‹ Aide-mémoire d'hygiène et de médecine légaleChapitre 54 sur 71 · C. QL-ESHONS MÉDICO-LÉGA · texte numérisé non relu

C. QL-ESHONS MÉDICO-LÉGA

DAisOif. — I. Peul-on affirmer que la mort résulé la pendaison? — Aucun signe n'est absolument ci térislique. Le sillon même peut présenter le r aspect, que la pendaison ait été effeetuée pendai vie, ou simulée après un autre genre d'homicide) les lésions du cou étaient accompagnées d'épane» ment sanguin, on pourrait affirmer la pendaison pendant la vie : mais dans ce cas même les ecchy-

ASPHYXIE

moses manquent souvent. On ne peut se prononcer que d'après un ensemble de signos positifs, joints a l'absence de lésions d'un autre genre de mort.

n. Y a-t-il suickh ou komimile? — Presque toujours la pendaison est un suicide. Les traces de lutte, quand elles existent, sont le meilleursigne d'homicide, j

Strangulation. — Conslriction exercée autour ou a,u-d8vant du cou, et suspendant la respiration et la vie par obstacle au passage de l'air. Elle s'opère a. l'aide d'un lieu (corde, mouchoir, courroie, etc.), ou par application des mains sur le larjnx et la trachée.

A. Aspect ESTER L EU 11 ou CAnAvas. — 1. Face. — Elle est généralement tuméfiée, violacée, marbrée d'eechymosKs, qui sont surtout prononcées sous )es conjonctives. La langue est saillante hors de la bouche, ou serrée entre les dents. Une écume blanche ou sanglante s'écoule par les narines ou la liouche. Qu aang peut s'écouler par l'oreille.

n. Cou. —Quand la strangulation a été effectuéipar un lieu, le cou présente un sillon, qui diffère de celui des pendus en ce qu'il est circulaire et à peu près horizontal. Quand elle résulte de l'application des mains, la partie antérieure et latérale du cou présente des ecchymoses multiples, des coups d^ongles semi-lunciires, des excoriations, qui témoignent de la lutte engagée, et qu'on retrouve à la face et à la partie supérieure de la poitrine. ]

B. LÉSIONS iftTEBxEs. — I. Cou. — On trouve du 1 sang estravasé et coagulé dans le lissu cellulaire et j autour des muscles, ecchymoses qui correspondent J h. la pression des doigts ou aux coups d'ongles. La. j gaine des carotides est souvent ecchymosée ou rom- 1 pue. L'os hyoïde et le larynx peuvent i^tre fracturés, |

II. foumons. — La mucpieuse du larynx et de la trachée est rouge. Les bronches renferment une écume 18- 1

sanguinolente. Sous la plèvre, on trouve âes ecchymoses, et de l'emphysème vésiculaire très marqué. Le poumon est congestionné, et renferme des noyaux apoplectiques.

m. Encéphale. — Les méninges et le cerveau offrent une congestion très variable, depuis de simples traces jusqu'à une véritable hémorragie.

C. Strangulation incomplète {Tentative de strangulation). — Les signes extérieurs, sillon autour du cou,. ecchymoses de la face et des conjonctives, excoriations et coups d'ongles au-devant du larynx, sont les mêmes que précédemment. Presque toujours, la voix est enrouée, la déglutition douloureuse ; les mouvements du cou restent gênés ; la tégion cervicale est tuméfiée. La guérison est rapide en général.

D. Questions médico-légales relatives a la strangulation. — I. La mort a-t-elle été produite par la strangulation ? — Même quand le lien n'a pas laissé de sillon apparent, on peut répondre à cette question en s*appuyant sur les marbrures de la face, les ecchymoses des conjonctives et du cou, les ecchymoses sous-pl enraies, l'emphysème pulmonaire. L'empreinte des doigts et des ongles fait reconnaître qu'un individu a été étranglé, avant d'être pendu pour faire croire à un suicide, si la strangulation résulte de l'application des mains ; si elle a été faite avec un lien, il est bien rare que le sillon de la strangulation, circulaire et horizontal, coïncide exactement avec celui de la pendaison ; de plus, le pointillé hémorragique de la face et l'emphysème manquent ou sont peu marqués chez les pendus.

