CORRIGÉS DES EXERCICES LXXI
[882] « Le roj punit l'homme, donnant comme raison qu'il l'avait trahi. » (disant ou pensant : « Il m'a trahi. ») L'auteur ne s'en porte pas garant ; si au contraire la cause est incontestée, il écrit : quia eum prodiderat.
[883] Rétablir : et se facturos ea quae... (facturos marque qu'il s'agit de l'avenir = « Ils promirent de donner des otages et de faire ce qu'il commanderait. » (futur de concordance en français). Le texte de la promesse était : « Nous donnerons des otages et nous ferons ce que tu auras commandé (ou commanderas.)^
[884] « Il espéra qu'il pourrait compléter le nombre des matelots au moyen des soldats qu'il ramènerait de cet endroit. » (Sa pensée fut : « Je pourrai compléter... au moyen des soldats que j'aurai ramenés... » = Explere potero... iis militibus quos deduxero.)
[885] « il voulut que les Germains craignissent aussi pour leurs biens quand ils comprendraient que l'armée du peuple romain pouvait et osait franchir le Rhin. » (La pensée de César est : « je parviendrai à leur inspirer de la crainte quand ils comprendront » = cum intellegent...)
[886] « u avait décidé d'emmener tous les autres avec lui comme otages parce qu'il redoutait le soulèvement de la Gaule quand lui-même serait absent. » (Il pense : la Gaule se soulèvera quand je serai absent = oum abero.)
[887] (videretur de la prop. finale entraîne poneretur dans la temporelle régie ; — l'intention exprimée vise l'avenir ; — l'imparfait poneretur se rend en français par le futur de concordance) : « Ils ne voulurent pas montrer ce présent afin qu'il parût plus magnifique quand il serait placé à son moment dans le sanctuaire de Jupiter. »
[888] (intrassent de la prop. temporelle est entraîné par essent de la. consécutive finale régissante ; — ou encore intrassent représente, dans un style indirect élargi, le calcul d'Hannibal : « dès qu'ils seront entrés. ») « Hannibal place ses cavaliers à l'entrée même du défilé de telle manière que, dès que les Romains seraient entrés, la cavalerie ayant formé un barrage, tout fût fermé par le lac et les montagnes. » (cf. f681] : cum homines vidèrent...)
[889] (fecerim = subj. d'indétermination) « Qu'ils écrivent à César que, tout ce que fâi pu éventuellement faire, je l'ai fait d'après son avis. » (pour l'emploi de quicquid, voir [739]).
[890] (intercederet peut s'expliquer par l'attraction modale, mais aussi bien par la nuance d'indétermination. ) « L'espérance de victoire est accrue à tel point que, tout ce qui pouvait s'écouler en fait de temps (= tout le temps qui pouvait...), semblait retarder le retour en Italie. »
[891] « Faisons en sorte que, tout ce qui a pu arriver, nous le supportions avec courage et sagesse. » (attraction, ou éventualité).
[892] (Catilinam timeri : prop. inf. sujet de est ; quicquid est ici pronom indéfini concessif : cf. [740] ) « Que Catilina soit craint, quelle que soit la chose qui ait pu retentir (= au moindre bruit) cela n'est pas tolérable. » (Il ne peut être question ici d'attraction modale ; seule subsiste la nuance d'indétermination, ou bien l'idée de répétition.)
[893] Nonne vis parère ? — Immo, sed intellegere volo.
[894] in tantas difficultates incidetis ? (L'interrogation peut être marquée par le ton, sans adverbe introducteur.)
[895] Sœpius noctu si perrumpere possent conati sunt. (Si possent signifie exactement « pour le cas où ils pourraient » ; — l'effort vise une réalisation future, donc on retrouve l'emploi indiqué dans la phrase [885]).
[896] « Poussés par la famine et la disette, ils sortirent secrètement du camp pour le cas où ils pourraient trouver dans la campagne du blé ou du petit bétail. » (Pour si quid frumenti, cf. [73i] ; — reperire = trouver en cherchant).
[897] Quando hoc intellexerint, cauti erunt. Si hoc intellexerint, cauti erunt.
[898] « Et Marcellus qui avait fait vœu de consacrer deux temples à Rome s'il prenait Syracuse, ne voulut pas orner ce qu'il se disposait à construire au moyen des objets dont il s'était emparé. » (Style direct : « je consacrerai... si je prends = quand j'aurai pris. ») Rapprocher la phrase [787] : si non contulisset. — On notera que si non insiste plus sur la négation que nisi dans les oppositions.
En revanche la phrase [737] : si quos .. potuisset, est différente parce que le groupe si quos prend le rôle d'un relatif : on est donc ramené au cas [883].
[899] « Si d'aventure chacun de nous veut (= quand chacun voudra) voir quelque objet de ce genre, qu'il aille au temple de la Félicité. »
[900] si nos expellant, eos mox paeniteat. (cf. [758]).
[90i] Si hi parietes loqui possent, quid non narrarent ?
[902] « Toute douleur était éloignée de lui (= il ignorait la douleur) ; mais si éventuellement elle avait été présente, il l'aurait supportée sans faiblir. » (Pour le relatif, cf. [534] ; — pour les temps, comprendre : la douleur pouvait se présenter ; dans ce cas, il pouvait la supporter...) (voir [853])
[903] Praeclare vicissemus nisi fugientem Lepidus recepisset Antonium. (Cependant Cicéron, à qui appartient cette phrase, a écrit viceramus car l'indicatif précise la nuance suivante : « sans Lépide..., nous avions vaincu. » (pour l'absence d'harmonie, cf. [m]).