ESCALIER
naient les marches du côté du jour. On fait aujourd’hui les escaliers sans limons. Les marches sont engagées ou scellées, par leurs queues, dans les parois de la cage, et du côté du jour elles présentent les extrémités qui étaient encore à la fin du dernier siècle engagées par leurs collets dans les limons. La construction des escaliers s’est ainsi considérablement simplifiée aux dépens de la solidité de l’ensemble. Dans les escaliers en charpente, on relie les extrémités des marches du côté du jour et deux à deux par des cours de boulons en fer non apparents dirigés parallèlement à la pente générale, de telle sorte que chaque marche se trouve traversée par deux boulons au moins, l’un qui la relie à la marche inférieure, l’autre qui la relie à la marche supérieure. Ces boulons pressent les marches les unes contre les autres par leurs joints en coupe sur lesquels l’un appuie sa tôle et l’antre son écrou. Le dessous de l’escalier est ordinairement ravalé par un plafonnage soutenu par de petits soliveaux. — Les bois employés à la construction des escaliers doivent être excessivement secs. Dans les escaliers en pierre la stabilité s’obtient principalement aujourd’hui par le scellement des marches dans les murs de cage. Elle résulte aussi en partie de l’appui mutuel qu’elles se prêtent par leur superposition partielle formant ainsi voussoirs dans une sorte de voûte en plate-bande rampante.
On appelle ligne de foulée d’un escalier, la projection sur cet escalier de la route que l’on suit en le parcourant la main appuyée sur la rampe. C’est dans le plan do foulée que se mesure le giron d’une marche ou sa dimension de l’avant à l’arrière dans le sens de la progression. La grandeur du giron G est la largeur de la marche; la longueur de celle-ci ou Vemmarchement est la largeur de Y escalier, sa hauteur est le pas p. Quelques praticiens règlent le giron G et le pas p par la formule suivante :
Le pins ordinairement la largeur de la marche est O™. 32 et sa hauteur 0.16; un escalier trop doux est presque aussi gênant qu’un escalier trop roide, 0m.30 et 0m.36 paraissent devoir être les limites extrêmes de la largeur et 0m.13 à 0.19 celle du pas. Quant à l’emmarchemcnt, il varie surtout avec la destination et se trouve généralement compris entre 0“'.65 et 2m.
On appelle encore contre-marche le parement vertical du devant de la marche. — Paliers, les plans horizontaux qui séparent lesdi verses parties d’un escalier; — marche palière, cellequi au niveau d’un palier en forme le bord; — é chiffre , l’assemblage en charpente qui soutenait le premier limon ou même le mur qui servait de fondation à cet assemblage; — volées, les parties de l’escalier qui se projettent horizontalement en ligne droite; — quartiers tournants, celles qui se projettent en lignes courbes.
vio ESPACE— ESTRAN.
ESPACE. L'espace est nécessairement infini; car si l’on suppose un instant qu'il ait des limites, comme ces limites doivent occuper un espace, on se trouve ainsi conduit à ajouter indéfiniment l’espace qu'occuperaient ces limites à celui qu’elles circonscrivent, et ainsi de suite jusqu’à l'infini.
ESTRAN. Petite plage en glacis dont la majeure partie, limitée par des courbes horizontales qu’on appelle laisses de haute et de basse mer, n’est découverte qu’à marée basse.
ÉTAIEMENT. Etayer, c’est soutenir provisoirement et à l’aide de pièces de bois un terrain ou uneconslruclion qui teudrailà s’écrouler.
L’étaiemcnt, une fois reconnu indispensable, doit être exécuté sans délai et surveille avec le plus grand soin.
Mur de bâtiment. Si c’est un mur de bâtiment qui tend à se renverser, on Yarc-boute-, c'est-à-dire qu’on le soutient par des étais plus ou moins multipliés portant par leur about dans des entailles faites avec soin dans le mur et par leur pied sur une semelle établie sur le sol ferme. Si le sol ne présentait pas une résistance suffisante, on creuserait pour trouver un fond ferme, qdi servit d’appui à l’élai, ou l'on placerait sous la semelle un nombre suflisantdechanliersqui, la croisant à angle droit, répartiraient la pression sur une grande surface. L’angle aigu que forme un ctaiavec la semelle horizontale ne doit pas être au-dessous de 70°. On amène l’étai à cette inclinaison en faisant glisser lentement son pied sur la semelle à l’aide d’une longue pince en fer et non en le frappant avec une masse qui pourrait causer des ébranlements dangereux. Le pied de Tétai doit toujours être coupé en chanfrein, suivant une arête plus ou moins obtuse qui pénètre ainsi de quelque chose dans le bois de la semelle. Par quelques légers coups de marteau, on chasse une cale en coin, du côté de l’angle obtus que l’axe de Tétai forme avec l’horizon, et fixant la cale sur la semelle par quelques clous, l’étai se trouve raidi. — Lorsque plusieurs étais doivent concourir à soutenir le mur, il faut les roidir peu à peu, simultanément, de la même quantité, cl l’on doit faire attention à ne pas dépasser la roideur convenable, car on risquerait alors de renvcrserle mur en dedans.
Il est souvent nécessaire d’interposer des madriers entre les abouts supérieurs des étais et la paroi à soutenir; l'about de Tétai pénètre dans le madrier par un embrèvement.
On en use ordinairement ainsi dans les mines, et Tétai y forme un petit angle aigu au-dessus de la plus courte droite qu'on mènerait du mur au toit. Dans les bâtiments très mauvais, ces plateaux verticaux sont fixés contre le mur à l’aide de forts boulons qui les traversent ainsi que le mur et dont les écrous sont reçus par d’autres madriers intérieurs. Les étais s’assemblent quelquefois euxmêmes sur ces plateaux embrevés par les boulons.