PREMIERE CONJUGAISON : AMO
L'usage veut qu'on désigne le verbe latin par sa première personne, qu'on dise le verbe amo, quand le français dit « le verbe aimer ». Il faut pourtant habituer l'enfant à toujours traduire exactement la forme qu'il a sous les yeux ! J'insisterai donc sur la nécessité de faire apprendre et rabâcher les TEMPS PRIMITIFS de chaque verbe : ce sont les temps qui servent à former tous les autres.
Je déplore que sur ce point l'unité de présentation ne règne pas. .l'ai appris et récité jadis :
amo, amas, — amavi, amatum, — amare : aimer, aujourd'hui je trouve dans une grammaire :
amo, amas, amare, amavi, amatum et dans un lexique :
amo, amavi, amatum, amare : aimer.
L'auteur a bien vu la nécessité de bloquer : « amare : aimer »
mais pourquoi n'a-t-il pas écrit la seconde personne amas, qui enclenche si bien toute la série du présent ?
Je souhaite donc pour ma part qu'on s'en tienne à la présentation traditionnelle des temps primitifs, et j'ajouterai : sans aucune abréviation. J'y reviendrai à propos de l'acquisition du vocabulaire.
Une autre exigence sera nécessaire dès le début. L'enfant doit comprendre tout de suite la structure des formes qu'il apprend.
Le sens du verbe est dans son radical, qu'on obtient en général en enlevant la dernière syllabe de l'infinitif :
AMA — RE : radical — terminaison Le radical pur est l'impératif : AMA = aime.
De ces formes on fait dériver aisément :
AMAREM : imparfait du subjonctif AMANS, amantis : participe présent ad amandum : gérondif (à l'accusatif) et amandus — au passif — : adjectif verbal.
La série du présent présente des signes particuliers aux différents temps :
— présent de l'indicatif : lre personne : 0 — am-o autres personnes : radical ama -f- désinences normales
— imparfait de l'indicatif : radical -\- BA -f- désinences
— futur simple : radical -f- BO à la première personne
-|- BU -f- terminaison NT, à la dernière -f- BI -]- terminaisons, ailleurs
A réciter : FUTUR en BO, BI, BU : lre et 2e conjugaisons.
— présent du subjonctif : un E particulier : AMEM.
Au parfait, radical amav-, désinences particulières :
— i — isti — it — imus — istis — erunt ou ère.
On supprime parfois ri ou ve, ce qui peut donner des formes troublantes, comme
amaram [= amaveram]
Sur le radical du supin, on forme successivement
— le participe futur actif : amat-urus (et l'infinitif futur actif qui en découle) ■ — au passif : infinitif futur en -tum iri, et participe passé.
• Les emplois de l'infinitif, des participes, du gérondif, ne seront pas indiqués trop vite. On fera seulement remarquer au début les lacunes. Plusieurs formes françaises n'existent pas en latin : étant — ayant été — ayant aimé.
• Dès que sum et amo ont été appris, une gymnastique intense doit faire obtenir des réponses correctes sur les modèles suivants :
> Traduire : amemus. — Réponse : aimons, ou que nous aimions, ou nous aimerions.
* Même forme dans orare. — Réponse : oremus = prions,
ou que nous priions, ou nous prierions.
> Analyser et traduire : ils avaient crié. — Réponse : 3e pers.
du pluriel du plus-que-parfait de l'indicatif : clamav-erant.
> Analyser et traduire : dabunt.
[Marche à suivre : décomposer : da — bu — nt, — et remonter pour l'analyse : nt = 3e pers. du pluriel ; bu = futur de l'indicatif ; da = radical de do, das, dedi, datum, dare : donner]
— Réponse : 3e pers. plur. futur indic. de dare = ils donneront.
• Pour réussir dans ces divers exercices, l'élève devra reproduire lui-même le tableau complet de sum et de amo, puis les autres, — afin d'acquérir la mémoire visuelle de la structure des formes, en faisant les comparaisons qui s'imposent.