ARTICLE XVIII- — BLESSURES DU PIED
Intéressent les tissus mous, ou, plus souvent, les os et les articulations.
A. Blessures des parties molles. — Coupures, sections nettes par instruments piquants. — Hémostase, réunion des tendons et des nerfs, suture des parties.
Immobilisation (appareil plâtré) en position convenable.
Les coups de feu font des éraflures, sillons, sétons. — Désinfection par l'occlusion antiseptique. Rapprochement des lèvres de la plaie, bonne situation du pied. Éviter les longues suppurations.
B. Blessures des os. — Enlèvement des orteils, fracas du métatarse (longues esquilles) ; écornures, broiements, perforations, fissures étalées au tarse, traduisant seules Faction latérale de la balle.
Les éclats d'obus peuvent enlever tout le pied, ou une partie seulement, détruisant alors tous les tissus.
Les coups de feu du pied sont fréquents en guerre.
— Italie36i, non compris les orteils(Chenu); mortalité 16 p. 100. — Sécession 5 859 (tarse 1 045 ; articulations tarsiennes et tarso -métatarsiennes 129; os du métatarse 1168; orteils 2 050; siège indéterminé 995. Mortalité générale : 8,3 p. 100. — En Bosnie 3,6 p. 100.
— Rapportallemand (1870-71), 2 144blessures du pied par balles, 168 décès: mortalité 7,7 p. 100.
Lésions trop confondues, somme toute, pour donner une idée exacte de la gravité de chacun des genres de lésion, pour chaque localisation.
L'antisepsie fait considérablement baisser la mortalité en déterminant les chances d'inflammation suppurativeavec ses suites.
Diagnostic. — Siège des ouvertures du projectile, direction du trajet, crépitation, parfois issue par la plaie de sortie de petites esquilles ou de poussière osseuse, déformation des parties, douleur.
Aucune exploration immédiate (stylet, sonde, doigt) n'est indiquée.
Traitement. — La conservation a sauvé bien plus de blessés que l'amputation ou la résection. — Grimée : Conservation 14 p. 100 de mortalité ; amputation 62, 19 p. 100; désarticulation tibio-tarsienne70p. 100.
— Amérique: Conservation 4, 1 p. 100; amputation 100; résection 19, 3 p. 100.
La conservation doit être le mode général de traitement. — L'antisepsie primitive etsecondaire, l'enveloppement ouaté, l'immobilisation en bonne position, donneront d'excellents résultats vitaux et fonctionnels. La plaie fermée, les massages, bains, douches, diminueront les raideurs consécutives. Si, malgré cette conduite, des accidents se produisent, il sera temps d'ouvrir les loyers, d'enlever les esquilles, de réséquer ou d'amputer. Évi iementetséquesirotomie pour l'ostéite et la nécrose.
[^ne tète broyée de métatarsien, un orteil aux trois quarts enlevé, indiqueront évidemment l'intervention immédiate, mais c'est là tout. En cas de nécessité, désarticulation de Lisfranc, qui laisse tout l'arrièrepied pour soutien.
Extraction immédiate des halle*, qui se logent si facilement sous la voûte plantaire. Il n'y a qu'une ouverture dans ce cas, mais il faut qu'il y ait certitude. Après disparition de L'inflammation primitive et du gonflement, s'il y a toujours douleur et suppuration, rechercher alors méthodiquement le corps étranger qui en est la cause.
Hémorragies rares dans cette région, mais graves : 54,3 et "i'o p. 100 de mortalité (Schmidt). Malgré le tamponnement et la ligature, l'amputation fut le plus souvent nécessaire. Lier les deux bouts dans la plaie [pédieuse); si on ne trouve pas le bout inférieur, on atteint le plantaire externe vers sa fin parle procédé de Delorme-
D mble ligature dans la plaie pour la tibiale postérieure, derrière la malléole interne. Pour les artères de la plante du pied, Delorme insiste sur l'indispensable nécessité de lier, coûte que coûte, les deux bouts du vaisseau dans la plaie.
GousTAif. — dur. de guerre. 18
Lorsque, à la suite de l'infiltration sanguine des tissus, des déplacements des organes, la recherche des bouts du vaisseau n'est pas' suivie de succès, on tamponnera dans la plaie, on comprimera immédiatement la pédieuse et la tibiale postérieure, on élèvera le membre. En cas d'insuccès persistant, lier ces vaisseaux, la fémorale même, s'il le faut.
11 ne reste plus ensuite que la ressource de l'amputation.