LUTTER SEUL
Supposons qu'un professeur de mathématiques agisse de même et donne à faire « pour le lendemain » dix, vingt, trente exercices dans un livre dont les solutions seraient dans le commerce. Les élèves auraient juste le temps matériel de copier ces solutions dans un cahier. Auraient-ils appris quelque chose ?
En latin autant qu'ailleurs, seule la recherche personnelle est génératrice de progrès. Je le dis avec force à mes élèves, et je les conjure de prendre conscience de leur véritable intérêt. Qu'ils rejettent les petits fascicules de traductions, recueils (plus ou moins exacts) qui offrent les solutions de tous les problèmes, qui suppriment l'effort payant. Qu'ils se mettent devant le texte, avec le seul appui de leur dictionnaire et de leur grammaire. (Ce point marquera la différence avec les compositions et examens). Et je conclus : « La possibilité de progresser est entre vos mains. Choisissez ! »
Sans fixer une longueur déterminée « pour le lendemain », je demande à chacun de fournir un effort sérieux et d'aller aussi loin que possible, et même de prendre de l'avance s'il a un peu de temps libre. Car certains ont beaucoup de peine, et d'autres beaucoup de facilité. J'interroge d'abord les plus faibles qui n'ont pas pu aller très loin, puis les plus forts.