II. Y a-t'il homicide, suicide ou accident ? — La strangulation accidentelle est très rare : elle ne s'affirme que par la position dans laquelle le corps est trouvé.

ASPilïXlE. 211'^

Oa ne peuL a'cLrangler avec les mains ; la perle de eonuaissance arrive avant la niori, la respiration se râtablil ; si dobc on trouve des traces de doigts ou d'ongles, il y a homicide. Mais oa peut s'étrangler à l'aide d'un lien, serré au moyen dun lourniquet d'un nœud ; alors la constridion persiste après mort, de sorte qu'un lien lâctie, mal assujetti, si pose un homicide, tandis qu'un lien à tours uc breux, à nœuds compliqués, ou assujetti par lourniquel, suppose plutilt un suicide.

Suffocation. — Genre d'asphyxie dans lequel obstacle mécanique, autre que la strangulation, pendaison, ou la submersion, est apporté violemment à l'entrée de l'air dans les poumons. 11 y a quatre modes de sulTocatioii : occlusion des narines it-, de la bouche ; introduction de corps étrangers dam ' voies aériennes; compression thûradque; enfouissi •lotis la terre ou tout autre milieu.

Il n'existe pas de signes qui oaractérisenl la sufTO' cation en général ; les lésions varient avec 11 modes particuliers.

A, Suffocation par ûcclksion nu nez et HOixiiE. — A l'extérieur, on trouve des ecchy; serai -lunaire s produites par les ongles, des ex tiens, la marque des doigts, si l'occlusion a é.tê fail par la main-, si elle a été produite par un morceau> d'étoffe, il ne reste aucune trace ; par un masque adhésir, on retrouve de la matière collante (poix).

A l'inlÉricvr, le poumon présente des eccliymoses sous-pleurales, peiiles, poinlillées, granitanl la surface pulmonaire et tranclianl sur le fond rose pâle du tissu; il y a ordinairement de la congestion pulmonaire ; l'emphysème est constant et peu marqué ; l'écume hronchiwue est peu abondante, et

la im-<^^H

un ^^M .la [

coagulé ; il n'y a pas d'ecchymoses sous le péricarde. La face est plus ou moins piquetée d'ecchymoses, suivant la durée de la mort. Les ecchymoses souspéricrâniennes sont rares.

Les jeunes enfants sont souvent suffoqués accidentellement par les draps, les couvertures, une partie du corps de la mère : rien n'indique à l'expert si la suffocation est accidentelle ou criminelle.

B. Suffocation par introduction de corps étrangers DANS LES voies AÉRIENNES. — Elle résulle de l'introduction d'un tampon de linge, de chiffons, de papiers, etc., dans la bouche et le pharynx. Comme le précédent, ce mode de suffocation est un procédé fréquent d'infanticide : chez l'adulte, il est plus rarement criminel qu'accidentel, et résulte du passage dans le larynx d'aliments mal déglutis ou de matières refoulées de l'estomac par les vomissements.

Les lésions sont les mêmes que précédemment. On trouve souvent sur la muqueuse du pharynx et de la bouche des ecchymoses ou des excoriations produites par l'introduction violente du tampon.

C. Suffocation par compression thoracique. — Il est rare qu'on trouve des traces du corps compresseur, soit qu'elles se confondent avec les autres marques de violences, soit que la compression ait été exercée sur une large surface, sans rupture de vaisseaux produisant d'épanchement sanguin.

A l'autopsie, on trouve le poumon très congestionné; des ecchymoses sous-pleurales nombreuses» pointillées, marbrant la surface pulmonaire ; un emphysème presque constant ; une écume rosée dans les bronches. La surface du cœur présente souvent des ecchymoses sous-péricardiques. Il existe aussi des ecchymoses à la face, sous les conjonctives, au cou, sous le péricrâne.

EMPOISONNEMENTS. 213

D. Suffocation pah enfouissement. — QuaDilTina été enfoui vivant, on trouve de lu terre, de la cendre, etc., non seulement dans la bouche, mais aussi dans l'œsophage et l'estomac, taudis que la suLstaiice ne pénètre pas an delà du pharynx si , l'enfouissement a eu lieu après la mort.

