ARTICLE XIII. — BLESSURES DE LA HANCHE
Il n'est question ici ni des blessures du bassin ni de celles de la cuisse.
(i) L. Fuster, Quelques observations de blessures de guerre pendant la campagne greco-turque (Nouveau Montpellier médical, juiu 1897).
A. Blessures pkriarticulaires. — 1. Plaies desvaisseaux fémoraux. • — Compression provisoire. Même lorsque l'hémorragie étant arrêtée depuis plusieurs jours, un anévrysme faux consécutif est en voie de formation, il faut lier, le plus tôt possible, les vaisseaux par la double ligature dans la plaie, qu'il s'agisse d'une artère ou d'une veine.
La ligature latérale de la veine fémorale commune est légitime, quand on se trouve en présence d'une plaie petite et aseptique (Washam). Quand il y a veine et artère lésées simultanément, il se forme parfois un anévrysme artèrio-veineux, ce qui peut être une terminaison heureuse, comparée à la gravité de la ligature simultanée des deux vaisseaux à la racine de la cuisse.
2. Blessures du grand trochanter. — Contusions, piqûres, coupures: Ne présentent rien de particulier : gouttières plus ou moins profondes, avec esquilles, du tissu compact. Quand le projectile perfore d'avant en arrière l'apophyse, en dehors de la ligne de soudure ou sur cette même ligne, le projectile y creuse un trajet net d'où partent deux fentes (supérieure et inférieure)» qui complètent la fracture épiphysaire.
Traitement. — Conservation, quand il n'y a pas lésion articulaire. Pansement habituel des plaies osseuses.
Quant aux coups de feu transverses, Langenbeck conseille de les traiter comme des blessures articulaires.
B. Blessures de l'articulation de la hanche. — Sur 1000 blessés, 30 coups de feu articulaires de la hanche (Fischer). Sur 100 blessures articulaires, o de la hanche. Quelquefois, perforation de la capsule sans lésion du squelette; cette lésion n'offre d'autre gravité que d'ouvrir au pus un chemin facile vers l'articulation, si la plaie des parties molles est infectée
(Chauvel et Nimier. D'habitude, il y a aussi fracture articulaire : sourcil de la cavité cotyloïde eu partie détaché, tête fémorale perforée à son centre et éclatée; frappée au col anatomique (gouttière, trou), quelquefois détachée, décapitée. Écornement du col chirurgical (bord supérieur, bord inférieur), perforation à son centre, nombreuses fissures en étoile.
Diagnostic. — Difficile, même en présence des deux orifices cutanés. On a vu des blessés continuer à marcher avec le col du fémur ou le Irochanter perforés par une balle (Legouest, Langenbeck, Koch, Deininger). L'arthrite suppurée de la hanche, si la blessure est infectée, éclairera bientôt le diagnostic. — Guérison bien rare, dans ce cas. Crimée, 30 blessés, 2 survies (Chenu). Guerre de 1870, 88 blessés, 25 survies (Langenbeck) ; 172 blessés, 38 survies (Statistique de Ludwig Mayer). Guerre du Chili, 3 désarticulations, 2 décès.
Traitement. — Désarticulation de la hanchefôiïk fois, Sécession, avec 225 décès : 89,0 p. lOOHurtington); en 1870 (Rapport allemand) : 24 désarticulations, 24 décès, 18 fois survie ne dépassant pas 24 heures ; 4 fois de 6, 7 et 10 jours. Sédillot, Legouest condamnent la désarticulation primitive. La réserver pour les ablations de la cuisse par gros projectiles, les fractures concomitantes du fémur avec grands délabrements.
Désarticulation secondaire réservée aux tentatives infructueuses de conservation ou de résection.
Résection. — Plus en faveur. Sécession, 171 cas, mortalité 86,5 ou 88, 23 p. 100.
La résection secondaire est préférable : G3,4p. 100 de morts, au lieu de 93 p. 100 (primitives).
Chauvel, Spillmann ne souscrivent, comme indications, qu'à celles de larésection secondaire d'Otis : caries de la tète, lésions secondaires de l'article, consécutives aux fractures de la région trochantérienne ou
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aux plaies des parties molles avoisinant immédiatement la jointure.
Au point de vue fonctionnel, Futilité du membre, après la résection, parle plutôt en faveur de l'opération.
Conservation. — Préférable à la résection, mais pas par Vexpectation simple. Celle-ci sera réservée aux cas de lésions articulaires simplement probables ou môme certaines, pourvu que la lésion osseuse paraisse minime, et qu'on ne craigne pas la présence de corps étrangers. — Pansement antiseptique, immobilisation, extension continue.
Si la fracture parait compliquée avec extravasat sanguin abondant, milieu de culture pour l'infection, il faut agir. C'est alors la conservation avec ouverture large de Varticle, extraction d'esquilles, drainage et pansement antiseptique.
Immobilisation du blessé (tronc et membres inférieurs), gouttière de Bonnet ou appareil semblable, improvisé en campagne.
Guerre de 1870, Allemands : 07 conservations, 73 morts (75,3 p. 100); 4 désarticulations, 4 morts ; 26 résections, 24 morts (90 p. 400).
Se basant sur les faits de la guerre d'Amérique et sur une expérience personnelle étendue des caractères des lésions anatomiques, Delorme écrit: « La gravité des fractures isolées de la tête ou du col fémoral traitées par la conservation, n'est pas telle qu'elle puisse faire rejeter la conservation.
» Les lésions simultanées du bassin ou les lésions irradiées au corps fémoral rendent très aléatoires les résultats obtenus par la conservation (1). »
(1) Delorme, Histoire médico-chirurgicale de la guerre de la Sécession {Arch. de méd. mil., 1883, p. 463).