‹ Aide-mémoire de chirurgie de guerre; traumatismes professionnels du temps de guerreChapitre 59 sur 84 · ARTICLE XIV- — BLESSURES DE LA CUISSE · texte numérisé non relu

ARTICLE XIV- — BLESSURES DE LA CUISSE

(diaphyse fémorale ).

En 1870, 4040 blessures de la cuisse, dont 1 393 décès (34,47 p. 100, Rapport allemand). Sur 100 blessés, environ 3 fractures de cuisse. Dans l'ensemble des fractures, celles de la cuisse entrent pour 25 p. 100 environ.

A. Blessures des parties molles. — Vaisseaux et nerfs. — Lésions déjà traitées (bassin, hanche, p. 281 et 299).

B. LÉSIONS DE LA DIAPHYSE FEMORALE. — CoJltllSlOnS

et fractures.

a) Contusions. — 162 cas (Otis) : 9 amputés, 7 morts (77 p. 100); 153 conservés, 118 guéris, 35 morts (22 p. 100).

Causes de la mort .-ostéomyélite, septico-pyohémie, gangrène, hémorragie secondaire ^10 cas mortels sur 13).

Traitement. — Celui de la contusion osseuse, en général.

b) Fractures : exposées simples, sans comminution (par contusion et à distance) ; comminutives à grandes esquilles; à grands fracas osseux et périosseux par gros projectiles, ou balles animées d'une grande vitesse (Chauve 1 et Nimier).

L'asepsie ou l'infection du foyer, qu'il y ait ou non des esquilles nombreuses, dirigent l'évolution de ces fractures ; résultats inespérés dans le premier cas, fatals dans le second, même avec des dégâts relativement minimes.

Traitement. — Autrefois, jusqu'à Baudens, toute fracture du fémur par coup de feu entraînait l'amputation.

Aujourd'hui, supériorité de la conservation (Crimée, Italie, Amérique, Schleswig-Holstein, Danemark, Bohême, guerre de 1870).

Trois groupes de fractures (Chauvel, Poulet, Bousquet) : lésion simple, conservation ; désordres osseux et périosseux considérables, amputation ; gravité moyenne, doute. Dans ce dernier cas, pencher pour la conservation. S'il y a lésions concomitantes des gros vaisseaux, tenter d'abord l'hémostase directe; si, au cours de ces recherches, on trouve une grave fracture, si la ligature entraîne une gêne circulatoire considérable, alors amputation. De même, pour la lésion du nerf sciatiqite.

Conservation. — Expectation par l'extraction des esquilles, à moins de corps étrangers, de menaces d'hémorragie réclamant l'ouverture large du foyer de la fracture. Extraction d'ailleurs discrète. En réalité, pour Chauvel, l'extraction des esquilles ne doit être qu'une manœuvre de désinfection ; on respectera toute pièce encore adhérente, on enlèvera toute esquille libre.

Qu'il soit fermé simplement, ou après débridement, on immobilisera le foyer de la fracture après antisepsie la plus complète (jambe du côté opposé, gouttières plâtrées, métalliques, appareil de Scultet). Le meilleur appareil est la gouttière en zinc, quand il s'agit du transport.

Attelle d'Isnard, appareil de Smith, de Hogden, à attelles antérieures, dans les fractures graves avec menace de suppuration; par suite, obligation de renouveler les pansements; la suspension rendra alors des services, tout en permettant l'extension continue.

L'extension continue sera employée seulement dans les cas de raccourcissement trop grand, car dans des conditions défavorables, elle peut entraîner un défaut de consolidation.

S'il y a suppuration, ouverture du foyer, désinfection, extraction des corps étrangers, des esquilles libres, drainage, pansement antiseptique. S'il y a,

de plus, des hémorragies secondaires, pas d'amputation d'emblée, mais lier au point qui saigne, et désinfecter le foyer.

Sécession : 6 576 fractures du fémur par coups de feu: conservation 3467, mortalité 49,19 p. 100; amputation : 2900, mortalité 55,4 p. 100; résections diaphysaires 175, mortalité 69,4 p. 100 (primitive 70,4 p. 100, intermédiaire 81,2 p. 400, secondaire 16,6 p. 100).

Guerre de 1870 (Rapport allemand) : 2552 lésions osseuses de la cuisse : conservation 2 223 (mortalité 43,1 p. 100); désarticulation 9 (tous morts) ; amputation 236 (mortalité 67,6 p. 100] ; résection 34 (79,4 p. 100).

Guerre civile du Chili : 5 résections de la tête du fémur, 2 morts (pourriture d'hôpital).

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