La moft étant leziLe â se produire, les lésions sont très prononcées : ecchymose s sous-pleurales étendues, CDDgestioa pulmonaire inlensL', emphysème in lervé- ■; siculaire au maximum, écume bronchique sanglante, ' ecchymoses sous-péricrâniennes, traces de congestion cérébrale.

Les divers modes de sulTocation concernant le plus souvent les nouveau-nés et les très jeunes enfanta, les questions Tnidico-légnlcs qui s'y rapportent se ' trouveront ù propos de \ infanticide (p. 3o3).

CHiVPITRE VI

EMPOISONNEMENTS

Empoisonne ment en général. — Au point de yme \ •pénal : <t Tout attentat à la vie d'une personne, par l'elTeL de substances qui peuvent donner la mort plus ' ou moins promplemenl, de quelque manière qua ces substances aient été employées ou administrées, et qu'elles qu'en aient été les suites. •> (Code pénal, art. 301). Au point de vue médical, maladie accidentelle causée par des substances minérales ou organiques délétères, les poisons.

Si une personne est prise tout à. coup de coliques violentes, de nausées et de vomissemenl^, puis de i troubles de la circulation et de la respiration, et enfin de désordres nerveux, après l'ingfslion de boissons ou d'alimcnls, on devra soupçonner un

empoisonnement : mais les symptômes caractéristiques varient avec la nature du poison. Les afîections qui peuvent surtout simuler l'empoisonnement sont le choléra, la hernie étranglée, Tiléus, les ruptures viscérales, la péritonite suraiguë, les perforations spontanées, la congestion cérébrale, la méningite.

Outre les symptômes observés pendant les derniers temps de la tne^ le diagnostic médico-légal de V empoisonnement a pour bases :

Les lésions cadavériques, qui varient, comme les symptômes, avec la nature du poison ; on les cherche d'abord dans toutel'étendue du tube digestif (bouche, pharynx, estomac, intestins;, où se trouvent des traces de congestion, des hémorragies, des ulcérations, des perforations, puis dans le foie, les reins, le cerveau, les muscles, qui peuvent être atteints de dégénérescence granulo-graisseuse ; certains poisons végétaux ne laissent aucune lésion appréciable ;

La recherche chimique du poison, qu'on isole soit des parois et du contenu de Tappareil digestif, ou des autres organes, soit de l'urine, des déjections et matières de vomissement, et qu'on caractérise ensuite chimiquement (Gab. Pouchet) ;

V expérimentation physiologique sur les animaux, soit avec le poison ainsi isolé du corps, soit, s'il n*a pu être obtenu en nature, avec un extrait des organes, avec les matières recueillies sur les vêtements et autres objets à l'usage de la victime, avec la terre au milieu de laquelle la bière était déposée (en cas d'exhumation), etc.

Traitement de l'empoisonnement. — D'abord évacuer le poison du tube digestif à l'aide de vomi-purgatifs ; puis le neutraliser chimiquement par un contrepoison (magnésie contre l'acide sulfurique, vinaigre contre la potasse, eau salée contre le nitrate d'argent), et combattre ses effets physiologiquement

I fchloral coc

E M FOISONNE M EfiTS,

(chloral contre la strychnine) ; enlin réllrainer par les diurétiques et les sudoriflques.

Classi/ication îles poisons. — Elle est basée sur leur mode d'action. Tardieu admet cinq classes ; poisons corrosifs ou writants (acides concentrés, alcalis caustiques, certains sels métalliques, drastiques, caalha? ridaa) ; hyposthéniaanis (arsenic, phosphore, uitre, sel d'oseille, digilale]; narcotiques (opiacés); stupéfiants, ou narcotico-dcrcs d'Orfila (solanées, ciguë, aconit, champignons, alcool, chloroforme) ; convulsiviatis (sLryclinées, acide cyanhydrique).

Acides concentrèB, — A. Acide sulfuhioue (liuile de vitriol}.^ — L'empoisonnement Rit effectué par l'acide en nature, ou pai' te sulfate d'indigo (bleu d'indigo).

