Difficultés des déclinaisons
• Les nominatifs particuliers seront vite appris :
ego — -tu — nos — vos
hic — iste — ille — is — qui — quis
Mais voici des formes neutres terminées en c ou d : hoc, istud, illud, id, quod, quid, et des pluriels neutres en se : hœc, quae.
Les nominatifs idem et ipse ne seront gênants que pour le sens : on y reviendra. La déclinaison de idem reprend is auquel s'ajoute le suffixe -dem. Quant à ipse, c'est le pronom qui se rapproche le plus de la déclinaison bonus, bona, bonum.
• Abordons les différences catastrophiques :
Tous ces mots, à partir de hic, ont : le génitif en -ius (écrit jus entre vojelles)
LE DATIF EN -i :
hujus — - istius — illius — ejus — cujus
huic (le c est la trace d'un suffixe), isti, illi, ei, cui
ejusdem, ipsius — eidem, ipsi.
• Par ailleurs les formes qui, quis empruntent à la déclinai-
son de fortis :
1° l'ace, masc. sing. quem,
2° le dat. et abl. pluriel quibus.
• Signalons le vocatif particulier du possessif meus, surtout dans le mot célèbre de César à son fils adoptif Brutus, qu'il apercevait dans les conjurés armés pour le tuer : « Tu quoque, mi fili ! » [216]
• Enfin des mots qui ne semblent pas des pronoms à première vue, comme unus, solus, totus, ont aussi le génitif en -ius et le datif en -i !
Ces deux terminaisons sont très néfastes aux élèves dans la pratique. Rappelons leurs possibilités :
doctius
-ius. nominatif singulier 2e décl. : filius ou nominatif neutre du comparatif ou adverbe au comparatif génitif de pronom : istius
-i. génitif singulier 2e, 5e décl. et pronoms
nominatif pluriel 2e décl. et pronoms
datif singulier 3e, 4e, 5e décl. et pronoms
ablatif singulier souvent dans la 38 décl.
(sans parler des verbes : terminaison de parfaits actifs et
d'infinitifs passifs)
Pour illustrer ce tableau, voici deux cas observés.
Un élève trouve les mots : illi homini, et il traduit froidement : « ces hommes », ce qui s'écrirait : illi homines ! La phrase entière était : « Non illi, inquam, homini, sed causae communi libertatis inimicus fuisti. » [~!T]
Un autre voit ces mots : non isfius solius hoc est facinus sed eorum etiam qui approbaverunt. » [2I8] Obligé de faire le mot à mot à haute voix, il ne parvient pas à reconnaître la forme solius. Entraîné par sed etiam, il lira non solum ; ou bien il cherchera vainement l'adverbe (!) dont solius serait le comparatif !
Il faut donc insister dès l'origine des études latines sur les pièges de cette nature.