CHAPITRE VI
HABITATIONS
Construction. -— A. Sol qui supporte l'habitation. — Il doit être sec et perméable à l'eau : un soi sableux, un terrain calcaire léger, sont les meilleurs; le granit et le calcaire compactes sont trop durs pour la construction ; l'argile doit être évitée, comme retenant énergiquement l'eau. L'habitation n'est à l'abri de l'humidité du sol, que si les locaux les plus bas (caves) sont élevés d'un mètre au moins au-dessus du niveau le plus haut de la nappe souterraine. Si ces conditions ne sont pas réalisées par le terrain choisi, on l'assèche par des drains en terre cuite, dont la pente aboutit à un cours d'eau, ou on revêt le sol de plaques d'isolation en asphalte, ciment» bitume.
ITABITAÏIONS. 73
K Parfois on esl obligé d'élever t'iiabilatiit
I pilotis ou des assises de maçotiiiene.
I B. Matëhiadx dk coNSTaucTios. — Ils doivent, Être à
t réfractaires â rhumidilê, mauvais conducteurs d« ^
' naloriqne, légers, résislauls et inaltérables. Ces qua-.
I Iité9 sont réunies dans plusieurs variétés de pierre»
! (pierres à chaux, pieires meulières). La brigue [argile cuite au four) esl sufllsammeut dure, sèclie et légère. Le bois esl lourd, hygrosco pique, putrescible ; son * iisa){e est limité à quelques parties de lacoustructien. Le fer tient peu de place, est inaccessible aux causes d'bumidité et de fermenlation : mais il est trop bon I i-ooducleur du calorique, et, s'il est iucombuslible par lui-même, il se dilate et se déforme par l'actioD du feu. EnQn les terres mêlées de paille oi ' ' ' I (pisé, torchis) ne résistent pas à rbumidilé.
Pour les murs extérieurs, il est avaiitaj^eux que les ^ malériaux aieut une certaine perméabilité à l'a' I (ïoy. plus bas Ventitation). Pour les divisions int^
Heures (cloisons, planchers), l'imperméabililé est I préférable, l'air échangé entre les pièces étant plus ou moins vicié : aussi y a-t-il moins d'incQjivénienta ici que dans le premier cas h revêtir les parois de' '{ stuc, vernis, enduits silicates, papiers peints et tentures, pourvu que les matières colorantes ne soient 1 pas à base de plomb ou d'arsenic, et capables de causer des symptômes d'empoisonnement. Des troublés gastro-intestinaui ont aussi été produits par la putrêCactioa de la co!le des papiers : on les prévient en ajoutant k la colle de l'acide borique ou salL^ cyliiiue.
Ventilation. -.- Elle a pour objet d'entretenir la pureté de l'air dans une enceinte close, et de prévenir les dangers de l'air confiné fvoy. .-lïr, p. 22). y arrive :
(° En donnant â l'espuci" clos des dit(w.w».tivA LtroHT. — H.vffl'ène.
7fi RYGIÉNE.
appareils spéciaux, qui se ratlachenl à deux méthodes principales :
1" La ventilation par aspiration ou par appel, dans laquelle Tair est ordinairement aspiré par la chaleur, le même appareil servant au chauffage et à la ventilation; à l'hôpital Lariboisière, où ce système existe dans la moitié des pavillons, des chambres à air, chauffées par des poêles d'eau chaude et disposées dans les combles, sous une chambre d'appel, communiquent avec les salles par des conduits verticaux ménagés dans les murs, et par des bouches d'appel; l'air frais pénètre dans les salles par des conduits horizontaux qui s'ouvrent au dehors au niveau du plancher, il s'échauffe au contact de tuyaux d'eau chaude, et sort par les bouches d'appel pour se rendre dans les chambres à air, d'où les cheminées d'appel le disséminent dans l'atmosijhère ;
2° La ventilation par propulsion : un appareil analogue à l'hélice des navires, formé de palettes ou ailes portées sur un axe horizontal, et mû ordinairement par la vapeur, insuffle Tair, puisé en un point élevé, dans un tube qui, en se ramifiant, le porte dans les pièces à ventiler : à l'hôpital Lariboisière, où ce système existe en même temps que l'aspiration, l'air est échauffé aJi contact de conduites d'eau chaude avant de pénétrer dans les salles.
