Le parfait fui correspond à trois temps français
— le passé simple : je fus, ... il fut, nous fûmes, ... ils furent ;
— le passé composé : j'ai été, ... nous avons été, ... ils ont été ;
— le passé antérieur : j'eus été, ... nous eûmes été, ... ils eurent été.
C'est la forme centrale qui l'emporte dans la langue courante, au point qu'on ne sait plus écrire les deux autres. Le passé antérieur s'emploie dans la proposition circonstancielle de temps : « Dès qu'z'Z eut fini, il s'en alla. » [345]
L'homme a terminé avant de s'en aller. Le passé de la subordonnée est donc antérieur au passé de la principale. Dans ce temps, l'accent circonflexe apparaît seulement à la première et à la seconde personnes du pluriel : eûmes, eûtes, car on utilise le passé simple de l'auxiliaire avoir avec le participe passé passif du verbe considéré. Le plus-que-parfait marque la même antériorité, mais dans une principale :
« Il avait à peine fini que les ennemis attaquèrent. » (= il avait juste fini quand...) [346]
2. — Les formes du futur antérieur et du parfait du subjonctif causeront des ennuis : a) parce qu'elles sont semblables sauf aux premières personnes fuero et fuerim ; b) en raison de certaines confusions possibles pour le sens. Parlons donc d'abord du plus-queparfait du subjonctif.
La forme
fuissem
peut correspondre en français
— au plus-que-parfait du subjonctif: que j'eusse été
« il fallait que j'eusse été » (employé surtout à la 3e personne : « il fallait qu'il eût été ») [347]
au conditionnel passé : j'aurais été
La deuxième forme : j'eusse été, plus proche du latin, est moins usitée.
Pour l'emploi, faire étudier et traduire cet exemple : Un sportif pourra dire :
« J'aurais été meilleur sur terrain sec. » ou bien :
« J'aurais été meilleur sans cette pluie. » Les expressions « sur terrain sec » et « sans cette pluie » indiquent les conditions dans lesquelles « il aurait été meilleur », et pourraient se rendre par :
« ... à condition que le terrain eût été sec » (subjonctif) « ... si le terrain avait été sec » (indicatif en français) ou, avec négation : « s'il n'avait pas plu » (ce qui sera la seule tournure possible en latin ; « sans cette pluie » est un gallicisme.) [348]
Il ne faut donc pas confondre ce conditionnel avec le futur antérieur : iuero, fueris... = j'aurai été, tu auras été... (employé plus rarement)
— - ni avec le parfait du subjonctif :
fuerim, fueris, fuerit...
= que j'aie été, que tu aies été, qu'il ait été... Exemple : « il faut que j'aie été » [349]
Si cette forme prend parfois un autre sens, c'est celui d'un PRÉ- SENT :
1) quelquefois, présent du conditionnel : fuerim = je serais.
2) pour exprimer la DÉFENSE, équivaut à la 2e personne du présent de l'impératif :
NE FUERIS = ne sois pas
Plus tard on avisera aux moyens de distinguer dans les textes si l'on est en présence d'un futur antérieur ou d'un parfait du subjonctif, aux formes communes.
Pour en terminer avec le verbe être, on remarquera que les difficultés viennent moins du latin que du français. Le verbe être utilise pour ses temps composés l'auxiliaire avoir. Le verbe avoir se prend lui-même pour auxiliaire. Tout irait donc bien si avoir était partout auxiliaire. Mais le verbe être peut servir d'auxiliaire :
1) dans les verbes passifs : je suis aimé (présent)
2) dans certains verbes intransitifs : je suis venu (passé)
3) à tous les verbes réfléchis et pronominaux :
il s'est blessé — i7 s'est évanoui (passé) [350]
A la fin des conjugaisons, divers exercices seront nécessaires pour venir à bout de ces difficultés.