‹ Aide-mémoire général et alphabétique des ingénieurs (volume 2)Chapitre 203 sur 286 · POMPES · texte numérisé non relu

POMPES

poarvii que Ton fasse abstraction de la notable quantité d'air qoc l'eau contient toujours^ et qui se sera dégagée du niveau rni* ; posant pour abréger :

^ = m et H-fL+fW(?=p (3)

on déduira des équations (1) et (2) pour la 6n de la première levée du piston

j?,=-p— -|^p^— 4m(?H et j/,=H— ^r^ . , (4)

Abaissons le piston de nouveau, puis soulevons-le une seconde fois jusqu'à la limite supérieure de sa course^ des effets absolument analogues à ceux que nous avons décrits se produiront encore^ et en vertu des mêmes raisonnements^ on aura à la fin de celle seconde levée, abstraction faite de Tair qui se dégagera de Teau introduite,

et y2 = H — iTa (5)

Enfin^ en imitant toujours les mêmes raisonnements, on obtiendrait à la fin de la n'^*"^ levée :

rra= 1 j p — |/p»— 4mcH-4 (H+L-x^^O x^^^ } . . (6)

y„ = i J2H-P+ |/p^^4mcH-4(H+L-x„.0^n-ij (7)

5. Ces équations permettront de calculer avec approximation Télévation de Peau et la tension de Pair dans le tuyau d'ascension, après un nombre déterminé n de levées, ainsi que leurs difFércnces entre deux levées consécutives.

Si Ton néglige l'effort nécessaire pour soulever la soupape dor* mante, on trouve ainsi que l'eau ne cessera de monter dans l0 tuyau d'ascension que lorsque la différence x^ — x^j,y sera xèro, c'est-à-dire lorsque Ton aura a?n = a?n-i, ce qui donne, en mettant ^n-i ^ Ia place ae x^ dans Téquation (6), la condition ^n-i==7^.' qui resta, dit-on, inconnue jusqu'au temps de Tarricelli. Ainsi, Teau montera dans le tuyau d'ascension, abstraction faite des ré* sistances que nous avons négligées, tant que sa longueur L no dépassera pas la hauteur H de la colonne d*ean qui bit équilibre ao poids de l'atmosphère; et si L est <H, le liquide entrera eofia dans le corps de pompe.

Afin de tenir compte des variations assez étendues du barométrO/

POMIPE& 1311

la pratique réduit H à la yaleur H = 126^ et pour éviter les arrêi$ qui pourraient naître du cantonnement de Tair dégagé du liquide au-dessous du piston» elle fait L-{-c<13i ou au plus = 126=8 à 9 métrés au maximum, et, ainsi que nous l'avons dit plus haut, elle abaisse le piston aussi prés que possible de la soupape dormante. Ce qui nous permet de considérer comme nul Vespaee nuùible laissé entre cette soupape et la limite inférieure de la course, et fait que nous nous dispensons d'en étudier l'influence.

ê. Travail de la pompe aspirante. L'eau étant parvenue jusqu'à Tintérieur du corps de pompe et remplissant toute sa capacité, la soupape dormante T se referme par son propre poids^ le piston s'abaisse; la pression qu'il exerce sur le liquide se transmet de bas en haut à la soupape S^ la soulève, et lorsque ce piston est parvenu au bas de sa course, tout le liquide du corps de pompe a passé audessus de loi, et la soupape S s'est refermée par son poids.

Une nouvelle ascension du piston soulève à la fois l'eau qui a passé au-dessus de lui, tend à faire le vide en dessous^ soulève ainsi la soupape dormante, qui laisse entrer alors dans le corps de pompe une nouvelle quantité d'eau, et bientôt, par la même manœuvre, celle-ci s'élève au-dessus du piston, au niveau constant ÂB, et s'échappe par le dégorgeoir K. La pompe commence alors à travailler utilement.

Dans son mouvement de descente, le piston frotte sur le corps de pompe et consomme un faible travail que l'on pourra calculer d'après les résultats approximatifs de la page 822. Une autre quantité de travail est absorbée par le passage de l'eau à travers rorificeS, où une contraction a lieu; on pourrait la calculer approximativement par les formules de l'article Ecoulement (p. 572), si le coefficient de la contraction pour un tel orifice n'était pas inconnu.

