‹ Aidemémoire général et alphabétique des ingénieursChapitre 72 sur 302 · HEURE · texte numérisé non relu

HEURE

du lieu, ou obtiendra l’ascension droite du soleil moyen pour ce lieu et cette heure moy enne, en ajoutant

à l’ascension droite du soleil moyen prise pour le midi moyen de Paris dans la Connaissance des ttmps. On trouverait ainsi que, pour un lieu dont la longitude occidentale serait en temps sidéral 27m, 1 y, il faudrait ajouter 4*. 48 à toutes les ascensions droites moyennes a midi moyen données dans la Connaissance des temps, pour avoir celles qui correspondent à son midi moyen ou au moment où l’on y compte 0b,0“,0*. Il faudrait au contraire retrancher 7*. 25, si la longitude du lieu était orientale et = — 44m,8*.

Le troisième procédé suppose que l’axe optique de la lunette d’observation est rigoureusement situé dans le plan du méridien du lieu. Mais, comme une étoile ne peut être à la même hauteur vers l’est et vers l’ouest qu’autant qu’elle est à des distances égales du méridien, on peut, au lieu d’observer son passage dans ce plan, prendre pour l'instant de ce passage le milieu de la durée qui sc sera écoulée entre les deux instants où elle a été vue à la même hauteur de part et d’autre du méridien. Il est convenable que ces hauteurs correspondantes de l’étoile soient observées lorsque l’astre est à 2 heures au moins du méridien de l’observateur, si

Cette méthode, pour obtenir l’instant du passage d’un astre au méridien, ne s’appliquerait point au soleil (deuxième procédé) sans exiger une petite correction due à ce que l’astre changerait sa déclinaison entre les deux observations, et n’est point dès lors rigoureusement à la même hauteur pour des intervalles de temps égaux pris avant et après midi vrai. Voyez pour ce cas V Astronomie pratique de Francœur,

4e Procédé. On peut encore trouver l’heure par la connaissance de la hauteur absolue d’une étoile ou du centre du soleil à un instant quelconque. Ce problème se trouve résolu, pag. 41, au mot Angle horaire.

C’est peut-être ici le lieu de donner les règles pratiques et simples à l’aide desquelles on convertit une durée sidérale en arc, et réciproquement. Pour convertir une durée en arc. divisez par 4, changez les m en o , les * en les tierces t en ", ainsi :

ih,51m,54' = 1 11™, 54' donnent, en divisant par 4, 27m,58’,30‘ ,

soit en arc 27°, 58', 30",

réciproquement, pour réduire les arcs en temps sidéral, multipliez par 4, changez les o en m, les ' en*, etc.; ainsi 27°, 58', 30" multipliés par 4, donnent 1 1 1°, 5 4', 0" , soit en temps 1 1 in',5t',0‘= lh,5tn,,5i*,0l.

HOMME -moteur. 923

HOMME -moteur. De tous les agents mécaniques que nous puissions employer pour produire un travail continu, l’homme est celui qui, d poids égal, donne jusqu’ici le plus grand effet. Ce travail augmente considérablement avec la quantité et la qualité des aliments solides et liquides dont les manoeuvres se nourrissent. Il diminue au contraire en mémo temps que la température du milieu augmente. J’ai eu l’occasion de me convaincre que des manœuvres anglais (porteurs à dos) , qui vivent de substances animales et de liqueurs fermentées, étaient capables d’un travail presque double de celui que j’ai obtenu de montagnards basques d’apparence robuste, mais vivant d’eau, de maïs et de fromage; et Coulomb a observé lui-môme que, à La Martinique, où le thermomètre est rarement audessous de -25*, et où les hommes sont presque toujours inondés de leur transpiration, ils ne sont pas capables de faire la moitié du travail journalier qu’ils peuvent fournir dans nos climats. Cette observation résulte de la comparaison de grands travaux faits par les troupes sous l’une et l’autre latitude. La continuité et l’uniformité absolues du travail nuisent aussi à la quantité, et les hommes de peine préfèrent, en général, un petit excès de travail de quelques instants, suivi d’un intervalle de repos, à un travail continu moindre, mais d’une plus longue durée.

