ANTIMOINE. — APPAREIL
Ensuite on mettrait dans cette équation pour R et d R leurs valeurs résultant de l'équation (1) ce qui donnerait une équation d’où l’on tirerait r. Connaissant r, on déduirait R do l'équation (l). Ces calculs sout fort longs.
ANTIMOINE. Métal blanc un peu gris, très éclatant, lamelleux, un peu odorant, avec saveur sensible, peu dur, très fragile, poids spécifique 6.7 il 6.86; fond à 430° centigrades et se sublime un peu au-dessus de cette température.
11 se ternit à l’air, surtout lorsqu'il est humide, et se recouvre de sous-oxyde gris noir. Il s’oxyde rapidement à l’air, à l’aide de la chaleur; sans action sur l’eau à la température ordinaire, il la décompose très rapidement et quelquefois avec explosion, lorsqu’il est rouge de feu.
L’acidk nitrique faible le dissout en le faisant passer à l’état d’oxyde; il s’allie facilement à presque tous les métaux.
On le trouve quelquefois à l’état natif, il est alors blanc d’étain, il s’évapore complètement au chalumeau.
On l’extrait de ses sulfures qu’on trouve dans le Gard, l’Ardèche, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme, la Vendée.
Ces sulfures sont d’un gris bleuâtre métallique assez éclatant, lamelleux, fragiles, tendres, un peu tachants. Poids spécifique 4.62. Ils contiennent cnvironTi antimoine, 26soufre. Gangue ; le quartz, la pyrite de fer. Ce minerai est fusible à la flamme d’une bougie. Au chalumeau, sur le charbon, il est absorbé et se recouvre d’une masse vitreuse noire. On ne pourrait le confondre qu’avec le manganèse oxydé métalloïde; mais celui-ci est infusible.
L’antimoine du commerce ne ressemble qu’au zinc. On les distinguera l’un de l’autre â l’aide d’un coup de marteau, qui brisera l’antimoine et laissera son empreinte sur le zinc.
L’antimoineentre dans quelques alliages, et dans plusieurs préparations pharmaceutiques; on le mêle quelquefois a l’étain; il s’emploie encore dans la peinture en émail et la fabrication des porcelaines. Il entre dans la composition des caractères d’imprimerie : c’est son principal usage. Il entre aussi dans le métal d’Alger, dans quelques crayons, dans les planches d’étain sur lesquels on gravo la musique, dans les pièces d’artifice. On en produit en France annuellement pour une valeur d’environ 200 mille francs. On en importe et on on exporte peu.
L’antimoine sulfuré paie un droit d’entrée d’environ 12 fr. les 100 kil. et l’antimoine métallique un droit de 28 fr. 60 e.
APPAREIL. Disposition des matériaux dans une construction quelconque, et quelquefois, dans un sens plus restreint, disposition des matériaux apparents.
Cette disposition doit être telle, qu’elle produise d’abord entre les matériaux la plus forte liaison possible, puis un aspect agréable à l’œil
Principes généraux. Les pierres doivent être disposées de manière que leurs lits de carrière soient perpendiculaires à la résultante des efforts qui les compriment.
Leur jonction doit s’opérer suivant des plans ou des surfaces développables pour la plus grande facilité et la plus grande économie du travail.
Leurs faces ne doivent jamais présenter des angles aigus.
Les joints horizontaux peuvent être continus tout le long d:une même face de la construction, les joints verticaux, au contraire, doivent être discontinus, et ce , de telle sorte que chaque joint vertical corresponde au plein de la pierre inférieure, ce qu’on appelle liaison en plein sur joint.
Si la surface d’appareil est courbe , il convient que l’une des séries de joints soit tracée suivant ses lignes de plus grande courbure, et l’autre suivant scs lignes de plus petite courbure.
Lorsqu’un mur forme des arrêtes rentrantes ou saillantes, il faut éviter de placer des joints le long de ces arrêtes. Si l'angle est rentrant, on préfère recreuser un peu la pierre. (Foy. Ardant, Cours de constructions .)
Les figures des planches V, VI, VII et VIII montrent l’application de ces lois générales aux cas particuliers qu’on rencontre le plus fréquemment.
(Fig. lj pl. V.) Mur vertical ou dont le talus n’est que de -. Lits horizontaux, joints verticaux, pleins sur joints.
Si la direction des efTorls exigeait que le mur eût une plus grande inclinaison, fig. 5, ou si ce mur formait une surface conique, les joints horizontaux devraient, sur une petite longueur seulement, être dirigés suivant des surfaces planes ou coniques normales au parement.