7. Pendant la levée, e( à un instant quelconque, le piston, dont l'aire =:icR', est pressé en dessus par une colonne d eau dont la hauteur est (E-\-h), en appelant h^ la hauteur du niveau AB audessus de sa face supérieure. Il est poussé de bas en haut par le poids d'une colonne d'eau, ayant tcR^ pour base et (U — AJ pour hauteur, en appelant h^ la distance de sa face inférieure au niveau du réservoir NN^ II étant le poids du métro cube d'eau^ la charge du piston est donc, à chaque instant de sa levée,

de sorte qu'en négligeant l'épaisseur du piston et faisant (h^ -j-A J = A=::hauteur du niveau AB au-dessus du réservoir inférieur NNS on peut dire que, pendant sa levée^ le piston porte toujours le poids d'une colonne a* eau dont il forme la base «R^ et dont la hauteur

1312 POIULPES.

h z=: (h*-f-b|) e«l la différence des niveaux inférieur et supérieur ABenNN'.

Donc^ à chaque levée^ le travail Te du piston est

To=nitR^fcc=:nQA

c'est-à-dire le produit du poids de Veau élevée par la hauteur d laquelle la machine l'élévcs résultat que Ton aurait pu écrire immédiatement en partant de la théorie générale des machines (p. 1081).

8. A ce travail utile il faudrait encore ajouter le travail da frottement pendant la montée (p. 822), la perte de force vive qui a lieu au passage delà soupape dormante (p. 573), le travailexigè pour soulever cette soupape, celui dû au frottement de Teau dans les tujaux(p. 574); et si le piston se mouvaitunpeu vite ou d'un mouvement varié, il y aurait lieu de tenir compte encore du travail de l'inertie du liquide et des parties mobiles. Enfin, le volume engendré par le mouvement du piston est toujours plus grand que celui qui s'écoule par le dégorgeoir, les soupapes et les garnitures, après quelque temps de service, laissant redescendre une partie de l'eau qui a passé au-dessus d'elles. Prenant en bloc toutes ces pertes de travail, désignant par T^ le travail moteur appliqué à la tige du piston et par Tq le produit du poids de l'eau réellement élevée par la hauteur de l'élévation, on aurait, en discutant quelques observations de d'Àubuisson sur les pompes d'épuisement de la mine de Poullaouen

T„=1.28T„au plus.

Cependant, on lit partout que les meilleures pompes n'utilisent guère que les 0.66 du travail dépensé sur la tige du piston, et, après quelque temps de service, les 0.50 seulement, ce qui fournit les relations

T„,= 1.5T„ et T„ = 2T„

qui diffèrent notablement de la première. Je ne sais d*oà sortent ces derniers résultats, et j'ai fait jusqu'ici de vains efforts pour découvrir, en dehors des observations de d'Aubuissan, une seule mesure directe du travail consommé sur une machine aussi universellement répandue et dont l'invention date de vingt siècles.

9. Conditions d'établissement : d^Àubuisson recommande, dans rétablissement des pompes, de limiter la vitesse du piston entre O'^.IO etO'^.24; — d'augmenter, lorsqu'on le peut, la longueur de la course plutôt que d'accroître cette vitesse ; dans les grandes pompes, cette longueur de course est comprise entre 1"'.20 et 1°'.50 ; — do réduire Vespace nuisible à O'^.OS, sans l'anéantir complètement, afin que , par suite du jeu que prennent toujours les pièces du mécanisme qui meut le piston, il n'aille pas frapper sur la soupape dormante T.

POMPE foulame. 1313

Il esl clair^ d'aiileors^ qae les soupapes devront être d'autant plus grandes qu'elles fermeront mieux. — Quant au frottement du piston , le travail qu'il consomme est toujours très-faible, ce qui explique pourquoi la pratique n'a jamais fait usage des nombreux: pistons $an$ frottement décrits dans nos collections académiques et autres. Enfin , pour utiliser plus uniformément le travail moteur^ on accouple quelquefois deux pompes à l'aide d'un balancier, de manière qu'un piston monte pendant que l'autre descend, ainsi qu'on le voit dans la pompe à incendie (fig. 5). — Le travail est alors constamment égal à celui qui est nécessaire pour soulever an piston augmenté de celui que sa descente exige.

Après cette étude de la pompe aspirante, je. crois pouvoir me borner è indiquer sommairement le jeu et les effets des machines du même genre.