Limites. Sous une charge de 150 à 200 kilog., un homme ordinaire pourrait à peine se mouvoir; à la plus grande vitesse qu’il puisse prendre, et qui est de 7m.70 d’après M. Bouvard, il ne peut exercer aucun effort. — L’homme n’est donc capable d’aucun travail dans le sens mécanique du mot, ni sous cette charge extrême, ni à celte vitesse extrême.

Homme sans charge. Coulomb estime qu’un homme éprouve la même fatigue à s’élever sans charge à 0,n.135, qu’à parcourir sans charge cl horizontalement une distance seize à dix-sept fois aussi grande = 2m.275.

Il résulte d’autres observations que l’homme dont le poids moyen en France = 65 kil., peut s’élever dans une journée de marche à 4320 mèt. de hauteur, ou parcourir horizontalement 54000 met. Il semblerait dès lors que l’homme éprouve la même fatigue, soit qu’il s’élève de 1 mèt. , soit qu'il progresse horizontalement de 1 2m.50, ce qui altérerait notablement le rapport 1 à 17 donné par Coulomb. — Il est vrai que Coulomb, d’après les renseignements que lui avait fournis Borda, évaluait à 2923 mèt. seulement la hauteur maximum à laquelle des hommes sans charge et habitués à monter pouvaient journellement s’élever ; il affirme même n’avoir point trouvé d’homme qui, pour le prix d’une journée, voulût monter dix-huit fois sans charge à la hauteur de 150 mèt. par un escalier assez commode taillé dans le roc; ce qui eût exigé que l’homme

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s'élevât dans la journée à 2700 mèt., et descendit de la môme hauteur. Toutefois, les observations prolongées, faites en 1831 et 18.32 à Vincennes par M. le capitaine du génie Coignel, ont clairement démontré non-seulement que l’homme pouvait s’élever dans uuc journée à des hauteurs plus grandes que ne le pensaient Coulomb et Borda, mais encore qu’aprés qu’il s'èlait élevé sans charge, on pouvait utiliser sa descente et son poids pour remonter des matériaux en obtenant un effet utile très-considérable. A l’aide de la machine très-simple et très-ingénieuse de M. Coignel, les manœuvres montaient, à l’échelle, a une hauteur verticale = 13 mèt.; ils entraient alors dans une sorte de plateau de balance attaché à une corde passant sur une poulie fixe, et portant à son autre extrémité un plateau semblable au premier, dans lequel se trouvaient les matériaux à élever verticalement, cl auxquels le manœuvre faisait ainsi contre poids (voyez Mémorial du Génie, t. 12); toutes les précautions avaient été prises d’ailleurs pour modérer la vitesse du mouvement et la réduire à 1 mèt. Chaque homme, dans une journée de dix heures, faisait trois cent dix ascensions à 1 3 met. à l'aide d’une échelle inclinée à un de base sur trois de hauteur, et dont les échelons avaient 0m.25 d’écartement d’axe en axe. Son poids moyen étaut évalué par M. Coignel à 70 kil. , il dépensait dans la journée un travail = 70kX 310 X <3 = 70k X 4030”>= 282100km. Les 0.916 de ce travail, grâce à l’extrême simplicité de la machine, ont effectivement représenté le travail dû à l’élévation des matériaux, ou l’cfTct utile du système.

Enfin, il résulte d’observations du docteur Fortes que h étant la hauteur verticale en mètres dont un homme non chargé peut s’élever en une heure , a l’angle de la rampe, on a

ha ,M-= — — — 245 sin. a. ? sin. a par heure,

( sm. (a -|- 5°) j * ’

et ce travail peut durer huit heures chaque jour au moins, cl se renouveler tous les jours.

Quand l’angle % est nul, h devient une distance horizontale qui correspond à 6500 mèt. ; si, au contraire, l’homme moule une échelle verticale a = 90°, sin. (a 4- 5°) = sin. 95° = cos. 5°; sin. a = 1 et h — 330 ; de sorte que, d’après ces observations, l’homme éprouverait une même fatigue pour s’élever de 1 met. verticalement, et pour progresser horizontalement de 19m.7 ou 20 mèt. en nombre ror.d, rapport qui diffère encore des deux évaluations précédentes.