I. Forme suraigug. — Brûlure de la bouche et de la gorge, dysphagie; douleur horrible b. l'estomac; vomissements mucoso-hilieux, puis sangulnolejils; rarement coliques et diarrhée, l'acide se combinant aui tissus avant d'arriver à l'inlestin. Pouls petit, syncopes, mort en quelques heures. Les matières vomies, ou trouvées dans le tube digestif aprâs la mort, ont un caractère fortement acide.

.i Caultipiie, escarres noires sur les lèvres, dans la bouche, l'cesophage, l'estomac; souvent peiforalion de l'œsophage et de l'estomac, d'où péritonite suraiguë. Sang coagulé dans les vaisseaux du tube digestif, et dans le cœur droit.

II. Forme subaigug. — Mêmes symptômes que précédemment, moins prononcés. A ta suite des escanes stomacales, souvent hémalémâse mortelle. En cas de survie, cicatrices fibreuses de l'œsophage ou de l'estouiAc, d'où diftlcultë ou impossibilité d'avaler et de digi^rer, mort par inaniliou,

A l'autopsie, traces d'hémorragie, état exsangue du cadavre ; ou cicatrices du tube digestif. Parfois, Sléatose du foie, des reins, des muscles.

^^^" qui s(

m. Traitement. — Blancs d'œufs batliis dans 1 e*if {eau albumineuse), dont l'acide coa(;ule l'albitmiDe, qui se précipite el protège les lissiis ; maRnêsie pour Deutraliser l'acide.

IV, Recherches chimiques. — On lave avec de Vnv distillée les matières gasiro-inlestiuales, celles des vomissements, et le tissu luétae dn tube digestif; le liquide ainsi obtenu est cbaulfé jusqu'à ébullilioo> filtré, évaporé au bain-mni'ie en consistance sirs^ peuse, puis traité par l'azolnle de baryte; s'il donnS un précipité blanc, insoluble dans les acides azotiqM et chlorbydrique, de sulfate de baryte, c'est qu'il contenait de l'acide sulFurique.

B. AtniE AZOTIQUE [eau-forte). — Symptùmes dt) g a stro -entérite, conuite précédemment. Les carao* tëres particuliers sont : escarres jaunes des lévreS)^ la bouche et do l'estomac; odeur nitreuse des iM' lières du canal digestif; toux et suffocation, produil# par la pénétration des vapeurs nitreuses dans W voies aériennes; coliques et diarrhée, parce que l'iï^ cido a ]e temps d'arriver dans i'inlesUn.

Même traitement que pour l'acide sulfurique.

Hfimes recherches thitmques : le liquide de lavage, évaporé, et traité par l'acide sulfurique, dégage dtt l'acide azotique, qui, par Eiddition d^ cuivre, donns des vapeurs rutilantes d'acide bypo azotique.

C. AciDK cnLORBYDBiouË {csprit de sel). — Escartm blanches, pseudo-membraneuses; toux et suffoeattat très prononcées, parce que l'acide, étant ga-îeux, pénétre abondamment dans les voies respiratoires.

Traité par l'azotate d'argent, le liquide de lavage donne un précipité de elilorure d'argent, blanc, oasËiforme, insoluble dans l'acide azotique, sotubis dans l'ammoniaque.

Alcalis caustiques. — Ce sont oïdina ire ment la pofrisss, la somk, i'ammoni'.i'jue; rarement, la ohma

^ui la kl

EMWlSOMNLllIiNÏ

1 lo baryte. Uaui 'k- Javelle (solution d'hypoclilo-

: de pousse] est un poison peu énergique. Le

foie de soufre et les stilfures métalliques laissent une

odeu

Mêmes symptômes de gastro-etilérile qu'avec tes acides : mais les encarres de la bouche et des lèvres aoat grises, molles, savonneuses; les liquides du tube digestif ont uue réaction alcaline.

Traitement. — Eau vinaigrée, qui sature les alcalis.

Reekerches ehimiques. — L'eau de lavage du tube , digestif, évaporée, laissedéposerles alcalis, reconnaisgables a. leurs caracLères iiablLuels (Formation de sels avec les acides, coloration bleue du Lournesol rougi parles acides, etc.).

