RTGIÈNE DES VILLES ET DES CAMPAGNES
Ûu appelle vilk loute agglomération comptant plus de deui: mille individcis. En France, la population ri r&le est à peine le double de la. population urbaine : la différence (643 contre 348] lend niflme à dire par suite de l'immigration des paysans dans les villes.
D'une façon générale, les habitants des campa> ({Des sont plus exposés aux maladies qu'entraînent les TJciations du sol et les intempéries (Gëvros intermittentes, rhumatisme, pleurésie, etc.); ceu: villes, aux maladies que produisent les souillui' l'air, l'encombrement, les contacts résullant de l'anglomération d'un grand nombre d'hommes sur un espace restreint (aaémie, tuberculose, fièvre typhoïde). En somme, ia morlalilé est moins considérable dann le milieu rural '[ue dans le milieu ur- | bain.
TUleS. — A. CONOITIONB M ÉTÉOBO LOGIQUES ET GÉOLO-
GiQL'Ks. — Au point de vue de leur siltiation (Fonssugrives], les villes se divisent en ;
1° V. de plaine, salubres, pourvu que le sol soit asseï perméable pour que l'eau ne stagne pas;
i" V. de vallée, saines quand la vallée est très ouverte, insalubres quaod le soleil n'y pénètre pas, et propices alors au iléveloppempnt du goitre et du crélinisme;
3° V, maritimes, douées d'un air pur et d'une température peu variable, mais ayant souvent tes ' ïénienls de l'humidité et de vents changeants; celles , où le llux porte à la cûte des matières orgaQiquu putrescibles sont plus malsaines que celles où U J
marée manque ; bâties à Tembouchure d'un fleuve, elles sont dans des conditions analogues à celles des villes paludéennes ; toutes sont exposées à l'invasion de maladies exotiques, importées par les navires;
4<* V. fluviatileSf qui trouvent dans le cours d'eau qui les traverse un moyen d'approvisionnement et de salubrité, tant qu'il n'est pas souillé par des causes diverses ;
o*» V, lacuHtres, situées au bord d'eaux stagnantes (lacs, canaux, etc.), humides, et presque aussi malsaines que les suivantes, à moins que des vents actifs ne les purifient ;
6^ y. palustres, très insalubres, domicile des fièvres et de la cachexie paludéennes.
Au point de vue de Valtitudef les villes dont le niveau dépasse à peine celui de la mer (Caen, Nantes, Bordeaux) sont humides, favorables au lymphatisme et à la scrofule.' Entre 50 et 300 mètres, l'altitude n*a pas d'influence sanitaire. De 800 à 1,300 mètres (Pontarlier, Ghambéry, Briançon), Tair est froid, mais très sain, favorable à l'exercice de toutes les fonctions organiques. Enfin, dans certaines localités du Pérou et de la Bolivie, élevées de 3 à 4,000 mètres, à la rigueur du climat se joint la diminution de pression atmosphérique (voy. Air raréfié, p. 24).
Au point de vue de la nature des terrains (Fonssagrives), les villes sont :
1° Rocheuses, très saines;
2° Sablonneuses, salubres si, comme c'est l'habitude, le sol ne retient pas l'eau ;
3° Argileuses, insalubres par suite de la stagnation des eaux;
4° Alluvionnaires (bâties sur des terrains formés par des sédiments fluviaux ou maritimes), aussi malsaines que les villes palustres, et pour les mêmes raisons ;
TiYGIÉNE DES VILLES ET DES CAMPAliNES. I(t3'j
3" AssUes sur des terrains arlillcieU, insalubres p&T'l la nature de ces terrains (immondices, détritus in-V duslriels, etc.], ou par leur facile imprégnation d'eau ■ et de débris organiques ;
Q° Bdlies sur pilotis, difficiles ii entretenir dans utffl étal sufQsant de salubrité.
B. Voies pudliqces. — Pour que l'aii' circule et quçl ta lumière pénètre en quantité suffisante dans lesl rues, il faut que leur largeur soit proportionaée h 1 leur longueur, que leur étendue soit interrompue da I distance en distance par des places ou des squares, que la bauteur des maisons soit en rapport avec la J largeur de la voie (voy. HulUations privées, f Les passages, ruelles et impasses, sont contraires à | l'hygiène, insuflisamment aérés.
Pour permettre l'écoulement des eaux, un doit avoir, daos le sens longitudinal, une pente mi' I nima de !i millimètres par mètre; dans le i transversal, sa chaussée, bombée au milieu, doit J avoir une double inclinaison latérale vers les ruis* | seaux.