Les plus grandes valeurs de h correspondent d’ailleurs à des rampes comprises entre 20° cl 30®, on a alors A=environ 450 mèt. par heure, de sorte que, en élevant la durée du travail à 9 heures, l’homme pourrait sur de telles rampes monter tous les jours à

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4050 mèt. ; résultat qui coucorde assez bien avec celui qui a clé obtenu par M. Coigncl.

Vitesse sans charge ou avec faible charge. La vitesse d’un homme qui sc promène en plaine, sans charge, est de lm.30 à lm.60. Dans une forte journée de marche, il peut parcourir facilement 50000 et, au besoin, 54000 mét. tous les jours.

Le soldat de l'Empire portait habituellement, savoir : son habillement, y compris la capote, 7k.13 fusil, baïonnette et bretelle, 4k 814-f- giberne garnie, lk.233-|- sac garni, 5k.503, total 18k. 680 ; souvent, en outre, deux paquets de cartouches daus le sac, lk.323 — pain pour quatre jours et viaude pour deux jours, 4k.169. La giberne garnie pèse quelquefois 2k.556,ct le grenadier portait en outre deux épaulettes, un sabre et un baudrier pesant ensemble lk.706.

En troupe, il parcourait

au pas ordinaire, 50 mèt. par minute, soit vitesse 0". 8

au pas accéléré, 66 fm.10

au pas de course, 130 2". 10

La longueur du pas ordinaire et du pas accéléré est sensiblement la même et 0,u.66.

Portage à dos, horizontal et vertical. Dans le transport horizontal, l’effet utile maximum parait correspondre à des charges de G0 kil. et le produit de la distance, horizontalement parcourue par la charge, est alors de 692400 k'm'. (J’accentue les initiales de kilogrammemètre, afin que ces résultats ne soient pas confondus avec le travail d’élévation verticale des charges.)

D’après Coulomb, des portefaix ne pourraient, deux jours de suite, faire six voyages par jour à 2000 mèt., chargés en allant d’un poids de 58 kil., et revenant à vide.

De forts colporteurs lui ont affirmé que tout le chemin qu'ils pourraient parcourir en une journée, sous une charge de 44 kil., était de 18000 à 20000 mèt., soit effet utile de la journée 792000 A' m' à 880000 k'm'

D’après M. l’ingénieur Gervoy, dans certaines mines de houille, les porteurs à dos transportent le combustible dans des sacs qu’ils tiennent d’une main, tandis qu’ils s’appuient de l’autre sur uo bâton. Ils portent ainsi de 50 à 75 kil. dans les parties de niveau, 40 seulement dans les montées de 45 à 50 degrés d’inclinaison, disposées en escaliers. Le produit de la charge par la distance utile journellement parcourue varie de 192000 à 304000.

Une pente descendante en deçà de 13° favorise le transport; mais au delà, elle est moins avantageuse qu’un terrain de niveau, et, quand elle dépasse 20°, le transport à la descente est aussi pénible, au moins, que s’il fallait remonter la pente.

Dans la mine du Breuil, exploitée à ciel ouvert, chaque porteur

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fait quarante voyages par jour sous une charge de 60 kil. qu'il élève à 24“. 27 par une pente assez roidc. — Il reçoit 2 fr. par jour, et fait un travail utile = 58248 km, résultat qui dépasse celui 56160 km admis dans les tables.

Dans la mine de Roche-Molière, chaque porteur se charge de 51 kil. parcourt 14 mèt. horizontalement, puis 22 mèt. sur une rampe de 20°. — Il fait cent trente-cinq voyages par jour, et gagne 2 fr. 30 c. travail utile =(61499.8 km 238771.8 k'm'). Ce résultat dépasse considérablement celui que donnent les tables.

D’après M. Guenyveau, au contraire, l’effet utile journalier d’un manœuvre qui monte de la houille par un escalier très-roide, ne doit être évalué que de 42000 à 50000 km , cl la charge par voyage ne dépasserait pas 35 à 40 kil.

Portage à dus sur crochets. On estime que le travail utile maximum d’un crochcteur, correspond à des charges d’environ 55 kil.