10. Pompe économique* — La fig. 2, pL GII, donnera une idée suffisamment exacte d'une pompe de facile, prompte et économique construction^ capable toutefois de rendre quelques services dans l'épuisement de fondations, et lorsque les eaux ne devront être élevées qu'à une faible hauteur. Elle se compose d'un coffre en bois de forme quelconque ABGD, avec une division en £F portant une soupape dormante T, en bois et cuir, plus ou moins grossière. Sur le diaphragme EF, on dispose un cuir mou, et on clone solidement sur ce cuir et sur le diaphragme la partie inférieure d'une espèce de sac G en grosse toile double, en toile à voile, ou en cuir. Ce sac doit avoir une longueur ST égale à trois fois environ la course. Quelques cercles fff, en fil de fer ou en osier le tiennent béant, et ^vant de les introduire dans le sac, on les relie les uns aux autres par quatre ficelles; enfin, si le sac est en toile, on renforce ses plis par des bandes de basane. À sa partie supérieure est une rondelle de bois portant une soupape S, et enfin la fourchette du manche de la pompe.

11. Gregory j qui a fait fonctionner cette grossière machine, affirme qu'un sac en toile à voile n"" 3, de 0°^.15 diamètre, renforcé de basane aux plis est sensiblement imperméable sous une charge d'eau de cinq mètres, et qu'il a résisté pendant un mois à un travail d'épuisement de six heures par jour. On peut remarquer dans ce système un exemple de piéton eam frottement.

12. Pompe foulante. L'une des formes de la pompe foulante est indiquée fig. 3; le piston CD foule de bas en haut à Taide d'un étrier en fer qui n'est point indiqué et qui met sa tige P en communication avec une aulre tige conduite par le moteur. Cette pompe est noyée dans l'eau du réservoir intérieur NN'. Quand le piston CD descend , la soupape dormante T est fermée, et sa soupape S ouverte laisse passer au-dessus d'elle l'eau du réservoir, sans qu'aucune action pnefumc^tigue soit mise en jeu. Lorsque le

1314 POMPE aspirmte et foulante.

piston remonte, sa soupape S se refermo et il refonte Peau par-dessus la soopape dormante T qni, se refermant ensuite^ Pempéche de rétrograder. Il est érident que> pendant sa montée , la charge da piston est égale au poids d*nne colonne d'eau dont la base est celle icR^ da piston, et la hauteur h égale à la dîfTérence des ni* Teanx entre le dégorgeoir supérieur et la surfece NN' du résertoir. On prétend qn^il est plus atantageux de fouler de bas en haut

Sue de haut en bas. Les pompes noyées ont t'inconrénient grayc e rendre les réparations difficiles.

13. La fig. 4 indique un antre système de pompe foulant de haut en bas; elle est également noyée. Quand le piston monte ^ l'eau sHntroduit donc par la soupape T ; quand il descend^ T se referme, la pression qu'il exerce sur le liquide soulève la soupape de retenue T et refoule Peau dans le tuyau montant. La charge du piston est ici oelie d^une colonne d'eau dont le piston est la base et dont la hauteur est la distance verticale de sa ftice inférieure au dégorgeoir.

On rend souvent le jet de sortie un peu plus continu en adap* tant un réservoir d'air R au tuyau montant et dont Taction régu-* latrice se conçoit facilement.

14. Pompe aspirante et foulante. Imaginez que, dans (a flg. 4, on ait prolongé inférieurement le tuyau an^es$ous de la soupape donnante T, et que, en même temps, le niveau NN' du réservoir soit abaissé comme dans la /(^. 1 , de manière que le prolonge* ment L y plonge cependant suffisamment, et tous aurez une idée d'une pompe à la fois aspirante et foulante^ soumise dès lors aux conditions de l'une et de l'autre. Ainsi : 1<» le prolongement ou tuyau d'aspiration doit avoir une longueur < iî 6 (§ 5); 2<> lorsque le piston monte, la hauteur de la colonne qui le charge est la distance de sa face inférieure au niveau du réservoir inférieur NN' ; 3* quand il descend, la charge a pour hauteur la différence de ni* veau de sa face inférieure au dégorgeoir.

15. la pompe d incendie j représentée en principe fig. 5, offre un autre exemple de pompe aspirante et foulante k douUe effet, avec réservoir d'air dont l'examen de la figure fera suffisamment comprendre le jeu. Les corps de pompe QQ', en bronze, ontenriron 0«.12 diamètre et 6"". 60 hauteur; le réservoir d'air a hauteur C.îS et diamètre C^.SS. On voit à sa partie inférieure une ouverture circulaire à laquelle est soudé un tuyau en cuivre sur lequel se visse l'extrcmité du long tuyau de cuir qui porte Tajotage ou Imice dont l'orifice a environ 0^.016 diamètre.