Si le mur est cylindrique, fig. 2, 3, 4, pl. V, les assises sont horizontales et les joints verticaux sont situés dans des plans méridiens. Les fig. 3 et 4 montrent la disposition des boutisses et panneresses de deux assises successives A et B.
Appareil d crans. L’appareil de la fig. 5 , fort convenable dans les travaux ordinaires, ne devrait pas être préféré s’il s’agissait de travaux hydrauliques, surtout à la mer. L’appareil à crans des fig. i , 2 et 3, pl. VI, plus dispendieux, il est vrai , offre moins de chances de dislocation. On voit qu’on a pratiqué dans les lits un ressaut ou cran parallèle au parement, et un pareil cran dans les joints verticaux en donnant à ces joints une direction telle que chaque boutisse forme une queue d’hirondc pour retenir les panneresses contiguës.
Il est nécessaire que dans chaque assise le joint de devant soit un
peu plus large que le joint intérieur, qui est le plus étendu , et qui doit supporter seul toute la pression, pour éviter les éclats sur le parement.
M. le cotoncl Émy a remarqué que dans les travaux hydrauliques, et malgré tous les moyens d’engrenage des parties d’un appareil les unes avec les autres, des pierres de parement se sont détachées, et ont même été arrachées de leur place. En observant ce mode de dégradation, il a reconnu que le tassement de la maçonnerie de pierre de (aille étant moindre que celui de la maçonnerie de moellons , cette dernière en tassant avait fait baisser les queues des boutisscs et les avait forcées à prendre la disposition en éventail, pl. V, fig. 6, qui dégageait toutes les panneresses : le grand effort produit par lo tassement a môme fait rompre quelques boutisses b. Le même effet avait déjà été remarqué sur les revêtements en briques des places fortes. M. le colonel Emy a remédie à ces dégradations par l’appareil suivant.
Appareil à boutisses calées. {Fig. X, 5, 6, 7, 8 et 9, pl. VI.) On cale toutes les queues des boutisses , depuis la fondation jusqu’au couronnement, par des dés en pierre de taille exactement arasés au même niveau que les assises auxquelles ils correspondent, de façon qu’il n’y a pas une seule boulisse engagée ou portée à faux dans la maçonnerie de moellons. Les fig. 4,5,6 représentent le cas d’un revêtement aplomb; et celles 7, 8, 9, le cas d’un revêtement à talus. On emploie d’ailleurs l'appareil à queues d’hironde pour lier les panneresses aux boutisscs, et l’appareil à cran pour unir les assises entre elles. Les des ou cales doivent atteindre de fond en comble l’aplomb ai de la queue de la boulisse la plus élevée, mais non la dépasser.
Murs en pierres sèches à talus extérieur. {PL VI, fig. 10.) On dispose les pierres perpendiculairement au plan du talus, et lorsqu’il s’agit de murs de quai on ne dispose même plus les assises horizontalement : les lignes d’assises, toujours à peu près parallèles, plongent de l’aval vers l’amont. Le choc des eaux et des glaces se répartit ainsi sur plusieurs assises. On couronne le sommet du mur avec des pierres de fort échantillon, dans le but d’empêcher, autant quo possible, les eaux pluviales de s’infiltrer dans le massif.
Appareil de revêtement cylindrique concave. {PL Y, fig. 7.) Ce revêtement cylindrique, proposé et exécuté par le colonel Émy, est destiné à porter au vide l’effort des flots de fond, en changeant à chaque instant leur direction.
Par l’effet de la coupe de son appareil en voussoirs, les pierres et les mortiers ne peuvent sortir de place.
A la solidité près, ce genre d’appareil peut être imité pour les coursiers des roues hydrauliques.
Appareils pour revêtement en briques. {PL VII, fig. 1.) Briques,
boutisscs et panneresscs alternatives; on continue le mnr tout en boutisses. Il est préférable, pour les revêtements, à l'ancien appareil de la fig. 2 , composé de lits successifs de boutisscs et de panneresses ; il ne vaut pas toutefois celui de la fig. 3, dans lequel chaque assise se compose successivement d’une panneressc et de deux boutisses jointives, le reste en boutisses, et l’assise supérieure étant disposée de manière à croiser les joints verticaux. Toutefois M. le colonel Bergère remarque que ce dernier appareil présente encore cet inconvénient, qu’il est impossible de croiser les joints verticaux , de manière à éviter un petit joint vertical continu, correspondant aux parties a b. Il lui préfère l'appareil de la fig. t, composé de lits successifs de boutisscs entières et dcmi-boulisscs au parement : le resto du mur est achevé en boutisses entières. C’est celui qu’il a adopté pour la place de Lille en 1817. Tous les joints verticaux se recouvrent totalement, toutes les trois assises, pour peu qu’on recommande aux maçons de placer les demi-briques en quinconce. ( Mémorial du génie, tome 7.)