Coulomb ayant demandé aux crochctcurs qui montaient son bois quel était le plus grand travail journalier de ce genre dont ils étaient capables, le plus fort d’entre eux répondit que une fois, il avait monté dans un jour dix sept voies de bois à un premier étage, dont il estimait la hauteur à 5 mèt., et qu’il avait été ensuite deux jours sans pouvoir travailler. On ne pourrait, à ce compte, obtenir d’un fort crochcteur un travail utile journalier = 66640 kil. mèt.

Coulomb n’a pu parvenir à faire monter par le mémo homme plus de 4404 kil. h 12 mèt. de hauteur dans la journée.

Ce crochcteur montait chaque voie, ou 734 kil., en onze voyages moyennement, savoir en dix voyages les premières, et en douze voyages les dernières. Il élevait à chaque voyage, en 1™. 1 , 66k.7, ou mieux, à cause du poids des crochcls,68kil.a 12 mèt., cl faisait ainsi soixante-six voyages dans sa journée. — Il mettait à descendre l’escalier et à charger les crochets à chaque voyage, 4“. 8 ; d’où travail utile journalier =66 X <2 X 68 = 53856 km.

On admet qu’en moyenne un manœuvre qui élève des matériaux sur son dos et qui revient à vide chercher de nouvelles charges est capable d’un travail utile journalier = 56160 km. En prenant 702000 k'm' pour le travail utile journalier du porteur à dos eu chemin AonsorUo/.lorsqu’il revient à vide chercher de nouvelles charges, on trouve que l’homme chargé éprouve encore la môme fatigue pour s’élever à 1 mèt. de hauteur que pour parcourir horizontalement avec sa charge 12™. 50; c’est l’un des rapports déjà trouvé pour l’homme non chargé.

Traîneur sur le sol. Sur un sol assez inégal et argileux, un homme peut, à l’aide d'un traîneau chargé de 90 kil., transporter vingtquatre fois ce poids dans sa journée à 290 mil. cl ramener le trai-

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neau vide; ce qui donuc pour l’effet utile journalier de ce mode de transport, d’après M. Guenyveau, 626000 k m1.

Routeur sur le sol. Un traîneur attelé à une benne à l’aide de bricoles, aidé d’un enfant qui pousse par derrière, font un travail utile jornalicr qui varie de 400000 à 800000 kil. transportés horizontalement à 1 mèt , suivant l’état du chemin. — La charge ordinaire correspondante à de bons chemins à peu près de ni veau est de 120 kil. indépendamment du poids de la benne.

Charrette à bras et à bricole. L’effet utile journalier de ce mode de transport en terrain horizontal s’élève, d’après M. Guenyveau, à 2300000 k'm'.

Routeurs sur chemins de bois. Avec des chariots bien construits et roulant sur des plateaux de bois dont la pente est de 0.03 à 0.01, un homme peut pousser en descendant 4 à 500 kil. de minerai et remonter fe chariot vide. »

A l'aide d’un petit chariot porté sur quatre roues très-petites roulant sur des planches en terrain de niveau, l’effet utile journalier, d’après M. Guenyveau, serait de 900000 k'm' à un million de k'm'. — Lorsqu’il y a des inégalités sur le sol supposé d’ailleurs horizontal, l’effet utile se réduit à 600000 k'm'.

Én faisant usage de chariots du poids de 120 kil. montés sur quatre roues en bois cerclées de fer feuillard ayant diamètre à l’avant 0m.22 et à l’arrière 0m.28, circulant sur deux lignes de madriers en pin de 0m.06 épaisseur et 0m.35 largeur, chevillés sur d’autres madriers semblables et transversaux, la pente du chemin étant 0.035 en faveur de la charge, les essieux de O™. 0026 diamètre, étant graissés d’huile d’olive, quatre rouleurs transportent tous les jours à 190 mèt. de distance 171 fois la charge de 400 kil.; d’où, distance totale parcourue dans sa journée par chaque routeur = 16245 mèt. et effet utile journalier d’unrouteuraidè par cette pente 3249000 k'm'.

Rouleurs sur chemins de fer. On peut admettre que, sur une voie de fer formée simplement de bandes clouées sur deux lignes de solives en chêne reposant sur des traverses, on obtient d’un routeur un effet utile journalier = 5705700 k'm'.

