PREFACE IX
l'ouvrage ; mais la pratique, qui est un guide sûr quand on veut écrire un livre pratique, nous poussait en sens contraire.
Ceci demande un mot d'explication.
Dans aucun de nos cours, il n'est sérieusement question de Y action physiologique des médicaments ; à l'exception des poisons, qui sont étudiés avec plus de soin, et encore presqu exclusivement au point de vue des recherches médico-légales, nous ne connaissons que par l'usage, et véritablement par hasard, l'application thérapeutique des substances usuelles, ainsi que la manière dont elles affectent l'économie. Cependant cette connaissance est tellement indispensable aux pharmaciens, qu'il n'en est pas un qui puisse se défendre d'une étude qui fait en" quelque sorte sa sécurité. Peuvent-ils en effet se désintéresser d'une science dont l'oubli met incessamment en péril leur repos et leur honneur ?
Nous sommes responsables, sinon d'après le texte de la loi, au moins d'après les traditions de la jurisprudence, de toutes les préparations que nous livrons au public. Le médecin lui-même, s'il vient à formuler une prescription dangereuse, peut abriter sa responsabilité derrière l'ignorance coupable du pharmacien qui n'a pas su reconnaître les lapsus d'une plume distraite.
Nous avons suppléé, dans toute la mesure possible, à cette lacune de nos études. La connaissance des doses usuelles implique celle des effets qui leur correspondent : voilà pourquoi nous avons donné à l'action physiologique des médicaments la place que mérite son importance (1).
La partie chimique est traitée au point de vue du laboratoire. Laissant de côté les théories et les systèmes
(i) Les Commentaires thérapeutiques du Codex de M. le professeur Gubler nous ont été, sur ce point, d'un puissant secours.