‹ Aide-mémoire de chirurgie de guerre; traumatismes professionnels du temps de guerreChapitre 60 sur 84 · ARTICLE XV. - BLESSURES DU GENOU · texte numérisé non relu

ARTICLE XV. - BLESSURES DU GENOU

Fréquentes, constituent un tiers des cas de lésions articulaires; près de 3 blessés, sur 100 généraux, ont une plaie articulaire du genou.

Otis a relevé 3 355 coups de feu avec contusion et fracture articulaire, contre 351 périarticulaires, mais sur ces 351, la capsule était intéressée 255 fois, et l'articulation s'ouvrit secondairement 96 fois.

A. Blessures périarticulaires. — En dehors des contusions et des plaies superficielles (faces antérieure et latérale du genou), les traiter comme des plaies pénétrantes. Antisepsie, immobilisation, puis traitement de l'arthrite, si elle se déclare. Désinfection soigneuse des plaies de la bourse séreuse prérotulienne et du tissu cellulo-séreux situé sous le ligament rotulien, en vue d'éviter un retentissement sur l'article.

Gravité des blessures de V artère poplitée (Séces-

sion, 105 cas, mortalité 75,4 p. 100). Gangrène et pyohémie, d'une façon générale. — Double ligature dans la plaie (Chauvel), avant de tenter l'amputation. L'antisepsie préviendra la septicémie. S'il y a anévri/sme, préceptes généraux de la chirurgie.

Pour les blessures de la veine poplitée, lier aussi les 2 bouts. Quant aux lésions des 2 nerfs sciatiques poplités, s'en référer à ce qui a été écrit sur les blessures des nerfs en général (p. 119).

B. Blessures articulaires. — Le genou est le plus fréquemment atteint et présente plus du quart des coups de feu des grandes articulations (3 398 cas, Otis, Sécession).

Armes blanches (46 cas, Otis) : 4 morts, 7 amputations. L'antisepsie diminuera de beaucoup l'intervention opératoire et l'issue funeste.

Armes à feu. — Provoquent des contusions (hémarthroses, brisement des lamelles compactes du tissu spongieux, fissures des cartilages articulaires, rarement des luxations du genou (Legouest). La suppuration succède fréquemment à l'inflammation articulaire (mortalité : 25,6 p. 100, Otis). Sur43 contusions, 33 conservations, 10 amputations.

Le plus souvent, le traumatisme ouvre la jointure. Les gros projectiles provoquent des fracas indescriptibles : fémur, tibia, les 2 épiphyses et la rotule, une des moitiés latérales de lajoinlure, destruction des tendons, vaisseaux, nerfs de la région poplitée. Alors, schock intense, ostéoarthrite septique, gangrène.

Les petits projectiles font : des ouvertures simples de la capsule sans lésion osseuse ; des ouvertures de la capsule avec trou d'entrée et de sortie, sans lésion osseuse ; des ouvertures de la capsule avec fracture condylienne de l'union des deux extrémités osseuses; des ouvertures avec fracture de la rotule;

des ouvertures de l'article par fissures irradiées d'une fracture non articulaire du tibia ou du fémur (i).

Parfois, la balle reste logée dans l'extrémité fémorale, comme l'a vu Chauvel après amputation tardive (18 ans), chez un blessé dont le genou ankylosé était le siège de poussées aiguës d'ostéite raréfiante. Sur Vépiphyse tibîale, contusions, plaies osseuses, perforations complètes ou incomplètes. La rotule est écornée ou perforée; quelquefois balle incrustée, parfois irradiation de fissures multiples, fragments détachés, ou os enlevé en totalité (éclats d'obus).

Symptômes. — Ceux des plaies articulaires, en général :

Traitement. — Résultats vitaux de Y amputation mauvais jusqu'à ce jour, mortalité : Crimée, 90 p. 100 (Spillmann; ; Italie, 76,8 (Chenu) ; Sécession, 51,1 (Hurtington); 1870-71, 59 (Heinzel).

Amputation primitive, indication : plaie étendue du genou avec grand délabrement des parties; elle ne sera que la régularisation d'un broiement des tissus, ou une tentative pour parer aux dangers de l'arthrite septicémique.

Amputation ultérieure, ressource ultime après l'échec de la résection ou de la conservation, lorsque les accidents septiques menacent la vie du blessé.

Amputation ultime , pour débarrasser l'invalide d'un membre gênant ou douloureux (Chauvel).

Résection. — Mortalité moyenne : 81,89 p. 100 (Gurlt) -.primitive 66,6 p. 100; intermédiaire 90; secondaire 88,57 p. 100. — L'évacuation à plus de 5 lieues de l'opération a toujours été suivie de mort (Gurlt). Au Chili, 4 résections du genou, 4 morts.

La résection immédiate sera délaissée, parce que les

(1) Chauvel et Nimier, loc. cî7., p. oo4.

cas où il serait possible de la tenter sont justiciables du traitement conservateur. L'opération ultérieure, de l'avis de ChauveJ, constituera, en cas d'insuffisance de révidement, un mode de traitement des lésions chroniques laissées par la conservation.

Conservation. — Mode général actuel de traitement des coups de feu du genou. S'il existe une fracture esquilleuse complète des épiphyses tibiale ou fémorale, Yarthrotomie permettra de préciser si les désordres sont assez étendus pour contre-indiquer la conservation et, au cas contraire, de faire une désinfection soignée du foyer de la fracture et de l'articulation.

Intervention hâtive, dès que l'arthrite purulente devient manifeste.

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