M. l’ingénieur Gervoy a trouvé qu’à la mine de Rochc-la Molière, un homme, aidé par une pente de 0.002, traînait aisément sur un tel chemin de fer 600 kil. de houille à 232 mèt. et faisait 40 voyages par jour; ce qui donne pour l’effet utile journalier 5568000 k'm'.

Un homme peut charger un wagon vide d’une capacité 0m,,in‘.357 de 600 kil. de minerai en 18 à 24 minutes, le rouler plein et pesant alors 1000 kil. sur un chemin de fer de niveau à la distance de 1050 mèt. en 17“, le vider en 7 à 8 minutes, le ramener vide en 1 2”, faire ainsi six voyages complets dans sa journée de 8 heures, et, en outre, graisser ses essieux, charger ses outils. 11 parcourt ainsi

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12593 mèl.; transporte 3600 kil. et donne en 7 heures de travail effectif =3 777 840 kil transportés horizontalement à 1 mèt., non compris le travail accessoire.

Brouetleur. D’après les données de Yauban, un bronetteur peut journellement transporter 14“n'".79 de terres à 29". 226 de distance en cinq cents voyages. Ainsi, il parcourt charge 14613 mèt. et autant en ramenant la brouette vide. Coulomb a trouvé qu’au point où les hommes saisissent les bras de la brouette chargée cl qui est situé à t“.50 environ de l’essieu, l’effort est de 18 à 20 kil., et qu’il se réduit 5 à ou 6 kil. lorsqu’elle est vide. La charge des brouettes est d’ailleurs de 70 kil. et leur poids propres 30 kil. Le produit des poids transportés par la distance horizontale qu’ils parcourent donne 1022700 k'm'. Ce résultat est un peu plus faible que celui 1080000 qui est indique dans les tables.

En rapprochant cet efîet utile de celui qu'il a obtenu pour les portefaix, Coulomb conclut que, en chemin horizontal, cent hommes avec des brouettes font, à peu de chose près, le travail de cent cinquante hommes avec des hottes.

Il parait, du reste, d’après les observations de M. Combes que l’effet utile journalier du transport à la brouette peut être notablement augmente en chargeant la brouette de cent kilogrammes.

Cependant, je trouve dans une de mes notes, et sans pouvoir me rappeler où je l’ai prise, que, un brouetleur, dans la mine de..., mène une charge précisément de cent kil. à 200 mét. de distance moyenne, et qu’il ne fait ainsi que trente-six voyages par jour sans relais et en roulant sur le sol même. — Son effet utile journalier n’atteint donc à ce compte que 720000 k' m'.

il semblerait, néanmoins, que le brouettage serait en général préférable au traînage dans les mines, si le déchargement des brouettes n’entraluait point des déchets de matières quelquefois importants.

Extraction des puits. En puisant de l’eau dans un puits de 37 mèt. profondeur au moyen d’un double seau, un homme a pu élever, deux jours de suite, cent vingt seaux chaque jour. L’effort qu’il exerçait sur la corde était =16 kil. d’où travail dépensée 16 X 120 X 37 = 71000 km. Ou compte, cependant, dans les tables, qu’un manœuvre, qui élève ainsi des poids à l’aide d'une corde et d’une poulie, ce qui l’oblige à faire descendre la corde à vide, exerce un effort moyon = 18 kil., donne à la corde une vitesse =0”20, et fait, dans une journée de 6 heures, un travail utile = 77760 km.

Cabestan. L’effort exercé par un homme sur la barre d’un cabestan est moyennement de 12 kil. et peut être porté à 20 kil. pendant un temps assez long, la vitesse qu’il prend, si le rayon n’a pas moins de 2™. 25 à 2"’. 50, est d’environ 0.90. L’effet utile journalier, évalué dans quelques tables à plus de 200000 k’ m', est réellement inconnu

HOMME-wtofeur. 929

Une observation de Hachette donne 100000 km seulement, le travail journalier étant d’ailleurs partagé en quatre relais de lh.20o* chaque. Mais cette observation, faite à Bicélre,aporlûsurdes hommes infirmes, mal nourris, la plupart épileptiques.

Halage à la bricole. Suivant Perronet, un seul homme tire h la bricole sur un canal un bateau chargé de 50000 kil. et lui fait parcourir en dix jours 110000 mèt. L’effet utile journalier serait ainsi = 550 000 000 k' m'.