Ghanffage. — A. Règles générales. — La température doit être de 16° à 18" dans les locaux où on séjourne (cabinet de travail, salles d'écoles ou de cours), de 15° à 16° dans les chambres de malades ; dans les chambres à coucher, il suffit de 10° à J2°. La température doit, autant que possible, être constante et égale dans toute la pièce. L'appareil employé ne doit pas dessécher l'air. Il doit y verser le moins possible de gaz susceptibles de nuire à la respiration (oxyde de carbone, acide carbonique, acide sulfureux, hydro-
I Lrt'ni^ SLiir
iabitatiu\s,
l^Ëni! sulfura, ammoniaque) ; It^ur proportion liépend^ aussi du tirage el ilu combusiibie usilé. Il doit] Li'olTrir aucun dangpr d'explosion.
R. CdBBUSTifiLCs. — Le bois est le plus ooùleuxJ mais le plus sain des combustibles, celui qui répanir le moins de gaz dangereux; il produit de l'ucide car-l bonique et île l'oxyde rie carbone, mais pas de coni-1 posés suirurôs ou ammoniacaux.
La tourbe (débris de piaules des marais] brûle lea< temeiit, sans ;;rande cbalour, avec beaucoup i' fumée.
La houille on chnrbon de livre (reste d'arbres o. ■ionisés dans le sein de lu terre), dégageant ddl l'hydrogène sulfuré et de l'acide sulfureux, en plufrl de l'acide carbonique et de l'oxvdp de carbone, ( vient surtout k l'iadustrie.
Le eliarbon de buii, résultat de la combustion it coniplèle du bois opérée artificiellement, donne untiV température élei-ée et prolongée, mais dégage beau^. F coup d'acide carbonique, el de l'oxyde dn carbone J quand la combustion est incomplète.
Le Qoke, produit de la distillation de la houille dans I la fabrication du gaz d'éclairai^e, est un bon combus^l tible, brûlant sans fumée et sans odeur, donnant^ beaucoup de cbaleur el très peu de gaz.
Le pitrolc et le unt d't'clairage, appliqué» au chauffage, sont daiigereui, le premier dans son maniement, lo second par son étal d'impureté habituel, qui fait qu'à moins d'un excellent tirage des gaz délétères se répandent dans l'apparlement.
C. Appabbii.3 de cuauffaue. — 1. Cliemitii.'es. chembée se compose d'un foyer ouvert, chaulTanlj par rayonnement, el surmonté d'un tuyau verlicall qui entraîne au dehors la fumée et les gaz résultant'! de la combustion. Les cheminées ne liessêchent pta I l'air, ne te ikient pas, aillent fniiimamint.nl j lu (lenC^I
:k hygiène.
iation, (loniHMit la vue H la sensalioa d'une chaleur il i'nii 1111. Mais ollcs ont pour inconvénients :
1" lie. n'utiliser ntCune faible partie du carbonique ftrodnit (0 p. KM) avor Ift bois, 13 p. iOO avec le charbon (l(î t(»iT(î (»t le coke), et de donner une chaleur int'galo dans les divers points de la pièce : on y nMn^die en garnissant la paroi du fond de surfaces |M)li(»s qui ivlb'ichissent les rayons chauds, et en taisant drcriro au tuyau de fumée plusieurs inflexions iiulnir (lu foyer, do façon que l'air échauffé, arrivé à uno (WM'tainr hauteur dans ce tuvau, se déverse dans r;ipparlein«'nl par des bouches de chaleur;
2" Ih' fumer au moindre vcntf ce qui tient à plosiiMirs vires de conslruclion (déjà indiqués par Tranklin) : calibre du foyer trop grand relativement A la lar^'eur du tuyau, hauteur trop faible de celui-ci, coinmuniealion de plusieurs tuyaux les uns avec les autres.
Hien construites, les cheminées sont le plus sain des appareils de chauflage.
11. PotHea, — Appareils qui se composent d'une cavité close, surmontée d'un tuyau qui communique ilirectement avec celui d'.une cheminée ou qui traverse la pi<>ce avant de déboucher à l'extérieur; au bas de cetttj cavité est le foyer, formé d'une grille sur la((uello se place le combustible.
