‹ Aidez-le à bien travailler le latinChapitre 128 sur 235 · ENTÊTEMENT FUNESTE · texte numérisé non relu

ENTÊTEMENT FUNESTE

La soumission intelligente au texte exige aussi de chaque élève un effort d'humilité, de simplicité, de compréhension pour reconnaître ses erreurs. Il s'agit ici des rapports entre l'élève et la personne qui la dirige. Qu'il ne s'écrie pas, avant d'avoir réfléchi et contrôlé : « Je l'ai trouvé dans le dictionnaire ! », quand on tente de lui démontrer que ce qu'il a écrit est faux. Le dictionnaire devient pour lors cette autorité extérieure que les adolescents opposent volontiers à l'autorité vivante qu'ils trouvent devant eux !

Le mot pauca a été traduit : « en peu de mots » ; je fais observer que cela se dirait paucis verbis. On ne m'écoute pas ; on proteste : « C'est dans le dictionnaire. »

Ouvrons-le. Je vois pauca = « peu de choses », puis cet exemple d'Horace : pauca respondere = « répondre quelques mots ». Un esprit peu rigoureux, partant de ces éléments, et « forçant le texte », à cause de quelque difficulté non résolue dans le voisinage, a réalisé un amalgame fautif et ne veut pas en démordre.

La raison commande de faire le mot-à-mot exact des « expressions » du dictionnaire, ainsi que des « notes » qui sont en bas des pages, sinon on risque d'écrire des absurdités énormes.

Certains manquent de bonne volonté pour admettre que ce qu'ils ont écrit « ne revient pas au même »... Ainsi dans la phrase [708], tel élève estimera que traduire quem par « celui que » ou par « quel homme », « c'est la même chose » ! Il acceptera peut-être que le professeur voie une différence, mais se révoltera si on lui compte une faute. Ou bien il marchandera : « Ce n'est pas un contresens, c'est un faux sens !... »

S'obstiner ou ergoter ainsi, ce n'est pas faire preuve d'intelligence...

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