‹ Aide-mémoire d'hygiène et de médecine légaleChapitre 27 sur 71 · V. Arsenic. — Chez lesouvriersquiMEra/enf · texte numérisé non relu

V. Arsenic. — Chez lesouvriersquiMEra/enf

le grillent, ou qui manient tes prépai arsenieales, aurtoiil les verts arsenicaux (i papiers jieints, feui'lagistes, itppréleurs UtoffeSfA lurieri, pdnirfS, fabricants di- cQvleiirs) sont e Varseniàsme aigu (salÎTStion , soir vive, ( d'estomac, vomissements, coliques violentes, . rhée, petitesse et intermittence du pouls, i ictère, albuminurie, dépression syncope), moins fréquent que I' (anorexie, vomissements, diarrhée, rougeur di goofiemeut des paupières, hémorragi verli(;es, altération des traits, amaigrissemeat^ pression musculaire et cardiaque).

VI. Vhoiphare. — Chez les ouvriers qui trav à la fabrication des allumettes, la respiration^ vapeurs phosphorées amène eïceptionuellemant l'fa loxication aiguë, et très souvent l'inloxicalion chrcnique : débilité dans la marche et les efforts, Lrem* ., Memenls des jambes, des bras et des mains, douleurs d'estomac, coliques, oppression, et surtout nécrose des maxillaires, plus fréquente sur l'inférieur que sar le supérieur, due à une action locale du phosphoFSj qui se propage à l'os par les dents atteintes de carie pénétrante. La substitution du phosphore rouge, amorphe, au phosphore ordinaire, est le meilleur moyen prophylactique de ces accidents (Brouardel, Gab. Pouchet). Pour Cazeneuve, le perfectionnement des appareils et la ventilation suffisante des ateliers mettent à l'abri de tout accident.

VII. Aniline, fuchsine, rosanitine. ~ La fabrication de l'aniline produit un dégagement de gax hypoazolique qui irrite les bronches, ou de nitrobenzine qui

des vertiges et le o

iiïtilENE PKOFESSlONNELLt:.

mi Une en rosanitin

e arsénique comme corps

La transformation de I fuchsine, à l'aiJe de l'acii

oxydant, e:spose )es ouvriers à l'aclion inilanle des vapeurs d'aniline et à l'intoxication arsenicale.

VlU. Sulfvrc de carbone. — Les ouvriers qui res- ' pirent ses vapeurs en vulcanîsanl te caoutchouc éprouvent de l'anorexie, des nausées, des vomissemenls, de l'iiébélude, de la perte de mémoire, on une grande mobilité intellectuelle, avec vertiges, troubles de la vue et de l'ouïe, paralysies du mouvement.

IX. Oxyde de carbone, acide carbonique, hydrogène sulfuré. — Les cuisiniers, cbauDeurs, ouvriers des hauts fourneaux ou des fabriques de gaz d'éclairage, qui respirent l'oatyde de carbone, préseuleot de la céphalalgie, des vertiges, des hourdonnements d'oreilles, une tendance au sommeil ; puis des troubles de la respiration et de la cii-culatioa; la mort peut survenir dans le coma, ou après des convulsions; le sang est rouge vif, dans les veines comme dans les artères.

Les brasseurs, vignerons, distillateurs, raflineurs, peuvent éprouver les effets de Vactde carbonique, quel se dégage aussi des fosses et caveaux funéraires au moment des exhumations. La face rougit, une chaleur se fait sentir dans la poitrine, en même temps que la respiration s'accélère et devient difficile; le sang est noir.

Vkydrogùn'^ sulfuré ou le suif hydrate d'ammoniaque forme la principale partie du gaz toxique, oommé vulgairement plomb, qui s'exhale des fosses d'aisances mal ventilées, et qui peut produire l'asphyxie des vidangeurs. Ds ont une douleur à l'eslomac et aux articulations, un resserrement au gosier, de la cf-pbalilgie, des nausées, des défaillances, des c Vulsions générales. Si le méphilisme est produit par Vazfile, la respiration s'aJTaiblit progressivement, sans .'Iroubles nerveux.

Les égoutiers peuvent présenter des phénomènes analogues.

E. Mineurs, Mécaniciens. — En plus de ranthracosis, des brûlures et de Tasphyxie produites par le grisou (hydrogène protocarboné), les mineurs houilleurs sont exposés, par les mauvaises conditions de leur travail, au rhumatisme, à la scrofule, à la phlisie, et à Vanémie des mineurs, qui débute par des coliques, de l'oppression, des palpitations, de la prostration, du météorisme, des déjections, vertes ou noires ; puis la peau prend une teinte jaunâtre, la marche est pénible, le visage boufQ ; enfin, dépérissement progressif; sueurs, défaillances, mort.

Les mécaniciens et chauffeurs de locomotives sont disposés àTaltération deTouïe par le bruit de la machine, et la diminution de l'acuité visuelle parla nécessité de fixer les yeux devant soi et par Faction de la poussière, aux douleurs par les alternatives brusques de température, à une grande fatigue des membres inférieurs par la trépidation de la machine : mais l'existence de la maladie de la moelle épinière, qu'on a nommé maladie des mécaniciens, ne repose sur aucune observation précise.