Los poêles en fonte ou eu tôle, chauffant à la fois par rayonnement et par échauffement de l'air au contact du tuyau, utilisent une grande proportion de calorique, donnent une chaleur intense, et s'échauffent vite. Mais ils se refroidissent de même, desséchent l'air (d'oii l'habitude de placer sur les pôles un vase d'eau pour que la vapeur humecte l'atmosphère), lui donnent une odeur désagréable par carbonisation des poussières organiques, répandent dans la pièce de l'oxyde de carbone formé par combi-
HABITATIONS
du carhoae de la tonle avec l'oxygène i l'air. Les dangers d'aspbyiie aatimenteiit quand tl poûJe est noirci à la mino de plomb (qui renferm' aussi du carbone), qu'ii esl chauffé au rouge, quar la pièce esl élroite et mal ventilée. I.a tftle esl n dangereuse que la fontp.
Ces ioconvénienls diminuent avec les poêles à dotiblt entieioppe, dans lesquels IVnveloppe de fonle esl garnie de terre réfractaire qui l'empêche de rougir au feu, elenlourêe d'un manchon de idle: l'air s'échauffe en circulant enlre les deux enveloppes, et, avanl de pénétrer dans la pièce, traverse un réservoir d'eau qui rbumecte et le purifie.
Les poêks en faïence ou en terre s'échauffent lentement, mais gardent lonj;temps la ehaleur. lia donneut moins de calorique que les poêles de métal, mais n'ont pas leurs dangers.
Les poêles mobiles se composent de deux enveloppes métalliques, dont l'inlérieure reçoit le combustible, et l'exlérieure, commuoiquanl en haut avec la prs' mière, conduit les gaz dans un tuyau placé k la partie inférieure et s'ouvrant clans une cheminée : audessus est un couvercle pesant qui s'enfonce dans une rainure pleine de sahie, pour empêcher la diffusion îles gaî dans l'appartement. La combuslion s'y fait lentement, d'ofi formation abondante d'oxyde de carbone qui a déjà causé de nombreutaccidents, immédiats (symptômes d'asphyxie) ou graduels (affaiblissement progressif, étal verligineui, paralj-sie, ramollissement cérébral), au voisinage de l'appareil o ù une distance plus ou moins grande [ces gaz peuvent remonter par les cheminées ou les planchers % un ou deux étages au-dessus). Malgré les prêcautioni nmandées{aératioDfpéqueu te, renouvellement dy;] sable, longueur du tuyau de dégagement, tirage par-'] ftlit de la cheminée), les poêles mobi les sonl danger
Ul. Caluriféi-t^s. — Appareils d&ns lesqunls Ift4l leur arrive (Uns la pièce d'un 'foyer plus ou ma Moigné, et qui chAuffc piiv l'aii' chaud, l'eau chaude >iu la vapeur.
les ealùfifères à air chaud sp tomposenl d'un foyer placé dans les caves, au i?ontacl duquel arrive de l'air puisé à l'extérieur; de tuyaux qui mènent eel air échaufTé dans les diverses pièces, où il se déverse par di^s bouches de chaleur; d'ouvertures siluées oo plafond de chaque pièce, e[ qui, formant tirage, facilitenl. l'aiTivée de l'air chaud el l'expulsion de l'air I TJcié. Les tuyaux de conduite élant gënéralemeaten I en fonte, ces calorifères, comme les poêles métalliques, brillent l'air, le dessèchenL, le chargent Bâegaz délétères, le rendent odorant et malsain: oa remédie en partie h ces inconvénients en annexant u calorifère un réservoir à eau dans lequel l'air s'hutaiecle, et un filtre en charbon ou en coton qui le pu- ^fle.
Les ealorifÉi-es à fan ehoude se composent d'une
Rehaudière, du haut de laquelle part l'eau chaude,
li, par un tube ramifié, se répand dans les diver*
s pièces à chauffer, dont elle élève la température
Pien circulant dans des tubes contournés en gpir&le
ipoêles à eau) : elle revient ensuite à lu partie infé-
e de la chaudière. Ce sont les plus sains desca-
loriféres, il condition que l'eau ne soit pas soumise
dans les tuyaux !i une trop forte pression, capable de
déterminer des explosions.