Travailà la manivelle. D’aprèsCoulomb.onévalueà 12ouàl3kil. l’effort exercé par un homme sur une manivelle ; toutefois, dans un travail continu, il réduit cet effort à 7 kil. et estime que, alors, les travailleurs ne font guère que vingt tours par minute, la circonférence décrite n’ayant que 2”. 30 et le nombre d’heures de travail effectif étant réduit à six. Il en résulte, travail dépensé

Les tables admettent un effort moyen = 8 kil.; vitesse du bouton de la manivelle = 0m.75 ; durée du travail journalier = 8 heures, ; effet utile journalier = 172800 km.

On a encore observe dans l’extraction du minerai par des puits souterrains, que le travail utile journalier de l’homme appliqué à la manivelle d’un treuil s’était élevé moyennement à 149750 Am. Le travail absorbé par les résistances passives a été £ du travail total.

Emerson affirme que le travail utile d’«n homme à la manivelle étant trois, celui de deux hommes s’élève facilement à sept, lorsque les deux manivelles sont disposées à angle droit sur le môme arbre.

Hallage des pilots. Les moutons ordinaires pesant de 350 à 450 kil., les hommes élèvent le mouton d’à peu près 1“.10, et l’on bat à peu près vingt coups par minute; après quoi les hommes se reposent autant de temps qu’ils ont travaillé. — Malgré ce repos, on est oblige de les relever le pins souvent d’heure en heure. Coulomb n’a jamais vu de travailleur pouvant résister à plus de trois heures de travail effectif dans Ja journée. On met ordinairement sur la sonnette un nombre d’hommes tel que chacun d’eux élève 19 kil. du mouton. Il en résulte pour l’effet utile journalier 75200 km.

A la Monnaie de Paris, où l’on frappait autrefois les pièces avec un mouton, Coulomb avait trouvé : poids du mouton élevé par deux hommes, 38 kil.; poids élevé par chacun, 19 kil.; élévation du mouton à chaquecoup, O”. 40; nombre de coups par journée, 5200 : d’où effet utile journalier par homme = 39500 k m, quantité qui dépasse peu la moitié de la précédente.

Batteur au fléau. D’après M. Gosselin , le poids moyen d’un fléau est 1 kil.; le batteur élève le fléau à chaque coupa 2". 50 environ et il lui imprime, en outre, de haut en bas, une vitesse qui peut être

930 HOMME. — HOUILLE. — HUNTSMAN.— HYDROGÈNE, regardée comme duc à la mémo hauteur, d’où travail par coup = 1\2.5 -j- 2.5)= 5“”, le nombre de coups est quarante par minute, la durée journalière du travail 10 heures, y compris le temps consacré à étendre les gerbes et à les retourner, temps qui appartient au travail.

Les cultivateurs, qui ne comptent point en kilogrammes-mètres, s’accordent sur ce résultat d’expérience: un ouvrier dont le fléau marche à quarante coups par minute, bat trente-trois gerbes dans sa journée de 10 heures.

Travail à la bêche. D’après Coulomb, qui ne donne d'ailleurs ce résultat que, à titre d’approximation, un travailleur à la bêche fait pour l’enfoncer de 0ra.-25 un effort moyen =15 kil. et répète le même travail 14316 fois par journée; en outre, il élève autant de fois 6 kil. de terre, plus lk.7 = poids de la bêche à 0".40, d’où

travail dépensé pour enfoncer la bêche 53600

travail pour retourner la terre 43000

travail journalier , total 90600 k m

il s’agit ici d’un excellent laboureur.

Terrassier. On compte qu’un manœuvre, qui élève des terres à la pelle à la hauteur de t”.60, produit en une journée de 10 heures un travail utile = 38880 km, je n’ai pas même obtenu la moitié de ce résultat, d’ouvriers lucquois constamment surveillés, mais trèsmal nourris cl sous le climat de la plaine orientale de la Corse.

Rameur. D’après D. Bernouilli, un homme qui rame développerait en 8 heures sur 24, un travail de 275000 k m.