Pour protéger les babîtants contre las c d'infection représentées par les impuretés du sol (voy. p. IS), la chaussée doit avoir un revêtement solide, assez uni et résistant pour permettre la circuialion. Il se fait au moyen du ■pavage en grès, s lequel le passage des voitures est bruyant, et imprime . au sol une trépidation sensible; de Vempien-etneiil ou ' macadam, poussiéreux l'été, boueux l'hiver; du pavage en bois, qui, établi sur de bonnes fondations, i se pourrit pas, et revSt esactement la chaussée; de I Vaspkaltage, qui n'a que l'inconvénient, très atténué I quand l'exécution est convenable, de se boursouller>j par la chaleur et de se crevasser en hiver.
La propreté de la rue esl une des principales condi-1 lions de salubrité de la ville. Celle-ci doit être
arro
milante provision d'eau, aussi bien panr arroner. et faire tomber des poussières susceptiblec dn produire desalTeclions pulmonaires,ocii]aire3,elc., que poursurUre aux besoins de la maison (voy. £atl, p. 40). Les boues el ordures roéuagÈres doivent étn enlevées le plus 161 possible : leur sËjoiir sur la, diaussée oréeruit des Toyers de putréfaolion nui- Bibles.
C. Ëgouts, — ]. Contlruclion, distribution, neltoj/age de» égùuts. — Le* és""'* s""* ^^^ conduils destinés k recevoir les eaux impures d'une viile. Leur réseau (tompreiid les conduites de maison, les branchemenit partieitliers, les égouU de rut, les yaleries principales, les cnlleHeiiFf.
Leurs puruis doivent Ëlre imperméables, lisses à l'intéi'ieur : on les fait en maçonnerie de pierres bieu cimentées, ou en poterie vernissée intérieurement. Leur forme est ovoïde à Pans, a pomle tournée en baul, Leurs dimensions varient beaucoup , depuis i^jSO de hauteur sur ( mÈlre de largeur (branchemeal» particuliers), jusqu'à 4", 40 sur 5'»,50 (grand collecteur d'Asnières).
Une certaine pente est nécessaire pour assurer le cheminement des matières : elle doit augmenter à mesure qne le calibre du canal se rétrécit.
Les bouches d'égout, orifices par lesquels l'égout communique avec la rue, sont libres à Paris, ce qui contribue à la formation des dépôts engorgeant les canaux, et peutrépaiidre une odeur infecte quand les matières ne circulent pas librement. Les cuvettes à bascule, que l'eau de pluie fait basculer, el qui, reprenant leur place automatiquement, interrompent la communicaliou, fonctionnent mal.
Les regards sont des ouvertures ménagées de distance en dislance, et permetlant de descendre dans l'égoul pour le nettoyer, Ce nettoyage <
HYGIÈNE DKS VM.l.KS ET DES CAMPAG.NEri.
grande quaiitilé d'eau, le lavuge spontauû par les eaux de maison, de rue, d'induslrie. Étant uisuFAsant : les chassiK d'eau s'obtiennent à l'aide d« réservoirs dont on lève les vannes au moment touIu ; de plua> on emploie des bateaux- va unes et des wagons-vannest qui chassent avec force les immondices.
II. Air et ventilation rfes i^gouls. — L'air des égoul» est plus riche en azote et en acide carbonique que l'air atmosphérique, mais dans des limites rei treintes -, il contient de l'hydrogène carboné, parEois des traces d'hydrogène sulfuréeL de sulfhjdrale d'ammoniaque, divers gaz résultant de la décomposition des matières contenues clans les canaux, et des micro organismes en médiocre quantité. Cette atmosphère n'est pas dangereuse en temps ordinaire, quand les chasses d'eau sont assez fortes pour prévenir l'accumulation des immondices; mais quand ceux-ci s'écoulent ma), les gaz de l'égout peuvent asphyxier les égoutiers, ou, remonlanl à la surface du sol, devenir une menace pour la salubrité des villes.
Une bonnfi vctitilation est donc utile parlool, mais principalement dans les endroits où on ne dispose pas de chasses d'eau sufrisantes. Alors on place à l'orifice du regard une grille à charbon pour purifier l'air, ou on dispose en divers points du réseau des tours de venlilation, cliemiuées d'appel dans lesquelles on entretient du feu qui aspire l'air de l'égout.
m. Contenu des égouts. -=- Partout les égouts reçoivent les eaux pluviales, ménagère» et industrielles; presque partout, l'urine; quelquefois, le» matières fécales. Ce dernier système (le tout à l'égout), appliqué en Angleterre et ea Allemagne, éloigiio immédiatement delà maison les excréments humains, qui peuvent propager le choléra et la Rêvre typhoïde : mais il exige une circulation d'eau 1res abondante.
double les dangers d'infection que détermine Tarrivée des eaux d'égout dans les fleuves ou à la mer, expose à des infiltrations dans le sol des yilles si l'élanchéité de Tégout n'est pas absolue ; aussi n'a-t-il pas prévalu en France.
