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ALBUMINE

Telle qu'elle existe dans le blanc d'œuf, c'est un liquide incolore, visqueux, d'une saveur fade, inodore. Elle se coagule complètement vers 75°, en une masse blanche, opaque, insoluble dans l'eau, soluble dans la potasse et la soude caustiques. Cette coagulation est un simple changement d'état physique qui n'entraîne ni absorption ni élimination d'eau. Etendue dans l'eau, l'albumine en se coagulant forme une sorte de réseau qui entraîne toutes les impuretés nageant dans le liquide, ce qui explique son emploi pour la clarification des sirops, etc. Chauffée en vase clos à 150°, elle reprend l'état liquide après sa coagulation, et n'est plus susceptible d'être coagulée de nouveau. Les acides concentrés (sauf l'acide phosphorique bi et trihydraté), la créosote, l'acide phénique, l'alcool concentré, la plupart des sels métalliques, précipitent l'albumine de ses dissolutions. Ceci explique son emploi comme contre-poison; toutefois il faut remarquer que souvent les précipités formés par les sels métalliques sont des combinaisons albuminées , solubles dans un excès d'albumine, et qu'il faut se hâter de déterminer l'évacuation du corps toxique, pour en enrayer définitivement les effets. — Chauffée avec l'acide chlorhydrique, elle donne naissance à une belle couleur bleue.

L'albumine est très-répandue dans les animaux et les végétaux; elle forme un des principes constituants du sang. On la prépare en grand pour la livrer au commerce en desséchant lentement le sérum débarrassé des globules et de la fibrine. Elle est alors sous formes d'écaillés jaunâtres, translucides, cornées, solubles dans l'eau, et propres à la clarification des vins.

Act. phys. et usages. — Outre sa valeur comme contre-

poison, l'albumine, délayée dans l'eau, donne une tisane lénitive, adoucissante, employée avec succès contre les affections inflammatoires du tube digestif, la dyssenterie, les diverses diarrhées; on s'en sert encore en collyre, en gargarismes; mélangée à l'huile, en Uniment contre les brûlures; on en enduit les bandes que l'on veut rendre inamovibles. On l'a associée à l'iode dans le but de remplacer l'huile de foie de morue; on a préparé aussi un albuminate de fer et de potasse soluble, pour présenter le fer dans un état de grande division, et sous une forme plus assimilable. (Voir Œuf.)

incomp. — Tous les corps qui la précipitent, spécialement les sels métalliques, le tannin, etc.

Ghim. — L'albumine présente quelques caractères variables suivant son origine. Dans le règne animal, on en reconnaît deux types principaux : l'albumine d'œuf et l'albumine du sérum. Celle-ci se retrouve avec des modifications légères dans les liquides normaux ou pathologiques du corps humain. — Voici la principale différence que présentent ces deux type. : si l'on prépare une dissolution étendue d'albumine d'œuf, de manière à obtenir une liqueur de concentration égale à celle du sérum, puis qu'on l'additionne de 4 à 5 vol. d'alcool, on obtient un précipité à peu près insoluble dans l'eau; au contraire, le sérum, le liquide des kystes, traités de la même manière, donnent un précipité soluble en assez grande proportion.

On nomme métalbumine, l'albumine de l'hydrocèle, qui conserve sa solubilité dans l'eau, même après un séjour prolongé dans l'alcool concentré ; hydropisine, celle de l'ascife, que l'alcool rend tout à fait insoluble; enfin par albumine, celle qui donne au liquide de certains kystes une consistance visqueuse et filante très-remarquable. — On considère aujourd'hui l'albumine animale soluble, quelle que soit son origine, comme une sorte de combinaison de l'élément organique, jouant le rôle d'acide, avec la soude (bialbuminat de soude). Un albuminat alcalin étant versé dans une solution métallique, donne, par échange de base, un précipité insoluble. (Pour la recherche de l'albumine, voir Urine.)

alcool. Esprit- de-vin; — C4H602 -f aq.

Prép. — La fabrication de l'alcool est tout industrielle; on ne s'occupe en pharmacie que de sa rectification pour l'amener à un degré convenable de concentration, et de son hydratation, pour le rendre propre aux différentes préparations dont il fait partie. Ses origines sont diverses, toutes les matières sucrées étant propres, par la fermentation, à donner de l'alcool. Dans le commerce on en trouve spécialement deux espèces : celui de Montpellier, obtenu par la distillation du vin ; celui du Nord, qui provient de la fermentation du jus de betteraves. L'alcool provenant de la fermentation des fécules (alcool de grain, de fécules, de pommes de terre) n'a pas d'emploi en pharmacie. Ces deux

espèces diffèrent entre elles par des matières odorantes, qui prennent naissance pendant la fermentation, et sont des indices d'origine. On est parvenu, dans la fabrication de l'alcool de betterave, à enlever ces matières odorantes, de manière à obtenir un alcool qui ne sent plus que l'alcool; on le désigne sous le inom d'alcool bon goût. Celui-ci est propre, comme l'alcool de Montpellier, à tous les usages pharmaceutiques. Cependant le Codex n'admet que l'espèce de Montpellier.

Les esprits du commerce marquent à l'aréomètre de Cartier 33 à 36° (85 à 90° centésimaux). (Voir Aréomètres.) Pour les concentrer davantage, on les distille sur du carbonate de potasse bien desséché, puis sur la chaux vive en poudre. (Voyez Alcool rectifié et Alcool a 95°.)

Quand on prend le degré d'un alcool à l'aide de l'aréomètre, il est toujours nécessaire de tenir compte de la température ; autrement on s'exposerait à des erreurs considérables. La table ci-dessous indique les corrections à faire pour les degrés les plus usités en pharmacie.

Degrés alcoomètriques à -f- 15 degrés (Dorvault).

TF.MP

lô

Voici comment on se sert de cette table : après avoir cherché la température dans la colonne verticale à gauche, on cherche le degré alcoométrique

trouvé dans la première ligne horizontale ; la valeur réelle de l'alcool ramené à -f- 15°, se trouve à l'intersection des deux lignes. Ex.: de l'alcool qui marque 90° a -J- 25° à une force réelle de 87,4 à •+• 15°.

Nous empruntons au Codex la table suivante indiquant les relations des aréomètres de Cartier et centésimal, et la densité correspondante.

Relations entre les degrés Cartier et centésimaux et la densité.

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