‹ Aidez-le à bien travailler le latinChapitre 154 sur 235 · Le style indirect · texte numérisé non relu

Le style indirect

Le style indirect rapporte les paroles ou la pensée de quelqu'un au moyen de propositions subordonnées, régies par un verbe dire, exprimé ou non.

Dans ce style, l'affirmation devient une proposition infinitive, — le commandement devient un subjonctif (cf. [859]), et toutes les subordonnées (celles qui le seraient déjà au style direct) tendent à se mettre au subjonctif.

• Et même, dans une phrase quelconque, une proposition causale, par exemple, se met au subjonctif quand elle représente la pensée a" autrui.

Rex hominem punivit quia se prodidisset. [882]

Comprendre comme s'il y avait : ... punivit dicens (ou putans) : « Me prodidit. » En effet, dans le style indirect, le réfléchi se représente la 1" personne du style direct (moi ou nous) (cf. [240]).

• On a déjà vu les temps dans la proposition infinitive (entre [400] et [402]), ii faut ajouter maintenant que dans cette proposition, le potentiel du style direct devient la périphrase -URUM ESSE (sans différence, hélas ! avec l'expression du futur). Quant à l'irréel, présent ou passé, du style direct, il devient la périphrase -URUM FUISSE.

1) Dico eum id non venditurum.

= « Je dis qu'il ne le vendra pas. » (futur)

ou bien : « je dis qu'il ne le vendrait pas. » (potentiel)

2) Dico eum id non venditurum fuisse.

« Je dis qu'il ne le vendrait pas. » (irréel du présent) ou bien : « Je dis qu'il ne l'aurait pas vendu. » (irréel du passé).

N. B. — Le conditionnel français a deux valeurs : Dixit se venturum = « Il a dit qu'il viendrait.

1er cas : i7 viendrait représente je viendrai du style direct ; viendrait s'appellera futur de concordance, amené par le verbe principal au passé.

2e cas : il viendrait représente je viendrais du style direct : c'est un vrai conditionnel, correspondant en latin au potentiel ou à l'irréel du présent (voir plus loin [90°] et [901]).

• Pour les verbes devoir et pouvoir, se reporter à la particularité signalée plus haut [854] ; en outre possum n'ayant pas de supin, on constate que :

posse (avec un sujet à la 3e pers. sing.)

= peut, pouvait, pourra, pourrait, et potuisse = a pu, avait pu, aurait pu.

• Quelquefois l'infinitif apparaît (au lieu du subjonctif) dans une subordonnée, par exemple après ut signifiant « de même que».

• Parfois des propositions incidentes, dépendantes dans le style direct, restent à l'indicatif, mais dans la plupart de ces dépendantes le subjonctif s'impose.

Or il présente cette grave lacune de n'offrir aucun indice spécial quand il représente un futur ou futur antérieur du style direct.

On s'habituera à cette difficulté par l'étude des exemples suivants :

1) Subjonctif dans des propositions relatives — sans valeur circonstancielle.

Sese obsides daturos quaeque imperasset facturos polliciti sunt. [883]

Speravit iis militibus quos ex eo loco deduxisset, explere se numerum nautarum posse. (La forme posse reste vague (voir plus haut), mais speravit indique que la pensée est tournée vers l'avenir.) [884]

2) Voici des phrases où le style indirect est élargi, et le subjonctif est employé dans des circonstancielles de temps, à l'imparfait.

Suis quoque rébus Germanos timere voluit cum intellegerent et posse et audere populi Romani exercitum Rhenum transire. [885]

Reliquos obsidum loco secum ducere decreverat, quod, cum ipse abesset, motum Galliae verebatur. [886]

On constate que :

du futur simple de l'indicatif on passe au présent ou à l'imparfait du subjonctif,

du futur antérieur on passe au parfait ou au plus-que-parfait.

Page 1