Sais de cuivre. — A petites doses répétées uu certain temps, le cuivre finit par produire des désordres de la circulation et de la nutrition, mais la colique de cuivre est douteuse, A doses massives, c' poison : celui-ci est lantàt le sous-acétate de cuivre {vert- de-gris), tantôt le carbonate de cuivre, le sulfate de cuivre [couperose bleue), Taraenile de cuivra (vaK de Scheele),

Symptàmen. — Saveur métallique et caustique prononcée, dysphagie; violentes douleurs d'estomac, vomissements mucoso-bilieuK, puis sanguinolents; col'u^ues et diarrbée muqueuse, enfln sanglante. Poulfl petit. Mort dans une syncope ou par convulsions.

Lisions. — Tube dif,esli[ congestionné, coloré en bleu, avecescarres limitées. Poumons congestionnés, nvec taches brunes sous-pleuiales

Trailemen!. —Eau albimneuse magnésie.

Hecherrhpji chimiques. — Un cbiuffe I estomac, l'intestin, le foie, avec un l era de le ir p ids d'ac sulfurique coucenlré, dans une capsule de por laine; le tissu des organes a ns carbo se, est 1 tsraRT. — Hygiène. ii

sivé à l'eau bouillante ; la solution donne par l'ammoniaque une belle couleur bleue d'oxyde de cuivre ammoniacal.

Sels de mercure. — Tous sont toxiques à des degrés différents : le bichlorure, ou sublimé corrosif, étant le plus soluble, est le plus vénéneux.

Symptômes, — Ce sont d'abord ceux de la plus violente gastro- entérite (comme précédemment). Puis viennent les phénomènes de diffusion, petitesse du pouls, lenteur de la respiration, refroidissement, insensibilité, mort par syncope ou convulsions; ou, si la survie dure un à deux jours, salivation, stomatite mercurielle, éruptions hydrargyriques.

Lésions, — Rougeur et escarres du tube digestif, plus rarement perforations comme avec les acides. Ecchymoses sur l'endocarde, hémorrhagies diverses.

Traitement, — Eau albumineuse, magnésie.

Recherches chimiques, — On isole le sublimé en lavant à l'eau distillée les matières gastro-intestinales et le tissu du tube digestif; ou, si le sublimé est combiné à ce tissu, en calcinant celui-ci avec un tiers de son poids d'acide sulfurique ; on lave le résidu avec de l'eau régale, et, à l'aide de l'éther, on en isole le bichlorure de mercure, qui donne, quand on y plonge une lame de cuivre, un dépôt gris ardoisé de mercure métallique, lequel se volatilise par la chaleur et se condense en gouttelettes par le refroidissement.

Oxyde de carbone. — Cet empoisonnement est géiiéralement un suicide, quelquefois une asphyxie accidentelle, rarement un homicide, mais nécessite souvent une expertise.

Symptômes, — Céphalalgie, serrement des tempes, vertiges, bourdonnements, nausées, vomissements, palpitations, tremblements, résolution musculaire, coma, syncope.

^^r ËMPUlSO.NNËMblNTS. 2i0

Lisions. — Le signe pathognomonique est Vdlat 1 fht xari'j : il est d'un rouge mf, parce que l'oxyde de ] carbone forme avec l'hémoglobine un oxy-carbonate d'hémoglobine de celte couleur; à l'examea speclros- J eopique, il diffère du sang normal, en ce que les I deux bandes d'absorption du specti'e persistent après i l'addition du saUbydrate d'ammoniaque ou de tout ■ autre agent réducteur, au lieu d'être remplacées par \ une seule bande, comme il arrive avec le sang oxy- Séné. Cette couleur du sang explique les lâches ro- ] sées ou rouge vif qu'on trouve sur la peau, sur la muqueuse digestive; et la coloration rouge écarlale qne montre l'incision du poumon.

