ATTENTAT A LA PUDEUR ET VIOL
Tout acte impudique exercé par une personne sur une autre, avec ou sans violence, pour satisfaire une jouissance sensuelle, ou par curiosité, haine, vengeance, etc., .sans que le coït soit accompli, est un attentat à la pudeur, — Le viol est le coït accompli, avec violence ou par ruse, sur une femme non consentante, vierge ou non.
L'attentat à la pudeur est puni de la réclusion ; s'il est commis sur un enfant âgé de moins de quinze ans, travaux forcés à temps. Le viol est puni des travaux forcés à temps ; du maximum de celle peine, si la victime a moins de quinze ans.
Attentat à la pudeur. — Quelquefois il s'agit d'actes de pédérastie (voy. p. 234) ; le plus souvent, à! attouchements des "parties génitales, exercés sur des petites filles.
Si ces attouchements ont été exercés récemment et avec une certaine violence, on trouve, au niveau des parties génitales, des traces de contusion, des ecchymoses, des plaies, des excoriations, des érosions : celles qui ont la forme semi-lunaire des coups d'ongles sont caractérisques ; les autres érosions peuvent dépendre d'une inflammation spontanée de la vulve ou d'un herpès. De plus, la muqueuse vulvaire et vaginale est rouge vif, tuméfiée; elle est douloureuse spontanément, au contact, pendant la marche et la niirlinn; ollo psI lo si^'gp d'un éroulemen'
ATTE^TAT A LA Pl'DEUH ET VIOL.
épais, opaque, jaune verdâtre. Celle vvl»o-vaginit{ Iraumatique est difficile ù distinguer de celle qm produit la blenuorrhagie chez les filles pubèraffl et plus encore de la. TUlvite spontanée des enfant scrofuleiises et lymphatiques ; on se guide alord pour établir la distinclion, moins Bur des caractère Byinpiomatiques trop peu tranchés, que sur les (races^ de violences, sur les taches de spei-me qui peuvent être relevées sur les yfllemenls de la victime et de l'inculpé, sur les màUidiea qui ont pu Être comm'uniquêei (voy, Tachei de sperme, Maladies communiquées, p. i H,~2 ISI). Si ces trois sortes d'indices manquent, que iH vulvite existe seule, l'expert est réduit à constate l'existence de celle-ci, sans se prononcer sur son ori^ gine spontanée ou ti'aumalique (Brouardel).
Si les allottchenienls ont Hé reitMx, sann Otre a pognés de vintences, lu conformation des parties g nilales peut être modifiée. Il y a un développemee^ (exagéré et prématuré des grandes et des petite lèvres; du clitoris, qui est long et violacé; du sya-i tëme pileux. La vulve est entrebâillée, et forme entonnoii', au fond duquel est un hymen frangé, 1 bords sinueux. Toutefois ces changements ne sont ni] constants, ni absolument caractéristiques.
Viol. — A. Signes DE \iol. — l. Sur nrie fille vierge, U signe caractéristique est !a dêllorilion ou déchirure de J ThymeM : l'intégrité de celte membrane est la preuve T de lavirginilé.
Lorsqu'elle est intacte, la membrane hym percée d'une ouverture de forme et de dimensions variables. Jusqu'à dix ans, l'orifice n'admet que \'e\trémilé d'une plume d'oie ou une sonde de trousse ; il la puberté, il permet l'inlroduction du pistil, doigt. L'hymen peut être :
l' Semi-lunixire : croissant à concavité supérieure t^ ÎW.m& la |iIds fr('<]uentB i
2<> Annulaire : diaphragme circulaire percé d'une ouverture centrale, ou de plusieurs orifices (h, criblé);
:j° Labié : orifice en forme de fenle linéaire et verticale, divisant la membrane en deux fragments, dont le bord libre présente une ou plusieurs encoches plus ou moins profondes ;
4° Plus rarement, frangé; il présente à son bord libre, sans avoir été déchiré, des fragments qui lui donnent l'aspect déchiqueté; quelquefois aussi son orifice est divisé en deux parties par une bandelette verticale qui forme un pont médian.
Quand la femme a eu de nombreux rapports sexuels, les débris de l'hymen forment de petits tubercules rouges, les caroncules myrtif ormes.
Quand la défloration est récente, on la reconnaît facilement, en faisant placer la plaignante dans le décubitus dorsal, les genoux plies, les cuisses fortement écartées : on voit alors l'hymen déchiré eu deux lambeaux latéraux, quelquefois en trois ; ils ont l'aspect d'une plaie vive, sont meurtris, contus, gonflés, couverts de caillots, suppurent parfois, pendant les trois ou quatre premiers jours.
Mais au bout de quatre à dix jours, quand la guérison a eu lieu, il est parfois difficile de savoir si la défloration est réelle, et presque impossible d'en fixer l'époque.
Quand la plaie de l'hymen se réunit par une cicatrice blanche, linéaire, ou quand les lambeaux résultant de la déchirure de la membrane, soudés séparément, sont multiples et flottants, on peut affirmer la défloration ; à plus forte raison quand les rapports sexuels ayant continué, les caroncules myrtiformes sont formés. Mais si le coït a produit seulement des déchirures peu nombreuses et très limitées de l'hymen ne différant pas des encoches congénitales que cette membrane peut présenter, l'affirmation