‹ Aidez-le à bien travailler le latinChapitre 12 sur 235 · COMPLEMENT DE QUALITE · texte numérisé non relu

COMPLEMENT DE QUALITE

Parmi les déterminants du nom, le « complément de qualité » aura sa place d'assez bonne heure, car il donne beaucoup de tourment aux jeunes latinistes pour des raisons qui seront étudiées plus loin. On apprend à le traduire vers le cinquième mois de latin ; il est donc souhaitable que tout élève sache l'identifier en français au début de la 6e.

On le reconnaît ainsi : il comporte adjectif et nom, et joue le rôle d'un qualificatif, épithète ou attribut, selon cet exemple : « Il est devenu un homme de grande valeur. » [47] L'étude du complément de qualité sera reprise plus loin.

COMPLEMENTS DU VERBE.

Après les déterminants du nom, voyons les compléments du verbe, ou plutôt distinguons les diverses catégories de verbes d'après leurs compléments :

1 ° (Le verbe qui est complet en lui-même : je dors.

L'action ne s'exerce pas sur un objet. Le verbe est appelé iniransitif. S'il a des compléments, ils seront circonstanciels seulement : je dors où ? pourquoi ? comment ? combien de temps ? (pour tout ceci, cf. Aidez-le en français, p. 32 et 36).

2° Le verbe qui n'est pas complet en lui-même :

a) « je fais (quoi ?) ...mon devoir » [48] : verbe transitif, à qui un complément direct est nécessaire : à l'accusatif en latin.

b) « je donne (quoi ?) (à qui ?) » [49] : les verbes de cette catégorie : donner, remettre, fournir, offrir, etc., gouvernent deux compléments, l'un direct, l'autre indirect. Le second est appelé complément d'attribution, puisqu'il indique à qui on donne, on attribue l'objet : il se met au datif en latin. « Datif » signifie « marquant à qui l'on donne », du verbe dare, qui sera indiqué aussitôt à cette occasion.

c) « je nuis (à qui) ? » [50]

« je m'aperçois (de quoi ?) » [51]

Ces verbes sont appelés transitifs indirects : car un complément leur est nécessaire, ainsi qu'une préposition. On dit aussi en pareil cas que le verbe « se construit avec à, ou avec de ».

— ► En vue de difficultés à venir, il faut attirer l'attention sur le cas où le verbe est complété par un autre verbe.

1° le verbe « se construit avec l'infinitif » :

[47] à [si]

l'analyse 19

— infinitif seul : « il sait jouer. » [52]

— infinitif rattaché par une préposition :

« je commence à comprendre » — « il essaie de passer » [53]

2° le verbe « se construit avec que » :

« je sais que tu viendras. » [54]

3° le verbe « se construit avec une interrogation indirecte » :

« je ne sais s'il viendra. » [55]

•Ces distinctions fondamentales ont été précisées dans Aidez-le en français, pages 32, 36, 44 et 45.

Il faut veiller particulièrement :

1) aux verbes transitifs indirects, et les faire reconnaître au moyen de cette formule :

un complément nécessaire, une préposition nécessaire...

2) au mot que (cf. le tableau dans Aidez-le en français, p. 29) ; il faut s'assurer que l'enfant ne confond plus la conjonction : « je vois que tu es sage. » [56]

— avec le pronom relatif : « l'incident que vous connaissez. » [57]

— ^ Voici un exercice de contrôle sur tous ces points. Dans chaque phrase, il faudra reconnaître la catégorie du verbe et sa « construction ». On pourra aussi traduire le texte en latin, à un niveau un peu plus avancé.

« Soyons utiles à la patrie. » [58] (Considérer être utile comme

un verbe.) " Renoncerez-vous à cette entreprise ? » [59] (vous au singulier). « J'ai beaucoup pensé à lui. » [60J « Un bon soldat obéit toujours à ses chefs. » [61] « Je lui ai rendu son livre. » [62] « On remit aux consuls le sort du peuple. » t63] o Cela ne dépend plus de moi. » [64] « Ils ne se sont pas servis de leurs armes. » [65] « Cette flatterie déplut au roi. » [66] « Nous nous passerons de vin. » [67] « Je ne m'adresse pas à vous. » (Vous = toi) [68] « Imagine qu'on te fasse subir les vexations que tes ennemis

ont endurées. » [69].

« Je veux que tu saches combien je partage la haine que tu éprouves. » [™]

COMPLEMENTS CIRCONSTANCIELS.

La principale difficulté pour les débutants quand il s'agit des compléments vient de certaines divergences entre le latin et le français : notre langue emploie constamment des prépositions pour amener les compléments ; le latin indique ce rapport

— tantôt par une terminaison, un cas du mot,

— tantôt par une préposition suivie d'un cas.

Les professeurs font observer cette différence dès les débuts, à propos de certains compléments circonstanciels.

a) le complément de moyen (se met en latin à Vablatif sans pré-

position) :

« Ils emplirent les chaloupes de butin. » [71] (6e) « Les Grecs prirent Troie par la ruse. » [72] (6e) « Il l'a tué avec un couteau. » [73] (6e)

Les prépositions de, par, avec ont toutes les trois, dans ces exemples, la signification au moyen de.

b) le complément d'accompagnement (s'exprime en latin par cum

-|- ablatif).

« Ils étaient venus avec leurs enfants. » [74]

— ► On fait apprendre aussi dans les premiers mois quelques compléments de lieu, et le complément d'agent (indiquant celui qui agit) :

« Les âmes des morts sont conduites par Mercure aux enfers. »> p] (6e)

(C'est Mercure qui agit, qui conduit les âmes.)

L'expression « par Mercure » est appelée aussi complément du passif ; c'est plus simple, et ce genre de complément devrait être placé à part, en dehors des compléments circonstanciels. Rendons-le bien clair par ces quelques exemples :

a) « je suis aimé par mon père » (passif) = « mon père m'aime » (actif) [76]

b) « je suis accablé de chagrin » (= par le chagrin) = « le chagrin m'accable. » l77]

Les phrases a) et b) sont traitées différemment en latin. C'est un nouveau cas où l'usage français est plus facile par l'emploi uniforme de la préposition. Il faut avertir les enfants que le latin fait la distinction :

a) le complément est un nom de personne : AB -f ablatif

b) le complément est un nom de chose : ablatif seul.

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