‹ Aide-mémoire de chirurgie de guerre; traumatismes professionnels du temps de guerreChapitre 42 sur 84 · COMPLICATIONS DES BLESSURES · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS DES BLESSURES

minimum. Tous les cas, — sauf un — ont été observas pendant la saison froide, à humidité atmosphérique extrême. Rien ne prouva l'épidémicité des cas, rien n'a démontré non plus qu'il y ait jamais eu contagion; enfin, la rareté des chevaux au Tonkin peut faire négliger l'hypothèse de l'origine équine. — Sur 11 tétaniques de nationalité connue, 1 seul Arabe, bien qu'il y ait eu plus d'un blessé arabe sur 11 blessés généraux. Dans la guerre sino-japonaise, 5 cas de tétanos, donnant 4 décès ; les morts avaient eu des congélations.

3. Complications septico-pyohémiques. — Pyohémie. — Dans la guerre turco-russe, la pyohémie a compliqué surtout les plaies par armes à feu des parties molles des extrémités avec lésions osseuses, puis les plaies de même nature par arme blanche (1 : 7).

En Amérique 2 818 cas de pyohémie furent signalés, ce qui est bien peu sur 245 790 blessures. Mortalité effrayante: 94,4 p. 100. Il y eut 71 exemples de guérison. La mort survint le plus souvent dans les sept premiers jours. Parties molles, 3,4 cas de pyohémie pour 1 000 ; fractures par coups de feu, 28,1 cas pour 1 000.

Parfois, l'amputation, en supprimant des foyers de suppuration, abondante ou putride, a fourni des succès inespérés.

La septicémie s'est présentée (guerre turco-russe), surtout à la suite des fractures accidentelles de la clavicule 1:9; des lésions de l'articulation coxofémorale 1: 36; des fractures par armes à feu du fémur 1 : 79.

Dans la guerre sino-japonaise, pas de septicémie.

4. Gangrènes consécutives aux blessures par armes a feu. — Gangrène par contusion. — Elle est relativement rare ; elle sera exceptionnelle dans les guerres de l'avenir.

210 GENRES DE LESIONS.

Si elle est limitée, on laisse l'élimination se produire ; est-elle, au contraire, étendue à un membre, il faut sans tarder le sacrifier.

Si la lésion vasculaire porte à la racine du membre, il ne faut pas préjuger que tout le membre sera frappé de gangrène ; souvent, celle-ci se localisera au pied, à la jambe. — Attendre et laisser les lésions se limiter.

Dans les services ordinaires de chirurgie, ces gangrènes sont produites par la compression des appareils. C'est pourquoi on les rencontre plus souvent pendant les guerres, les appareils devant être plus serrés, en raison des transports nécessaires. Cette gangrène par compression est peu envahissante.

Gangrène gazeuse foudroyante. — Maisonneuve, Chassaignac, Salleron l'ont bien étudiée ; sa contagiosité est épouvantable. Elle peut survenir à la suite de la moindre plaie contuse.

Un symptôme peut faire pressentir le début de l'affection : la douleur vive, aiguë, de la région atteinte. Elle est attribuée à une distension trop grande, — douleur de constriction. — Il semble que l'appareil soit trop serré. On enlève le pansement, mais la douleur ne disparaît pas, la contusion est profonde.

Le premier signe certain est la rougeur brunâtre des tissus (érysipèle bronzé) ; veines superficielles se détachant avec une coloration plus foncée ; tuméfaction considérable, crépitation gazeuse caractérisque. Les gaz sont en quantité considérable. Cette crépitation iermentative est sensible à l'oreille.

Le membre devient insensible. La réaction générale est si rapide qu'elle semble précéder les accidents locaux, au point qu'on a voulu en faire une affection générale.

Marche. — Foudroyante;la gangrène peutenvahir le

RÉSULTATS ÉLOIGNES DES BLESSURES. 21 i

corps tout entier en moins de 12 heures (Salleron). Dans le cas de Maisonneuve (lésion de la jambe), le temps de préparer l'opération ne lui permit pas l'intervention; la cuisse était déjà atteinte.

Pronostic. — Sur Go blessés, Go morts (Salleron, Crimée ; sur 105 cas (Trifaud), mortalité de 95 p. 100.

Le pronostic, très grave pour le membre inférieur, est quelque peu atténué pour le membre supérieur, où les interventions sont plus faciles.

Cause: Vibrion septique de Pasteur, existant dans la terre. Ce sera donc dans les cas de plaies souillées par de la terre qu'il faudra craindre la gangrène gazeuse. De là, la nécessité d'une désinfection profonde.

Traitement. — Les irrigations continues, les injections dans le tissu cellulaire sous-cutané sont insuffisantes; in vitro, le sublimé ou l'acide phénique n'agissent qu'après un long contact.

Deux modes de traitement : fer rouge, amputation.

Le fer rouge est employé quand l'amputation est impossible (épaule, fesse) ; il ne faut pas ménager son action.

L'amputation doit être circulaire, d'après la méthode de Celse, peau, muscles et os sectionnés au même niveau (Daniel Mollière). On portera le couteau plus haut si, sur celte surface circulaire, on trouve de la tuméfaction du tissu cellulaire. Topiques concentrés.

Prophylaxie. — En rapport avec la virulence du contage. Incinération du membre, flambage des instruments, isolement du blessé.

Page 1