VÉSICATOIRES
Ce nom qui désigne naturellement la plaie formée par l'application d'une substance vésicante, s'est étendu à l'écusson qui sert à la produire. Les vésicatoires sont ordinairement préparés au moyen d'une masse emplastique que l'on étend sur un morceau de sparadrap agglutinatif ou de peau de la grandeur indiquée. Quand on emploie la peau, il est d'usage de faciliter l'adhésion en bordant la masse emplastique d'un cordon de diachylum. Quand on taille l'écusson dans une toile vésicante toute préparée, il faut la maintenir en place au moyen de bandes de sparadrap disposées en croix et dépassant longuement le diamètre de l'écusson.
Le temps d'application et les soins que réclame la plaie quand le vésicatoire est enlevé, varient avec l'effet qu'on veut obtenir et sont indiqués par le médecin.
Outre les masses emplastiques diverses (Voir Cantharide) qui sont le plus souvent employées, on se sert parfois d'un simple mélange de poudre de cantharides et de cérat, de poudre de canth. et d'huile que l'on étend sur du sparadrap et que Ton recouvre d'un papier brouillard; d'extrait étheré de cantharides étendu à la surface d'une rondelle de papier Joseph. Dans ces derniers temps, nous avons fait connaître un vésicatoire à la cantharidine.
Enfin on se sert de l'ammoniaque, de l'acide acétique, pour produire une dénudation rapide du derme sur des surfaces peu étendues.
VÉTIVER. Andropogon muricatus, Retz. — G-raminées.
La racine est fibreuse, d'un blanc jaunâtre; od. forte et tenace; sav. aromatique. Cette racine vient des Indes, où on l'emploie en infusé, comme excitant diaphorétique. En France, elle ne sert qu'à parfumer les appartements, et à préserver les vêtements et les fourrures des insectes.
VIGNE. Vitis vinifera, L. — Ampélidées.
Les feuilles de vigne rouges sont usitées dans la médecine populaire comme astringentes et pour prévenir les accidents de l'âge critique chez les femmes. — Les raisins verts portent le nom de verjus. Le suc en est acide, astringent, diurétique; on en fait un sirop.
Suc de verjus. x
Prép. c. le Suc de cerises.
644 vin
VIN. Vinum.
Ce liquide, dont la production est une des sources de la richesse de la France, est connu de tout le monde, et nous n'avons à en décrire ni les divers procédés de fabrication, ni les innombrables sortes que nous offre le commerce. — Au point de vue thérapeuthique, nous devons les ranger sous trois types : les vins rouges, les vins blancs, les vins de liqueur. Les vins rouges ne diffèrent des vins blancs que par une proportion plus considérable de tannin et la présence de la matière colorante, provenant des pellicules du raisin; ils sont toniques, fortifiants ; les vins blancs sont diurétiques ; les vins de liqueur sont plus riches en alcool et se divisent en deux sortes, selon qu'ils contiennent plus ou moins de sucre : sucrés (Frontignah, Grenache, Alicante, Malvoisie, etc.), secs (Madère, Xérès, etc). Ces vins sont toniques, stimulants, stomachiques.
Les vins sont de composition très-complexe ; ils contiennent en quantités très-variables les principes suivants : Eau, alcool, glucose, matières albuminoïdes et extractives, bitartrate de potasse, sels de chaux, de soude, de potasse, etc., (chlorures, sulfates, phosphates...), matière colorante (œnocyanine de Mulder), tannin, acides malique, acétique, racémique, propionique, butyrique, lactique, citrique, succinique, libres ou plus souvent combinés, un principe éthéré, (éther œnanthique), une huile essentielle particulière à chaque qualité (bouquet), que M. Berthelot a isolée au moyen de l'éther dans une atmosphère d'acide carbonique.
