‹ Aidez-le à bien travailler le latinChapitre 49 sur 235 · PASSIF · texte numérisé non relu

PASSIF

amans amaturus

amatus

amanti

et cependant elles occasionnent beaucoup de fautes.

• Le participe présent AMANS se décline comme prudens. Il faudra prendre garde au datif amanti, obstacle fréquent. La forme française « aimant » s'accommode mal de la déclinaison. On fera donc traduire :

à l'homme qui aime pour l'homme qui aime (si ce participe est seul et se rapporte à un homme). Les exemples suivants permettront de passer en revue les divers emplois du participe présent en latin :

— discipulis studentibus grammaticia = pour des élèves qui s'ap-

pliquent à l'étude de la grammaire (stude- -\- datif)

— audienti = pour celui qui écoute, — pour l'auditeur.

— gladium educere conanti = à lui qui essaye de tirer son glaive

(il faut rétablir : ei conanti...)

Réfléchir sur cet emploi au nominatif : « aquila quam venerari ad cœdem proficiscens solebas... » [378]

— ^ Ce participe peut enfin devenir un simple adjectif : ainsi on observera : neglegens (ou negligens) = négligent, et on se souviendra de la différence, marquée par l'orthographe en français, avec le participe réel : « négligeant ». L'élève doit donc toujours s'interroger sur le rôle du participe : est-il verbe ou adjectif ? (cf. Aidez-le en français, page 29 en bas).

* Le participe futur AMATURUS, formé sur le supin, est bien particulier au latin. Employé surtout comme attribut du sujet avec le verbe esse, il peut avoir trois significations distinctes.

(futur proche)

(intention)

(destination)

missurus =

sur le point d'envoyer disposé à envoyer destiné à envover

Je crois qu'on peut adopter ce cadre, où les sens sont classés par ordre de fréquence. Il faudra le faire copier et rabâcher, et le compléter par les observations suivantes.

Les deux premiers sens sont voisins, et se rendent couramment par le verbe français aller, pris comme auxiliaire, et exprimant le futur proche :

« ...candelabrum quod in Capitolium missurus erat » [3r9]

Le participe futur s'emploiera beaucoup comme adjectif épithète à partir de Tite-Live, par exemple, avec le troisième sens :

« Jactura turbae utique periturœ... » [38°]

On retiendra surtout, pour condenser tout ceci, la formule célèbre par laquelle les gladiateurs, avant de combattre, saluaient l'empereur :

« Ave, Caesar, morituri te salutant » [381J

> La tournure en -urus sim, -urus essem, peut servir de

futur au subjonctif, notamment dans l'interrogation indirecte.

Traduire : « Qu'ils cherchent où ils l'enverront. » [382]

• Le participe passé passif (p. p. p.) AMATUS, dérive aussi du supin. Il peut tout d'abord être confondu avec le nom formé sur certains verbes, ou avec le supin lui-même. Pour mesurer ces périls, qu'on recherche par exemple les possibilités des formes suivantes :

inceA lum — monitum — nexum [383] Le sens normal de la forme AMATUS est : « ayant été aimé », selon ce qui a été dit pour le parfait passif. Mais cette expression a disparu en français ; il reste : amatus = aimé.

— ^ Et cela appelle quelques observations.

Ce participe passé passif indique ce qu'on a subi autrefois :

« la province perdue » [384] ; mais il est tout près de marquer l'état actuel consécutif à la perte passée (cf. [359]) ; il se rapproche du présent, comme dans :

« hic puer dilectus » [385] — et devient facilement un véritable adjectif.

Soit un passif de valeur « moyenne », prenant un sens réfléchi : effundi = se eîfundere = s'abandonner,

le participe passé effusus signifiera « qui s'abandonne », et de là « prodigue » (= qui laisse aller son argent), et l'on pourra écrire le comparatif et le superlatif de ce véritable adjectif : effusior — efîusissimus. p86]

PARTICIPES DEPONENTS.

Les verbes déponents sont complets, a-t-on dit ; ils possèdent donc les trois participes.

Exemple : sequens — secuturus — secutus.

Sur les deux premiers qui sont des formes actives normales, il n'y a rien à ajouter.

Mais le participe passé déponent (p. p. d.) est de sens actif :

SECUTUS = ayant suivi

Il sera donc nécessaire d'exiger constamment la distinction entre le p. p. p. et le p. p. d.

— de répéter la question préliminaire :

« cette forme passive a-t-elle le sens passif ou le sens actif ? »

— d'imposer toujours la vérification dans le lexique.

> On pourra juger combien c'est indispensable en étudiant ces

quelques cas particuliers :

comitatus — expertus — periclitatus [38~]

Difficultés

L'emploi de l'auxiliaire être en français cause des erreurs quand on passe d'une langue à l'autre : (cf. [350])

1 ° participe présent passif.

Exemple : étant poussé : en principe, rien en latin, au sens de «. qui est actuellement poussé ».

Mais le français poussé peut se rendre par motus, voir [359].

2° passé des verbes intransitifs, comme sortir.

Pour bien voir qu'il s'agit d'un passé, remplacer ce verbe par un équivalent transitif, employant l'auxiliaire avoir :

étant sorti de la ville = ayant quitté la ville i

En latin, ce passé actif n'existe pas, — à moins qu'on ne trouve un verbe déponent signifiant sortir. [388]

3° intransitifs spéciaux marquant l'état :

sedeo = je suis assis (de même : pateo, lateo)

Puisque l'expression patent portac signifie « les portes sont ouvertes », il est clair que la forme « étant ouvertes » correspondra, dans ce verbe patere, à un participe présent : patentes.

Il en découle aussi que patens peut-être pris adjectivement, (ainsi que latens, signifiant alors : « caché, secret »).

Pour de tels verbes, si l'on recherche un équivalent transitif, on obtient par exemple :

étant assis = siégeant.

4° verbes réfléchis et pronominaux.

« Je me trompe » peut s'exprimer :

1) de la même façon : me fallo ;

ou bien 2) par le passif : fallor (cf. [239]).

Le participe passé « s'étant trompé », actif en français, se traduira donc par le p. p. p. falsus (littéralement : « ayant été trompé »).

5° verbes réfléchis ou pronominaux spéciaux.

Certains verbes comme « se promener » correspondent à un verbe latin intransitif sans aspect réfléchi : ambulare.

Equivalence : s'étant promené = ayant fait une promenade.

Ce passé actif ne peut se traduire que s'il existe un verbe déponent de même sens.

Autre exemple : s'étant enfui = ayant fui [389].

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