‹ Aide-mémoire d'hygiène et de médecine légaleChapitre 20 sur 71 · BAINS ET AUTRES SOINS CORPORELS · texte numérisé non relu

BAINS ET AUTRES SOINS CORPORELS

L'hygiène recommande les bains, douches et ablutions, «à un double point de vue : débarrasser la peau

BAINS ET AUTRES SOINS nORPORELF.

de la saeiir, de la matière sébacée, des Écailles épidermiques, dont rnccutnulalioi) uuirait à sod fonotionnement ; augmetiLer lu vigueur des muscles, donner du Ion a rt^conooiie, et la mettre en étal de supporter les intempéries et les causes d'atTaiblisse-

Bains. — Un bain est le séjour plus ou moins prolonge du corps dans on milieu liquide (l'eau ordinairement), gazeux {bains de vapeur ou d'air chaud), ou solide (bains de sable, de boue). La question dp l'abBorption médicamenteuse dans les bains, tour h tour admise et contestée, paraît résolue afiirmalivement pour le bain frais ou tempéré, le bain chaud favorisant au contraire l'exhalation cutanée : du reste cette absorption, bien minime en tout cas, intéresse plus la thérapeutique que rhygiéne, et il en est de même des bains solides.

A. Bai\s uqdiijes (Bains d'eau). — Ils sont dits tris ft-oids {au-dessous de 12°), froidt (12° à 18°), p-ais ils» â 2a°), tempérés oa tiedes (23° à ^2°), chauds (32° à 38"), tré» chauds (au-dessua de 38"). Pratiquemânl, il n'y a que trois sortes de bains : froids el frais, li^des, chauds.

I. Bains froids H frais viéres et les liains de mei se relire de la péripfaêri (l'oit gêne de la respiratio

. — Ce sont les bains de ri- '. Au début du bain, le sang ! vers les organes profonds, , pâleur de la peau qui se hérisse' (chair de poule), abaissement de la température, frissonnement ; si la différence est considérable entre la lempérulure de l'eau et celle du corps, la mort peut survenii' par syncope. Mais si l'eau n'est pas trop froide, si ou n'y séjourne pas plus de cinq û quinze minutes, si ou se livre à des mouvem<.'Uts de natation el autres, la réaction se fait : la peau rougit, la chaleur «1 le sang rej^agnent les membres, qui sont plus forts Pl plus souples, la respiration redevienl

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large et facile; la inaction esl surtout prononcée lorsqu'on fait de l'exercice au sortir du bain. Dans ces conditions, le bain froid est tonique, augmente la force musculaire, aguerrit contre le froid.

Les bains d'eau stagnante ne valent pas ceux d'eau courante, et surtout les bains de mer, dans lesquels le choc continuel des lames produit une sorte de douches très salutaires. Le bain froid peut, sans inconvénient, être précédé d'un exercice modéré qui ait mis le corps en transpiration; la fatigue seule est à éviter avant l'immersion dans l'eau froide.

IL Bains tièdes. — A la température de 30o à 32°, il n'y a ni absorption, ni exhalation, de la part de la peau ; la chaleur du corps, la circulation, la respiration ne sont pas influencées. Ces bains ne sont ni toniques , ni excitants ; ce sont essentiellement les bains de propreté, dans lesquels la peau se débarrasse de ses souillures, surtout avec l'nide du savon.

IIL Bains chauds, — Us augmentent la transpiration, la force et la vitesse du pouls, déterminent une excitation générale, bientôt suivie d'une faiblesse d'autant plus grande que la température est plus élevée. S'ils sont 1res chauds, ils provoquent la céphalalgie, des vertiges, parfois des congestions. S'ils sont trop répétés, ils sont débilitants. Ils ne sont sédatifs que si leur durée est courte et leur température modérée.

