II. Professions provoquant des éruptions de cause »(t
terne par absorption, — La dermatose des vanniers cannisiers est causée par une poussière blauche qui couvre certains roseaux du Midi de la France. 11 y a de réryllîème de la face et du scrotum, suivi de vésicopustules et d'ulcérations, de conjonctivite et de coryza; puis de l'oppression, de la toux, des vomissements, de la diarrhée, de la dysurie.
Des accidents semblables existent chez ceux qui manient les solanées et les euphorbes.
Les ouvriers employés à la fabrication du sulfate dr quinine ou de cinchonine présentent aux avant-bras, à la face interne des cuisses, aux parties génitales, une éruption qui a les caractères de l'eczéma, qui est indépendante du mode de fabrication, qui récidive faciment, et qui est un effet d'absorption autant que d'irritation externe : car les mêmes accidents peuvent succéder à l'administration interne du médicament, mais alors sous forme érythémateuse.
IIL Déformations et attitudes vicieuses, professionnelles, — Tardieu, les considérant comme signes d'identité, les classe en trois catégories :
Signes Incertains : modification de la sécrétion épidermique ou de la coloration, disparaissant par cessation du travail;
Signes durables^ mais inconstants : callosités, altérations de la paume des mains;
Altérations permanentes et caractérisant une profession : déformation des doigts par rétraction musculaire ou aponévrotique, bourses séreuses accidentelles, déviations du tronc et des membres, etc. Les tourneurs f cordonniers ^ tailleurs , cloutiers, cantonniers, tonneliers, présentent des callosités des mains, des bourses séreuses sur les points habituellement comprimés, des déformations et déviations du tronc, etc.
IV. Troubles professionnels des muscles, aponévroses, gaines tendineuses, articulations, os. — Va'i dovlou-
IIVGIÉNK PROFESSIONNELLE.
reuii est observé, surtout au niveau des eïtenseurs,,! dans [ous les genres de travaux manuels; la r(!Ir(i(t''fl lion de l'apon^rose palmaire, chez ceux qui ont unftfl forte pressiou à execcer [cochers, maîtres d'armisJ brunisseurs) ; la rupture de tendons oa de miaeletjÊ chez les danseurs de corde; la crampe des écrivaiiitm dans une foule de professions {écrivains, pianistes, téti^M graphistes, eompodlews d'imprimerie, graveurs, eto.Ji
Y. Troubtes professionnels de l'appareil respiraloirn par inhatalion de poussières. — Catarrhe, chrouiq^ueî] plus souvent qu'aigu ; 1
Emphysème pulmonaire et dilalalion des bronches,m ordinairemeut consécutifs à la bronchite chroniqueîf
Diverses formes de pneumonie chronique, interstr«l lielle; on les nomme pneumoconioses ; elles sont dé» terminées par l'iatroduclion dans le tissu du poumon^ (le particules de charbon (anthracosis), de fer {sidéTâ ^is), de silice {chalicosis), de colon (byssinosis), de^ tabac {labacosis): la pneumonie atgu<> est e.xceptîo nelle :
Tulerculisation pulmonaire, dans laquelle les poi sières peuvent .jouer un rûte, mais qui a souvent été confondue avec les pneumoconioses.
1" Poussières végétales. — La poussière de c/iarùo» J produit l'anlhracosis aa pneumoeoniose an (ftra cosigne, r non seulement chez les mineurs, houilleurs et c/iar-j bonniern, maïs aussi chez les mouleurs en cuivre et en| fonte, les moules étant saupoudrés de poui charbou. Dans une prenii&re période, les granula-V lions, disséminées dans les poumons et les ganglions ' bronchiques, déterminent ta dyspnée, la toux, une expectoration noire; dons la seconde période, il y a des noyaui charbonneux, oblitérant les eanalicoles bronchiques, de sorte que des îlots impropres h la respiration existent au milieu de parties sames, d'oil oppression presque continuelle; dans la troisième,
i26 HYGIÈNE.
les lésions anatomiques (cavernes) et les symptômes rapprochent la maladie de la phtisie pulmonaire (phtisie des mineurs ou charbonneuse),
La poussière de tabac fait éprouver aux ouvriers des manufactures, pendant les premières semaines, des nausées, des vomissements, de la céphalalgie, des vertiges. Une inhalation prolongée peut provoquer le catarrhe pulmonaire, et une pneumoconiose spéciale [tabacosis).
