‹ Aidez-le à bien travailler le latinChapitre 146 sur 235 · Participes · texte numérisé non relu

Participes

• En présence du PARTICIPE PRÉSENT les élèves ont souvent un mauvais réflexe. Par exemple, pour cette phrase :

Jussit illos nutum illius intuentes diligenter ministrare. je trouve cette traduction : « il ordonna qu'ils servent rapidement sur un signe de tête ceux qui le regardaient » ; or le mot à mot est : « il ordonna qu'eux, guettant son signe de tête, le servissent ponctuellement. » Intuentes, à l'accusatif, est épithète du sujet illos, et marque que l'action de guetter devait avoir lieu en même temps que l'action de servir. (Autres erreurs : sur le temps : servent, et sur diligenter.)

Indiquons donc les emplois du participe présent par ordre de fréquence.

1 ) Le plus courant est celui qu'on vient de voir : il exprime la concomitance.

Exemple : Cicéron dit à Catilina : « Tu avais coutume de vénérer cet aigle en partant (= pronciscens) pour le massacre » (= quand iu partais ; le participe équivaut souvent à diverses circonstancielles) (cf. [378]).

On rapprochera le tour : Vidi eum ingredientem : littéralement = « j'ai vu lui en train d'entrer » (participe épithète du complément, cf. [398]).

Traduire : « Verres a voulu qu'en mourant Gavius vît de loin l'Italie. » [795]

2) Il faut suppléer avec le participe un pronom personnel (à la 3e personne : is, ea, id) ; quelquefois un nom de personne.

Exemples : a) Succurrit inimicus illi Vorenus et laboranti subvenit.

b) Cicéron s'adresse à Catilina et parle des sénateurs :

Quid exspectas auctoritatem loquentium quorum voluntatem tacitorum perspicis ? [796]

3) II manque seulement à côté du participe une expression indéterminée. Par exemple dans ces mots de Tite-Live, parlant d'Horatius Coclès : tous tournent le dos, lui seul fait face, et les ennemis le remarquent : Codes insignis inter conspecta cedentium pugnae terga, c'est-à-dire : Coclès remarquable — inter terga conspecta = parmi les dos vus — cedentium pugnae = d'hommes qui se dérobent au combat.

Rechercher la valeur des participes dans cette autre phrase, où il s'agit des conséquences à Rome de la défaite de Trasimène :

Inde varios vultus digredientium ab nuntiis cerneres, ut cuique laeta aut tristia nuntiabantur, gratulantesque aut consolantes redeuntibus domos circumfusos. [797]

4) Le participe présent (qui peut devenir un simple adjectif, cf. après [378]) prend parfois la valeur d'un substantif : Pline le Jeune écrit : sanctitas scribentis = la pureté morale de celui qui écrit, c'est-à-dire de l'écrivain (seul cas où celui qui est possible).

Etudier et traduire :

a) Haec magna impedimenta res gerentibus sunt.

(Haec désigne des menées contre les commandants en chef.)

b) Excide radicem hanc incommodam ambulantibus. [798]

Remarque.

Très souvent, on rencontre le datif d'un participe présent en tête de phrase : il ne faudra pas le prendre pour un ablatif (Cf. [550]).

Exemple : (les Carthaginois abordent les Alpes) :

Erigentibus in primos agmen clivos apparuerunt imminentes montani. (voir 2°) [799].

• Le participe passé passif ou déponent a fait déjà l'objet de diverses remarques (comme on le verra par les références) : il était nécessaire de présenter ici une revue des difficultés :

1 ) ne pas confondre le participe passé avec un nom : Exemple : rapto vivere. [80°] On se reportera aussi aux exemples : [383], [645], [788], [789].

2) savoir souder au participe la forme du verbe sum qui manque, ou qui est dans le voisinage : s'il n'y a pas d'autre verbe pour la proposition, on reconstitue ainsi un temps composé passif :

Exemple : ... et ei lecti judices. [801]

Revoir les explications antérieures depuis [355] jusqu'à [362].

» Il arrive qu'on hésite entre un nom et un participe :

Exemple Erat edictum Pompei nomine Amphipoli propositum... [«»]

3) savoir le cas échéant, dans la proposition infinitive ou des tournures assimilables, rétablir le verbe esse pour comprendre.

Etudier et traduire les exemples suivants :

Illum pilo transfixum arbitrantur. [8o3]

(Le vieil Horace) ... clamans se filiam jure caesam judicare. [go4] Rex id celatum voluerat. [805]

(Verres a choisi un lieu tel que...) Gavius perangusto fretu divisa servitutis ac libertatis jura cognosceret. [s^]

— ► Mais dans l'intérieur d'une proposition infinitive un participe à l'accusatif peut être en accord avec le sujet ou avec le complément.

Exemple : Cœsar scribit se cum legionibus profectum celeriter adfore. [sot]

Et cette phrase conduit à envisager le participe passé dans son emploi général d'adjectif, épithète ou attribut.

a) épithète du sujet (ne pas ajouter sunt ici !) :

Ad rupem muniendam milites ducti struem ingentem lignorum faciunt. [808]

» Même fonction, avec un tour particulier :

Jam nihil est ubi lapsi resistamus. [809]

b) épithète du complément :

Ille perlectam in conventu militum récitât.

(Le sujet est un chef militaire qui vient de recevoir une lettre : epistulam.) [sio]

c) attribut du complément :

Amisit exercitum quem a Caesare fidei commissum acceperat. [811]

— ► Pour d'autres fonctions du participe, notamment à l'ablatif, voir : p51] 1er exemple, — voir aussi l'ablatif absolu, juste avant.

Enfin, ne pas confondre avec le supin (cf. [405]).

• Le participe passé (ou présent, quelquefois), employé comme épithète d'un nom peut former avec lui un bloc où l'idée verbale domine. Ce tour existait encore en français au xvne siècle. Dans Cinna, Corneille fait dire à Emilie, parlant d'Auguste :

« ... mon père massacré Du trône où je le vois fait le premier degré. »

Il faut entendre évidemment : « Le meurtre de mon père a été la première marche du trône d'Auguste. » L'action exprimée par le participe est le vrai sujet. Il en est de même dans d'autres fonctions :

Fragor rupti pontis

= le fracas du pont rompu = le fracas produit par la rupture du pont. Patres veniunt amissis filiis irati. [812] Illa crux sola post conditam Messanam illo in loco fixa est. [813]

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