B. Bains gazeux. — L Bains de vapeur. — Us se prennent dans Vétuve humide, chambre close dans laquelle arrive de la vapeur d'eau. La température du corps s'élève de 2° à 3°, le pouls s'accélère, la respiration devient pénible. Ces bains, dangereux pour les individus faibles ou pléthoriques, seraient débilitants pour l'homme bien portant, si on ne les faisait suivre d'une douche froide (bain russe) qui compense l'effet

BAINS ET AliTBES SOINS COHPORELS.

affaiblissttat du baiit de vuptim : aloi'S cdlui-ci est hygiéniqae en ce qu'il favorise les fonctions de 1& peau et rend moins impressionnable à la température exlérieure. La chaleur de l'êUive ne doit pu dépassar ,ïO".

IL Bains lïiiir rjiaud. — Ils cuiisiatent dans le, srjour ail milien de l'almosphère sèche et forteraenl chauffée d'une pièce spéciale [ûtnvK sèche), ou d'un appareil enfermant le corps jusqu'au cou (bain partiel). Ce dernier est préférable efaei les sujets sanguins ou irritables, qui craignent les accidents cérébraux. Le bain général, provoquant une transpiration abondante, a une action alTaiblissante, qu'on corrige. â l'aide de frictions, massage el douches frmdes {bain itirc).

Hydrothérapie. — Les 'htielicn et les ablutions géni'raks froides, considérées au point de vue de l'hy--, giêne, jiettoienl la peau, donnent aux muscles vigueur et souplesse, accroissent t'actifité générale de l'organisme. Pour les ablutions, 10 litres d'eau dix minules suftUenl, là où un bain tiède exige 300 litres el une demi-heure au moins : il suffit d'exprimer à plusieurs reprises une grosse éponge imbibée d'eau au-dessus de la tête pour que le corps soit complètement mouillé. De plus, douches et ablutions ont sur les bains froids l'avanlage de pouvoir être pris partout et en toute saison.

Les applications d'eau froide sont préférables à l'eau chaude jusqu'à six ou sept ans : jusque-là l'eau fraîche, ou mËrae tiédie (dans les trois premières années), vaut mieux. Ces applieatious doivent être courtes, réparties immédiatement sur toutes les parties du corps, suivies d'une friction sèche ou d'une promenade. La sueur n'est pas un obstacle; lea douches froides suivent avanlageii sèment les exercices («ymnasliques. Elles sont tiurtout utiles uut

tempéraments lymphatiques, faibles, aux femmes nerveuses. La grossesse et la lactation font substituer les bains et ablutions tièdes aux applications froides : mais celles-ci pourraient sans inconvénient être continuées pendant la période menstruelle.

Autres soins corporels. — Il est nécessaire de débarrasser chaque matin la face des souillures produites par les poussières de . l'air, les larmes, la salive ; les oreilles, du cérumen accumulé, etc. La barbe et les cheveux sont exposés à des maladies parasitaires (poux, mentagre, teigne, pelade), qui nécessitent une surveillance des individus vivant en groupes nombreux (soldats, détenus, écoliers) et interdisant l'échange des peignes, rasoirs, coiffures, etc.

La bouche doit être lavée matin et soir, et surtout après les repas, avec une brosse trempée dans l'eau pure, ou additionnée d'une poudre neutre (charbon et quinquina) ou alcaline (chlorate de soude) : la corruption des parcelles alimentaires restées entre les dents est la principale cause de carie dentaire.

Les 'piedSy riches en glandes sudoripares et sébacées, dont la sécrétion, retenue par les chaussures entre les orteils, macère l'épiderme, et provoque les excoriations, cors et durillons, doivent être très souvent débarrassés de ces produits étrangers, à l'aide de lotions froides plutôt que de bains tièdes.

Les mains, qui sont découvertes et exposées à une foule de souillures, qui viennent souvent au contact des muqueuses nasales, oculaire, buccale, qui portent les aliments à la bouche, doivent être lavées plusieurs fois par jour; précaution indispensable surtout aux ouvriers qui manient des substances toxiques (plomb, mercure, etc.), et auxquels des soins corporels éviteraient nombre d'intoxications (voy. Intoxications professionnelles, p. 128)..

EXIÎ!lC|i:ii lîT REl'Oy,

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