Act. Phys. — : On conçoit que le mode d'action du vin varie avec son origine, et en raison des quantités ingérées. A petite dose, il active la circulation et la digestion, et par suite favorise la nutrition. C'est ce qui explique l'emploi considérable qu'on fait du vin comme aliment. Qques vins sont astringents; ce sont surtout ceux dont la fermentation a été retardée artificiellement et qui sont restés longtemps en contact avec le marc, ce qui favorise la dissolution d'une plus grande quantité de tannin. Mais l'élément qui domine l'action physiologique du vin, c'est l'alcool, qu'il contient toujours en plus ou moins grande proportion, et dont nous avons décrit les propriétés dans un article spécial. (Voir Alcool.) La proportion de cet élément varie de 6 à 23 0/0 en volume. Voici d'ailleurs un tableau du titre alcoométrique des principaux vins :
Marsala 23,83 0/0
Porto 20 «
Banyuls-sur-mer 18,3 »
Grenache 16 »
vin 645
Madère vieux 16 0/0
Malaga 15,1 »
Saint-Georges 15 »
H ermitage rouge Il »
Vin de poids du Midi 13 »
Vin commun du Midi 9,8 »
Sauterne blanc 15 »
Bordeaux rouges 8 à 11 »
Bordeaux blancs 11 à 15 »
Bourgogne 9 à 13 »
Côte-rôtie 11,45 »
Champagne 9 à 1 1 »
Rhin 6 à 11 »>
Tokai. 9,10 »
Essai des vins. — Le degré alcoométrique des vins établit souvent leur valeur commerciale, aussi est-il nécessaire de pouvoir le mesurer exactement. On a proposé remploi d'an aréomètre particulier (Œnomètre ou Pèse-vin), dont les indications sont toujours incertaines, par suite de la présence dans le vin de divers éléments qui en élèvent ou en abaissent la densité, indépendamment de l'alcool. — L'Ebullioscopede Conaty repose sur des données plus exactes ; c'est un thermomètre à mercure placé sur une échelle métallique dont le zéro correspond à -}- 100°, point d'ébullition de l'eau pure et le 100e degré à -f- 78°, point d'ébullition de l'alcool pur à la pression de 76 centim. L'espace intermédiaire entre ces deux points extrêmes est divisé en cent degrés, d'après des essais préalables, de manière que le degré indiqué mesure exactement la richesse alcoolique du liquide. L'échelle est mobile sur le tube, de sorte qu'en ayant soin de fixer le z^ro, par un essai préalable sur l'eau pure, il est inutile de tenir compte de la pression barométrique. Il faut avoir soin aussi de prendre note du degré indiqué dès le début de l'ébulliton, parce que, l'alcool s'évaporant rapidement, l'instrument indique bientôt un degré inférieur au titre réel. — Un autre instrument, le Dilatomètre alcoométrique de Silbermann est basé sur les dilatations différentes qu'éprouvent l'eau et l'alcool en passant de 0 à 100°. Le Capillarimètre de M. Musculus, Y Alcoomètre-œnomètre de MM. Limousin et Berquier, ont pour principe l'un, la capillarité, qui varie dans des limites considérables pour les divers mélanges d'eau et d'alcool, l'autre le volume des gouttes, qui obéit à une loi analogue.
Mais le meilleur moyen à employer, sans contredit, est le dosage de l'alcool par la distillation du vin. Plusieurs petits appareils ont été construits pour faire rapidement cet essai : ce sont toujours de petits alambics munis d'une lampe à alcool et d'un récipient jaugé. On distille le 1/3 ou la moitié du vin, suivant sa richesse, et l'on prend le litre de la liqueur obtenue. Ce titre, divisé par 3 ou par 2, selon qu'on a recueilli le tiers ou la moitié du liquide à analyser, donne le titre réel (fig. 181).
Mél. et fais. — Le vin est souvent étendu d'eau (mouillage) puis add. d'alcool pour lui rendre sa force : un litre de vin naturel laisse 20 à 22 gr. de résidu par l'évaporation . Les vins blancs sont allongés avec du cidre ou du poiré : si l'on chauffe le résidu de l'évaporation à 200°, au bain