Appareil s pour murs entièrement en briques. (Fig. 5.) Mur dit d’un# brique. On rompt la continuité des joints verticaux en intercalant une dcini-brique coupée sur sa longueur, en arrière de la première panneresse de l’angle. On procède d’ailleurs par assises horizontales successives de panneresscs jointives sur boutisscs jointives, puis boutisses jointives sur panneresscs jointives. La fig. 10 montre l’élévation de l’angle.
Fig. 9. Appareil flamand qui montre une boutisse, puis deux panneresses, et ainsi de suite dans chaque assise, les lignes ponctuées indiquent la disposition dans l’assise supérieure.
Fig. 6. Mur de une brique et demie. Le milieu de la largeur des briques de chaque assise correspond alternativement aux milieux des boutisscs et à leurs joints.
Fig. 11 et 12. Elles indiquent deux autres dispositions. Dans l’appareil 11 on retrouve d’un côté l’appareil 9, de l’autre des demiboulisses correspondent au milieu des panneresses et le milieu des panneresses correspond au milieu de l’extrémité des boutisses.
Dans la fig. 12, la disposition est la même pour le dedans et le dehors du mur. Les queues des boutisscs sont conligués; ce qui produit des vides qu’on remplit par des demi-briques.
La fig. 13 montre l’élévation d’une des faces de l’angle.
Fig. 7. Mur de deux briques. Les boutisscs du parement ne sont de deux en deux que de \ brique afin de rompre la continuité des joints, et l’on se conforme d’ailleurs au principe de la fig. 5.
Fig. 8. Disposition facile à concevoir et tout à lait analogue à celle de la fig. 7.
Piliers entièrement en briques. (Fig. Il, 15. 16 et 17.) L’appareil
de ces piliers se conçoit à l’inspection des deux assises successives représentées par les figures.
Appareils des têtes de voûte. L’appareil des têtes de voûtes doit, autant que possible, se raccorder avec les assises de la face dans lesquelles la voûte est ouverte.
Pour y parvenir, on combine l’épaisseur des voussoirs et celle des assises de manière à obtenir une certaine régularité qui flatte l’œil, et dont on voit deux exemples bien distincts fig. 4 et 5, pl. VIII; les tracés qui suivent pourront souvent satisfaire à cette condition.
Appareil d’une tête de voûte , plein antre ayant sept voussoirs au plus. ( Pl . VIII, fig. 2.) Prenez sur le prolongement du diamètre
horizontal et en dehors de l’une des naissances, une distance =
qui donnera un point m; puis, en dedans du cercle, et à partir de
l’autre naissance, une distance = - qui donnera un autre point o.
De o, comme centre avec om pour rayon, décrivez l’arc mz; cct arc limitera la longueur des joints inclinés des voussoirs. A partir de cet arc, ils se replieront horizontalement pour se raccorder dans le plan des assises.
Appareil d’une tête de voûte plein cintre ayant neuf voussoirs au moins. (Pl. VIII, fig. 3.) Prenez en dehors de l’une des naissances
une distance = -- qui déterminera nn point m; puis, en dedans du cercle et à partir de l’autre naissance, une distance = — qui donnera
un pointo. Du point o, comme centre, et du rayon om, décrivez l’arc mz, qui limitera les joints des voussoirs qui se replieront.! partir de l’arc mz pour se raccorder horizontalement avec les assises du mur.
Appareil d'une plate-bande. ( Pl . VIII, fig. l.)Les joints, sur une partie de leur longueur, sont dirigés vers un centre commun O qui est le sommet du triangle équilatéral dont l’intrados est la base. De ce centre O ainsi déterminé, on décrit un arc de cercle AB qui a l’intrados AB pour corde, et à partir de cct arc on dirige les joints verticalement, à l’exception des joints horizontaux mn, pq qu’on reporte à quelques centimètres en contrebas du point A. La plus petite épaisseur verticale qu’on puisse donner à une plate-bande, se détermine en élevant au point A de la naissance une perpendiculaire A E à la direction AL du coussinet, marquant le point Ë de rencontre avec la verticale O E du milieu.
Il convient toujours de sc tenir au-dessus de cette limite inférieure.
Ordinairement, on termine l’extrados de la plate bande à un arc concentrique, à celui auquel s’arrêtent les joints inclinés.