16. D'après d^Aubuissonj huit pompiers bien exercés donnent 60 coups de balancier par minute, la course des pistons étant 0*. lij et ilâ portent (c jet à 20 mètres de hauteur verticale. —Abstraction faite de tout déchet, c'est, dit-ii, 27 kilogramaëtres d'dfct utile

POMPE d tficentfte. 1315

par homme ot par seconde, mais ce dernier chiffre ne résulte pas des données qui le procèdent.

17. Qaantà la portée horixant^^ ?oici le résultat de quelques observations de M. le capitaine du génie, Bêma$ :

Une pompe k incendie, manœuvrée par dix hommes , telle que celle en usage pour la ir ille de Paris, donne au jet une amplitude horizontale maximum de 26 mètres sous un angle de Ab"" at ce une lance conique et un ajutage de même forme, percé d'un orifice de O'^.Oias. Le débit, calculé d'après plusieurs expériences, a été un peu inférieur li quatre litres par seconde, la pression dans le réservoir d'air, observée avec le manomètre, variant de 5 à 6 atmosphères. En calculant la vitesse au sortir de Tajutage pour fournir au débit indiqué^ on trouve qu'elle est d'environ 37 mètres. Il en résulte que le travail utile par setonde et par homme dépasse à peine la moitié de celui que j'ai indiqué ci-dessus d'après (fÀu^ huissan. Mais, fait remarquable, c'est que, en appliquant quatorze hommes à la même pompe, l'amplitude est restée touioura In môme, bien que la pression dans le réservoir fût devenue tellement grande ue le manomètre se brisa. M. Belmas pense que ces résultats sont us à ce que, avec une plus grande vitesse initiale, la résistance de l'air divise la masse d'eau lancée, augmente ainsi la surface choquée et, par suite, cette résistance elle-même qui croit à peu près comme cette surface et comme le carré de la vitesse. Un effet analogue a lieu, dit-il, lorsqu'on décharge à bout portant un fusil dans la terre : la balle s'aplatit par la résistance et pénètre moins avant que si lefusil eût été tiré de plus loin, parce qu'alors la balle a une vitesse moins grande au moment de son entrée dans la terre, ce qui diminue sa résistance.

18. Invmtion. Les premières pompes è incendie dont on ait fait usage à Paris y ont été importées de Hollande, par Dumou^ riex-DuperrieTj en 1699. Louis XIV acheta dooze de ces pompes à l'importateur et les donna à la ville.

19. On a combiné de cent et une manières les pompes types que nous venons de passer en revue, et Ton est ainsi parvenu à créer une famille extrêmement nombreuse et qui augmente de jour en jour. Le Conservatoire des arts et métiers regorge de modèles de pompes; et un grand nombre d'entre elles, réinventées et brevetées (s. G. n. 0.) depuis un demi-siècle, sont décrites dans l'ouvrage de Mamelli, intitulé Délie arlificiose Machine, publié en France, en 1585. Je signalerai entre autres un grand nombre de pompes circulaires, celles dites à soufflet ou pompes des prêtres, la pompe à piston-pendule, etc.^ etc.

Je donnerai encore une idée de la pompe centrifuge et de la pompe spirale, qui ont Tune et l'autre un caractère assez marqué d'originalité.

1316 POMPE centrifuge.

âO. Pompe centrifuge. Réduite à son principe, la pompe centrifuge (Jig. 6, pi. GII) peut être considérée comme un tnbc KMl courbé à angle droit en M et tournant horizontalement d^un mouvement suffisamment rapide, que nous supposons être uniforme, autour d'un axe vertical 6K. Une soupape E se levant de bas en haut est placée un peu au-dessous du niveau NN' du réservoir inférieur. Un orifice o^ habituellement, mais non pas nécessairement, percé de manière que l'eau sorte dans une direction contraire an mouvement de rotation, projette Peau élevée dans une ange circulaire A destinée à la recevoir. Le tube ayant été amorcéj c'est4dire rempli d^eau une fois pour toutes, la rotation du système développe une force centrifuge, qui produit à l'orifice o la pression! laquelle est dû Técoulement^ et^ celui-ci tendant à former un vide dans le tube vertical L^ l'eau du réservoir NN' s^éléve dans ce tube à la suite de celle qui sort en o^ effet que le calcul éclairera d'ailleurs.

