‹ Aidez-le à bien travailler le latinChapitre 103 sur 235 · CONCLUSIONS PRATIQUES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS PRATIQUES

Telles sont les remarques essentielles sur l'ordre des mots dans la proposition simple. Avant de passer à la phrase complexe, je proposerai d'abord de dégager deux constatations fondamentales :

1) l'agencement des mots est calculé.

(Il a par lui-même une signification, qu'on essaiera de « rendre » dans la mesure du possible).

2) i7 faut rétablir l'ordre français avant de traduire.

Puis j'examinerai une version donnée en 6e, au premier trimestre ; elle montrera quelle importance ont ces notions dès les premiers mois. L'analyse des erreurs fera mieux voir dans quel sens il faut insister. (La plupart des copies présentent un grave mépris de l'orthographe : j'y reviendrai.)

1. Studiosis discipulis pulchra praemia, magister, dabis. [64°]

Les élèves, en majorité, courent au sujet, au lieu de courir au verbe, qui doit leur indiquer la personne et le nombre du sujet. Fascinés par magister, ils écrivent : « Le maître donnera » ou « donnerait (!) », — forçant le texte, le corrigeant (!), au lieu d'analyser dabis correctement, et de tenir compte des virgules, qui, isolant magister, indiquent assez que c'est un vocatif !

2. Dianae Romani sacerdotes templum in colle œdificaverunt. [m]

Les élèves ne trouvent pas sacerdotes dans le lexique : ils ne savent pas remonter au nominatif singulier sacerdos. Ils feront donc de ce mot un adjectif se rapportant soit à Dianae soit à templum. Romani, c'est pour eux immédiatement : « les Romains », et ils n'y reviendront plus. In, c'est « dans » ; ils n'auront pas l'idée que cela peut être aussi « sur ». Les notions sont fragmentaires. Enfin voici un piège fréquent : un nom propre est en tête : on ne le sait pas, puisque la phrase commence de toute façon par une majuscule. On ignore aussi que Diane est une déesse. Par combinaison avec les erreurs déjà signalées, on aboutit à des traductions comme : « les dianes romaines », ou mieux encore : « Dans la colline le temple romain a appelé les dianas sacrés. » Le premier de la classe avait traduit : « Les Romains ont élevé sur la colline un temple sacré pour Diane. » (Remarquons que dans cette phrase, l'ordre des mots est expressif, mais pas plus difficile que l'ordre dominant qui serait : Romani sacerdotes in colle Dianae templum œdificaverunt. », et où Dianas pourrait être pris pour un génitif...)

3. Consul cives adversus proditores oratione aspera incitaverat. [642]

Ici — le croira-t-on ? — le mot-clé pour les élèves est adversus. Tous s'arrêtent dans le lexique au premier emploi : adv. = de face. Partant de là, chacun va « arranger » le texte. Le premier ne s'inquiète pas du temps exact du verbe, et traduit : « Le consul poussera de face par son rude discours les citoyens traîtres. » En effet, si adversus est adverbe, il faut bien réunir cives et proditores ! Un autre, oubliant que cives peut être nominatif, vocatif, ou accusatif, et prenant sans doute consul pour un neutre, écrit, avec cette orthographe : « Les citoyens traites avait fait tombé le consul de face. »

Ainsi la première nécessité était de voir le groupe adversus proditores, et de construire ensuite :

sujet — verbe — complément nécessaire — compléments accessoires.

Cette phrase montre combien des notions solides sur les mots invariables sont essentielles.

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4. Dans la suite de cette version, j'isolerai seulement cette courte phrase :

Legiones consulis voci parebunt. f643]

Un élève moyen traduit : « Les légions du consul obéissent à sa voix ». Passons sur l'inévitable faute de temps, et le mépris des terminaisons verbales... mais le reste n'est pas absurde, et aucune loi n'interdisait de réunir legiones consulis. Comment donc cet élève pouvait-il éviter l'erreur ? en sachant qu'il y a deux possibilités et en les essayant tour à tour : il aurait sûrement vu que la combinaison consulis voci était plus satisfaisante.

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