Les mlm-ifèrex à vipeur, également composés d'une
^chaudière, et de tuyaux qui, après avoir conduit la la-
ira l'endroit voulu, ramènent à la chaudière l'eau
FiGondensèe, chauQ'ent plus vite que les précédents,
s oUrent encore plus de dangers d'explosion.
Eclairage. — A. Ëclahuue naturel. — La lumière
fournie par le soleil doit pénétrer dans les habila-
HABITATION^:, m
lioLi5 sous forme de rayons directs ou (Ici fuse, et non à l'élat de lumière râHéchie. On obtienl plus de surface éclairée, dans une piËce, en exhaussant les feaSh'es qu'en les êlarf;issaat : elles doivent donc être aussi hautes que possible. Dans les bApi- (aux, casernes, et autres habilalions colleclives, il est bon que la lumière du soleil pénMre abondamment et directement, par les deux faces, pour joindre une action vivillanle au pouvoir éclairant. Dans les ateliers, où on a besoin delà lumière à profusion, onlareçoil par un toit vîlré. Dans les écoles et les locaux parlicu'iers riïservés aux travaux inlellectuels, ta lumière dilfuse, renanl du nord, est préférable, comme plus douce et plus égale : alors, comme poui' l'éclairage artillciel, l'éclairage latéral gauche est préférable, il ne projette pas d'ombre sur le papier de travail (flariel).
B. ËcL.tiRAr.B ARTIFICIEL. — Les meilleures matières l'clairantes sont celtes qui faUguent le moins I'cbIIi et rjui vicient le moins l'air de l'habitation, par sot traction de l'oxygène nécessaire à la combustion par producliou de gaz délétères (Proust).
Tandis que les rayons ronges du spectre solaire sont anrlonl échauffanls, el les rayons violets doués d'action chimique, les rayons jaunes sont surtout éclairants el doivent être recherchés ici, comme seuls ntiles el non nuisibles pour l'œil. Or la bougie el riiuite fournissent la lumière la plus riche en rayons jaunes, tandis que le paï d'éclairage et le pétrole donnent une lumière chaude, irritante pour l'ceil.
D'autre*parl, une bougie consumant 10 grammes d'neîde sléarique par heure, ou bien 10 grammes d'huile brûlant dans une lampe, produisent, dans ce laps de tenips, i!i litres d'acide carbonique, et dépensent 100 titres d'air ù 15° : c'est à pen près la coniQmmalion d'osvgène d'un homme OTdm^we.^tt^t
ni ~~\
82 IIYGIÈNK.
de gaz, brûlant 130 à 150 litres de gaz par heure, enlève à l'air 190 à 220 litresd'oxygène : il correspond, par conséquent, à la consommation de 9 à 10 adultes (A. Gautier). De plus, la combustion du gaz répand dans l'air de l'acide sulfureux ^t de l'ammoniaque, en outre de l'acide carbonique et de l'oxyde de carbone, tandis qu'une lampe à huile brûlant bien ne dégage que de l'acide carbonique.
En résumé, la chandelle est abandonnée ; la cire est produite eii trop petite quantité pour être d'un usage habituel. Le gaz d'éclairage vicie l'air intérieur, développe beaucoup de chaleur, fatigue les yeux, produit la céphalalgie, gêne la respiration, quand il est brûlé dans un espace restreint : il doit être réservé à l'éclairage des voies publiques, des salles spacieuses de bibliothèques ou de cours; il est nuisible dans les appartements particuliers. Le "pétrole a tous les inconvénients du gaz, et ne convient nulle part. Les bougies et les lampes à huile sont les meilleurs modes d'éclairage : les secondes donnent une lumière plus abondante et moins vacillante que les premières, mais développent un peu plus de ^chaleur. Quant à la lumière électrique, elle n'échauffe ni ne vicie l'air; mais elle serait pour l'-œil occupé à lire ou à écrire une cause de fatigue et d'affaiblissement progressif au moins égale au gaz, si elle était introduite dans les habitations privées (Gariel).
Quel que soit l'éclairage employé, il faut, pour que la vue ne soit pas compromise, que la lumière soit également diffusée par un abat-jour, et entourée d'un vase ou d'un globe qui empêche une partie des rayons chauds de passer. Pour que les gaz capables de vicier l'air soient réduits au minimum, il faut que le tirage de l'appareil soit assez fort pour rendre la combustion complète.