L'oxyde de carbone restant combiné à l'hémoglobine, n'étant pas déplacé par l'oxygène, le globule suaguiu ne peut plus oiyder les tissus : la mort en , est la conséquence. La chaleur du corps se conserve I longtemps; la rigidité cadavérique esl courte, la pu- 1 tréfaction, tardive, 1

Acide suUhydrique, — Mfme^ symptômes qu'avec , l'oxyde de carbone, i

Le sang est noir, et ne donne plus au spertroscope que laraie brune, unique, de rbémoglobine déaosygénée. Le cadavre a l'odeur de l'acide sulfbydrique. Phosphore. — L'agent d'empoisonnement est rarement le phosphore en nature, quelquefois la pâte phosphorée (mort-aus-rats), oi'dinairemenl une décoction ou une macération d'allumettes.

A. Forme subaigub, foubroïaste. — Il y a à peine quelques symptômes d'irritulion digealive, les phénomènes d'absorption et de diffusion dominent : convulsions, parfois délire ; pouls petit, refroidissement ; mort en quelques heures, pardésoxygênationdusang. A l'autopsie, sang noir; raie unique et noire d'bémoglobine léduile, au spcctroscope; coo^eslions v cérales diverses.

220 iMÉDEClNK LÉGALE.

B. FoRMK ORDINAIRK, AIGUË OU suBAUiUK. — 1. Symptômes, — Éructations d*odeur d'ail, lumineuses dans l'obscurité ; douleurs gastriques, vomissements ; puis coliques, diarrhée mucoso-bilieuse, soif, urines rouges, pouls accéléré, température élevée. Après cette période de gastro-entérite, qui dure vingtquatre heures environ, les vomissements et les coliques cessent: période de rémission. Le troisième jour, phénomènes de diffusion : ictère, épistaxis, hémoptysies, hématémèses, méléna, hématurie, pétéchies. Vers le cinquième jour, albuminurie, urine riche en phosphates, contenant des cylindres d'exsudats et des cellules granulo-graisseuses du rein. Enfin il existe constamment une grande dépression pouvant aller jusqu'à la paralysie, de la faiblesse du cœur, de la petitesse du pouls, avec diminution de la tension artérielle et refroidissement. La mort arrive dans le coma, par syncope, du cinquième au huitième jour, parfois du dixième au quinzième.

II. Lésions, — Ecchymoses et exsudations sanguines sur la muqueuse gaslro-intestinale, état graisseux des glandes en tube de l'estomac et des villosités intestinales. Ecchymoses à la surface des méninges, de la plèvre, du péricarde, du péritoine, par altération du sang ou des parois vasculaires. Dégénérescence graisseuse du foie, des reins, du cœur, des muscles (d'où ictère, albuminurie, diminution de la tension artérielle, prostration générale).

III. Traitement, — Faire vomir avec le sulfate de cuivre ; purger avec la magnésie (et non avec l'huile de ricin, qui dissout le phosphore). L'antagoniste du phosphore est l'essence de térébenthine, qui empêche le phosphore de s'oxyder aux dépens du sang.

IV. Recherches chimiques. — Si on retrouve le phosphore en nature, on le reconnaît à ses caractères habituels : couleur blanc jaunâtre, odeur alliacée;

lumineux à l'air dans l'obscuriLé; brûlanL avec éclat quand nn l'enflamme en donnaat une vapeur d'acide phosphorique, que l'azotate d'argent précipite jaooe.

Si on ne le retrouve pas en nature, ou distille avec de l'eau les matières du tube digestif, le tissu de ce tube et du foie; eu distillant, l'eau entraine te phosphore, qui arrive avec la vapeur d'eau dans un ballon contenautuD peu d'eau distillée, dans laquelle , le phosphore se condense en gouttelettes qui se soli- difleot: on le reconnaît aux caractères éuuméréa J plus haut (Gab. Pouchet).

Arsenic. — Le composé arsenical le plus employé est l'acide arsénieux, qui n'a pas d'odeur, pas de saveur s'il est en poudre, un léger anière-goùt n tallique s'il est dissous dans un liquide.

