III. TORSION DES ARTÈRES
Elle a pour but de détruire, dans les tuniques, l’élasticité en vertu de laquelle les artères restent béantes, et d’obtenir une rupture inégale des diverses couches pariétales, analogue à celle que détermine
l'arrachement. Il est certain qu'une artère isolée, puis fixée par une pince placée en travers, à un ccntim. de son extrémité, permet à l’opérateur armé d’une seconde pince, de la tordre plusieurs fois sur son axe et d'effacer son calibre.
La première pince, qui est tenue de la main gauche, est destinée à limiter la torsion à la partie du vaisseau , située au-dessous. M. Anmssat saisit l’artère en travers et au niveau des chairs, avec une pince à baguette et sans mors; avec une seconde pince tenue de la main droite, il enroule l’artère autour des mors, en lui faisant faire un mouvement de demicercle; puis, ramenant la pince dans l’axe du vaisseau, il tord sept à huit fuis l’artère et refoule l'extrémité tordue dans les chairs. M. Velpeau fait de trois à huit tours, et M. Thierry de quatre à huit ou dix, sans fixer l’artère au-dessus. M. Thierry est le seul parmi ces trois opérateurs habiles, qui ait appliqué la torsion aux artères, dans la continuité. Il l’exécute à l’aide d’une aiguille de Deschamps, et absolument de la même manière que l’on tord le lacs du garrot, avec le petit bâtonnet.
Il est incontestable que la torsion s’oppose à l’écoulement du sang fourni par les petites artères, qu’on coupe dans les diverses opérations. Mais les chirurgiens de bonne foi, conviendront qu’une ligature bien placée, les laissera plus tranquilles sur les suites de l’opération, que la torsion, dont peu d’opérateurs font usage pour les grandes artères.
Pour affirmer que la torsion permet, dans tous les
HÉMOSTATIQUE CHIRURGICALE.
cas, la réunion et l’adhésion immédiate des lèvres d’une plaie; il faudrait pouvoir affirmer que la spiraie de l’artère tordue ne se détachera pas comme un corps étranger. C’est cependant là le seul motif invoqué en faveur de la torsion des artères.
Cautérisation. — Pratiquée avec un fer chaud et non incandescent, comme le conseille M. Bouchacourt (de Lyon), elle peut être utile pour les artérioles et même pour quelques artères plus volumineuses, dont elle détermine la crispation et le resserrement; tandis que le fer rougi à blanc détruit et convertit tout ce qu’il touche, en une escarre qui doit se détacher tôt ou tard.
Mdchurc cl froissement. — Ces deux opérations consistent à broyer l’artère entre les mors de la pince. On a employé ces deux moyens concurremment avec la torsion.
Séton. — M. Stilling refoule le bout de l’artère dans sa propre lumière et le fait sortir par une boutonnière longitudinale pratiquée au-dessus.
Bouchons mécaniques. — On les fait avec des substances inertes, caustiques ou hygrométriques, pour les enfoncer dans la lumière du vaisseau.
M. Manec s’est assuré que la corde à boyau, ainsi lue les corps étrangers qu’on employé, tombent en imtrilage et ne concourent pas nécessairement à la ormation du caillot.
Réfrigérants. — L’exposition prolongée à l’air, ou m contact d’une éponge imbibée d’eau froide, arrête luelqucfois les hémorrhagies capillaires.
Astringents , stypliques , absorbants. — Ils ont tourà-tour été employés- avec des résultats variés, pour arrêter les hémorrhagies capillaires, ou celles fournies par des vaisseaux de petit calibre qu'on ne peut découvrir. Le nitrate d'argent est le seul caustique dont on se soit servi, il constitue un moyen hémostatique infidèle.