquée, i'eau-de-vie camphrée addilionnée d'eau.

V. P. profond, OU <le la saine. — SYMPTOMES. — Douleurs vives ; rougeur moins prononcée; tuméfaction uniforme du doigt qui ressemble à un fuseau courbé en forme de crochet; mouvements difficiles ou impossibles ; face dorsale des doigts peu tuméfiée; symptômes généraux graves ; insomnie. Quelquefois le périoste de la dernière phalange est atteint; nécrose de cette phalange.

Traitement. — 5 à 10 sangsues à la base du doigt ; élévation de la main ; cataplasmes émollients; onctions mercurielles (?); inciser de bonne heure et profondément pour prévenir I'élran-

MALADIES DU MEMBRE SUPÉRIEUR

élément, surtout chez les gens à peau calleuse. S'il y a exfoliation du tendon et mortification d'une ou deux phalanges, expectation pour le pouce; désarticulation pour les autres

doigts. ,T ~ , . ,

378. Brûlures. — Traitement. — Voir Brûlures en gênerai (64). Pour la face palmaire, prévenir par un traitement antiphlogistique intense la rétraction de l'aponévrose. Pour les doigts les tenir séparés les uns des autres pour prévenir leur adhérence ; les étendre sur une palette de bois pour prévenir leur rétraction ; pansement simple.

379. Désarticulation des «loists. — Méthode à lambeau palmaire. — Pour la phalange onguéale du pouce ou les deux phalanges des doigts, faire placer la main du malade en pronation; saisir avec le pouce et l'index de la main gauche la phalange à détacher, fléchir cette phalange ; plonger le bistouri perpendiculairement par le talon à 2 millim. en avant de la saillie articulaire de la phalange ; diviser la peau, le tendon extenseur, puis les deux ligaments interne et externe; luxer en arriéré la phalange; contourner avec le bistouri la tête de l'os et tailler un lambeau aux dépens de la face palmaire. — Pansement avec les bandelettes agglutinatives ; ligature des artères latérales au besoin.

380. Désarticulation île la première phalange mélacarpo-phalangienne. — Méthode à lambeaux (fi§. 17-2). — Saisir de la main gauche le doigt malade et le fléchir pour faire saillir l'extrémité métacarpienne. A partir de la tète du métacarpien , incision longitudinale d'abord, puis transversale un peu au-dessus de la commissure des doigts et se continuant sur la face palmaire vers le point opposé à celui où elle a été commencée ; tailler aussi un premier lambeau ; raser l'os avec le bistouri à plein tranchant, incliner le doigt et pénétrer dans l'articulation. Puis tailler le second lambeau de dedans en dehors (Lisfranc) ou de dehors en dedans (J.-L. Petit), delà même manière que le premier. — Pansement simple ; bandelettes de diachylon, ligature au besoin.

Nota. — Ne pas craindre de laisser trop de téguments, surtout quand on opère sur l'annulaire ou l'indicateur; laisser toujours un lambeau plus considérable du côté libre.

Fig. L72. — Désarticulation métacarpophalangienne , méthode à lambeaux (Sédillot).

3 46 MALADIES DES ItÉGIONS ET DES ORGANES.

380 bis. Résection du premier métacarpien (fvj 173) Faire au côté externe de la main une incision commençant au miheu de l'espace qui sépare l'apophyse styloïde du radius de 1 exlrémilésupéricure du premier métacarpien et dépassant l'articulation mélacarpo-phalangiennede lo millimètres environ, en pénétrant jusqu'à l'os. Écarter les bords de la plaie, en ayant soin de laisser intacts dans leurgaîne les tendons des muscles court et long extenseurs du pouce. Bien gratter l'os avec le bistouri afin de le dépouiller de toutes les parties molles adhérentes. Prendre ensuite le métacarpien entre le pouce et l'indicateur de la main gauche en ayant soin d'éloigner toutes les parties molles. Couper le tendon du long abducteur du pouce à son insertion sur l'extrémité supérieure du premier métacarpien ; faire pénétrer le bistouri dans l'articulation, relever avec la main gauche la partie supérieure du métacarpien et détacher las chairs qui s'insèrent à sa face antérieure en rasant l'os pour ne pas blesser le tendon du fléchisseur propre du pouce. Au moment de désarticuler l'extrémité inférieure du métacarpien, faire porter le pouce dans la flexion et commencer par le côté externe la désarticulation qu'on achève en ayant soin de mé nager les extenseurs qui sont très-unis à l'os. Saisir et enlever le métacarpien avec un davier ou avec les doigts. — Réunion par la suture ou le diachylon.