A. FOBUB AII3UE. — I. Symptômes. — Immédiatement après l'ingestion, salivation, crachotement, sécheresse de la bouche et de la gorge, soif vive; puis douleurs d'estomac, nausées et vomisseme:

coso-bilieux ; plus lard, coliques, dian'hée l'élide, accélération de la circulation et de la respiration, chaleur de la peau, urines rouges et rares. La deuxième jour, éruption de vésicules et de papules I £l la peau, rougeur des yeux, gonflement des paupières, par élimination du poison. Ensuite, phénomènes de diffusioQ : hémorragies diverses par altération des globules sanguins (méléna, pétéchies, épislaxis, hémoptysie, hématurie) ; stéatose du foie, des reins, des muscles, du cœur, d'où ictèrCj albuminurie, dépression des forces, irrégularités et intermittences du pouls, diminution de la tension artérielle, anurie. Enfin refïaidissement, crampes, convulsions, mort en quelques heures ou quelques

Quand l'arsenic a été pris à haute dose, et dissous.

il y a des selles séreuses, très abondantes, un refroidissement très prononcé, de la cyanose, des crampes horribles : la mort arrive en quelques heures (forme choléi'iquey suraiyué),

II. Lésiom, — Plaques rouges, ecchymoses de la muqueuse gastrique et intestinale. Sang noir dans l'estomac et l'intestin. Ecchymoses sous-endocardi(jues, sous-péricardiques et sous-pleurales; hémorragies méningées. Sang fluide ; globules moins nombreux, altérés dans leur forme. Dégénérescence granulo-graisseuse du foie, des reins, du cœur, des muscles.

B. Forme lknte, chronique. — C'est une série d'empoisonnemenis, par administration de l'arsenic h petites doses, à époques plus ou moins rapprochées. A chaque administration, reparaissent les vomissements, la diarrhée avec coliques; rarement, des éruptions cutanées ; souvent, de la rougeur des yeui, du gonflement des paupières, des hémorragies; toujours, de la dépression musculaire et cardiaque.

A Vautopsief élat graisseux du foie, des reins, des muscles, du cœur.

C. Recherches chimiques. — Si V acide arsénieiix existe en nature, sous forme de poudre blanche, dans les matières du tube digestif, on isole cette poudre avec soin, on la lave, on la sèche : jetée sur des charbons ardents, elle répand une odeur d'ail si elle est formée d'acide arsénieux, parce que le charbon s'empare de l'oxygène, et que l'arsenic métallique se volatilise. Pour conserver le corps du. délit, on place la poudre dans la pointe fermée d'un tube, et, en avant d'elle, un charbon entrant à frottement dans le tube : on chauffe le charbon au rouge, puis la poudre blanche ; la vapeur arsenicale filtre à travers le charbon, qui s'empare de l'oxygène, de sorte qu'il se forme de l'oxyde de carbone qui se dégage,

EMPOISONNEMENTS

tandis qae l'arsenic, d'abord volalilisÉ, se condensi dans la partie du tube rerroidie, en un anneau noiri brillant, qui peut être consprvê.

Si f acide anénUux est dissous dans le tuhe digesti on lave les matières suspectes à l'eau distillée, on cliauffe jusqu'il ébullition, et on fdlre: le liquide conLieut l'acide, qu'on reconnalLra dans l'appareil dn Marsh.

Si l'acide arsénieux est combiné au tissu des orga on l'isole en chaulfant le tube digestif et le foie o l'acide suifuriijue, qui les carbonise ; le charbon ganique est arrosé avec l'acide nitrique eL chauffé les cendres, bouillies avec de l'eau, donnent l'acidil arsénieux à l'état d'acide arsénique, et le liqui contenant cet acide est versé dans l'appareil Marsh.

Vappareil de Idarsh contient du linc, de l'eau el de l'acide sulfurique, qui donnent de l'hydi naissant ; en présence du liquide ai-senical, il : me de l'hydrogène arsénié. Celui-ci, cbauffê f point du tube de dégagement, donne un a brillant d'arsenic métallique, parce que la chaleur le décompose en hydrogène qui se dégage, el arsenic qui se condense, D'autre pari, enflammé à sa sortie du tube, l'hydrogène arsénié brûle, et se décompi en hydrogène et en arsenic, qui forme une lâche noire sur une porcelaine froide promenée devant la flamme. Anneaux et taches disparaissent par l'acide azotique qui les transforme en acide arsêniqui lequel, au contact de l'azolnle d'argenl, donne u arséniate d'argent roupe briqueté. Les r.omposdi d'antimoine donnent aussi, dans l'appareil de Marsh, un anneau el des taches ; mais ils ne se colorent pas en rouge au contacl de l'azotate d'argenl.

