CHAPITRE XII
DES RÉDUCTIONS
La nécessité de réduire un phototype quelconque s'imposera dans quelques applications spéciales, comme les projections par exemple. Ce chapitre aura doncplus en vue l'obtention de ces positifs réduits ; néanmoins, tout ce que nous dirons s'appliquera lorsque l'on voudra réduire une photographie quelconque dans quelque but que ce soit.
On appelle/)/"oyec#/o«. une épreuve positive sur verre destinée à être projetée fortemen t ag-randie sur un écran blanc au moyen d'un appareil spécial, la lanterne à projection. L'utilité des projections pour les conférences publiques n'est pas à démontrer; elles permettent, tl'autre part, à l'amateur d'org-aniser de charmantes soirées dans lesquelles il pourra faire passer devant de nombreux invités la collection de ses œuvres. Voyons quel est le matériel nécessaire dans la circonstance et comment l'amateur pourra transformer ses clichés en épreuves pour projections.
La lanterne à projection n'est que l'ancienne lanterne mag-ique, mais considérablement perfectionnée. Elle comprend une source de lumière, un condensateur destiné à éclairer convenablement l'épreuve à projeter, puis une combinaison optique formant objectif qui renvoie l'imag-e considérablement agrandie sur un écran blanc. La source lumineuse est enfermée dans une boîte hermétiquement close de manière qu'aucun rayon de lumière ne puisse s'échapper et nuire à l'effet de la projection qui doit se faire dans l'obscurité conplète, bien entendu.
DU CHOIX DE LA SOURCE DE LUMIERE SBq
Nous avons à Paris plusieurs maisons renommées qui s'occupent avec succès de la construction des appareilsde projection et l'amateur pourra faire son choix aisément d'après les moyens dont il dispose.
Du choix de la source de lumière. — C'est là une question importante, car de l'intensité de la lumière dépendent, d'une part, la beauté de la projection et de l'autre, sa taille. On comprend, en effet, facilement qu'il faudra d'autant plus de lumière que l'on voudra une plus grande image.
Les divers éclairages que l'on emploie le plus fréquemment sont l'éclairage au pétrole, la lumière oxhydrique et la lumière électrique.
Eclairage au pétrole.— Pour l'amateur, l'éclairage au pétrole sera, la plupart dut emps, bien suffisant. On se sert de lampes spéciales à trois ou cinq mèches qui donnent un éclairage convenable à condition de se contenter d'une image ayant i mètre ou i"',5o de diamètre au plus. Si l'on veut dépasser cette taille, il faut préférer la lumière oxhydrique.
Les mèches devront être toujours coupées avec soin. Il faudra allumer la lampe et laisser s'échauffer la lanterne, sans cela elle fumerait et répandrait dans la pièce une odeur insupportable. On ne règle donc définitivement la hauteur de la flamme que lorsque tout l'appareil est bien échauffé.
Eclairage a la lumière oxhydrique. — Cette lumière est produite par l'incandescence d'un cyhndre de chaux sur lequel on dirige un jet de gaz d'éclairage et d'oxygène. Cet éclairage, qui nécessite un matériel spécial, est néanmoins fort pratique dans les endroits où l'on a le gaz, parce qu'il n'est plus nécessaire de fabriquer soi-même l'oxygène, comme on le faisait autrefois. On trouve à la Compagnie de l'Oxygène à Paris
DES RÉDUCTIONS
des tubes de ce g-az comprimé qui sont d'un usage très pratique.
Précautions à prendre. — On place sur le support ad hoc de la lanterne un bâton de chaux, puis on enflamme le gaz d'éclairage. Jl est indispensable de chauffer doucement le bâton de chaux de manière à éviter son éclatement. Lorsqu'il est suffisamment chaud, on laisse pénétrer l'oxygène en ouvrant le robinet d'arrivée de ce gaz. Il faut également en modérer la venue.
On règle alors l'arrivée des deux gaz de façon à avoir le maximum de lumière possible; on ne doit entendre "aucun sifflement.
La lumière oxhydrique dégageant beaucoup de chaleur, il est indispensable d échauffer progressivement le condensateur et l'objectif; sinon, on risquerait de faire éclater la lentille d'arrière. Souvent, au début d'une séance, on voit une sorte de brouillard envahir l'écran : cela tient à l'humidité de l'air qui se trouve entre les lentilles. Pour éviter cet accident, avoir soin de faire marcher l'appareil quelque temps ou encore démonter les lentilles et les chauffer très légèrement.
La source de lumière doit être bien centrée; on y arrive par tâtonnements en examinant le disque lumineux sur l'écran. Celui-ci doit être uniformément éclairé et ne pas présenter d'ombres noires ou colorées, ombres qui se produisent parce que le point lumineux est ou trop haut ou trop bas, trop à droite ou trop à gauche, trop en avant ou trop en arrière. On fait la correction nécessaire en déplaçant dans le sens voulu le support du bâton de chaux.
Observation très importante. — Le mélange des deux gaz, oxygène et gaz d'éclairage, est détonant. C'est pour cette raison que le chalumeau oxhydrique ne