ÉCRIT ET ORAL
Ce travail nécessite l'analyse et la réflexion. L'élève s'y habituera rapidement si on l'y astreint en classe et hors de la classe.
Tout le long des études, l'explication orale (précédée d'une préparation écrite) sera conduite comme ceci :
1° lecture du texte original ;
2° reprise du texte en prononçant un groupe construit ;
3° traduction de ce groupe ;
4° lecture d'un nouveau groupe construit ;
5° traduction de ce groupe ; et ainsi de suite, en insérant çà et là une brève explication plus littérale, si c'est nécessaire.
Si on se reporte à l'exemple ci-dessus : hi insulis.. on constate que le mécanisme de l'explication orale consiste à suivre les lignes ainsi disposées. On le verra mieux encore dans l'exemple [54~] avec le corrigé.
La traduction définitive apportera quelquefois de légères retouches, mais, dans l'ensemble, ce « mot à mot par groupes construits » doit pouvoir aboutir à un texte français acceptable. Ainsi on traduit insulis : « dans les îles », et on explique le cas après coup.
Certains professeurs, conscients de l'importance de la construction, font disposer les versions de cette manière, par exemple en 5e :
Anco
régnante,
quidam L. Tarquinius,
profectus
ex urbe
Tarquiniis,
commigravit
Romam
cum conjuge
et divitiis omnibus...
Ancus
régnant,
un certain Lucius Tarquin,
parti
de la ville
de Tarquinies,
alla s'établir
à Rome
avec son épouse
et toutes ses richesses, etc.
Le 6e de la classe n'a rien compris : il écrit, dans la colonne de gauche, tout le texte latin d'une manière suivie sans grouper, et dans la colonne de droite, tout le texte français.
Je propose pour ma part de grouper davantage : par exemple : Anco régnante (qui deviendra plus facilement : « sous le règne d'Ancus »), — profectus ex urbe Tarquiniis, — commigravit Romam : on constitue ainsi des blocs de deux, trois ou quatre mots (par exception, on peut aller jusqu'à cinq, — et inversement laisser un mot seul, par exemple une conjonction).
Pour bien constituer ces groupes, le problème est de pratiquer dans le texte un bon découpage, de couper au bon endroit — (cf. plus haut f643] : Legiones consulis voci...) On essaiera de le faire dans ces deux exemples :
1. A quoi rattacher noctium dans ce membre de phrase où invocantes
est épithète du sujet de la proposition ?
«... patrio carminé noctium invocantes deos. » [647]
2. Que faire de diversa dans cette phrase où l'auteur compare l'art
oratoire chez les Grecs et chez les Romains ? (nos = les Romains).
Nobis illa quae Attici mirantur diversa latini sermonis ratio minus
permittit.[W8]