Le corps humain peut contenir de l'ar?

ii petite quantité que sa présence n'est pas déceli

par l'appareil de Marsh, qui en fait reconnaître 7;-^-. Quant à celui qui peut y être introduit, pendant Texistence, par le milieu professionnel ou les médicaments employés, et après la mort par le terrain d'inhumation, il ne diffère pas chimiquement de Tarsenic employé dans un but criminel : il faut se guider sur les symptômes et sur les lésions cadavériques; s'ils se rapportent à l'empoisonnement arsenical, et non à un autre genre de mort, on peut nssurer que la mort a été produite par l'arsenic.

Plomb, Etain. — Le plomb produit souvent une intoxication professionnelle (voy. Saturnisme, p. 128), ou des accidents dus à la matière dont sont faites les conduites d'eau (voy. Distnbution de Veau, p. 44). Il ne figure pas parmi les agents de l'empoisonnement criminel.

Vétain n'est toxique que par le plomb qu'il contient.

Digitale, Digitaline. — I. Symptômes. — Peu de temps après l'ingestion, douleurs d'estomac, vomissements ; puis coliques et diarrhée ; âcreté et amertume de la bouche, soif vive, urines rouges et rares. Abattement général. Dépression de la circulation : pouls petit, irrégulier, intermittent. Quelquefois céphalalgie et rachialgie. Souvent dilatation marquée de la pupille. Refroidissement, mort par syncope.

II. LÉSIONS. — Rougeurs diffuses de la muqueuse gastro-intestinale. Sang noir, à moitié coagulé, dans les cavités du cœur. Ventricules contractés, avec une dépression correspondant à la cloison interventriculaire et dépendant du retrait de cette cloison ; oreillettes dilatées, saillantes au-dessus des ventricules.

m. Recherches chimiques. — On fait nia^^érfir Je tube digestif et le foie dans de Kalco S

EMPOISONXEMENTS.

pendaaL vin^l-quatre heures, à une lempéralure de 30"; on filtre le liquide, el on Tévapore au bain- ' marie en tonsislancc d'extrait. Si la digitaline est assez abondante, on peut l'isoler de cet extrail pal J la dialyse: le dialjseur est un petit tamboui gutta-percha, garni inré ri eu rement d'un parcbemin végétal, et dans lequel on verse les matières suspeclef! avec de l'eau distillée ; on place ce tambour si cuTette d'eau distillée; les ^substances crislallisables [akalis, alcaloïdes) traversent le parcltemia, arrivent sur l'eau do la cuvette, et peuvent être obtenues par fivaporation de celte eau, tandis que les matières colloïdes restent sur le dialyseur. La digitaline se reconnaît alors à ce qu'elle verdit par l'acide chlorliydrique, et que l'acide aulfurique lui donne une coloration brune, que les vapeurs de brome font' "j passer au violet.

IV. Expériences prïsiologiquks. — On pratique &; J la cuisse d'un cbieu une petite plaie, dans laquelle on insère un peu d'extrait des organes ou du par- ,] quet qui a reçu les vomissements: l'animal a las ] Byinplûmes du digitalisme (vomissements, abattement, refroidissement, dépression circulatoire, syncopes), et la déformation caractéristique du cœur, sans autres lésions.

Opiacés (laudununi, morphine, etc.). — Les symplames sont : beaucoup de nausées, peu de vomissements, resserrement Iris marqué de la pupille, céphalalgie frontale, soif vive, sécheresse de la gorge, urines rares, tremblements, détire calme aro inotteme»'; puis coma complet, insensibilité, paralysie^ J du mouvement, ralentissement de la circulation p. I enQn la respiration s'arrête, la mort survient par'î asphyxie. L'opium eu nature amène plus souvent la I mort que la morphine.

A'^Vtop»«, on constate les lésions habituelles (1

pour faciliter la miction. Le médecin peut avoir à juger la validité de ces excuses invoquées par l'inculpé.

Page 1