Soient n le poids du mètre cube d'eau, a la section du tube horizontal et celle de Torifice en o, r la distance d'une tranche liauide de ce tube à Taxe vertical de rotation, et t la durée en secondes aane révolution du système :

sera la masse de la tranche en question et sa vitesse

circulaire uniforme.

I 1 = ■ — rar = force centrifuge qui agit sur

cette tranche. Intégrant depuis rzzio jusqu'à r=B=Go, on a, pour la pression centrifuge exercée sur Torifice a,

Ua 27c*R* Ha V*

en appelant Y la vitesse circulaire de l'orifice. La hauteur h même liquide qui produirait à Torifice une même pression serait évidemment donnée en égalant IlaA à la valeur précédente, d'où

fll«» 2flf

Ainsi (p. 80^) la pression exercée sur F orifice par la seule force centrifuge est celle d'une colonne d'eau de la hauteur due d la vilesse circulaire de cet orifice.

Appelant H la hauteur de la colonne d'eau qui fait équilibre au poids de l'atmosphère et faisant MN = L^ on aura donc pour la hauteur totale de la colonne qui produit l'émission

POMPE centrifuge. I3!7

Ainsi» il n'y anrail pas émission si L était > ou seulement =: h^ et comme il est évident que L ne peut atteindre H sans que la co« lonne soit rompue, quel que soit h, celte machine ne peut élever l'eau à une hauteur plus grande que les pompes aspirantes.

Tant que L sera plus petit que hj on aura donc pour la vitesse théorique d'émission que nous désignons par v,

Pour que cette vitesse ne soit pas négative ou pour qu'il y ait émission^ il faut donc que Ton ait toujours

ce qai exige que la durée / de la révolation du système soit

Mais, dans les théories que Ton a données de cette machine, on n'a pas remarqué que cette durée I avait en outre une limite supérieure. Il est clair pourtant que la colonne se romprait au point M^ et qu'un vide» qui ne pourrait être rempli que par un mouvement rétrograde de o vers M» se formerait si la vitesse t;' due à la hauteur H — L devenait un moment plus petite que la vitesse v d'émission. Prenant toujours les valeurs théoriques que Ton modifierait facilement à Taide des coefficients convenables» il faut donc que l'on ait encore

de sorte que la durée t d'une révolution est définitivement comprise entre les limites suivantes

En d'autres termes^ la vitesse circulaire Y de l'orifice o doit être elle-même comprise entre les limites

y>V^jL et <l/27H

En dehors de ces limites» l'émission d'une part ou l'aspiration de l'autre seraient impossibles; et si on fait H=10™. 32» on voit que la vitesse circulaire Y de l'orifice no doit jamais atteindre

21 . Effet utile. Quant à l'effet utile de la machine, il est évidemment liât? L » or il faut que le moteur effectue ce travail» augmenté

1318 POMPE spirale.

de celai qaî est nécessaire pour imprimer à la masse qoi sort de Tori* fice 0 la vitesse absolue (V — v). On a donc pour le rapport da tra* vail utile au travail dépensé

gh flfL

Ce rapport serait Tunité si Ton pouvait rendre la parenthèse nulle ; mais cette condition est impossible^ car nous avops va que la moindre valeur possible de Y^ était tout au moins = 29L; donc à cette limite extrême le rapport de Teffet utile an travail minimum du moteur serait au plus

gL gh 1

gL+{Y*~gL+gL~^

résultat bien différent de celui que Natter indique dans ses leçons et qui explique assez pourquoi cette machine a été abandonnée.

22. Invention, L'idée de cet appareil a été présentée, en France, à TAcadémie des sciences, par Le DemourSj dans Tannée 1732. On l'attribue en Angleterre à Erskinej et la pompe y porte son nom ; mais je n'ai pas su découvrir à quelle époque vivait l'inventeur anglais.