381. Amputation simultanée des quatre premières phalanges. — Méthode à lambeau modifiée > fig . 174). — Mettre la main malade dans la pronation et un peu fléchie; la saisir de la main gauche. Parlant du côté interne de la tête du cinquième métacarpien, incision demi-circulaire à convexité inférieure et se terminant au côté externe de l'indicateur ; disséquer ce lambeau, le faire tirer en haut. La main retournée en supination, faire une incision suivant exactement le pli digito-palmaire en se rattachant aux extrémités de la première. Disséquer le lambeau, diviser les tendons fléchisseurs. Remettre la main en position moyenne, diviser les extenseurs et désarticuler en faisant pénétrer le bistouri à plein tranchant par le côté radial

Fig. 173. — Résection du premier métacarpien.

MALADIES DU MEMBRE SUJ'ERIEUR.

pour terminer par le côté cubital (Méthode à lambeau modifiée par Soupart). — Pansement : réunir avec des bandelettes ou

Fig. 174. — Amputation simultanée des quatre premières phalanges.

des serre-fines; lier les huit artères collatérales ; placer la main horizontalement pour faciliter l'écoulement du pus et l'empêcher de l'user dans les gaines du tendon.

381 bis. Amputation d'an métacarpien isolé. — Méthode molaire. — Faire une incision ovalaire dont le sommet dépasse d'un centi- \ mètre au moins le point où l'os doit être coupé et dont la base correspond au pli digito-palmaire. Détacher les muscles interosseux en glissant le bistouri entre eux et le métacarpien à amputer : passer l'instrument au-dessous de l'os elle faire sortir par la base de l'incision ; puis couper le métacarpien avec la pince de Liston ou la scie à chaîne. — Pansement : lier les artères. Maintenir les lèvres de la plaie en contact, bandelettes de diachylon et position élevée.

382. Désarticulation du métacarpien du pouce. — Méthode molaire (fig.

175). — Porter la main malade dans la Fig. m.— Désarticulation

pronation ; faire soutenir le poignet et du'métacarpiendu pouce

écarter les quatre métacarpiens. Avec un (Sédillut)bistouri long et étroit, porter la pointe à 2 centimètres au- \

dessus de l'articulation, faire une incision longitudinale ac jusqu'à la commissure du pouce; contourner ce doigt, remonter sur la face dorsale 6, et revenir au point de départ a; diviser les fibres musculaires adhérentes à l'os; couper les tendons; faire basculer l'os ; ouvrir l'articulation et le détacher. — Pansement simple; bandelettes agglutinalivcs.

383. Désarticulation du cinquième métacarpien. — Méthode à lambeaux. — La main du malade étant en pronation pour le çàtf gauche (fig. \ 76), en supination pour le côté droit, faire

Fig. 176. — Côté gauche, 1" temps.

avec la pointe du bistouri, en commençant à l'extrémité supérieure du dernier espace interosseux, une incision tombant insensiblement sur le bord interne de la première phalange, à 1 centimètre de la seconde; porter le bistouri transversalement," et faire à la face opposée une incision semblable à la première et s'arrètantau même point correspondant. Quand le lambeau a été ains circonscrit, mettre la main en phonation