Fosses d'aisances, latrines, vidange. — A. Ori-
HABITATIONS. 83
GINES ET CONSÉ0UE.NCKS DR LA MALPROPRETÉ DOMESTIQUE.
— Les eaux ménagères (de vaisselle, de lavage, etc.) et les ordures ménagères (résidus de cuisine, de balayage, etc.), pour peu qu'elles séjournent dans la maison, y créent des foyers de fermentation et de putréfaction. Le danger est encore plus grand avec les excréments humains : pour un adulte, la moyenne journalière des matières fécales est de 80 à 100 grammes; celle de Turine, de 1200 à 1500 grammes; or l'urine qui a séjourné quelque temps à l'air tue les animaux auxquels on l'injecte; les matières fécales, môme fraîches, sont un poison (poison fécal).
Les émanations, poussières et microorganismes, développés dans ces divers milieux, peuvent, en viciant Tair ou l'eau de boisson, préparer indirectement l'économie à la scrofule, l'anémie, la phtisie pulmonaire, par suite delà misère physiologique que la malpropreté domestique engendre; ou propager directement la diarrhée, et même, d'après certaines autorités (théorie fécale), la fièvre typhoïde (voy. p. 143) et le choléra (voy. p. 148). Il faut donc éloigner le plus tôt possible les ordures ménagères, qui doivent être hvr^es sans retard au service de la voierie, et les eaux ménagères qui, par l'évier et los cuvettes spéciales (désinfectées et bien obturées), se rendent aux égouts.
Pour les matières excrémentitielles, l'éloignemenl, plus complexe, comprend les latrines, les fosses d'aisances et la vidange.
B. Fosses d'aisances et vidange. — En Angleterre, le système prédominant est celui du « tout à t'é(jout>^ ou de canalisation immédiate, dans lequel les excivnients solides ot liquides (aussi bien que les eaux ménagères) passent immédiatement du wattr-closet dans un tuyau qui les déverse dansl'égout, d'où elles saut conduites dans les rivièn;s ou à la mer. Kn
\ ce sjsti-ma ii roncoiiU'ti de HOmbre objeclinnft (Broua.rdel), les excréments sont d'ai. colleclionnés dans des cavités closes, les fo»Ki-4 sauces {fosseï fixes, fosses mohUes, système divU^ avant d'âtre transportés par la vidanfiçe dans latfl ries et dépotoirs fvov. Sgotttf, Voiries, f p. lOieHOT).
I. Fosses lixes. — Hécipients en maçonnerie, plai k un niveau inférieur ii cpIuî de? l'habitatioD, et auxquels aboutit le tuyau de chute des latrines. Leurs parois doivent filre imperméables, pour éviter les indurations qui peuvent souiller la nappe souterl'iiine d'où on tire l'eau de boisson, et qui sont un iliîs modes de propagation de la fièvre typhoïde el du choléra. Les inconvénients de ces fosses sont :
i° Les ^monatfoiu gazeuses, qu'on amoindrit par une bonne ventilation, à t'aide d'un luyau d'évenl ^iisté sur le tuyau de chute s'élevant jusqu'au toit, i'Stadossé à un tuyau de cheminée pour que la chaleur établisse an courant constant de bas en haut; mats parfois les gaz suivent un courani inveise sous Tin-' fluence des variations de la température extérieure et remontent dans l'appartement;
2° Les difficultés de la vidange d'ime masse de raoliëres pâteuses et liquides; l'emploi du stau à main répand des ga.z dangereux; la vidange à sec, par mélange de terre très sèche aux malitres, qu'elle désinfecte, est souvent inapplicable; les syslëm es habituels sont la vlilange par propulsion ou refoulement {tonneau monté sur roues, qu'on met en communication avec la fosse par des tuyaux imperméables,
dans Inquel une pompe foulante chasse les nialièlï), et 1i^ vidanj^e par ojpiVaiion (tonne dans laquelle ■ 1e est fait, sur place ou à l'avance, à l'aide d'une )eà bras ou à vapeurï.