23. Pompe spirule {fig. 7, pi. Cil). On prendra une première idée des effets de cette curieuse machine en jetant un coup d'esii sur la figtêre 8. h^ a^ h^a^ h est un tube vertical plusieurs fois courbé en U et terminé par une partie rectitigne A. Sij par un moyen quelconque, on introduit dans ce tube des colonnes successives d'air eC d'eau^ on parviendra évidemment à obtenir entre les niveaux A et B une dénivellation qui croîtra avec le nombre des branches coudées qui précédent le tube montant h. En effet, le poids de la colonne d'eau h^ se transmet tout entier, à Taide de la colonne d'air a^ , au sommet de la colonne d'eau h^. En ajoutant à ce poids h^ le poids propre de la colonne A,, on aura la pression A^-f-A^^^^'^^^î^

Sar l'intermédiaire de a, à la partie inférieure de la colonne 'eau h, colonne dont la hauteur pourra dés lors^ dans le cas de l'équilibre> être égale à A^ -f-^3=^^- ^^ général, cette colonne h sera égale k la somme des colonnes d'eau qui la précèdent. Or ce que le système de la figure 8 indique au point de vue de l'équilibre, la pompe spirale le réalise au point de vue dynamique, ainsi qu'il suit (fig. 7) :

24. T est un tambour creux, tantôt cylindrique, tantôt conique^ plongeant dans Teau du réservoir inférieur jusqu'à la hauteur de son axe. Sur ce tambour est enroulé en hélice ou en spirale un tube métallique rond ou carré, formant un nombre de révolutions *^i^2'^3S4"*^o d'&utant plus grand que l'eau doit être élevée à une plus grande hauteur. La dernière spire se raccorde avec l'axe / du

POMPE spirale. 1319

(amlMur, créas à l'arrière, et qui est comme le proioDgement de celleci. EdEcsC noemmaiichefiieiit^ d'une exécutioo assez difficile^ qui doit réunir^ par un joint imperméable à l'eau et h l'air comprimé, le tujau d'ascension H; nécessairement fixe^ et Taxe creux / qui doit tourner librement dans cette capacité E.

25. JVi vu, en 1850^ fonctionner, au Conservatoire^ un grand modèle de cette machine dont le tambour était cjlindrique^ et Yoici à peu près ce qui s'j passe : lorsqu'on tourne dexirorsum la manivelle M , la première spire S^ prend d'abord h chaque tour une demi-spire d'air, puis une demi'Spire d'eau. Après un nombre de tours qui dépend du nombre S^ de spires enroulées ou de la hauteur du tuyau montant H, tout le système est rempli de colonnes successives d'eau et d'air^ et Teau jaillit par bouffies intermittentes an sommet du tojau montant. Il ne m'a pas paru qu'il j ait métangc sensible de l'eau et de l'air dans ce tuyau, comme quelques auteurs l'ont supposé. La machine commençant alors à travailler utilement, la première spire cesse de prendre régulièrement à chaque révolution des volumes égaux d'eau et d'air^ ce que la théorie suppose encore. Cependant, elle aurait pu remarquer que les fluides intérieurs étant à cette période du travail parvenus à leur maximum de tensioB, l'eau s'élève nécessairement, à gauche^ dans la première spire, au-dessus du niveau NN' du réservoir, et souvent assez haut pour que tes volumes successifs d'air et d'eau introduits soient dans le rapport de 1 à 3. Cet état du système semble se renouveler périodiquement h courts intervalles, et il était presque toujours suivi à la révolution suivante d'un vomissement & Torifice 0, qui dtf^paraissait pour reparaître ensuite. Ces phénomènes assez compliqués m'ont paru devoir rendre la théorie de cette machine extrêmement difficile, et, après quelques essais infructueux^ j'ai renoncé à l'établir. On pourra consulter celle que, d'après Bernouilli, je crois, Navier a consignée dans ses leçons. Je l'ai jugée trop peu d'^accord avec les faits pour la reproduire ici.

26. Effet utile. A défaut de théorie, les observations faites sur la pompe hélicoïdale du Conservatoire, à Faide de la manivelle dynamométrique, ont montré que lorsque la hauteur du tuyau montant H est un peu moindre que la somme des diamètres de toutes les spires, l'elTet utile de la machine atteint à peu près les 0.60 du travail moteur. La pompe d'expérience portait six spires à section carrée de (0°^.06)^ environ, roulées sur un cylindre de près de 1 mètre de diamètre; clic élevait l'eau & 5 mètres environ.

27. Invention. Cette ingénieuse machine a été longtemps attribuée à André Wûrtz, ferblantier de Zurich^ et les mémoires de la Société de cette ville ont décrit celle qu'il avait établie en 1766 ; mais la pompe spirale avait été présentée à PAcadémie des sciences par le Hollandais Vettmanj dès 1756. Daniel Bemouilli s'en est

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