‹ Aidez-le à bien travailler le latinChapitre 120 sur 235 · CAUSES · texte numérisé non relu

CAUSES

Voici les causes du mal.

Pour le thème, l'élève peut sans danger « avancer dans le texte ». S'il est observateur et soigneux, il peut, comme on l'a vu, « bien choisir » dans le lexique, écrire correctement les formes, appliquer les règles.

• Pour la version, il doit au contraire s'astreindre à une méthode de lecture entièrement différente. A quelques jours d'intervalle, deux élèves sortant de 3", qui ne se connaissaient pas, m'ont traduit avec les mêmes fautes cette phrase de Cicéron :

Ad omnes meos impetus quasi murus quidam boni nomen imperatoris opponitur. [703]

Au lieu de bloquer : quasi murus quidam, chaque élève soude quidam à nomen, oubliant qu'il faudrait quoddam. De plus, tous deux traduisent opponitur par « on oppose », refusant de voir le sujet nomen. Où ont-ils donc contracté l'abominable réflexe de traduire partout le passif par « on » ?

Une bonne lecture présuppose une ANALYSE exacte.

• La deuxième cause de faiblesse est ce que j'appellerai la demiconnaissance. Souvent l'élève croit savoir un mot, mais il y a un deuxième sens, un deuxième emploi qu'il ignore. Il a appris : quanquam = conjonction de subordination = quoique ; fort bien, mais quanquam peut aussi être adverbe, et signifier cependant

(Cf. [673]).

Le mot laus, laudis a deux sens :

1) louange, éloge,

2) gloire.

Le verbe adhibere se traduit couramment par « employer », mais il peut aussi vouloir dire « convier, admettre ».

L'adverbe primum signifie : « d'abord », mais aussi : « pour la première fois ».

• Le texte est en outre semé de PERFIDIES : celles de l'ordre des mots, où la liberté est grande, on Ta vu ; celles de certaines désinences comme — a, — es, ou — re ; celles des formes semblables, ou homonymes : un élève lit : « Soli Titus et Lucius... », et s'obstine à traduire « pour le soleil », quitte à adapter (!) le reste de la phrase, sans voir que soli peut aussi être le nominatif pluriel de solus : « Seuls Titus et Lucius... »

Ajoutons la perfidie des formes voisines, ou paronymes, comme consternere et consternare ; celle des formes proches du français, et dont le sens est inattendu : en voici quelques exemples :

aspirare — approcher ;

calumnia = chicane, — menées, ruses ;

se confirmant = ils s'encouragent (origine : firmus = solide) ;

indulgentia = bonté, tendresse ;

iners = lâche ;

praecursor = éclaireur (qui court en avant).

Enfin les élèves sont souvent arrêtés par un détail insolite :

1) une variante orthographique, comme eundem(= eumdem) ; ils cherchent dans le verbe eo, dont ils connaissent le gérondif ad eundum !

2) les formes contractées du parfait en — vi : par exemple commosse (= commovisse), nosti (= novisti), noram (= noveram).

3) des formes qui sont simples en elles-mêmes mais qui surprennent, et qu'on ne sait à quoi rattacher. J'ai vu des élèves incapables de trouver principum, ait, nequam, ou bien

minis. [704]

4) deux mots, qui d'ordinaire constituent une locution d'un seul bloc, doivent être ailleurs considérés comme isolés. Ubi primum est habituellement une locution conjonctive de subordination qu'on traduit par dès que, aussitôt que ; mais, dans ce membre de phrase, il en est tout autrement :

Sicilia, ubi primum fruges inventae sunt... [705]

• Certaines règles, qu'on appliquerait fort exactement pour le thème, ne sont plus « reconnues », quand elles apparaissent dans le texte sous un aspect dont on n'a pas l'habitude.

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