ARTICLE XVI- — BLESSURES DE LA JAMBE
En 1870 (Rapport allemand), 3 542 blessures de la jambe: mortalité générale 27,72 p. 100; gravité plus grande à droite (24 p. 100) qu'à gauche (21,5 p. 100).
A. Lésions des parties molles. — Rien de particulier.
B. Lésions osseuses. — En Grimée, les os furent touchés 1 fois sur 2 coups de feu de la jambe ; auTonkin 1 fois sur 3. D'après le Rapport allemand, 3 blessés pour 100 atteints de fractures à la jambe, et sur 100 fractures en général; 24,4 dans cette région.
Gros projectiles. — Produisent des ablations, des broiements. — 205 amputations de la jambe (Grimée), 100 morts; et 75 amputations de la cuisse (35 morts). En Italie, 24 amputations de la jambe, 12 morts.
Broiement des 2 jambes : shock intense; pas d'intervention.
Amputer, en cas de fracture unique, le plus bas possible ; mais si la fracture remonte dans les con-
dyles du tibia, ou s'il va des désordres concomitants de la jointure, l'amputation de la caisse et la désarticulation du genou s'imposent.
Petits projectiles. — N'atteignent parfois que les parties molles, les vaisseaux; un ou plusieurs vaisseaux peuvent être intéressés ; alors, absence du pouls à lapédieuse ou à la tibiale postérieure.
Le plus souvent, les deux os de la jambe, ou un seul, sontintéressés. Quand c'est le péroné, on remarque des esquilles courtes, libres ou adhérentes. Malgré la minceur de l'os, on peut observer des perforations complètes.
Au tibia, lésions communes, déjà décrites : contusions, plaies, fractures.
Traitement. — Autrefois, l'amputation était la règle quand il y avait fracture des 2 os. Aujourd'hui, c'est la conservation à outrance.
La jambe sera rarement amputée pour une fracture de balle Guthrie). Legouest voyait l'amputation souvent indiquée, indispensable, quand les deux os sont fracturés dans une grande étendue, ou lorsque le tibia seul est brisé avec éclats volumineux et perte de substance considérable. Telle est encore, pour Chauvel, tempérée par les ressources actuelles de l'antisepsie, la meilleure formule générale des indications de l'amputation.
Sécession : 8 988 fractures par coups de feu des os de la jambe (tibia 2588 fois; péroné 1033 fois; les 2 os 1 451 fois; os indéterminés 3 910 fois.
Conservation 3 938 cas : mortalité 13,8 p. 100. tion dans la continuité 387 cas: mortalité 28,2 p. 100; amputation 5 452 cas (en y joignant 1661 amputations par des coups de feu du cou-de-pied et du pied), mortalité 32, 9 p. 100. Les causes de mort après conservation ou amputation sont la pyohémie, la gangrène et la consomption.
Au résumé, en Amérique, sauf le cas où le péroné seul était fracturé (conservation de règle), il fut à peu près indifférent de conserver ou d'amputer.
La désarticulation du genou, pratiquée pour des contusions ou fractures des os de la jambe, donna une mortalité de 59,8 p. 100 (Otis).
L'amputation de la cuisse donna une mortalité moyenne (tiers supérieur, moyen, inférieur, en bloc), de 59, 1 (primitive), 59, 5 (intermédiaire) et 37, 56 (secondaire).
La gouttière de zinc pour l'immobilisation est l'appareil de choix (Raoult-Deslongschamps, Sarrazin). Éviter l'atrophie consécutive, les raideurs du genou et du cou-de-pied, qui résultent du défaut de mobilisation.