MALADIES DU MEMBRE SUPÉRIEUR

pour le côté droit, en supination pour le côté gauche (fig. \ 77) ; faire écarter les autres doigts par un aide,- introduire le bistouri entre Ips deux métacarpiens et rejoindre les incisions palmaire

Fig. 177. — Main gauche, 2« temps.

et dorsale. Pour pénétrer dans l'articulation, porter le tranchant du bistouri obliquement en dehors vers le quatrième métacarpien; dans cette direction on rencontre les ligaments interosseux; couper ces ligaments (fig. 178), luxer et désarticuler en passant e bistouri au-dessous du métacarpien. - Panseme?it : Héunir à 1 aide des bandelettes agglutinatives.

Frétérer cette métbode à la méthode ovaiaire. La principale clilticulté est dans la pénétration dans l'articulation.

Corlieu, Aifle-mtîm., 2e <5dit.

Fig. 118. — Ligaments de la main, face antérieure (*).

1, radius; S, cubitus; 3, capsule de l'articulation rad.o-cubitale .prieure 4, ligament radio-carpien ; 5, pisiforme; 6, os crochu; 7, ligament mien ; 8, ligament pisi-métacarpion ; 9, trapèze ; 10, capsule ^o-m«acarpienné ; 1 1 . tendon du long abducteur du pouce ; 12, gouttière du grand jalmau* >

3, tendon du grand palmaire, 1», ligament rayonné; .5, «««J^S^S recouvrant la base des métacarpiens ; 16, ligament traverse du nu itac. ,1 ticulation métacarpo-phalangienne du petit doigt a ét é ouverte) ; ^ tondons fléchisseurs; 18, tendon du fléchisseur profond ; 19,

superficiel; 10, repli synovial;!., tendon en poncho., dans le n g 1*, g™e complètement enlevée; 13, idem; M, os sésamoide ex terne ?V *amert W*J externe; Î6, tendon du long fléchisseur propre du pouce. 'Beaun.s et Boucoa ,

Anatomîe descriptivi*. Taris, 1868.)

MALADIES DU MEMBRE SUPÉRIEUR

3^4. Désarticulation du deuxième métacarpien. —

Méthode ovalaire {fig. 179). — La main du malade étant en pronation, le pouce et le médius suffisamment écartés, faire sur le dos du poignet, à 16 millimètres en avant de l'apophyse slylo'ïde du radius cl, une incision que l'on a .

continuera jusqu'au côlé interne de la base de la première phalange c que l'on rase de très-près ; diriger le bistouri sur le pli digilo-palmaire, le ramener en dehors sur la face dorsale a et lerminer l'incision sur l'extrémité de la première cl. Ecarter les lèvres de la plaie ; glisser le bistouri entre l'os et les chairs, — sur les côtés, à la face palmaire, — puis ramener le bistouri à soi et le faire sortir par la base de l'incision; couper. les ligaments et luxer Los. — Pansement comme cidessus. — Peu pratiquée.

38o. Désarticulation du troisième métacarpien. — Méthode ovalaire. — Incision commençant à 1 centimètre audessus de l'extrémité supérieure du métacarpien et dont la base répond au pli digito-palmaire; écarter les bords; passer le bistouri au-dessous de l'os, le plus près possible de l'extrémité supérieure, et, le faisant sortir par la plaie du pli digitopalmaire, détacher les chairs d'un seul coup; puis pénétrer dans les articulations et luxer l'os. — Pansement : Lier les artères; charpie dans la plaie et réunion par seconde intention. — Peu pratiquée.

Nota. — Les désarticulations des deuxième, troisième et quatrième métacarpiens sont peu praticables ; s'il y a fracture, avec broiement, il est plus indiqué d'extraire les esquilles. Si la lésion n'atteint pas les articulations, il faut amputer dans la continuité : si les articulations sont malades, il faut amputer au-dessus, c'esl-à dire faire la désarticulation radio-carpienne.

Fig. 179. — Désarticulation du second os du métacarpe (Sédilktt).

Page 1