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L'infinitif

• Les indications essentielles ont déjà été données sur l'infinitif seul et la proposition infinitive (voir [390] et la suite). Il faut maintenant ajouter l'emploi de l'infinitif dans une sorte de fonction attributive, notamment avec videor, verbe auquel il est nécessaire de revenir.

VIDERI 1° être vu (cf. [376])

2° SEMBLER, PARAITRE (cf. [377] )

► avec infinitif en position d'attribut (cf. [396] ) :

« Il m'a paru se conduire honteusement. » [777]

3° sembler bon (cf. [734])

4° croire (résultat du mécanisme suivant :) origine : Fortunatus sibi Damocles videbatur. f778] avec l'infinitif : Vicisse jam sibi videbantur. f779]

sans datif : Tum videbimur fortasse cura et metu esse relevati. [78<>]

• L'infinitif seul s'emploie pareillement avec d'autres verbes qui sont au passif, et ont pour sujet une personne (ou plusieurs), ce qui a valu à ce latinisme d'être appelé tour personnel. Il sera facile à comprendre par cet exemple :

Id admonitu C. Triarii fecisse dicebatur Pompeius. [781]

Traduire aussi :

Inveniere esse prœdatus. [782]

• Quels peuvent être les moyens de distinguer correctement la proposition infinitive ?

1° savoir en trouver le sujet : en présence de deux accusatifs, choisir avec précaution sujet et complément :

Curio proximos colles capere universos jubet. [783]

2° ne pas confondre le sujet et l'attribut :

Sibi maximum nomen imperatoris esse dixit. [784]

3° savoir rétablir les pronoms nécessaires :

Caesar reliquas legiones evocat et subsequi jubet. [785]

4° savoir reconnaître tous les mots qui font partie de la proposition :

At Curio nunquam se amisso exercitu in Caesaris conspectum reversurum confirmât. [786]

5° savoir replacer la proposition infinitive, dans l'ordre logique, avant une proposition qui dépend d'elle :

Putavit, si urbis ornamenta domum suam non eontulisset, domum suam ornamento urbi futuram. [787]

6° savoir rétablir esse avec le participe futur (comme ci-dessus) ou avec le participe passé, quand le verbe principal gouverne la proposition infinitive (verbes d'affirmation, d'opinion, de commandement, etc.) :

Quintum audio profectum in Asiam.

7° se méfier de formes perfides comme : cœptum, i === projet ; cœptus, a, um : participe passé passif de cœpio (voir cœpi) ; et cœptus, us = début, essai ; — ou bien d'un participe devenu adjectif :

Rex et istum ornatum et se honorifice acceptum arbitrabatur. [789]

• Il reste à parler d'un latinisme que je propose d'appeler la suhordination interne. Soit à traduire cette phrase française :

« Bannissez cet homme, qui, je le sais, vous a trahis. »

En latin, savoir gouverne la proposition infinitive ; on tournera donc :

« Bannissez cet homme lequel je sais vous avoir trahis. » [79°]

(Lequel sera à l'accusatif, comme sujet de avoir trahis : ce relatif est, dit-on, bivalent ; il a en effet un double rôle : il introduit une proposition relative, à l'intérieur de laquelle s'insère une proposition infinitive, dont il est le sujet. Le français tourne la difficulté en supprimant cette subordination, au moyen d'une proposition incise : je le sais.) (Cf. phrase [674], proposition : quos... arbitrabatur.)

Quelques exemples :

... simulacrura quod imperator clarissimus monumentum victorias populi Romani esse voluisset. [791]

Dans la phrase suivante, la tournure peut « passer en français » : Constituit ire quo cum paucis equitibus profectum Ambiorigem audiebat. [792]

— ► Le même latinisme peut se présenter après un mot interroyatif :

Quem tibi aut hominem aut deum auxilio futurum putas ? [793]

Quemadmodum hoc accepturas nationes exteras putasti ? [79i]

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