Même lorsqu'elles ne contiennent pas de matières fécales, les eaux d'égout sont impures, renferment des gaz étrangers (azote, hydrogène carboné, acide carbonique, oxyde de carbone, acide sulfhydrique), une très forte proportion de matières organiques putrescibles, et des millions de microorganismes. Aussi la partie de la Seine située entre Glichy et l'île Saint-Denis, et qui a reçu les divers collecteurs, estelle noire, fétide, impropre à tout usage. Leur déver- Hcment dans les cours d'eau est donc réprouvé par l'hygiène : l'eau de rivière ne peut plus être bue, elle peut par infiltration se mélanger à des eaux potables, elle répand des émanations dangereuses, elle tue le poisson; enfin l'eau d'égout contient des matières utilisables par l'agriculture, et qui sont alors perdues.
Leur projection à la mer, outre ce dernier inconvénient, a celui de ramener les immondices, à la marée montante, sur le rivage, où se font des foyers d'infection.
Les procédés d'épuration et d'utilisation des eaux d'égout sont :
1° Mécaniques, par la filtration dans des cylindres à paroi poreuse, applicable seulement à des quantités d'eau médiocres; ou par la décantation dans de grands bassins, d'où l'eau sort en abandonnant un limon que l'agriculture utilise, mais encore assez riche en matières organiques dissoutes pour souiller les rivières ;
2'» Chimiques^ ayant pour but de précipiter, à l'aide de la chaux, du sulfate d'alumine, du charbon los
5ïGlÊ>'K DES VILLES ET DES CAMPAG^ES,
matières azolées, utilisables par l'aj^riculture ; l'épuration est incomplète, l'eau contenant encore les deux | tiers dé l'arote del'eau d'égout;
3" Épuration par k sol, qui consiste à irriguer avec J les eaux d'égout un terrain poreux, en pente léger drainé, daas lequel on cultive des plantes appro- | priées ; dans le sol, les matières organiques s'oxydent, l'eau est épurée et utilisée sur place ; l'expérience faite à Gennevilliers a monti-é que, quand l'eau est distribuée régulièrement, sans s'accumuler dans le sol, on n'a pas plus â redouter les fièvres intermittentes ou les maladies spéciflquei qu'ailleurs, les microbes de l'eau disparaissant vite dans le sol (Proust).
D. DÉPOToiHS ET voiHiËs, — Lorsque les matières récales ne vont pas immédiatement à l'égout, i ' sont vidangées, puis collectées dans un réservoir^ d'attente, dépotoir, jusqu'à ce qu'elles soient utilisées 1 en nature par l'agriculture, au qu'elles passent dans I une voirie, pour être converties en poudrette ou en sulfate d'ammoniaque. Quoique les matières soient désinfectées dans ces établissements, ce sont des fléaux pour la salubrité des villes, dont ils doivent,] être éloignés le plus possible : leurs émanations ii Fectent l'air; parfois l'eau qui en sort empoisonne IftI rïvière voisine. Pourtant ils valent encore mieux que ■ Vépandage. qui consiste à transporter directement les 1 matières des fosses dans tes champs.
Quant aux boues, ordures ménagères, etc., elles I sont transportées dans les voiries d'immondiees, oui elles subissent une fermentation putride avant d'être I employées par les cultivateurs, et qui sont u velle cause d'insalubrité quand elles existent aux-J portes des villes.
est riche en acide carbonique el en gaz odoraatBl„1 qui seraient toxiques s'ils n'étaient dilués danFg
U alimentation des populations agricoles, bien «[u'elle ait fait de notables progrès, laisse beaucoup à désirer, elle n'est pas assez riche en matières azotées. L'ergotisme, la pellagre, et autres maladies produites par la consommation de grains de mauvaise qualité, ne sont pas rares dans les campagnes.
Les épidémies qui s'étendent des villes aux villages et aux hameaux font proportionnellement plus de victimes dans ces dernières localités. Malgré toul, la sanlé et la vitalité des gens de la campagne sont supérieures à celles du groupe urbain : les premiers sont plus vigoureux, ont une vie moyenne plus longue, présentent moins de cas d'aliénation mentale, de suicide et de criminalité, parce que leur système nerveuï n'est pas dans l'état de surexcitation continuelle des habitants des villes (Layet).