Roues à marche. Ces roues offrent sur leur contour extérieur des planchettes saillantes comme les aubes planes des roues hydrauliques. Les travailleurs s’élèvent sur ces palettes comme sur les marches d’un escalier en sc tenant avec les mains à des tringles horizontales. Leur poids fait alors tourner la roue. La hauteur du pas est d’environ 0m.20, le nombre de pas par minute a varié dans les divers établissements de 35 à 87, les chemins parcourus dans la journée de 2229“ à 5352", et l’effet utile journalier par homme, de 143643 h 342528 km, d’après M.Ch. Dupin.

HOUILLE. (Voyez CoMncsTiow et Commstibles, pag. 356 à 374.)

HUNTSMAN (Benjamin), né dans le Yorkshirc en 1704, mort en 1776. — Huntsman est le créateur de la méthode par laquelle on obtient cucore aujourd’hui l 'acier fondu.

HYDROGÈNE. Corps simple, gazeux, sans couleur, sans odeur lorsqu’il est parfaitement pur, mais qui acquiert une odenr désagréable par son mélange avec de faibles quantités de matières étrangères. Le poids de l’air étant pris pour unité, celui du gaz

HYDROGÈNE. —HYDROGÈNE SULFURÉ. 931 hydrogène pur est au plus = 0.0688. C’est donc le plus léger de tous les corps connus, qualité qui le rend très-propre à remplir les aérostats.

Bien qu’il éteigne les corps en combustion, il est lui-méme éminemment combustible, ce qui lui valut, de la part des anciens chimistes, le nom d’air inflammable. Sa combustion reproduirait de l’eau ; elle n’est guère déterminée qu’à la chaleur rouge et elle produit une température extrêmement élevée. Suivant M. Desprelz, la quantité de chaleur dégagée pour chaque gramme d’oxygène absorbé par l’hydrogène, lorsqu’il brûle, est capable d’élever 2578 grammes d’eau de 1 degré du thermomètre centigrade.

MM . Silberman et Fabre, dans des expériences plus récentes, sont parvenus à un résultat bien supérieur. D’après ces habiles expérimentateurs, la combustion de 1 gramme d'hydrogène dégagerait assez de chaleur pour élever 34462 grammes d’eau de 1°, ce qui revient à 4307.7 grammes d’eau élevés de 1° pour chaque gramme d 'oxygène absorbé par la combustion.

Préparation. On obtient le gaz hydrogène des laboratoires par lo procédé suivant : .à un flacon d’un litre à deux tubulures adaptez sur l’une d’elles un tube recourbé qui permette de recueillir le gaz sur l'eau bouillie, et sur l’autre, un tube droit de 0,u.003 de diamètre qui plonge jusqu'au fond du flacon ets’élèvc au dehors jusqu’à 0n,.12 à 0m. 15; — mettez dans le flaco/i 40 à 50 grammes de zinc et une quantité d’eau qui ne le remplisse qu’aux deux tiers; — versez alors par le tube droit, cl peu à peu, de l’acide sulfurique concentré; — une vive effervescence se manifestera; — l’eau se décomposera, son hydrogène deviendra libre, son oxygène transformera le zinc en protoxyde qui formera avec l’acide du sulfate de protoxyde de zinc en dissolution ; — il y aura un grand dégagement de chaleur; — il convient de laisser perdre les premières parties de gaz qui auront

[tassé par le tube recourbé. — Enfin, on ne doit guère préparer 'hydrogène qu’au moment du besoin.

HYDROGÈNE SULFURÉ , acide hydrosulfurique, acide sulfhydrique ou même suif de hydrique, réactif très-important que 1’ analyse emploie surtout pour reconnaître les oxydes métalliques. Il est formé de soufre 94.176 -(- hydrogène 5.824 = 100 acide hydrosulfurique.

Préparation. On l’obtient pour l’usage des laboratoires en attaquant le sulfure de calcium par I’acwe chlorhydrique (p, 2). Mis en contact avec le sulfure, l’acide dégage l’hydrogène sulfuré, môme sans application de la chaleur, cl le résidu est du chlorure de calcium. 100 de sulfure peuvent donner jusqu’à 46 d'hydrogène sulfuré.

Quant à la préparation du sulfure de calcium , elle est assez simple :

>1 suffit de mélanger dans un creuset 100 de plâtre cuit (sulfate de

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