La poussière de coton donne lieu à la céphalalgie, l'irritation de la gorge et des yeux; et parfois au byssinosis, analogue à Tanlhracosis.
Le lin et le chanvre sont moins dangereux par leurs poussières, que par le rouissage ayquel ils doivent être soumis (voy. p. 88).
Les particules de bois (scieurs de bois, menuisiers, ébénistes, tourneurs, tonneliers, charpentiers), de graminées et de farine (batteurs en granges, vanneurs, meuniers), sont également irritantes pour les voies respiratoires : à cette influemîe se joignent, chez les boulangers, celles d'un travail fatigant et les variations brusques de température (d'où anémie, rhumatisme, maladies du cœur et des bronches).
2° Poussières animales. — La laine, imbibée d'huile avant de passer dans les métiers, donne peu de poussière.
Vindustrie de la soie est surtout nuisible par le mal de vers qu'elle détermine (voy. p. 123), par la fatigue qu'elle provoque, par la chaleur et l'humidité des pièces dans lesquelles elle s'exerce.
La poussière des cheveux et des poils (brossiers, coiffeurs, chapeliers, etc.), des plumes et duvets, de la nacre de perle, irrite les yeux, provoque la bronchite chronique et une pneumoconiose pouvant aboutir à la phtisie.
3o Poussières minérales. — La poussière de fer.
KVGIENE PflOFEËSIONNELLE. 127
aspirée pure (ouvriers qui manient l'oxyde de fer ou ro'tge anglais), ou mélangée à d'autres poussières {forgerons, serruriers, ciouliers]. produit parfois une piieumoconiose nommée sitléroHs , dont les symptômes et les lésions se rapprochent de ceux de l'an thraco sis.
La pouisiire de silice (carriers, tailleurs de pierre»,, \ Kaatonniers) détermine la phtisie siliceuse ou i-hali-
Lb3 aiguiseurs, aiguiltetirs, fabricants d'amies blanches, couteliers, et tous ceux qui respirent un mélaoge de poussières de Ter et de silice, sont exposés i û la pneumocoiiinse silico-mêLallique, pneumonie chronique iuterslilielle dont le dernier terme est une i forme de phtisie, phliaie des aiguiseurs. I
Les tailleurs de cristal el les polisseurs de glace sont * sujet à une phtisie de mSme cause ei de même ordre >j que celle des aiguiseurs; les iou/flevra de verre deviennent emphysémateux et sont exposés à contracter la syphilis par le tuhe dans lequel ils soufflent tour ît tour.
Les poussières île cuivre el de plomb, en plus d'une pneumoconioae mclallique, peuvent engendrer une intoïioalion spéciale {voy. Saturnisme, p. 128).
Les cittffam, coiitenani des poussières mixtes, métalliques el organiques, exposent ceux qui les manient à l'iullammation des poumons et aux maladies contagieuses.
VI. Troubles professionnels de l'appareil respiriiliiire par inhfdalion de vapeurs OU de gai irritants. — Les i-'ifii'ifj's sulfureuses [fabricants de cliapeaux de paille, ,, lilii'irlih.':"iu-s de soies, de laines et de plumes, fabricantlit ir'ilUiiiiiUii'x), les vapeurs nitreuses ijoiiilliers, orfèvret^U fiilii ieimls lie nitru-beraine, doreurs au mercure), Vami^k maniaque, le chlore [blanchisseurs de colon), exposea^4 suivant leur proportion dans l'air inspiré, au coryza.
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IIÏGlÈiNE.
sccom paillé de douleurs vives; une éruption V |«usn à la peau: la cachexie.