Musiciens, chanteurs, orateurs. — C'est parmi les compositeurs de musique qu'on trouve le plus grand nombre de troubles nerveux, souvent de troubles cérébraux : migraines, céphalalgie, étourdissements, insomnie, hypochondrie, mélancolie, vésanie.

Les pianistes sont souvent atteints de crampes analogues à celles des écrivains, et de crépitation tendineuse du poignet; presque toujours assis, ils sont sujets à la constipation et aux hémorroïdes.

Le jeu des instruments à vent est considéré par les uns comme disposant à la phtisie pulmonaire; par les autres comme une gymnastique respiratoire utile

HYGiÉNt i'RO^■l!;ssION^ELLE. taî

contre la phtisie :. les observaliona ne soni pas i précises pour résoudre la question.

Les clianteurs et les orateurs ne soûl pas plus d'auti'es exposés à 1» phtisie larjugée; mais ils très fréquemment atteinlB de la Tiiriêlé de pharyngite el de laryngite dite glanduleune ou gmnaleu^'', qui est primitive et chronique d'emblée; aussi doivent-ils s'abstenir de tabac, de café et de liqueurs alcooliques, qui ont une aclioii irritante locale, et qui donnent au système nerveux une stimulation nuisible au fonctionnement de la voix.

Hygiène militaire. — La jeunesse dusoidal le rend imprcssiounable aux causes de maladies banales ou spéciliques. Le conscrit eal, plus que tout autre soldat, exposé aux chances morbides, ce qui est dû, en grande partie, au changement de milieu auquel i^ ust brusquement soumis, nu dépaysement el à la tios^ talgie qui en résultent : aussi les hygiéniales récla-^ ment-ils le racnitêment régional.

L'encombremient de la caserne favorise le développement des maladies épidémiques et contagieuses, lièvre typhoïde, lièvres éruptives, phtisie. Faute de camps ruraux d'inslruclion, l'hygiène réclame, aU' tant que possible, les casernes placées hors des ville», composées de pavillons sans étages {système Tollot), construites en matériaux imputrescibles (ciment, brique, et fer), cubant 13 mètres par homme moins, faciles à aérer, abondamment pourvues d' pour les ablutions et les douches; l'eau potable ' être de bonne qualité (Moracliej.

L'alimentation du soldat français répond h la ratioa normale d'entretien (voy. Alimentation, p. 64], sauÇ que tu graisse y fait défaut, au moins un temps d^'| paix, et que le régime n'est pas assez var' '

Les maladies les plus fréquentes dans l'armée, ett temps de paix, sont, en plus de celles cilée^ '9V'Q!h| Lbfost. — I/ygionc.

set ^^M :ue ^H

Hr tes, l^ peu

haul, les all'eclioii^ des voies respiratoires (broiu tes, pleurésies, pneumonies] et digestives (aiigki embarras gastrique, diarrhée). En campagne, 4f peuvent être rapportées à quaire sortes d'itiQu almospliéi'iques (insolations, congélations, i rbes, conséquences du froid et de l'Iiumidité}; t riques (fièvre inalariale); alimentaires (sco^ dysenterie); spécifiques (choléra, flèvpe jauoe^ riole, typhus, fièvre lyphoide]. Ces maladies fontg de victimes que les blessures de guerre ; de pllfl retour des troupes revenant des pays loiiilniasi une cause puissante de transmission de cerldnnflj ladies au reste de la population.

La mortalité dans l'armée française est un petlV dessous de 10 p. 1000, plus élevé que la mortalK générale des hommes de 20 à 30 ans (9,o6 p. lOOO), contrairement à ce qui devrait eiisler pour un groupe choisi comme celui-là (Vallin).

Ejrgiâne navale. — L'ait- des bâtiments est, eu général, insuffisant (8 mêlres cubes par homme sur les cuirassés), humide, très chaud, rendu insalu' hre par les exhalaisons du chargement et de la cale. où séjourne une eau stagnante et corrompue : ces maladies, Juintes à l'encombrement des entreponts, réclament une ventilation bien réglée à l'aide d'appareils mixtes opérant par appel et par propulsion, et une propreté rigoureuse.

Valintentitlion, sur un navire longtemps séparé de la terre, laisse souvent à désirer: la substitution de la conserve de bœufâ la viande fraîche, des légumes seca aux légumes frais, crée l'imminence du scorbut et autres maladies de dénutrition, telles que l'Iiéméralopie, qu'on prévient par l'usage de la choucroute, des pommes de lerre, et surtout du jus de citron, employé avant plutôt que contre le scorbut. Quant à Vtaudebcision, elle s'oblieiil à l'aide de machinea

(lYRIÉNE DES MALADES.

ns]

distillatoires, F>lse conserve dans des caisses de f où elle se colore quelquefois par la rouille, sans a quérir de propriétés nuisibles : elle est fade et niat'^ aérée, mais ue produit pas ce qu'on a nommé eoliqur sèche ou colique de vaisseaux, inloxicalioD saturnine qui résultait de l'emploi de récipients en plomb pour la conservation des aliments ou de l'eau, ou de l'action du plomb des machines.

La mortatUi' est élevée chez les marins (14 p. 1000). I Ils sont les premières victimes des maladies spêcifl-l ques (impaludisme, peste, choléra, fièvre jaune, elr,],S qu'ils transportent d'une ville maritime à 1'

Page 1