ARTICLE XII- — BLESSURES DE LA MAIN ET DES DOIGTS
A. Blessures des mains. — Proportion des lésions : 20 p. 100 (Crimée, Italie, France). Ordinairement 10 p. 100. — Jadis, les armes blanches les occasionnaient souvent (Ravaton). En 1870-71, 30 cas seule ment.
Les balles font des lésions bien plus fréquentes: lésions tendineuses, incisures, échancrures, contusions; sétons aux faces dorsale et palmaire, n'intéressant pas les os. Parfois, les traumatismes, même avec des balles de 11 millimètres, n'intéressent que les espaces interosseux (expériences de Delorme).
B. Blessures des phalanges. — Au niveau de la diaphyse, gouttières, échancrures compliquées de fissures, avec leurs directions habituelles. Au niveau desépiphyses, les fissures ont la direction des fibres architecturales. Plus il y a de doigts blessés, plus le traumatisme est sérieux.
G. Blessures des métacarpiens. — Gouttières, perforations avec traits fssuriques habituels; esquilles petites, libres ou adhérentes, elles ont de 2 à 3 cent. de long ; fractures transversales et obliques.
Complications. — Hémorragies redoutables, à cause de la richesse des anastomoses.
La compression ne doit être que provisoire. La ligature s'impose : arcade superficielle (cubitale), arcade profonde (radiale). S'il y a blessure au milieu des métacarpiens, lier l'arcade superficielle; s'il y a blessure au-dessus du milieu des métacarpiens, lier l'arcade profonde. Le Fort conseillait la ligature de l'humérale.
Corps étrangers: fragments de projectiles, esquilles,
le plus souvent dans la paume, mal tolérés et douloureux. Les esquilles se trouvent sous la peau de la face dorsale lorsque le projectile est entré par la face palmaire; elles sont alors faciles à enlever (simple débridement). S'il est entré par la face dorsale, rechercher le projectile parla face palmaire : ligne d'incision partant du milieu du poignet, allant à l'espace interdigital, entre l'index et le médius.
Traitement. — Parlies molles, conservation.
Lésions osseuses, conserver tant qu'on pourra, surseoir à l'amputation primitive.
Quant aux doigts, définitivementraidis ou fléchis, si l'on est sûr de la section des tendons, on est autorisé à faire l'amputation, lorsqu'il s'agit des doigls du milieu.
Conserver dans les autres cas. — Antisepsie. Immobilisation avec les autres doigts comme attelles.
En cas à! amputation, placer autant que possible la cicatrice sur la face dorsale, à cause des pressions continues qui s'exercent du côté de la paume.
Guerre de 1870-71, 2213 blessés de la main et des doigts (100 décès, 4,5 p. 100). Parmi eux, 503 amputations (34 décès, 6,7 p. 100) ; 4 résections (2 décès, 30 p. 100; 1706 conservations (64 décès, 3,7 p. 100).
Au Tonkin, environ 60 coups de feu des doigts, 14 amputations de doigts ou de phalanges. — Guérison.
Signalons l'enlèvement bizarre du pouce des deux mains par une balle, chez un officier qui roulait une cigarette (Pharsale, guerre turco-grecque) (1).