PRONOMS DIFFICILES
Les pronoms relatifs, très simples dans le thème, posent divers problèmes dans la version. Il est souvent assez difficile de savoir :
1) si le pronom est subordonnant ou coordonnant (cf. le relatif de liaison, page 105).
Exemple : Cetera illa adhibebat, quibus demptis negat se Epicurus intellegere quid sit bonum.
Je lis dans une traduction : « Il s'accordait toutes les autres satisfactions hors desquelles Epicure déclare qu'il ne voit pas où serait le bonheur. » Dans ce français, comme dans le latin, « desquelles » est un relatif de liaison, car le mot à mot est : « lesquelles ôtées — Epicure affirme que — il ne comprend pas — quoi est bon » ; et le sens est : « ... ne comprend pas ce qui est bon si on ôte ces satisfactions. » On a donc affaire à un ablatif absolu de valeur conditionnelle dépendant de l'interrogation indirecte quid sit bonum. Par conséquent le mot quibus n'est pas subordonnant ; il relie seulement les deux verbes principaux adhibebat et negat, comme s'il y avait : eis autem demptis.
2) si le pronom est relatif ou interrogatif : Exemple : At ego quem huic anteponam, non audeo dicere.
Beaucoup d'élèves seront portés à traduire : « Quant à moi je n'ose dire celui que je mettrais au-dessus de lui », estimant que l'antécédent n'est pas exprimé et que le verbe anteponam est un subjonctif potentiel. La vérité est toute différente. [708]