Fosses mnhiles. — Tonneoujt à parois mélalli-
HABITATIONS
i]ai3s, impermûabes et itiiputrescibles, percés sur u de leurs fonds, auquel aboutit In tuyau de, chute d latrines; parfois le tuyau est supprimé, les lonneauj étant directement placés sous lacuveLle des latrineM Les récipients d'une maison sont réunis, autant qm possible, pris du sol, de façon qu'au me vidange, qui consiste simplement à enlever les lonâ nesuK pleiDS et à les remplacer par des tonneaux v~ des, l'opération se fasse rapidement, sans qu'on a à les monter ou à les descendre.
lU, Système diviseur. — Modilication du syslêr précédent, dans laquelle les matières sont reçus( dans des finettes filtrantes, vases cylindrique)^ en méi tal, qu'une cloison percée de trous divise e parties inégales : les Lquides (urine et eau de lavage du water-closet] se rendent directement à l'égoul RI) traversant la cloison, les matières solides restent dans la tinette. Ces matières, élant moins humides, se putréfient moins vite La vidange, allégée de la partie liquide, eat plus simple encore que celle des flisses mobiles. Aussi le système diviseur est-il préférable à tout autre, dans les maisons comm quant avec un égoul.
L'endroit dans lequel sont réunis les tonneauxB mobiles, llltrants ou non. doil être ventilé par uit'l tuyau d'évent, comme les fosses fixes. De plus ce11es-c' doivent Ctre souvent désinfectées par la projectio: d'une solution de sulfate de fer (500 grammes pour ui litre d'eau); les fosses mobiles et les tinettes liltran-J les doivent fitre revêtues d'un mélange désinfectant.
l'air des fosses li'aieances est remarquable par a pauvreté en oxygène, sa richesse en azote acide carbonique, et la présence, en quantité plus O raoinscoosidérable, d'hydrogène sulfuré, d'hydrogènl carboné, de sulfhydrale d'amtiioaiaque. Aussi l'acciW taulalion de ces ca/ dans une fnsne psI " "
8r. HYGIÈNK.
reuse pour les vidangeurs (voy. Intoxications professionnelles, p. 131); leur pénétration dans l'habitation peut provoquer les vomissements, Ja diarrhée, et sans doute la fièvre typhoïde (voy. Fièvre typhoïde, p. 143).
G. Latrines. — Un seul cabinet d'aisance mal ventilé, ou tenu malpropre, peut infecter une maison entière. Il faut que ces cabinets soient aérés par de larges fenêtres, et que le sol, les dalles, le siège, soient souvent lavés : ils doivent donc être largement pourvus d'eau. Pour éviter le reflux des gaz de la îbfse dans l'appartement, il est bon que la cuvette (en faïence pour faciliter le nettoyage) ait un couvercle à charnière fermant hermétiquement, et communique avec la fosse par un orifice muni d'une soupape, dont rabaissement amène automatiquement un flot d'eau. Mais le moyen le plus sûr d'intercepter les gaz, c'est le syphon hydraulique ou coupeair, tube deux fois recourbé sur lui-même, qui de la cuvette se rend au tuyau de chute : si l'eau arrive dans la cuvette dès qu'on lève la soupape, le liquide entraîne immédiatement les matières, et le surplus reste dans le tuyau siphoïde, qui, étant toujours plein d'eau, empêche les gaz de refluer de la fosse.
Habitations privées. — Pour qu'une maison reçoive la quantité d'air et de lumière nécessaires, il faut que la hauteur des bâtiments voisins soit proportionnée à la largeur de la rue : à Paris, la hauteur autorisée pour les maisons particulières varie entre 11™,70 pour les rues ayant moins de 7™,89 de largeur, et 20 mètres dans les voies ayant 20 mètres et plus de largeur. Le voisinage des hôpitaux, abattoirs, usines, marais, est à éviter. L'existence d'une cave et d'un sous-sol rend la maison salubre, mais on ne doit pas séjourner dans ces locaux. L'habitation des combles ne vaut pas mieux : le défaut d'épaisseur des murs et le voisinage des toits y ren-
VÉTKMRST.
Jeiit Ittlempéralme lorride ou glaciale, suivant la saison. Les cours inlêrieures doivent âlre larges el aérées. La maison doit être pourvue d'eau en abondance, et Atrc pourtant â l'abri de l'humidité. Une bonne installation des cavités et fosses d'aisances complète les conditions de salubrité des babîlalions. HaLbitations collectiTâB. — (Voy. Écoles, p. H"; Ateliers, Cmemes. |i. 110 -H 13:); Hôpitaux, p, I3b.)